Témoigner de l'attention

Chaque semaine, découvrez les chroniques sur la vie au bureau réalisée par Sophie Peters. Anecdotes, conseils, expériences : pour sourire mais aussi mieux se sentir dans son job.

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Cette année, il va être difficile de reconnaître le talent des salariés avec une enveloppe. Quand la rigueur salariale prive les collaborateurs de marques d'attentions sur la feuille de paie, des commentaires réguliers sur la qualité de leur travail deviennent indispensables. L'analyse transactionnelle développe une théorie mal connue en entreprise sur notre besoin fondamental de reconnaissance dans notre vie privée comme professionnelle. Elle fait de la nécessité pour un individu de recevoir des signes dits de « reconnaissance », un besoin aussi vital que celui de se nourrir ou de se vêtir. Tout simplement parce qu'ils nous aident à nous sentir exister. Figurez-vous qu'il y a des signes positifs et des? négatifs. Positif, c'est évident : « Bravo pour vos résultats, bel effort. » Le négatif, on le connaît malheureusement aussi très bien. Nous en avons tous subi les effets. Depuis le prof à l'école qui dit toujours quand c'est nul et pas quand c'est bien, en passant par le père ou la mère qui ne voient que les notes en dessous de 10 et la chambre pas rangée, jusqu'au chef qui ouvre la bouche ou envoie un e-mail pour dire son mécontentement, jamais pour féliciter.

 

le modèle américain

 

Comme il nous est impossible de nous passer de ces signes, que pensez-vous qu'un salarié en mal de reconnaissance va faire ? Il va en chercher en posant des problèmes ou en provoquant des situations conflictuelles. C'est ce qui se passe avec les grèves et les mouvements sociaux. D'où l'importance en ces temps où nous sommes un peu tous à fleur de peau, de savoir en distribuer? largement. Et d'être vigilant quant à ceux que nous émettons. Car il y a une distinction essentielle apportée par l'Analyse transactionnelle. Celle entre signes « conditionnels » et « inconditionnels ». Les premiers sont liés à l'action d'une personne. Les seconds touchent à son être, à sa personnalité. En entreprise, à l'inverse de l'univers de la famille et du couple, mieux vaut rester dans le premier registre et ne pas trop s'aventurer dans le second sauf pour témoigner sous un angle positif, « c'est sympa de travailler avec vous ». Les Américains sont beaucoup plus forts que nous à ce jeu-là. Ici, les questionnaires d'évaluation peuvent tourner au cauchemar. Alors là, petit conseil de base : ne jamais commencer par dire « vous » ou « tu » mais « je », « je te trouve ». C'est le b.a.-ba du respect. Mais beaucoup ne savent pas, ou ne veulent pas, recevoir un discours sur eux. Ce sont souvent des personnes éloignées de leurs propres sentiments. Très fréquemment en manque de reconnaissance, elles préfèrent s'occuper des autres de façon déresponsabilisante par un comportement de « persécuteur » ou de « sauveteur » pour reprendre les termes de l'Analyse transactionnelle. Celles-là, il faut les confronter à leurs jeux psychologiques favoris. Quant aux managers témoignant de choses toujours agréables, ils ne sont pas exemplaires pour autant. Ceux-ci accumulent les points négatifs sans les dire et un jour explosent? toujours à mauvais escient. C'est le danger qui guette les « gentils ». Mieux vaut tenter d'être vrai.

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