Enseignement de l'économie au lycée : l'ASMP livrera ses propositions lundi

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Beaucoup d'acteurs s'accordent à dire que les programmes de SES pèchent par leur encyclopédisme.
Beaucoup d'acteurs s'accordent à dire que les programmes de SES pèchent par leur encyclopédisme. (Crédits : Flickr/drs1ump)
L'Académie des sciences morales et politiques (ASMP), rattachée à l'Institut de France, avait déjà planché sur la question et influencé le programme de 2010, toujours en vigueur. Elle jugeait que celui de 2008 comportait des "biais caricaturaux".

L'Académie des sciences morales et politiques (ASMP) planchera lundi sur ses propositions pour l'enseignement des sciences économiques et sociales (SES) au lycée, un sujet récurrent de dissensions entre enseignants et chefs d'entreprises, relancé à l'approche de l'élection présidentielle.

L'ASMP, rattachée à l'Institut de France et dirigée par l'ancien PDG de la banque BNP Paribas Michel Pébereau, avait organisé fin janvier un premier colloque de "diagnostic", s'appuyant sur la lecture critique des manuels scolaires effectuée à sa demande par six économistes internationaux.

"Des progrès nets"

L'académie avait déjà entrepris cette démarche en 2008, influençant les programmes de 2010, toujours en vigueur. Pierre-André Chiappori, professeur à l'université de Columbia, a salué ainsi "des progrès très nets", évoquant "des biais caricaturaux, très idéologiques" dans les manuels de 2008, mais "pas en 2010".

Beaucoup d'acteurs s'accordent à dire que les programmes de SES pèchent par leur encyclopédisme, mais chacun y va de sa demande d'ajout : risque, efficacité, optimisation, comptabilité...

"Les manuels scolaires n'ont pas prétention à être le cours de l'enseignant"

L'Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses) se dit elle surprise par la démarche de l'académie, jugeant que "partir des manuels scolaires donne une vision tronquée" de "l'enseignement réel dans les classes", car "les manuels scolaires n'ont pas prétention à être le cours de l'enseignant". Et les SES ne se limitent pas à l'économie, souligne l'APSES : la discipline englobe aussi les sciences politiques et la sociologie.

L'académie n'est pas la seule à plancher sur le contenu des programmes de SES: le Conseil national éducation économie (CNEE) doit remettre fin mars-début avril, avec le Conseil supérieur des programmes (CSP), un avis demandé par la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem sur "les thématiques, les concepts et les mécanismes jugés incontournables au regard des objectifs" de cet enseignement.

La réécriture des programmes n'est pas pour tout de suite

En septembre 2016, cinq patrons dont Michel Pébereau avaient claqué la porte du CNEE pour protester contre un allègement des programmes d'un enseignement exploratoire de SES en seconde -réclamé par les enseignants- rendant facultatif un thème sur la formation des prix dans un marché.

Si réécriture des programmes il devait y avoir au final, ce ne serait pas pour tout de suite: entre la décision de les revoir, leur élaboration, la confection des manuels et l'entrée en vigueur des programmes, il s'écoule généralement plusieurs années.

(avec AFP)

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a écrit le 27/02/2017 à 10:57 :
Tout en se souvenant qu'il vaut mieux des économistes objectifs mais critiques pour une entreprise pérenne, plutôt que les béniouiouistes néolibéraux, qui viennent prêcher leurs dogmes, ce que veulent entendre les possédants, tandis que l'économie s'écroule de cette pensée unique économique désastreuse.

Les chefs d'entreprises ne sont pas assez objectifs pour faire de bon conseillers en la matière. A quoi reconnait on le réactionnaire ? Il veut sans arrêt changer les livres scolaires pour les adapter à sa vérité à lui seul.
Réponse de le 27/02/2017 à 12:49 :
C'est vrai que les beniouiouis des économies de type soviétique n'ont pas pu éviter le mur et qu'elles l'ont même au passage mis par terre ce qui a été une bonne chose pour tous ceux qui étaient épris de liberté.. Et c'est grâce au libéralisme que des milliards d'hommes et de femmes ont pu sortir du sous développement (la Chine, l'Inde, etc)). Effectivement on peut aussi penser que c'était mieux avant, mais la c'est criptoliberal !!!
a écrit le 27/02/2017 à 7:30 :
Il faut parler de démographie, de capital humain, d'énergie. L'énergie remplace le travail; il faut faire la différence entre la production et la consommation. Travail, capital, énergie. Il y a une évolution dans le temps (le progrès technique)et dans l'espace (différence entre pays). Il faut intéresser tous les publics, enfants, étudiants, travailleurs...
a écrit le 26/02/2017 à 18:49 :
Ve n'est pas à un homme comme Pebereau de définir les programmes d'économie.

Pourquoi ne pas demander à la CGT?

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