Des recettes pour une période d'essai réussie

 |   |  1467  mots
Copyright Reuters
Cela fait des mois que vous espérez décrocher votre premier job, après avoir passé plusieurs entretiens... Enfin le Graal, vous êtes retenu ! Mais attention, ce n'est encore qu'une étape. Il reste à franchir le Rubicon : la période d'essai... Voici 14 conseils de dirigeants et de consultants en ressources humaines.

Avant la période d'essai

Se documenter sur l'entreprise. Pas question de rester les bras ballants une fois votre promesse d'embauche en main. « Consultez la rubrique actualité du site corporate, lisez les communiqués de presse de l'entreprise afin d'en savoir déjà plus sur les nouveaux clients et gros projets en cours », conseille Mustapha Benkalfate, directeur de Jobtimise.com.

Réseauter. « Faites parler des copains ou des amis d'amis bossant dans le même secteur d'activité ou mieux dans la même entreprise afin de commencer à s'imprégner des us et coutumes de la maison. Et ce, afin de diminuer l'effet de surprise pour arriver sur Terre le jour J », souligne Jean-Louis Michelet, fondateur et dirigeant de Primastone Consultant, un cabinet de conseil en évolution professionnelle. Le piège : se la jouer inspecteur Columbo et interroger une vingtaine de salariés inscrits sur un réseau social en ligne.

Anticiper. Certes, vous n'êtes pas encore en poste mais vous êtes tout de même disponible. « Pourquoi ne pas mettre les 2 à 3 semaines précédant la prise de fonction pour proposer vos services "gracieusement" à l'entreprise. Pour cela, le candidat peut demander aux RH de faire l'intermédiaire auprès de son futur boss pour savoir s'il apprécierait qu'il défriche tel ou tel sujet ou qu'il s'exerce sur un logiciel afin d'être opérationnel le plus rapidement possible », conseille Mustapha Benkalfate.


Pendant la période d'essai

À privilégier
Se présenter. évidemment vous serez présenté aux membres de votre service, mais allez voir plus loin. « Par exemple aux ressources humaines, vous vous ferez ainsi remarquer favorablement », recommande Corinne Cabanes, directrice régionale chez Menway. Sans oublier les services avec lesquels vous allez travailler.

Se montrer curieux. « Ne pas croire que la curiosité est un vilain défaut. Mais au contraire, montrer que l'on veut comprendre la finalité de telle ou telle mission. Donc, ne pas hésiter à questionner », conseille Mario Catena, directeur général développement France et international De Neuville. Pour cela, noter, noter et noter. Des mots clés, des sigles, des process... Rien ne doit vous échapper. « L'idée est de récolter un maximum d'informations supplémentaires et ensuite de demander à des collègues plus ou moins proches de les décrypter. Des phrases du genre, « on m'a parlé de tel processus. De quoi s'agit-il vraiment?? », recommande Jean-Louis Michelet.

Se faire préciser ses objectifs. Rien de pire que de rester dans la posture du stagiaire qui ne sait pas exactement pour quoi il est là. « Vous ne devez pas rester dans votre coin à essayer de deviner ce qu'attend le patron mais au contraire vous enquérir de ses attentes envers vous », détaille Mustapha Benkalfate. Ainsi, vous éviterez par exemple de plancher sur une refonte du site internet de la boîte alors que cette mission a été confiée à un prestataire extérieur. Vous aurez tout simplement perdu votre temps (et celui de l'entreprise).

Privilégier les rapports avec son N°?1. Comme vous, il a tout intérêt à ce que votre intégration se déroule correctement, car si cela échouait, il serait associé au mauvais recrutement. Donc associez-le à votre réussite. C'est à lui de vous préciser votre mission, de vous donner des conseils et de vous faire un feed-back sur votre travail. « Même s'il a tout le temps l'air débordé, c'est avec lui qu'il faut traiter et pas avec vos collègues sauf si l'un d'entre eux a été désigné pour vous aiguiller », insiste Mustapha Benkalfate. Privilégiez les micropoints quotidiens ou hebdomadaires en évitant de débarquer dans son bureau aux « heures de pointe ». Choisissez le matin, lors de la mise en route du service, qui est souvent l'heure des briefings. « Ces points réguliers permettent de redresser la barre en cas d'écarts entre les réalisations et les attendus », ajoute Corinne Cabanes.

Être ultra-fiable. Vous devez montrer qu'on peut vous faire confiance. « Cela passe par des signes extérieurs, comme la ponctualité, le respect des règles de l'entreprise et de ses codes, écrits ou non. Mais également dans les interactions avec les collègues : respecter les délais auxquels on s'engage, reformuler les questions pour vérifier qu'on les a bien comprises, ne pas hésiter à dire si on n'a pas compris ou quand on ne pourra pas tenir les délais. Il n'y a rien de pire que de faire semblant d'avoir compris, d'assurer que les délais seront tenus, et ne pas respecter ses engagements au final », constate Victor Augais, cofondateur d'Urban Football.

Montrer son potentiel d'évolution. Le nouvel arrivant doit montrer qu'il peut bien remplir sa mission mais également qu'il a un vrai potentiel d'évolution. « Plutôt que de se mettre ostensiblement en avant, ce qui peut susciter méfiance ou réprobation, cela passe plutôt par des qualités d'écoute et d'observation et ensuite par des questions intelligentes sur l'entreprise en général ou des sujets connexes à ceux sur lesquels la jeune recrue travaille. Cela montrera qu'il y a un vrai potentiel de collaboration à long terme », assure Victor Augais, cofondateur d'Urban Football

Merci, patron?! « Enfin le jour où vous êtes confirmé, allez remercier votre boss?! Payez votre tournée à l'after hours », recommande Corinne Cabanes. Mais ne vous lâchez pas pour autant, votre carrière ne fait que commencer.

À éviter
Compter ses heures. Rien de pire qu'un nouvel arrivant, de surcroît jeune, qui part avant tout le monde. Malheureusement la France a encore le culte du présentéisme. « Donc, arrivez tôt et ne partez pas trop tôt », conseille Corinne Cabanes. Il faut certes adopter les us et coutumes du service, mais dans la limite du raisonnable. En période d'essai, les déjeuners entre collègues qui durent deux heures et les pauses cigarette tous les quarts d'heure doivent être exceptionnels.

Copiner avec le râleur de service. C'est souvent celui qui se propose de vous faire découvrir l'entreprise et ses coulisses. Attention à ne pas prendre pour argent comptant tout ce qu'il vous raconte. Recouper les informations auprès d'autres personnes. Et surtout, limitez vos contacts avec cette personne, cela pourrait nuire à votre carrière.

Au boulot. Fini les stages et autres activités en dilettante. Au boulot, on bosse. Donc, évitez de passer des coups de fil personnels, de réserver le ciné ou revendre les vieux meubles de votre grand-mère sur Internet.
Last minute. « Ne pas attendre la dernière semaine pour demander à son manager ce qu'il pense de vous », conclut Corinne Cabanes. Car ce serait trop tard pour redresser le tir.

__________

A la loupe

Bien que couramment mise en ?uvre à l'occasion d'un recrutement, la période d'essai n'est pas obligatoire. Et quel que soit votre statut, elle doit figurer sur votre contrat de travail.

Le principe??
Une période pendant laquelle l'employeur évalue les compétences du salarié dans son travail, notamment au regard de son expérience. De son côté, cette période permet au salarié d'apprécier si le job lui convient.

Est-ce obligatoire??
Non mais cela ne se présume pas. Autrement dit, si période d'essai il y a, elle doit être mentionnée dans la lettre d'engagement ou le contrat de travail.

Quelle durée??
Parlons des embauches en CDI. La durée maximale légale est de deux mois pour les ouvriers et employés, trois mois pour les agents de maîtrise et les techniciens et de quatre mois pour les cadres. Toutefois, ceci n'est qu'un maximum légal. Cette période d'essai peut être beaucoup plus courte si vous parvenez à la négocier. Quelle que soit sa durée, elle doit, là encore, figurer dans le contrat de travail ou la lettre d'engagement.

Période reconductible??
Oui, la période d'essai peut être renouvelée une fois et pas plus. Ces règles doivent être fixées dès le départ.

Peut-on rompre une période d'essai??
Oui, vous ou l'employeur pouvez à tout moment rompre cette période d'essai. à condition bien sûr de respecter des délais de prévenance. L'employeur n'est pas tenu de vous verser une indemnité, sauf disposition conventionnelle contraire. Notez toutefois que la rupture de la période d'essai est réputée abusive si elle est motivée par des raisons autres que professionnelles. À savoir discrimination, raisons économiques...

Après un stage??
Oui mais la durée du stage (qui s'est déroulé dans cette entreprise, bien sûr) est déduite de la période d'essai dans la limite de la moitié de la durée maximale prévue. Un stagiaire recruté comme cadre après quatre mois de stage dans l'entreprise ne peut effectuer une période d'essai supérieure à deux mois.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :