Le soutien scolaire en franchise

Par Article Partenaire - Observatoire de la Franchise  |   |  1007  mots
L'activité du soutien scolaire s'est fortement développée ces dernières années. (Crédits : Reuters)
Selon des statistiques officielles, un million d’élèves inscrits en France suivent environ une quarantaine d’heures de cours par semaine. Evalué à une valeur de 2,1 milliards d’euros, ce marché fait pour le moment la part belle aux cours non-déclarés, qui l’occupent à 80%.

En plus des exonérations fiscales crées par le Chèque Emploi Service Universel (CESU), le passage au statut professionnel des organismes structurés de soutien scolaire a déjà contribué à ce que ces derniers prennent un tant soit peu le pas sur les « occupants informels » du marché du soutien scolaire. Mais en plus de cela, divers acteurs élaborent des stratégies pour une extension du CESU, afin que cette loi puisse effectivement aider à baisser le taux de chômage et à réduire le travail non déclaré.

Près de 17% des élèves dans les collèges et lycées reçoivent un soutien scolaire

Dans une étude relayée par le JT de 20 heures sur France 2 à l'occasion de la rentrée scolaire, il a été mesuré qu'au lycée et au collège en France, 1 élève sur 6 suit des séances de soutien scolaire. Il est vrai qu'entre 1995 et 2005, la durée des cours particuliers n'a augmenté que de 3%. Toutefois, sur la même période, la part occupée par les structures professionnelles a connu une remarquable progression de 40% par an. Cette tendance a été régulièrement confirmée par les chiffres de ces dernières années, avec 25 à 40% d'inscriptions supplémentaires enregistrées sur le marché déclaré. Une telle dynamique profite bien évidemment à tout le secteur, car dès que l'un des deux grands protagonistes du marché effectue une communication sur le soutien scolaire, la demande observée au niveau des autres acteurs augmente systématiquement, les cours de soutien devenant un service de consommation courante, comme le souligne l'enseigne Kid's & Us

En appui à l'enseignement public et à l'enseignement privé

Les fondements de ce phénomène se trouvent tant dans la nouvelle législation du CESU, en application depuis février dernier, que dans la transformation de la société française et l'acquisition du statut professionnel par les entreprises intervenant sur le marché du soutien scolaire. En outre, l'enthousiasme observé vis-à-vis de ce marché peut aussi s'expliquer par la considération, justifiée ou non, qu'a le grand public d'un encadrement inadéquat offert aux élèves dans les établissements, et d'un système d'Education Nationale pas assez « performant ».

Jean-Michel Roques, anciennement instituteur et devenu Master Franchisé Sylvan France, donne des explications plus sociologiques que pédagogiques à ce point de vue. Selon lui, il y a quelques décennies, chacun demeurait presque tout le temps dans un même village, ce qui permettait aux enseignants de cerner la personnalité et l'environnement de vie de chaque élève. Cela favorisait une meilleure appréhension des connaissances et des lacunes des élèves. Mais désormais, en plus d'un brassage plus intensifié, les familles se déplacement souvent d'un lieu à un autre. L'individualisation de l'enseignement est alors plus délicate, d'autant plus que le professeur ou l'instituteur s'adresse à un public bien ciblé, selon le niveau des élèves. Sylvan France, en s'appuyant aussi bien sur les parents que sur l'Education Nationale, propose des méthodes répondant à ce besoin d'expertise. Ces méthodes consistent en un test initial de trois heures, visant à identifier le véritable niveau des élèves, en comparaison avec le niveau qui aurait dû être le leur selon leur classe. Elles ont été développées pour les classes de CP jusqu'en Terminale, avec la collaboration de Hachette Education, et permettent d'identifier les lacunes de chaque apprenant en vue de lui transmettre les connaissances qui lui manquent.

Un croisement entre les méthodes, l'orientation scolaire, et les relations avec l'enfant

Directrice de Cours Ado, Isabelle Dumas défend aussi cette volonté de s'adapter au parcours scolaire de l'apprenant. Elle considère qu'une vingtaine d'heures de cours peuvent suffire à remettre au bon niveau un apprenant de cinquième dans une matière donnée, en ayant pour objectifs la satisfaction des parents et l'obtention de résultats rapides. Toutefois, si des parents envisagent plus ou moins d'heures de soutien, sa structure rejette la mission, leur travail étant axé sur les résultats, et sur des enquêtes de satisfaction fréquemment organisées, auxquelles peuvent prendre part toutes les familles.

Entre les bilans de compétences, les séjours linguistiques, les tests de mémoire en ligne et autres, les organismes structurés de soutien scolaire se détachent aujourd'hui véritablement du marché non-déclaré. Ces organismes agissent tant sur le contenu que sur les méthodes et, comme renchérit Sylvain Gangneux, il faut de plus en plus amener l'enfant à apprendre le « comment », à faire ses propres choix parmi des méthodes que l'on lui propose, afin qu'il « apprenne à apprendre ».

Un vivier d'opportunités pour la franchise, à travers une stratégie basée sur des prix abordables

Pour des débuts, c'est l'intermédiation occulte qui occupe encore l'essentiel des parts de marchés gagnées par les structures professionnelles de soutien scolaire. Mais toujours est-il qu'avec l'aide de la législation, et avec le temps pouvant aider au changement de mentalité du grand public, le marché du soutien scolaire sera de plus en plus développé pour les entreprises, comme le souligne le président du groupe Acadomia, Maxime Aiach.

Les perspectives de développement sont remarquables. Car, même si pour le moment, la proportion de personnes recourant aux organismes structurés est encore assez basse, en comparaison avec d'autres pays, la tendance pourra très vite s'inverser, dès lors même que les ménages consommeront « seulement » deux heures de cours par semaine. Comme l'expliquait le ministre de l'Emploi, de la Cohésion Sociale et du Logement lors de l'officialisation du CESU, une telle évolution créerait un million d'emplois à temps plein.

Néanmoins, les prix devront rester abordables sur le plan financier, le marché du soutien scolaire n'étant pas encore aussi développé en France qu'ailleurs. Mais avec le préfinancement du CESU, par le biais d'une bonne redistribution des chèques suivant la taille de l'entreprise, l'incitation fiscale de cette mesure bien pensée sera renforcée.