RÉCIT. L’organisation patronale redoute que le prochain gouvernement ne fléchisse sur la politique pro-business menée depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. À plus forte raison, si un contrat de gouvernement venait à être passé avec les députés socialistes.Le Medef vit une rentrée contrastée. Il y a, certes, la satisfaction d'avoir réussi la septième édition de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) les 27 et 28 août. Pour la première fois, l'organisation patronale organisait son université d'été à Roland-Garros (Paris) et le lieu a visiblement séduit : 13 000 personnes se sont déplacées, un record. La dernière table ronde qui réunissait six personnalités politiques de premier plan — Bruno Retailleau (LR), Gabriel Attal (Renaissance), Manuel Bompard (LFI), Jordan Bardella (RN), Marine Tondelier (EELV) et Fabien Roussel (PCF) — a beaucoup marqué les esprits.
Mais ce grand raout s'est déroulé, comme l'année précédente, dans un climat anxiogène pour les patrons. Deux jours avant l'événement, à la surprise générale, le Premier ministre François Bayrou a annoncé qu'il solliciterait la confiance du Parlement ce lundi 8 septembre. Et le locataire de Matignon, qui s'est exprimé à la REF jeudi 28 août, n'a guère rassuré les dirigeants inquiets de voir une nouvelle période d'instabilité politique se profiler.
Depuis lors, le scénario d'une chute de François Bayrou s'est renforcé jour après jour, ne laissant plus guère de doutes sur l'avenir du Béarnais. De quoi faire grimper encore d'un cran le stress au sein de l'organisation patronale. « Nos adhérents nous disent qu'ils ne peuvent pas se permettre de revivre ce qui s'est passé l'an dernier », prévient Charles Znaty, porte-parole du Medef national et président du Medef Paris.
Le 5 septembre 2024, Matignon avait vu l'arrivée d'un nouveau Premier ministre avec la désignation de Michel Barnier. Et le projet de loi de finances n'avait été présenté en Conseil des ministres que tardivement, le 10 octobre. Mais après des discussions difficiles au Parlement, le Savoyard avait finalement vu son gouvernement censuré le 4 décembre, obligeant au vote d'une loi spéciale pour assurer le bon fonctionnement de l'État, faute de budget.