Et pourquoi pas des universités de métiers liées à l’économie de l’Ile-de-France ?

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La Grand Roissy veut devenir l'un des leaders du tourisme d'affaires et va connaitre d'énormes besoins d'embauches dès 2016
La Grand Roissy veut devenir l'un des leaders du tourisme d'affaires et va connaitre d'énormes besoins d'embauches dès 2016 (Crédits : Hubstart)
Cinq universités des métiers, liés aux pôles de développement économique, et une Maison des ressources humaines du Grand Paris. Une double idée, potentiellement efficace, défendue par François Kalfon, conseiller régional sortant, pour mettre - enfin - en adéquation offre et demande d’emploi.

L'Ile-de-France comme le Grand Paris se sont structurés autour de clusters. L'idée originale du Grand Paris Express était même à l'origine de relier ces clusters entre eux ainsi qu'aux trois aéroports franciliens. Mais que ce soit dans les clusters comme Paris Saclay où les filières aéroportuaire et logistique autour de Roissy, tourisme autour de Marne la Vallée et Disneyland, aéronautique autour du Bourget, il manque toujours la même chose, la formation « qui va bien ».

Des centres de formation, il en existe partout, mais nulle part n'existent des Universités de métiers centrés sur les besoins de ces pôles de développement. D'où l'idée de François Kalfon, conseiller régional PS sortant, de « créer des universités des métiers au cœur des territoires pour répondre aux besoins des filières en essor »« Il n'est qu'à regarder la géographie économique d'Ile-de-France pour comprendre les besoins en emploi et voir qu'avec les CCI nous devrions nous atteler à la création d'au moins 5 universités arrimées à des bassins d'emplois en plein essor », explique-t-il.

Une université des métiers aéroportuaires et du tourisme d'affaires à Roissy

D'abord une université des métiers du tourisme à Marne-la-Vallée : Disney est déjà là, c'est la première destination touristique d'Europe et plus de 60.000 emplois directs et indirects. Villages Nature va s'ouvrir et créera 4.500 emplois de plus d'ici 2017, et le Conseil Cluster Tourisme Paris-Val d'Europe (10 millions de visiteurs par an sur Val d'Europe et ses malls) a un projet de campus des métiers du tourisme pour fédérer l'offre trop dispersée de formation aux métiers du tourisme (hôtellerie, restauration, loisirs, animation, sports, tourisme d'affaires, développement durable, etc.). Autant y aller franchement et créer l'Université des métiers du tourisme à Marne la Vallée

Un campus des métiers aéroportuaires et du tourisme d'affaire adossée au Grand Roissy serait encore plus logique : 85.000 emplois sur le seul aéroport, 10 à 15.000 recrutements effectués chaque année dans l'aéroportuaire, 130.000 emplois espérés d'ici 2030 avec les investissements programmés, le Grand Roissy présente le plus grand potentiel économique de France. Mais toujours aucune structure pour former au tourisme d'affaires malgré d'Europa City (3.2 milliards d'investissements d'Auchan à Gonesse) le futur International Trade Center et son méga centre de congrès et ses 7 hôtels d'affaires, les parcs des expositions, les quartiers d'affaires (800.000 m2 à Gonesse aussi) et les projets autour de l'aéroport d'affaires du Bourget. Il y a indéniablement matière à renforcer l'offre de formation dans ce secteur.

Ni l'aéronautique ni les transports collectifs ne trouvent assez de candidats

Le reste est tout aussi évident : une université des métiers de l'aéronautique dans le sud-est francilien adossée aux pôles Corbeil-Essonne, car l'Île-de-France est la première région aéronautique de France et qu' « aujourd'hui, dans  le secteur aéronautique, il y a 2.000 emplois non pourvus dans la région". C'est la raison pour laquelle un projet de lycée des métiers de l'aéronautique dans le sud-est francilien co-financé par Safran est actuellement à l'étude pour renforcer l'offre de formation et mieux accompagner l'essor de la filière.

Un lycée des métiers du transport collectif pour répondre aux besoins croissants des entreprises de transports, Keolis, Transilien, SNCF Réseau, Transdev, RATP ayant des besoins de recrutement conséquents mais de grandes difficultés à embaucher.

Et, enfin, une université des métiers du numérique à Saclay : l'Île-de-France a beau être le premier pôle numérique national avec 18.000 entreprises dans la filière, 7.000 emplois, selon le Syntec numérique, sont en 2015 à pourvoir dans le secteur du numérique en Ile-de-France

Ces propositions posent tout le problème des métiers sous tension en Ile-de-France sur lesquels, bien que l'emploi soit de sa compétence, la Région n'est pour l'instant guère moteur. L'idée de François Kalfon est d'aller jusqu'au bout de la logique et de créer, adossées à Pôle Emploi, des Maisons des ressources humaines du Grand Paris pour enfin, mettre en adéquation sur l'ensemble du territoire l'offre et la demande dans la construction du Nouveau Grand Paris et autour des cinq grandes universités de métiers.

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Commentaires
a écrit le 23/10/2015 à 13:39 :
L'économie de l'ile de france ? C'est les banques !! alors créez des universités de banquier. Faites des banquiers bac+5 avec spécialité emprunts et crédits, par exemple.
a écrit le 23/10/2015 à 12:26 :
Aïe Aïe Aïe !!! et que deviens le reste de la France dans cette affaire ?
Pas sur que de vouloir concentrer la population et la production de richesses autour de la capitale soit pertinent .
Pour ma part je fais le pari qu'en raison du développement des nouvelles technologies les gens se déplaceront moins pour se rendre au travail avec pour conséquences moins de circulation auto, transports publics , moins de besoin en bureaux = moins de consommation d'énergie etc...

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