Déficit commercial : le ciel s'assombrit encore

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Les exportations ont souffert du ralentissement économique des grands pays émergents comme la Chine et le Brésil. Elles fléchissent même de 0,5% en Europe, notamment vers les Pays-Bas et l'Espagne.
Les exportations ont souffert du "ralentissement économique des grands pays émergents" comme la Chine et le Brésil. Elles fléchissent même de 0,5% en Europe, notamment vers les Pays-Bas et l'Espagne. (Crédits : REUTERS/Philippe Wojazer)
Les exportations et les importations ont baissé respectivement de 1,4% et de 1%. Au premier semestre, le deficit commercial atteint 24 milliards d'euros.

L'objectif de réduction du déficit commercial à 40,3 milliards d'euros cette année risque d'être difficile à atteindre. Au premier semestre, celui-ci s'est détérioré de 1,1 milliard d'euros pour atteindre un total de 24 milliards. "La détérioration du solde commercial s'explique par l'élargissement du déficit manufacturier qui l'emporte sur l'allègement de la facture énergétique", expliquent vendredi les Douanes dans un communiqué.

"En 2016, malheureusement, (le déficit) risque de se creuser à nouveau", reconnaît le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, dans une interview accordée au Figaro. "Nous sommes dans un contexte de ralentissement mondial, notamment du côté des pays émergents, avec une hausse du commerce mondial qui reste faible, à 2,7% en 2016 selon le FMI."

"Harmony of the Seas" comme consolation

Au premier semestre, les exportations françaises ont chuté de 1,4%, pénalisées par la baisse des livraisons aéronautiques et spatiales, "notamment vers l'Asie et le Proche et Moyen-Orient", ont constaté les Douanes. Les ventes de produits chimiques et métallurgiques ont également fléchi, ainsi que celles des équipements informatiques, électroniques et électriques.

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En revanche, les exportations ont bénéficié de la livraison "du plus grand paquebot du monde au mois de mai", le navire "Harmony of the Seas". Selon les Douanes, les ventes de produits pharmaceutiques, de produits agricoles et de certains produits de luxe "sont bien orientées". Concernant les importations, elles cèdent 1% sur le semestre en raison notamment de la baisse des prix du pétrole et des volumes importés.

Par zone géographique, les exportations ont souffert du "ralentissement économique des grands pays émergents" comme la Chine et le Brésil. Elles fléchissent même de 0,5% en Europe, notamment vers les Pays-Bas et l'Espagne. En revanche, elles retrouvent le chemin de la croissance vers l'Allemagne, le déficit bilatéral avec la première économie européenne se réduisant d'un milliard, à 6,2 milliards au premier, précisent les Douanes. Quant à la vente de produits énergétiques, elles reculent aussi "en raison de la nouvelle chute des livraisons de pétrole raffiné", précise le communiqué.

Le déficit des transactions courantes se creuse aussi

Dans le secteur automobile, la reprise des exportations engagée depuis 2013 s'est "renforcée" sur les six premiers mois de l'année (+1,6%), "dans un contexte de redressement de la production automobile en France, lié aux accords de compétitivité passés par les constructeurs français", assurent les Douanes.

Conséquence de la détérioration du déficit commercial, celui des transactions courantes de la France vis-à-vis du reste du monde s'est légèrement creusé en juin à 600 millions d'euros, contre 300 millions en mai, a indiqué de son côté la Banque de France.

L'excédent des échanges de services progresse légèrement à 900 millions d'euros, "le recul de l'excédent des voyages étant de moindre ampleur que l'amélioration du solde sur les autres services".

(Avec AFP)

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a écrit le 06/08/2016 à 23:41 :
Le choix de la droite pour les services contre l'industrie pendant plus de 15 ans a été une erreur monumentale. En effet, les ouvriers votent mal. Pendant que Sarkozy distribuait des aides pour embaucher des jardiniers, l'Allemagne investissait dans son industrie.
Devinez le résultat.
a écrit le 05/08/2016 à 17:43 :
L'euro de football devait améliorer nos résultats économiques, la diminution du prix du pétrole aussi, la dévaluation de l'euro de 20% idem et à l'arrivée la dégringolade continue merci à Moi Président! Evidemment la croissance Zéro,voir en dessous de zéro,plafonne plus en France que chez nos voisins Européens lesquels ne culminent pourtant pas dans des sommets...
a écrit le 05/08/2016 à 16:32 :
Le solde du commerce extérieur est un bon indicateur de la compétitivité de notre pays hélas depuis 2004 tout part à la dérive pour atteindre des niveaux records de profondeur. Mais cela ne semble guère inquiéter nos dirigeants (droite comme gauche d'ailleurs). A part cela tout va mieux.
Réponse de le 06/08/2016 à 3:05 :
remarques les gouvernants ne sont pas les seuls en cause : nos chers fonctionnaires ont fait fermé beaucoup d'entreprises : 5 rien que dans mon coin et c'étaient tous des exportateurs : bah ce n'est pas grave ce sera cela de gens qui ne retrouveront pas de travail !!!!
a écrit le 05/08/2016 à 16:15 :
Et quand on sait que l'économie était le dada de notre président normal à sciences po, on touche le fond. A part nous inventer des nouvelles taxes (encore une en juillet sur le foncier bâti, qui n'a pas fait la une des journaux bien sûr) et continuer à instaurer l'instabilité fiscale permanente, il est vraiment l'exemple type de la technocratie dont la France souffre depuis bien longtemps maintenant.

Et effectivement, si le cours du pétrole ou les taux d'intérêt venaient à remonter, je n'ose pas imaginer l'état de nos finances........
Mais avez-vous vu ou entendu la moindre amorce de mea culpa devant ces échecs systématiques ?
a écrit le 05/08/2016 à 13:40 :
Mais François!
Il n'y a rien qui marche? Aucune courbes qui s'inversent? Au moins, il nous reste une progression: le chômage a redémarré et progresse malgré les formations de masse et coûteuses...
Pour la croissance, faudra dire à Sapin qu'il révise sa prévision (maintenue à 1.5 % !!) pour également prévoir un nouveau dérapage budgétaire en 2016.
a écrit le 05/08/2016 à 13:35 :
Et heureusement que le pétrole est au plus bas. Je te dis pas la facture que les socialos vont laisser derrière eux. Une véritable bombe à retardement ! Et le problème, c'est que la relève entre Hollande, Sarko et Juppé n'est pas plus brillante. En dehors d'un soulèvement majeur des Français, je ne vois pas grand avenir :-)
Réponse de le 05/08/2016 à 19:10 :
@ Patrick

L' avenir..se faire naturaliser Anglais quoi d' autre !
Réponse de le 06/08/2016 à 13:20 :
@roro: c'est peut-être une des solutions ! Pour info: les Britanniques respectent et honorent leurs poilus. Hollande fait des nécropoles des terrains de jeux. Voilà déjà une énorme différence, n'est-ce pas :-)
a écrit le 05/08/2016 à 12:59 :
En France rien ne changera jamais tant que l'on ne laissera pas le candidat a la creation d'entreprise tranquille. A part des taxes et des impots rien n'est envisageable a court 7 moyen terme.
Mais imaginer un changement, inutile d'y songer.
Seule alternative, partir creer ailleurs.
a écrit le 05/08/2016 à 12:46 :
Vu les chiffres de livraison d'Airbus en juillet, ce secteur ne va pas sauver le soldat France du déficit mensuel. Moins de touristes étrangers notamment chinois et japonais égalent moins de rentrées de devise. Il va être intéressant de comparer le niveau d’exportation des céréales entre 2015 et 2016.
a écrit le 05/08/2016 à 11:52 :
A part créer des taxes, des impôts et voter des interdictions diverses et variées, les gouvernements de gauche comme de droite d'ailleurs, n'ont guère le temps de se préoccuper des exportations toujours aussi calamiteuses.
a écrit le 05/08/2016 à 10:58 :
Cette histoire de deficit commerciale est vraiment très triste et devient totalement navrante, oui nous avons un fameux deficit car notre economie n'est pas assez exportatrice ou elle importe trop de produits commerciaux mais il faut un remède de cheval contre ce deficit : relancer l'industrie manufacturière et la robotique en France ainsi qu'en Europe, on ne peut pas être à la remorque des autres pays plus exportateurs comme l'Allemagne ou l'Angleterre. Oui il faut une industrie performante en France avec de nouvelles technologies comme celles des systèmes informatiques de type serveur ou de l'industrie de l'ordinateur!!!! Je pense que l'Europe est trop politico centré sur les règles et les directives d'élargissement de la zone euro et non sur l'industrie qui a fait quand la fortune de certains en Europe et dans le Monde. Il faut savoir ou on met les pieds dans le domaine commerciale pour relancer la machine industrielle et les exportations. La croissance en Europe et en France est donc trop faible de l'ordre de 1% contre des pays emergents ou la croissance est à 7 ou 8% par an. L'industrie n'est pas qu'une zone de contrainte de travail avec un compteur qui dit combien d'heures vous avez faite, mais un univers d'emplois et de recherche pour de nouvelles technologies et de developpement des sciences de l'ingénieur.

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