Face au flop de StopCovid, le gouvernement cherche de l'aide auprès des professionnels

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Cédric O, Secrétaire d'État chargé du Numérique de la République française
Cédric O, Secrétaire d'État chargé du Numérique de la République française (Crédits : Reuters)
L'application française de traçage des malades du Covid-19 a été installée 2,6 millions de fois, un résultat très faible comparé aux applications britanniques et allemandes, téléchargées respectivement 16 et 18 millions de fois. Face à ce ratage spectaculaire, le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Cédric O, cherche des "alliés". "Si les responsables de cafés, hôtels, restaurants, estiment que c'est quelque chose qui aidera à ne pas refermer les établissements, alors il faut qu'ils nous aident" estime-t-il.

Le secrétaire d'Etat chargé du numérique Cédric O a admis jeudi lors d'une audition au Sénat que StopCovid, l'application française de traçage des malades du Covid-19, marchait "mal" en raison d'un taux d'utilisation trop faible et cherche des "alliés" pour la relancer.

"Si nous voulons relancer l'application, nous avons besoin de trouver des relais et des alliés. (...) Si les professions médicales estiment que c'est utile, alors elles doivent le dire", a-t-il déclaré, notant "le manque de confiance" dont souffre la parole politique.

"Si les responsables de cafés, hôtels, restaurants, estiment que c'est quelque chose qui aidera à ne pas refermer les établissements, alors il faut qu'ils nous aident, (...) Ca nous évitera de prendre les mesures que nous sommes forcés de prendre", a-t-il ajouté.

Lire aussi : L'application StopCovid "n'a pas obtenu les résultats espérés", selon Castex

Les restaurant engagés à inciter le téléchargement

Face à la résurgence de l'épidémie en France, les professionnels de l'hôtellerie-restauration se sont engagés lundi à inciter "fortement" leurs clients à télécharger l'application, sans toutefois les y contraindre.

L'application StopCovid a été installée à ce jour plus de 2,6 millions de fois, soit bien moins que les applications britanniques et allemandes, téléchargées respectivement 16 et 18 millions de fois.

StopCovid a de plus été désinstallée plus d'un million de fois, a indiqué le secrétaire d'Etat. 7.969 personnes s'y sont déclarées comme étant positives, et 472 notifications ont été envoyées à de potentiels cas contacts.

"Nous, on sait que ça marche mal, mais les Anglais et les Allemands ne savent même pas si ça marche", a fait valoir Cédric O, pointant le fait que ces deux applications utilisaient pour fonctionner le système dit "décentralisé" développé par Apple et Google, sans en maîtriser tous les paramètres.

Mis à part ces deux exemples, "la réussite des applications de "contact tracing" (traçage des contacts NDLR) est plus l'exception que la règle. Ces applications ont du mal partout en Europe", a jugé Cédric O.

Le Premier ministre Jean Castex et deux autres ministres avaient reconnu sur le plateau de France 2 le 24 septembre ne pas avoir téléchargé l'application, lancée en juin.

Une nouvelle société doit remplacer fin octobre le français CapGemini qui travaillait jusqu'alors gratuitement comme chef de projet. Elle sera désignée via une procédure d'appel d'offres, et le plafond mensuel de dépenses liées à l'application augmentera, de 100.000 euros aujourd'hui à "probablement autour de 200.000 euros", a indiqué Cédric O.

Lire aussi : La Cnil met fin à sa procédure contre l'application StopCovid

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Commentaires
a écrit le 08/10/2020 à 23:20 :
Croire que le " tout numérique" et les applications ont un futur radieux, c'est risquer de tomber de haut. L'histoire de Stop Covid sont les prémices de la fragilité d'une économie basée sur le "tout numérique" dont il me semble qu'on espère beaucoup plus que ce qu'il va réellement produire.
a écrit le 08/10/2020 à 22:23 :
Ce qui dysfonctionne c'est plus le gouvernement que l'application.

Depuis son élection Macron dissout les libertés individuelles et publiques à un rythme éffarant. Il a imposé par la force les attestations, le confinement, la fermeture de millions d'entreprise, privé de revenus des millions d'indépendants, d'artistes, d'artisans. Le conseil d'état et le conseil constitutionnel ont déjà du annuler des dizaines de dispositions jugées abusives e c'est loin d'être terminé.

Tout ceci a convaincu les français que Stopcovid finirait par être utilisé contre les personnes qui (se) seraient déclarées porteuses et qu'elles seraient traquées par les flics.

Donc personne ne télécharge, personne ne se déclare et c'est un flop. L'idée du stopcovid est plutôt bonne, mais à partir du moment où le gouvernement a choisi de matraquer judiciairement plutôt que de faire confiance, il récolte la méfiance en retour.
a écrit le 08/10/2020 à 21:54 :
Pas sûr que les cafetiers, restaurateurs, hôteliers aient le sentiment d'être les alliés de notre rappeur numérique national et du gouvernement de la dictature en marche... ils seraient plutôt victimes du chantage de l'état macronien pour étendre son pouvoir de contrôle des populations
a écrit le 08/10/2020 à 20:21 :
"472 notifications ont été envoyées à de potentiels cas contacts." c'était pas 50 l'autre jour? Ça progresse.
Dommage que l'application Gafam que les autres pays ont choisi (et peuvent, pourront être rendues compatibles pour les voyageurs) ne puisse indiquer le nombre de cas, ce sont les smartphones qui le "savent", pas le système. D'où la centralisation chez nous pour voir décompter, remplir des tableurs, voire se lamenter sans savoir si c'est mieux(pire) ailleurs (pas moyen de savoir).
Donner ses coordonnées en allant dans un bar ou restaurant, c'est lourd (+ infos fantaisistes parfois), l'appli est censée gérer toute seule.
Quand va-t-on nous prêter un smartphone pour aider ? On le rendra après, nettoyé à l'alcool.

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