« Il faut exiger que l’ESS soit présente dans toutes les politiques de droit commun » (Benoît Hamon)
Maëva Gardet-Pizzo
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... i permettrait selon lui d'engager concrètement le pays dans la transition écologique. À condition de lui donner les moyens d'y parvenir, notamment dans les territoires.
LA TRIBUNE - Pourquoi êtes-vous candidat à la présidence d'ESS France ?
BENOÎT HAMON - J'ai été l'auteur, en 2014, d'une loi qui se fixait des objectifs en termes de changement d'échelle de l'ESS mais aussi de reconnaissance de celle-ci. Or il apparaît, dix plus tard, que l'ESS n'a pas changé d'échelle et que sa reconnaissance demeure très insuffisante.
Nous avons une ESS vivante, innovante, qui vient perturber les modèles économiques archaïques. Elle est portée par une mosaïque d'entreprises qui recherchent l'impact social et écologique. Pourtant, les pouvoirs publics, en dépit de la loi de 2014, ignorent délibérément cette économie dans toute une série de grandes questions comme la transition écologique. Le plan France 20230 investit par exemple des milliards d'euros pour engager la transformation de l'économie mais il fait l'impasse sur l'ESS. Même chose quand il s'agit de structurer de nouvelles filières industrielles. Je constate donc une forme d'ambition inachevée suite à la loi que j'ai portée et c'est ce qui m'a conduit à vouloir reprendre du service à la tête d'ESS France.
Vous militez pour cela en faveur d'une loi de programmation de l'ESS. Quelle en serait l'ambition ?
L'ESS est une économie des solutions. Je pense que l'enjeu principal est d'exiger qu'elle soit présente dans toutes les politiques de droit commun.
Par exemple, imaginons que je décide de créer une entreprise à but lucratif qui propose une solution technologique de suivi des personnes obèses. Je ne m'attaque pas à la cause du problème, mais le simple fait de proposer une solution technologique me donne accès à un crédit d'impôt innovation, à des solutions de financement de Bpifrance, à un accompagnement...
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En revanche, si, à la place, je décide de lancer une activité non lucrative qui agit sur la prévention de l'obésité dans des quartiers qui cumulent les facteurs de risques, je n'aurai pas droit à un crédit d'impôt car il n'existe pas de crédit d'impôt innovation social. En plus, comme je suis non-lucratif, les investisseurs seront dix fois moins nombreux.
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