"Je suis curieuse et j'aime être dans la stimulation"

Par latribune.fr  |   |  393  mots
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Anne Yannic, directrice générale marchés France, Belgique et Suisse du Club Méditerranée

En sortant de l'Essec, en 1985, j'ai intégré Procter & Gamble. J'y suis restée huit ans, c'est beaucoup. J'aurais dû partir plus tôt mais on me confiait en permanence de nouveaux challenges, avec des budgets élevés. J'apprenais en permanence. C'était un peu comme faire un troisième cycle universitaire. Durant ces années, j'ai rencontré beaucoup d'amis et nous constituons toujours un réseau extrêmement soudé. A contrario, Procter & Gamble est une entreprise très centralisée et j'avais plutôt l'impression d'influencer les décisions que de les prendre. À la naissance de mon second fils, j'ai eu envie d'une rupture et je suis partie rejoindre Margaret Milan qui avait fondé, deux ans plus tôt, la société Éveil et Jeux. Tout était opposé à ma précédente expérience : nous étions cinq dans un garage et tout dépendait de nous. Cela donnait un vrai sens au business et à la réalité de l'entreprise. Au bout d'un an, en 1999, j'ai préféré rejoindre les Éditions Atlas. Je me souviens encore de l'entretien avec le président du groupe, Bernard Canetti, commencé à 17 heures et qui s'était terminé cinq heures plus tard. J'ai signé pour treize ans dans cette entreprise fascinante qui tenait à la fois de la grande et de la petite entreprise. Il fallait réussir 15 lancements de publications accompagnés d'objets par an. Pour cela, il fallait tester 50 projets et avoir une centaine d'idées. Nous étions dans la stimulation permanente. Cela ne m'a pas empêchée, alors que j'étais directrice générale, de travailler pendant trois ans à quatre cinquièmes pour pouvoir consacrer du temps à mes deux garçons qui étaient dans la période clé de l'adolescence. Plusieurs de mes coéquipiers avaient adopté le même rythme. Ce type d'aménagement permet, notamment aux femmes, de garder une dynamique de carrière tout en conciliant leur vie familiale, c'est important.

En 2008, je suis partie vers une nouvelle aventure en rejoignant le Club Méditerranéeerranée pour m'occuper de trois zones stratégiques : la France, la Belgique et la Suisse. Je ne connaissais rien au tourisme mais je suis curieuse. Les années 2009 et 2010 n'ont pas été simples et il a fallu se battre dans une conjoncture difficile. Mais, désormais, nous sommes sur la bonne voie.