Le gouvernement prêt à remettre la SNCF sur les rails, avec certaines conditions

Initialement estimée à 4 milliards d'euros, l'ardoise de la crise pour la compagnie ferroviaire pourrait finalement atteindre 5 milliards de pertes liées aux grèves de la fin d'année et au confinement. En échange d'"une aide forte", le gouvernement attend néanmoins de nouveaux engagements.

3 mn

(Crédits : Charles Platiau)

Après Air France ou Renault, l'Etat promet une aide de "plusieurs milliards d'euros" à une autre entreprise emblématique, la SNCF, pour surmonter le lourd manque à gagner provoqué notamment par la crise sanitaire.

Le groupe ferroviaire sera aidé "à hauteur de plusieurs milliards d'euros", déclare le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari dans une interview au Figaro daté de jeudi, tout en notant que l'Etat a déjà permis à la SNCF d'emprunter 1,2 milliard d'euros sur les marchés et financé "le salaire d'un cheminot sur trois" au titre de l'activité partielle pendant le confinement.

"Plusieurs options sont sur la table: la recapitalisation du groupe ou la reprise d'une part complémentaire de la dette, par exemple", affirme Jean-Baptiste Djebbari dans cet entretien.

Lire aussi : Grève et coronavirus ont coûté 4 milliards d'euros à la SNCF, estime Djebbari

Des arbitrages à préciser

"Allons-nous utiliser une option plutôt qu'une autre ou panacher des solutions?" poursuit-il. Il souligne que "les arbitrages ne sont pas encore rendus".

Mi-juin, le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou avait estimé que la crise du Covid-19 devrait coûter à elle seule près de quatre milliards d'euros de chiffre d'affaires à l'opérateur ferroviaire.

Si l'on ajoute la perte de chiffre d'affaires liée aux grèves contre la réforme des retraites, évaluée à un milliard d'euros, le manque à gagner pour la SNCF est de quelque 5 milliards d'euros depuis décembre dernier.

Rigueur budgétaire, nouveaux trains, fret ferroviaire

"Si l'État investit des sommes considérables, il attend en retour que la SNCF ait une performance économique, environnementale et sociale de haut niveau", prévient toutefois Jean-Baptiste Djebbari dans Le Figaro.

"Nous souhaitons, que d'ici dix ans, le réseau ferroviaire soit modernisé; de telle sorte que l'on puisse faire circuler sans accroc des trains de voyageurs, de jour comme de nuit, ainsi que des trains de marchandises. Pour cela, il faut maintenir le cap de la réforme de 2018; c'est-à-dire un investissement de plusieurs milliards d'euros par an jusqu'en 2022 pour régénérer le réseau ferré", poursuit-il.

Lire aussi : Un TGV du futur pour les Jeux olympiques de 2024 et pour oublier la crise

"Une aide suffisamment forte pourrait permettre à la SNCF de revenir à l'équilibre dans les meilleurs délais. En clair, il s'agit de ne pas se remettre à fabriquer de la dette", souligne encore Jean-Baptiste Djebbari.

Lors de son allocution du 14 juillet, Emmanuel Macron avait souligné qu'il entendait "redévelopper massivement" le fret ferroviaire, les petites lignes de train et les trains de nuit dans le cadre de sa politique de transition écologique.

Deux nouveaux trains de nuit

Dans l'optique de "relancer le fret ferroviaire en France", M. Djebbari indique avoir notamment proposé au Premier ministre "de baisser les péages pour les entreprises qui opèrent sur le réseau national".

Le gouvernement ambitionne par ailleurs "de relancer d'ici 2022 deux trains de nuit supplémentaires avec, pourquoi pas, un Paris-Nice pour commencer", dit le ministre délégué.

"L'État va d'abord financer la rénovation du matériel roulant existant avant d'envisager l'achat de nouvelles rames pour développer un réseau européen plus vaste à plus long terme", précise-t-il.

Sur les "petites lignes", "l'État continuera de mobiliser des cofinancements conséquents pour rénover un maximum d'autres lignes", promet-il.

Lire aussi : La SNCF veut rassurer pour éviter que la voiture soit la grande gagnante de la peur du Covid-19

3 mn

Replay I Nantes zéro carbone

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 10
à écrit le 25/07/2020 à 0:42
Signaler
SNCF = 100 tonneaux de Danaïdes ! Ce serait mieux de la liquider puis la faire reprendre par le privé avec des contrats extrêmement sérieux sous forme de délégation de service public. La rédaction des ces documents devra être trois fois contrôlée pa...

à écrit le 24/07/2020 à 8:11
Signaler
Comme s'ils avaient le choix ! Le train est le moyen de transport préféré des français mais concurrent direct du lobby pétrolier à savoir camions, bagnoles et avions, de ce fait les politiciens des mégas riches l'ont anéanti de toutes parts générant ...

à écrit le 23/07/2020 à 15:26
Signaler
tout le monde connait la seule et unique solution qui permettra de sauver le ferroviaire en France , mais pour la mettre en oeuvre il faudra au préalable "éliminer" les organisations d'obstruction qui y sévissent . pour faire tomber Capone , il a fa...

le 23/07/2020 à 17:52
Signaler
"mais pour la mettre en oeuvre il faudra au préalable "éliminer" les organisations d'obstruction qui y sévissent " Pas du tout ,faut surtout supprimer à la SNCF les centaines de postes stériles comme celui de Florence Parly notre ministre des armé...

à écrit le 23/07/2020 à 12:01
Signaler
Même sans avions, les contrôleurs aériens reçoivent une prime En juin 2020, le trafic aérien en France a chuté de 84,51 % par rapport à 2019, selon les données officielles. Au mois d'avril, la baisse était même de 93,28 %. Pourtant, sur la même péri...

à écrit le 23/07/2020 à 11:42
Signaler
Air France, EDF, SNCF, etc des entreprises à la gestion calamiteuse dont les salariés fonctionnarisés bénéficient des conditions scandaleuses etc. Des casseroles que l'état Finance à perte depuis des années sans remise en cause de la gestion et des ...

à écrit le 23/07/2020 à 10:22
Signaler
S.N.C.F. : société nationale consommatrice de fonds publiques non remboursables, donc à fonds perdus sauf pour le contribuable Français qui depuis 50 ans n'arrête pas de payer pour ce Gros tonneau des Danaïdes qui j'a jamais su dégager des bénéfices ...

le 23/07/2020 à 14:54
Signaler
allez travailler de nuit dans les centres de maintenances vous verrez si c'est aussi joyeux que cela.Ce n'est pas la faute des cheminots mais de tous ces ministres et gouvernements incapables d'avoir une stratégie coherente du rail. pourtant je n'y ...

le 23/07/2020 à 16:24
Signaler
A 75 ans je me fiche des cheminots qui ont vécu grassement sur cette grosse bâte bolchevique. Du reste en 2015 j'en avais tellement raz le bol de payer sans arrêt pour boucher tous les trous (SNCF, RATP, EDF, SNCM elle qui a eu la belle idée d'être l...

à écrit le 23/07/2020 à 9:46
Signaler
Qui peut croire en l'équilibre de la SNCF? il faut en finir, et ouvrir largement à la concurrence. L'Etat a la responsabilité du réseau (aménagement du territoire), le reste peut être couvert par le privé, qui nous donnera un meilleur service sans fo...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.