"J'ai un vrai plaisir à faire en sorte que les gens soient bien"

Par Floriane Degan  |   |  361  mots
Copyright Reuters (Crédits : Arnaud Février)
Sophie Pécriaux, présidente-fondatrice de City One

J'ai créé le groupe City One, spécialisé dans les métiers de l'accueil, en 1991, à l'âge de 23 ans. J'avais fait de nombreux jobs d'hôtesse pendant mes études commerciales à l'université de Bruxelles, puis à Toulouse où j'ai obtenu mon MBA. Coca-Cola m'avait confié l'accueil et l'organisation dédiés aux VIP sur le Tour de France puis m'a proposé de poursuivre notre collaboration. J'ai dit d'accord mais en tant que consultante. J'ai très vite compris que je n'avais pas envie de travailler pour les autres. Je ne voulais pas échouer car j'ai beaucoup de fierté. City One fête cette année ses 20 ans, réalise un chiffre d'affaires de 75 millions d'euros et rassemble 2.500 collaborateurs.

Le groupe est né à Toulouse. Je suis allée chercher les clients dans la région : la Seita, SFR... Je voulais faire changer la vision négative que l'on a en France du service d'accueil et de son personnel. Nous n'avons pas la même vision en Belgique, mon pays d'origine. Il est très difficile de recruter dans ce secteur d'activité. J'ai un vrai plaisir à faire en sorte que les gens soient bien. En 1992, j'ai ouvert une agence à Paris. Aujourd'hui, le groupe en recense douze en France et deux en Belgique et au Luxembourg. Nous sommes présents dans l'accueil en entreprise (nous avons signé un partenariat avec la société de conciergerie d'entreprise John Paul), l'activité de « call center », l'accueil culturel, l'accueil événementiel, l'animation et la promotion des ventes, l'accueil aéroportuaire, ferroviaire, mais aussi le recrutement d'assistantes de direction (City One Selection) ou la réalisation de « soft » Facility Management (City Facility). Les équipes sont constituées à 60 % de femmes. Mon engagement pour la mixité et la lutte contre la discrimination est très fort, en particulier au sein du SNPA, Syndicat national des prestataires de services d'accueil, que je préside. Nous comptons la Halde parmi nos clients. Je n'ai pas ma langue dans la poche. J'étais garçon manqué quand j'étais jeune. J'ai dû tout faire pour me féminiser...

(Le « parcours de femme » consacré à Laurence Peyraut Bertier publié vendredi 11 mars a été réalisé par Floriane Degan).