Commerce extérieur : la France importe de plus en plus son poisson

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La France n'est plus auto-suffisante en poissons à partir du 25 mai
La France n'est plus auto-suffisante en poissons à partir du 25 mai (Crédits : Reuters)
Deuxième puissance maritime mondiale, la France et ses 5.500 kilomètres de façade maritime affiche un déficit commercial croissant pour les produits de la pêche et de l'aquaculture. Explications.

Si le territoire tricolore ne représente que 0,43% de la surface terrestre du globe, la France possède le deuxième domaine maritime mondial. Grâce à ses 5.500 kilomètres de façade maritime et surtout à ses territoires ultra-marins, elle possède 11 millions de kilomètres carrés de domaine maritime, tout juste devancée par les Etats-Unis qui règnent sur 300.000 kilomètres carrés de plus !

Un déficit croissant depuis 2004

En dépit de ces atouts, contrairement à la plupart des produits agro-alimentaires pour lesquels la France affiche un net excédent commercial, le pays affiche une balance commerciale déficitaire pour les produits de la pêche et de l'aquaculture. Il s'élevait à 3,6 milliards d'euros en 2014 constate une étude de l'Insee, contre 2,2 milliards d'euros en 2004, ce qui représente une augmentation de 63% !

De nombreux éléments permettent d'expliquer cette dégradation des comptes.

Alors que la consommation des ménages se stabilise à 2,2 millions de tonnes en équivalent poids vif, avec une consommation par tête de l'ordre de 35 kg/an/habitant - soit l'une des plus élevée d'Europe, la moyenne s'élevant à 23 kilos, la production française des produits de la pêche et de l'aquaculture recule tendanciellement de 2,1 % par an depuis 2003 constate la FAO, l' Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.

C'est notamment le cas de la pêche de capture qui représente les deux tiers de la production nationale, mais aussi de l'aquaculture, qui représente l'autre tiers. De fait, parce que la production couvre seulement le tiers de la consommation, les importations en valeur progressent en moyenne de 3,8 % par an pour s'élever à 4,9 milliards d'euros en 2014 alors que, sans surprise, les exportations ont stagné à 1,2 milliard d'euros. Selon le rapport « Fish dependence » de la New economic foundation, un think tank britannique, la France cesse d'être autosuffisante dans ce domaine à partir du 25 mai. Elle n'est pas le seul pays européen dans ce cas ; L'autosuffisance prend fin le 27 avril au Portugal et le 9 mai en Espagne.

Deuxième point, si les volumes importés restent stables (+0,1 % par an) et ceux exportés se contractent (-0,8 %), les prix grimpent en flèche en raison du déséquilibre entre " d'une part, une offre concurrencée par des pays tiers et freinée par certaines contraintes (existence de quotas de pêche, normes environnementales et sanitaires limitant le développement de l'aquaculture, etc.), et d'autre part une demande mondiale en hausse ", observent les Douanes, qui évoquent la consommation croissante dans les pays émergents et les nouveaux modes alimentaires.

La flotte de pêche se réduit

Le boom de la consommation de sushis et de sashimis est-elle en cause ? Toujours est-il que cette détérioration du solde porte essentiellement sur trois espèces, le saumon, le thon et les crevettes. Ces espèces, qui sont les plus échangées, représentent la moitié des importations et expliquent les trois quarts de la détérioration du solde de la pêche et de l'aquaculture entre 2004 et 2014 estiment les Douanes.

Quant à l'impact des quotas de pêches imposés par l'Union européenne pour éviter l'épuisement des stocks, il ne peut être ignoré. Ils ont conduit à la chute continue des bâtiments de la flotte de pêche depuis 1995. En 2013, la France comptait 4.537 navires contre 6.593 en 1995, soit une baisse de 31%.

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Commentaires
a écrit le 27/07/2015 à 9:01 :
En dépit de la diminution des ressources, le taux de charges sociales est trop élevé tout simplement !
a écrit le 27/07/2015 à 8:42 :
vive les fonctionnaires et les 35H!
a écrit le 25/07/2015 à 9:29 :
"existence de quotas de pêche, normes environnementales et sanitaires limitant le développement de l'aquaculture, etc.", tout est dit dans l'article. Comme de plus, les règles de pêche sont différentes selon les pays c'est la foire d'empoigne. La ressource n'étant pas inépuisable ça ne va pas s'arranger.
a écrit le 22/07/2015 à 10:08 :
La France c'est l'Hexagone plus l'Île de Beauté, point barre. Tant qu'il existera les "DOM-TOMs" les chiffres officiels ne seront que de la façade car on vivra en dessus de nos moyens. A quoi sert dire de façon pompeuse que la France est la "deuxième puissance maritime mondiale" si on importe plus de poissons que les exporte ? du cocorico déplacé comme bien d'autres et que nous feront mourir en dessous du seuil de pauvreté tout en disant "vous savez, nous sommes la deuxième puissance maritime mondiale" !!!
a écrit le 19/07/2015 à 9:38 :
Je lis des commentaires tout à fait justes:Il y a de moins en moins de poissons dans la mer , normal car nous sommes 7 milliards; que cela plaise ou non seule l'industrialisation et donc des fermes d'aquaculture peuvent répondre au besoin.
Dommage que nos politiques aient tué l'envie d'entreprendre car aucun français ne veut plus se décarcasser pour produire du poisson le long de nos côtes. Les importations vont donc continu à croître jusqu'à ce que de gré ou de force nos politiques fassent leur boulot.
Réponse de le 21/07/2015 à 18:27 :
A chaque fois que y a un problème en France, vous rejettez la faute sur les politiques, donc c'est vraiment un pays d'assistés incapables d'avancer et de faire des choses sans rejeter la faute sur les autres.
Réponse de le 22/07/2015 à 17:05 :
Aquaculture avec de la poudre de poissons collectés en mer ? Ou avec des farines animales (ça a de l'appétit, les poissons) ?
On va finir par devenir végétariens, plus besoins d'intermédiaires. Et valoriser les algues.
Réponse de le 08/01/2016 à 9:12 :
sans vouloir rejetter la faute sur les politiques ( assistanata ) , il faut reconnaitre qu'en France , les " metiers de main d'oeuvre " n'ont pas la cote ;
ce ne sont pas seulement les pecheurs , mais on voit la meme chose dans l'agriculture ;
je vis en Espagne , dans le sud , et constate tous les jours que ce soit sur la cote ou dans les champs , qu'il y a des emplois que l'on voit moins en France ;
George Freche ( Languedoc-Roussillon ) avait dit , dans les années 80 , au vu des problemes viticole ( explosifs ) de la region : " il n'y a pas de probleme viticole , il y a un probleme de qualité de la vie " ...
a écrit le 17/07/2015 à 9:46 :
Complètement logique. Je suis un passionné de chasse sous marine de 42 ans qui chasse sur toutes les côtes françaises depuis l'adolescence. Habitant la pointe Finistère, j'ai pu voir en l'espace de presque 30 ans la faune décliner. Ce fut d'abord en Méditerranée ou la sur pêche a tout massacrer. Les pêcheurs pros sont limités à se battre entre eux pour une girelle ou une petite rascasse. Et maintenant il s'agit de notre belle mer d'Iroise en Bretagne, certainement la plus poissonneuse des côtes françaises de voir ses stocks décliner. Bars, lieus, vieilles... La chute est spectaculaire sur ces 10 dernières années.
a écrit le 16/07/2015 à 23:57 :
normal on a peché tous les poissons chez nous , on les peche chez les autres maintenant...on aurait du y penser avant, bientot y en aura plus nulle part...
a écrit le 16/07/2015 à 23:47 :
La deuxième zone maritime de la planète importe du poisson...
a écrit le 16/07/2015 à 19:27 :
Il y a deux problèmes différents mais d'importance équivalente.
La surpêche, il ne sert a rien de mettre des cotas de pêche aux pécheurs français si c'est pour remplacer la consommation par du poisson importé. Il serai souhaitable de mettre des cotas de consommation plutôt que des cotas de pêche. Cela n'aura d'impact que si ces cotas sont mondiaux.
Bon courage a ceux qui voudront les imposer
a écrit le 16/07/2015 à 16:58 :
Surprenant et pourtant ce fait n'est pas isolé; quand je vais au supermarché j'achète de la farine allemande qui a dit que la brie et la beauce était le grenier de l'Europe; quand j'achète des pizzas , si je n'y prends garde c'est du made in germany qui est comme chacun sait le pays ou on a découvert la pizza. Du boeuf il sort d'une ferme bio hollandaise avec mille ou quelques milliers de vache, du porc c'est itou.
Chercher l'erreur!!! Il serait bon que nos politiques et les français fassent un peu d'économie.
a écrit le 16/07/2015 à 15:47 :
Que l'on ne soit pas autosuffisant en pétrole on peut le comprendre..

Mais que la France qui possède le deuxième domaine maritime mondial ne soit pas autosuffisante pour le poisson est incompréhensible.
a écrit le 16/07/2015 à 8:56 :
Cela justifie l'idée de mettre une TVA sociale sur les produits agricoles et les produits de la pêche.
a écrit le 16/07/2015 à 8:53 :
Quand prendra-t-on conscience du fait que la pêche industrielle appartient au passé ?
Attrapons nous les poulets avec de grands filets ? Attrapons nous le boeuf au fusil ?
L'aquaculture est une évidence !
Reste à régler plusieurs problème dont le développement des poissons herbivores (les carnassiers, dont nous sommes si friands, sont polluants en cage) et une aquaculture propre (ce qui est possible contrairement à ce que l'on nous raconte...).
a écrit le 16/07/2015 à 8:40 :
Pourquoi ne pas faire un pole de competitivite sur l'aquaculture et inonde le marche europeen de Saumon et Thon eleve sur nos cotes.
a écrit le 15/07/2015 à 22:35 :
Le nombre de navires n'est pas significatif. Le tonnage total le serait plus. Qu'attend-t-on pour interdire la pêche à pied qui a un gros impact écologique négatif sur la reproduction des poissons, coquillages, crevettes et crustacés?
a écrit le 15/07/2015 à 21:20 :
Sommes-nous les seuls (nous europeens) a avoir conscience des effets desastreux de la surpeche ?
C'est a qui tuera le dernier poissons dans les oceans sans vie du globe...
a écrit le 15/07/2015 à 16:36 :
Encore un bienfait de l'Europe!!

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