Les acteurs des énergies marines et fluviales par turbines reprennent espoir après que le gouvernement a inscrit dans son projet le lancement, sous conditions, d’un premier appel d’offres commercial. Mais l’avancée est jugée trop timide pour rassurer les investisseurs.Un premier pas encourageant... mais un goût de trop peu. C'est le sentiment qui règne chez les acteurs de l'hydrolien (énergie des courants marins ou fluviaux) au lendemain de la publication du projet de Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) qui est soumis à débat jusqu'en décembre. Pour la première fois en effet, le gouvernement envisage - seulement - de laisser sa chance à cette technologie, longtemps jugée immature au sommet de l'État.
Le texte de la PPE publié en début de semaine évoque le lancement possible avant 2030 d'un premier appel d'offres commercial pour l'installation d'un parc de turbines sous-marines d'une puissance de 250 MW (mégawatts) dans le raz Blanchard au large du Cotentin. « Une belle avancée », salue d'emblée Guillaume Greau, patron d'Hydroquest, un des pionniers français de la spécialité. « Il était temps », souffle en écho Katia Gautier, directrice du consortium Normandie Hydroliennes qui, comme Hydroquest, porte un projet de ferme pilote.
Pour les industriels, l'État peut mieux faire
S'ils s'efforcent de voir le verre à moitié plein, les intéressés se gardent bien de déboucher le champagne. En cause, l'approche jugée très prudente pour ne pas dire frileuse de l'État. Côté puissance d'abord. La cible fixée par la PPE est trois fois inférieure à celle que défendait le Syndicat des Energies Renouvelables qui plaidait pour un appel d'offres de 750 MW « en première phase ». « Ce n'est qu'en rehaussant l'ambition qu'on pourra faire baisser les coûts. En outre, je doute que RTE accepte de construire une sous-station pour seulement 250 MW », fait valoir Guillaume Greau.
Les mêmes réserves s'expriment chez Normandie Hydroliennes où l'on invoque un autre argument. « Restreindre le soutien à un seul projet donc à un seul acteur limite les perspectives de diversification technologique et freine le développement de la filière dans son ensemble », insiste Katia Gautier.
Un prix trop bas