Cybersécurité : un vaste réseau de propagande russe épinglé par les autorités françaises

Par latribune.fr  |   |  644  mots
Selon Viginum, les contenus de ces 193 sites internet sont susceptibles de « porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ». (Crédits : Thales)
L'organisme français de lutte contre les ingérences numériques étrangères Vigilum a publié un rapport ce lundi répertoriant 193 sites de propagande russe.

La propagande numérique russe épinglée. Ce lundi, l'organisme français de lutte contre les ingérences numériques étrangères Viginum a publié un rapport qui répertorie un réseau « structuré et coordonné de propagande russe » ciblant des pays européens et les Etats-Unis pour légitimer la guerre contre l'Ukraine. Selon l'organisme français, les contenus de ces 193 sites internet sont susceptibles de « porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation ».

Ces derniers « ne produisent aucun contenu original mais relaient massivement des publications issues en majorité de comptes de réseaux sociaux d'acteurs russes ou pro-russes, des agences de presse russes et des sites officiels d'institutions ou d'acteurs locaux », expliquent les auteurs.

Des hackeurs russes soupçonnés d'être derrière une attaque la Suède

Une tentative de manipulation par le biais du numérique qui rappelle la cyberattaque de grande ampleur qui a perturbé pendant plusieurs jours la Suède, fin janvier et dont des hackeurs russes sont soupçonnés d'être à l'origine.

Un centre de données, du groupe de services informatiques suédo-finlandais Tietoevry, avait été pris pour cible. Cinémas, grands magasins et autres boutiques... Il était impossible pour les Suédois d'effectuer des achats en ligne dans certaines enseignes.

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Le système centralisé de ressources humaines utilisé par les administrations du pays scandinave (Statens Servicecenter) avait également été paralysé, les fonctionnaires ne pouvant poser leurs congés, déclarer les heures supplémentaires travaillées ou leur arrêt maladie. « 120 administrations et près de 60.000 employés » ont été victimes de cette cyberattaque, soulignait fin janvier auprès de l'AFP Caroline Johansson Sjöwall, porte-parole de Statens Servicecenter.

Pékin aussi accusé de piratages contre des pays occidentaux

Et les hackeurs russes ne sont pas les seuls accusés par les autorités occidentales. C'est aussi le cas pour les hackeurs chinois. Début février, les services de renseignement des Pays-Bas ont fait état de la découverte d'un logiciel espion dans un réseau informatique utilisé par l'armée néerlandaise, et ont accusé une entité du gouvernement chinois d'être derrière ce piratage. Les services de renseignement affirment que le logiciel espion exploitait une vulnérabilité connue dans des systèmes fournis par la société de cybersécurité, Fortinet.

Un doigt pointé sur Pékin, qui n'a pas du tout plus au gouvernement chinois. Il a condamné en retour, ce mercredi, les accusations qu'il considère comme « malveillantes (et) sans fondement ». Le gouvernement chinois « s'oppose depuis toujours fermement à toutes les formes de cyberattaque et lutte contre elles conformément à la loi », a assuré l'ambassade de Chine aux Pays-Bas dans un communiqué. « Nous ne permettons à aucun pays ou individu d'utiliser des infrastructures chinoises pour se livrer à de telles activités illicites », a insisté l'ambassade sur le réseau social WeChat.

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Plus tôt, ce fut au tour des Etats-Unis de pointer Pékin du doigt. Le directeur de la police fédérale américaine (FBI), Christopher Wray, a annoncé le 31 janvier avoir neutralisé un réseau de cyber-pirates baptisé Volt Typhoon. Ils sont accusés d'avoir « piraté » des « centaines de routeurs ». Une opération « parrainée par la République populaire de Chine », a affirmé le directeur du FBI, lors d'une audition devant une commission de la Chambre des représentants sur la rivalité stratégique avec la Chine.

Le logiciel malveillant utilisé par ce groupe « permettait à la Chine de cacher, entre autres, des activités de reconnaissance et d'exploitation de réseau pré-opérationnelles contre des infrastructures vitales comme nos communications, nos transports et notre secteur de l'eau », a poursuivi Christopher Wray.

(Avec AFP)