Le courtier américain FXCM mis en difficulté par la hausse du franc suisse

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Drew Niv, patron du courtier américain FXCM spécialisé sur marché des devises.
Drew Niv, patron du courtier américain FXCM spécialisé sur marché des devises. (Crédits : Reuters)
L'un des plus importants courtiers mondiaux sur le marché des devises, l'Américain FXCM, pris de court par la décision de la Banque nationale suisse de faire flotter son franc ne pouvait plus faire face à ses engagements. Il a obtenu un prêt de 300 millions de dollars de la société Leucadia.

Le courtier américain spécialisé dans les opérations de changes FXCM, mis en difficulté par l'exceptionnelle envolée du franc suisse, a été sauvé vendredi par un prêt d'urgence octroyé par la holding diversifiée américaine Leucadia.

Leucadia, qui détient notamment la banque Jefferies, a annoncé dans un communiqué qu'elle consentait à FXCM un prêt de 300 millions de dollars sur deux ans, assorti d'un taux d'intérêt de 10% et garanti par certains des actifs du courtier, en soulignant qu'il s'agissait d'un "financement vital" pour ce dernier.

Pris de court

Comme d'autres courtiers, FXCM a en effet été pris de court par la banque centrale suisse, qui a décidé jeudi de laisser sa monnaie s'apprécier naturellement, alors qu'elle l'empêchait jusqu'ici d'aller au-delà de 1,20 franc suisse pour un euro.

Cette décision a immédiatement provoqué une flambée du franc suisse: l'euro est tombé dans la matinée à son niveau le plus faible face au franc suisse depuis l'introduction de la monnaie unique en 1999, à 0,8517 franc pour un euro, contre 1,2010 auparavant.

Les pertes des clients de FXCM ont été telles qu'ils lui sont désormais redevables en net de 225 millions de dollars, avait annoncé le courtier dans la nuit de jeudi à vendredi. Il prévenait qu'il risquait en conséquence de ne plus pouvoir respecter certains ratios réglementaires, et recherchait "activement" des solutions "pour ramener ses fonds propres à des niveaux comparables à ceux d'avant les événements" de jeudi. En 2013, FXCM avait dégagé un bénéfice net de 14,8 millions de dollars pour une activité totale de 489 millions de dollars.

Examen par le régulateur américain

Du côté des régulateurs financiers américains, la CFTC (en charge des marchés de produits dérivés) a indiqué vendredi en matinée qu'elle "examinait la situation de l'entreprise", tout comme l'association nationale d'autorégulation du secteur des produits financiers à terme (NFA), qui a rappelé que c'était sa "procédure normale d'augmenter la surveillance de tous ses membres dans des périodes de volatilité accrue".

Richard Handler et Brian Friedman, respectivement directeur général et président de Leucadia, ont évoqué vendredi "un investissement attractif" pour la holding, présente dans la banque et la gestion d'actifs, mais aussi l'énergie, l'immobilier et même la transformation de viande.

"Nous ne pourrions pas être plus reconnaissants envers Leucadia et ses équipes pour leur réponse rapide et efficace, et envers nos régulateurs qui ont accepté de coopérer avec nous à travers cette procédure difficile", commente pour sa part Drew Niv, le patron de FXCM, dans le même communiqué.

"Le soutien de Leucadia et ce financement sont de loin la meilleure solution pour FXCM, nos clients, nos actionnaires, et toutes les autres parties", assure-t-il.

L'action FXCM, dont la cotation a été suspendue toute la journée à la Bourse de New York, perdait 69,60% à 3,84 dollars vers 22H15 GMT dans les échanges électroniques d'après séance.

Son concurrent Interactive Brokers, qui a prévenu que certains de ses clients avaient enregistré des pertes telles qu'ils lui devaient désormais un total de 120 million de dollars, a clôturé vendredi en baisse de 0,64% à 28,09 dollars, après avoir perdu jusqu'à 6% en séance.

Gain Capital, propriétaire de la plateforme forex.com, a pour sa part gagné 2,90% à 8,52 dollars sur la séance, après avoir fait état d'un bénéfice sur la journée de jeudi.

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Commentaires
a écrit le 18/01/2015 à 21:27 :
Chers amis, pourquoi tant de déchainement contre les courtiers et leurs clients? Ne vous est-il pas venu à l'esprit que mes marchés financiers étaient nécessaires? Comment une entreprise peut-elle financer de la R&D, investir dans des infrastructures, embaucher sans capitaux?
Pour ce qui est des produits dérivés sur devises, ils servent aussi à couvrir des risques de changes pour des entreprises qui exportent en devises étrangère...
Certes la spéculation dans le but d'amasser des richesses inutiles est condamnable. Mais faut-il jeter le bébé avec l'eau du bain?
a écrit le 18/01/2015 à 21:26 :
les mecs avaient accumules des positions vendeuses sur la paire EUR/CHF se croyant a l'abri du fait de la politique de la SNB.Le petit jeux consistant a emprunter un max pour vendre a decouvert le CHF (a partir de 1.2) , et racheter sur repli (1.21). Meme avec des micros ecarts on pouvait gagner pas mal d'argent , mais au prix d'un effet de levier enorme.
Quand la peg de la SNB l'effet de levier s'est retourne contre eux. violent
Réponse de le 19/01/2015 à 13:13 :
Et se mettre dans la poche le différentiel de taux d'intérêt entre l'EUR et le CHF.

Méthode mise en avant par certains brokers et qualifié de quasiment sans risque, donc beaucoup de traders étaient sur cette paire, dans ce sens et avec du levier.

Conclusion : Il faut toujours se méfier des coups présentés comme faciles et suivis par la foule.
a écrit le 18/01/2015 à 10:44 :
Ils sont soit disant experts. Experts de rien du tout !
Réponse de le 18/01/2015 à 15:27 :
Parce que vous faites confiance à bison futé avant de prendre la route? Tout investissement comporte un risque, celui de perdre son capital.
a écrit le 18/01/2015 à 3:48 :
N'ayez craintes mes amis, des crises se sont produites, se produiront. Le système monetaire dans lequel nous sommes est le même système que en 2008, 2001, les années 70 et les années 30, il est et restera le système monetaire et financier employé pur très longtemps.

Les premiers impactes seront les citoyens, vous, et vous aurez beau pleurer, ça ne changera rien.
a écrit le 17/01/2015 à 13:30 :
Qui va pleurer sur leur sort, ces spéculateurs ? Ensuite, on est train d'assister à la fin du système financier mondial, c'est une bonne chose la seule solution le système basé sur l'or, ainsi les dettes devront être payées et l'inflation ne sera plus possible.
Réponse de le 17/01/2015 à 14:47 :
Ne vous inquiétez pas pour les spéculateurs du Forex, ils n'iront pas pleurer sur le sort de votre misérable livret noyé dans la dette publique tandis qu'ils auront converti leurs avoirs en devise étrangère pour se refaire d'une mauvaise analyse du marché interbancaire. Il faut être particulièrement scupide pour mettre tous ces oeufs dans le même panier...
a écrit le 17/01/2015 à 13:06 :
Les croyances délirantes des banksters, c'est un peu comme celle des islamistes, a force d'y croire, on fini par s'intoxiquer et intoxiquer les autres. Levons nous contre ces vouyocraties. Nationalisation des banksters et mise au pas de la voyoucratie qui se cachent derrière ces belles façades de dogmatismes. Tous les citoyens ensemble contre les voyous qui désagrègent en silence notre société! Suppressions des bonus pour les uns et suppressions des Kalachs pour les autres.
a écrit le 17/01/2015 à 12:39 :
C'est une très bonne chose que ce choix de la BNS,
Les spéculateurs de tout poil l'apprennent à leurs dépends

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