Les 577 candidats de "La République en marche" seront connus jeudi 11 mai

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(Crédits : Charles Platiau)
Catherine Barbaroux va prendre la présidence par intérim du mouvement d'Emmanuel Macron dont le nom devient "La République en marche", étiquette unique des investitures aux législatives de juin. Les candidats seront connus d'ici jeudi 11 mai et la moitié viendra de la société civile. Un congrès du parti se tiendra avant le 15 juillet.

Elu dimanche président de la République avec plus de 66% des suffrages, Emmanuel Macron a entamé lundi sa mue présidentielle en mettant ses pas dans ceux de François Hollande et en quittant la présidence de son mouvement, En Marche ! L'ancien ministre de l'Economie a assisté à la commémoration du 8 mai 1945 aux côtés du président sortant, François Hollande, sur l'avenue des Champs-Elysées, avant de lui succéder officiellement dimanche prochain.

Il a ensuite déjeuné avec le conseil d'administration d'En Marche !, le mouvement qu'il a créé le 6 avril 2016 et dont il a abandonné la présidence à cette occasion. Le mouvement a engagé à cette occasion la mue qui va le transformer en véritable parti politique avec pour vocation de devenir la future majorité présidentielle.

"La République en marche"


Lors d'une conférence de presse lundi après-midi, le secrétaire général du mouvement, le député ex PS Richard Ferrand, soutien de la première heure, a annoncé les changements. Catherine Barbaroux (ancienne déléguée générale à l'emploi et à la formation professionnelle et ex présidente actuelle de l'ADIE) va prendre la présidence par intérim du mouvement, qui revendique aujourd'hui plus de 270.000 adhérents. Le "parti du président" s'appellera désormais "La République en marche", et c'est sous cette étiquette que ses 577 candidats se présenteront aux élections législatives de juin.

Le prochain défi d'Emmanuel Macron est en effet de transformer sa victoire de dimanche en majorité parlementaire, sur les débris des partis de gouvernement qui se partageaient le pouvoir ces dernières décennies, Parti socialiste et Républicains (ex-UMP). Selon une enquête Harris interractive-M6 publiée dimanche, l'alliance En Marche!-MoDem recueillerait 26% des intentions de vote, devant la coalition Républicains-UDI (22%), le Front national (22%) et la France insoumise (13%).

Règles assouplies


Pour accroître ses chances de rassembler le plus largement, Emmanuel Macron a assoupli la règle qui imposait à un candidat investi par En Marche ! de renoncer à son parti d'origine. "Nous voulons une majorité composée de femmes et d'hommes qui viennent du PS, des Républicains, du centre mais aussi, et ce sera au moins la moitié de nos candidats, de la société civile", a rappelé le député PS rallié à En Marche!  Christophe Castaner sur BFMTV.

Ceux des 50% de candidats issus du monde politique "pourront garder leur attachement (à un parti politique) s'ils le souhaitent. Mais ils doivent s'engager à soutenir la majorité présidentielle sur le projet qui est devenu hier soir un contrat entre Emmanuel Macron et les Français", a-t-il dit. Scénario confirmé par Richard Ferrand lors de la conférence de presse qui a souligné que l'objectif est de construire une "majorité de changement" pour appliquer le programme du président élu dimanche 7 mai.

S'ils sont élus, ils devront ainsi siéger dans le groupe parlementaire La République en marche à l'exception de tout autre, précise-t-il, comme d'autres proches du président élu.
Selon le sénateur François Patriat, nombre de responsables politiques de droite ou de gauche ne sauteraient pas le pas s'ils étaient contraints à renier leur parti d'origine.

"Donc on ne leur demande pas de quitter leur parti mais on leur demande que dans la prochaine majorité les choses soient claires, que leur engagement soit total", a-t-il expliqué. "C'est pour lever un frein." Pour l'élection, les candidats investis ne pourront se présenter que sous l'étiquette "La République en marche". Il n'y aura pas de double investiture et le groupe devra respecter une "discipline collective". L'objectif est d'éviter le phénomène des frondeurs qui a paralysé l'action de François Hollande au cours des dernières années.

Selon un autre parlementaire proche d'Emmanuel Macron, Stéphane Travers, cela part aussi de la volonté de tenir compte de la structure du vote de dimanche, qui s'est notamment soldé par un record de bulletins blancs et nuls (plus de 8,5 millions, soit près de 11,5%) et de l'abstention (25,44%).

Les candidats connus le 11 mai


La commission d'investiture d'En Marche ! doit terminer ses travaux dans les prochains jours. La liste des candidats sera rendue publique jeudi 11 mai à 10h00, a indiqué Richard Ferrand qui reste secrétaire général du mouvement jusqu'au Congrès fondateur prévu pour cet été, avant le 15 juillet, mais pourrait être appelé à un destin ministériel dans le futur gouvernement.

Selon son entourage, Emmanuel Macron devait consacrer lundi après-midi à des rendez-vous de travail, notamment avec Richard Ferrand et le maire de Lyon Gérard Collomb, également un de ses soutiens de la première heure. Il pourrait nommer son Premier ministre lundi 15 mai et son gouvernement le lendemain, avant un premier conseil des ministres mercredi, ajoute-t-on de source proche du président élu.

Avec Reuters

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Commentaires
a écrit le 09/05/2017 à 12:45 :
Transformons la victoire à la présidentielle d'Emmanuel MACRON, en une dynamique sans faille par une stratégie à offrir une majorité totale à la République En Marche. Sans cela Macron aura de difficulté à mettre en place facilement son programme. Le temps presse, les législatives sont proches. Il nous faut c'est vrai de nouveaux visages, comme Emmanuel Macron l'avait dit lui même pendant la campagne, il nous faut dans cette majorité de la République En Marche à mettre en place des hommes et des femmes d'expérience venant de la gauche, de la droite et du centre, en plus tous ceux et toutes celles qui viendraient de la société civile. Travaillons en coulisse et acceptons d'emblée les bonnes volonté qui se manifestent parmi les gens d'expérience tout en tenant de l'équilibre.
a écrit le 09/05/2017 à 12:23 :
On va, à mon avis, se retrouver très rapidement dans la configuration de ce qui est reproché au FN, à savoir qu'il n'est pas facile de trouver des petits génies au pied levé pour occuper des postes à responsabilité. Je pense donc que la majorité des candidats "macronistes" qui vont se présenter sera en fait composée de vieux chevaux de bataille, même si bien entendu, leurs noms sont parfaitemet inconnus à l'échelon national :-)
a écrit le 09/05/2017 à 10:00 :
c'est l'image d'un bébé tout nu avec une couche culotte et l'étonnement de sa maman: "il marche!" dixit mamie Gigi

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