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Taxe numérique : Paris juge les dernières menaces US "contradictoires"

reuters.com  |   |  364  mots
Taxe numerique: paris juge les dernieres menaces us contradictoires[reuters.com]
(Crédits : Pool New)

PARIS (Reuters) - Bruno Le Maire a dénoncé mercredi les nouvelles menaces américaines de sanctions commerciales en représailles à la taxation des géants du numérique, les jugeant contradictoires avec la volonté d'unité au sein du G7 affichée par l'administration Trump sur d'autres dossiers.

Les Etats-Unis, qui enquêtent déjà sur la taxe française visant les entreprises numériques, ont lancé mardi des investigations sur des projets comparables dans plusieurs pays, dont la Grande-Bretagne, l'Italie et le Brésil. Leurs résultats pourraient conduire à l'adoption de mesures de rétorsion commerciales à l'encontre des pays concernés.

"Il y a une vraie contradiction entre la demande d'unité des Etats-Unis au sein du G7, que nous soutenons, et la perspective de nouvelles sanctions commerciales", a déclaré le ministre français de l'Economie et des Finances à l'occasion d'une visioconférence avec les ministres des Finances du G7.

Faute d'avancées concrètes, la France a instauré sa propre taxe numérique l'an dernier, ce qui lui a déjà valu des menaces de représailles commerciales de la part des Etats-Unis. Les échéances de paiement ont toutefois été suspendues jusqu'à la fin 2020, dans l'attente d'un accord international sous l'égide de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Près de 140 Etats négocient depuis plusieurs mois un nouvel accord sur la fiscalité transfrontalière afin de l'adapter à l'ère numérique mais la volonté affichée d'aboutir d'ici la fin 2020 semble compromise, la crise sanitaire liée au Covid-19 ayant freiné les discussions.

"Nous ne lâcherons rien sur la taxe numérique. J'ai appelé tous les états du G7 à accélérer le travail à l'OCDE", a déclaré Bruno Le Maire pendant cette visioconférence.

Selon une source à Bercy, cette position a également été défendue par ses homologues britannique et italien ainsi que par le représentant de la Commission européenne lors de la réunion.

Le ministre français a prévenu mi-mai que faute d'accord international sur le sujet en fin d'année, la taxe française s'appliquerait.

(Leigh Thomas, version française Myriam Rivet, édité par Jean-Stéphane Brosse)