La sieste au travail : 64% des directeurs administratifs et financiers sont désormais favorables

Par Giulietta Gamberini  |   |  516  mots
47% des DAF considèraient fin 2013 qu'une sieste de moins de 20 minutes est" plutôt envisageable". 17% d'entre eux pensaient même qu'elle est "acceptable". (Photo: Reuters) (Crédits : Reuters)
Traditionnellement perçue comme une manifestation de paresse, la sieste au travail gagne peu à peu la faveur des entreprises françaises, révèle une récente enquête. Rien de surprenant face au fléau de la fatigue au travail et aux bienfaits reconnus de quelques minutes de repos.

Certains prônent le travail à distance, d'autres préconisent la semaine de quatre jours. Mais si la solution contre le stress au travail consistait juste en une petite sieste d'une vingtaine de minutes?

A l'étranger, l'idée a frayé son chemin et la sieste est déjà encouragée par certaines entreprises. Mais en France, pour des raisons culturelles, les employeurs sont encore réticents, expliquait le neurologue Christophe Petiau en 2012 au Figaro.

Une pause de plus en plus "acceptée voire recommandée"

Petit à petit, toutefois, dans l'Hexagone aussi le regard évolue, y compris celui des directeurs administratifs et financiers (DAF). Selon une enquête indépendante réalisée pour la société de recrutement Robert Half, 47% des DAF considèraient fin 2013 qu'une sieste de moins de 20 minutes est" plutôt envisageable". 17% d'entre eux pensaient même qu'elle est "acceptable".

Un résultat qui, selon Olivier Gélis, Directeur Général de Robert Half France, peut être interprété comme un signe positif pour l'avenir:

"Les résultats de l'enquête réalisée pour Robert Half auprès des DAF en France démontrent que les choses changent. Et l'on peut imaginer que la sieste, qui était inenvisageable au travail il y a encore peu, devienne progressivement une pause acceptée voire recommandée", analyse-t-il.

Des nuits de moins en moins longues

Rien de particulièrement étonnant pourtant, si l'on considère que la fatigue est désormais devenue un défi de société majeur, et le stress un enjeu de santé publique, selon le Conseil économique et social français.

En 60 ans, nous avons en effet perdu entre une et deux heures de sommeil par nuit, a calculé le professeur Russell Foster de l'Université d'Oxford. Une forme "d'arrogance" des humains contre leur nature selon le chercheur, qui affecte la santé individuelle et sociale, mais aussi la vie professionnelle. L'Institut national du sommeil et de la vigilance l'a récemment relevé: chez 56% des Français, les problèmes de sommeil occasionnent au moins une nuisance dans le cadre professionnel: absentéisme, difficultés de concentration voire accidents du travail.

Installer des espaces dédiés piour vaincre les préjugés

De l'autre côté, les bénéfices de la sieste sont désormais reconnus, sur la santé comme sur l'humeur et la performance. C'est la raison pour laquelle les entreprises devraient adopter une attitude proactive, selon Olivier Gélis:

"La prise d'initiative est souvent le meilleur moyen pour dépasser un préjugé. Une direction qui installera un espace dédié à la sieste en encourageant ses salariés à observer cette pause leur permettra de franchir le pas sans culpabiliser et sans craindre un regard moqueur ou désapprobateur", suggère-t-il.

En attendant que les employeurs fassent le grand saut, le repos de la mi-journée devient un marché. Les salariés fatigués peuvent en effet de plus en plus souvent profiter de lieux dédiés: de véritables "bars à sieste", créés par quelques entrepreneurs à l'avant garde, ayant compris que dormir est parfois une nécessité.