Naviguer entre impératifs familiaux et professionnels

Chaque semaine, découvrez les chroniques sur la vie au bureau réalisée par Sophie Péters. Anecdotes, conseils, expériences : pour sourire mais aussi mieux se sentir dans son job.

À peine la rentrée entamée, il faut déjà se préoccuper des nouvelles vacances de nos bambins...Les congés de la Toussaint remettent sur le tapis la question qui fâche : celle de l'articulation entre vie professionnelle et vie familiale. Surtout depuis que les économistes entrevoient le lien étroit entre bien-être et performance au travail. Il y a urgence : « Quatre femmes sur dix se déclarent angoissées à l'idée d'annoncer leur grossesse à leur responsable hiérarchique. Trois salariés sur quatre estiment que leur employeur ne fait pas grand-chose pour les aider à concilier vie professionnelle et vie familiale. Deux adolescents sur trois jugent le travail de leurs parents stressant, fatigant, voire très dur », note Jérôme Ballarin, président de l'Observatoire de la parentalité en entreprise et dirigeant d'une société de conseil en ressources humaines.

La gente masculine n'est pas en reste. Arthur a voulu profiter de la demi-journée prévue pour accompagner son enfant à l'école lors de sa rentrée en primaire. Et découvre qu'il doit poser une demi-journée de RTT car cette disposition est réservée aux femmes dans son entreprise ! Les jeunes hommes veulent tout autant pouvoir élever leurs enfants. Résultat : la conciliation vie privée-vie/professionnelle arrive en tête des critères de choix d'un job. La génération Y a donné le « la ». Les suivantes lui ont emboîté le pas. Enjeu de recrutement mais aussi de fidélisation. Or si des mesures commencent à émerger, les DRH et managers sont encore à la traîne : « Si les responsables d'équipe ne mettent pas en oeuvre au quotidien, avec leurs collaborateurs, les décisions prises par les dirigeants et les DRH, elles resteront lettre morte », prévient Jérôme Ballarin dans son ouvrage « Travailler mieux pour vivre plus ». Comme se préoccuper des horaires de réunion, de la gestion des déplacements ou des congés, voire de répartition des projets.

Tenir compte de la réalité

Chez Areva un petit guide sur « comment conduire un entretien pré et post-congé maternité » sert de référentiel commun à l'encadrement. Coca-Cola France étudie les situations familiales particulières lors des changements de job. Quant à LCL, elle diffuse à tous ses nouveaux managers une formation par Internet sur le harcèlement moral, la démarche égalité professionnelle ou encore la prévention des discriminations. Prévoir un entretien spécifique avec son (sa) collaborateur(trice), en cas d'événement majeur, permet de tenir compte de la réalité de ce qui est vécu et impacte forcément et naturellement son ardeur au travail. Et pourquoi pas aller jusqu'à l'octroi, comme chez Danone, de pause longue sous forme de congé sabbatique de six mois ?

Une salariée est ainsi revenue de son tour du monde régénérée et pleine d'allant. Façon intelligente de passer d'une culture du temps de présence à une culture de l'efficacité. En 2009, l'Institut Gallup a évalué à 350 milliards de dollars la perte nette pour l'économie américaine du faible niveau d'engagement de certains actifs américains dû à des politiques RH et managériales peu adaptées. Faut-il le rappeler ? En Europe le projet de civilisation forgé au siècle des lumières repose sur l'idée de progrès, de génération en génération, en termes de qualité de vie et de bien-être. Comme le souligne Jérôme Ballarin, « l'oublier serait un déni de l'histoire ».

 

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