Les "privilèges" des futurs ex-présidents abolis en partie

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Après avoir quitté la fonction suprême, les anciens présidents de la République (ici, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy) bénéficient d'avantages importants durant tout le reste de leur vie.
Après avoir quitté la fonction suprême, les anciens présidents de la République (ici, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy) bénéficient d'avantages importants durant tout le reste de leur vie. (Crédits : REUTERS/Charles Platiau)
François Hollande a fait publier dans le Journal officiel un décret réduisant fortement les "bonus" accordés aux anciens chefs de l'État. Ces avantages coûtent 10,3 millions d'euros par an.

[ Article publié le 03.10, mis à jour le 05.10 avec la publication du décret au JO ]

Les anciens chefs d'État coûtent cher à la République, trop cher même : plus de 10 millions d'euros par an. En ces temps d'austérité où chaque institution est amenée à réduire la voilure, les avantages octroyés aux ex-présidents font tâche. Pour résoudre le problème, François Hollande a donc préparé et fait publier au Journal officiel un décret -non-rétroactif- qui réduit considérablement les "bonus" auxquels ses successeurs et lui-même auront accès.

Pour mémoire, les anciens présidents français toujours en vie (Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, donc) bénéficient chacun d'un appartement de fonction meublé au service duquel sont affectés deux personnes. Ils ont également droit à deux policiers pour leur protection rapprochée, plus une voiture de fonction avec deux chauffeurs, ainsi qu'à sept collaborateurs permanents. Par ailleurs, quand ils prennent le train, ils bénéficient de la première classe avec la SNCF, et, quand ils voyagent en avion, de la classe affaires sur Air France.

D'après le décret publié au JO, les futurs anciens présidents -François Hollande est lui-même concerné-  observeront désormais une dégressivité des moyens qui leurs sont alloués cinq ans après avoir quitté l'Élysée. Passé ce délai, seuls trois collaborateurs et un agent de service seront mis à leurs dispositions. Il est également précisé que "des locaux meublés et équipés, dont le loyer, les charges et les frais généraux sont pris en charge par l'État" sont mis à disposition des ex-présidents, ainsi que "la prise en charge des frais de réception ainsi que des frais de déplacement, pour eux-mêmes et un collaborateur" dans le cadre d'"activités liées à leurs fonctions d'anciens chefs de l'État".

Suppression des voyages gratuits, rémunération limitée...

Un rapport confidentiel, remis en 2014 à l'Élysée par le premier président de la Cour des comptes Didier Migaud et le vice-président du Conseil d'État Jean-Marc Sauvé, et dévoilé le 20 septembre par Mediapart,  estimait que les anciens présidents coûtaient chaque année 10,3 millions d'euros à l'État. Un chiffre assez proche de la dernière évaluation, datant d'avril 2016, du député PS René Dosière, qui soulignait que Valéry Giscard d'Estaing était l'ex-président le plus "coûteux" avec des dépenses atteignant 3,9 millions d'euros par an.

En l'état, les mesures choisies par François Hollande sont plus dures que celles prescrites par le rapport de Migaud et Sauvé. Parmi les différentes suggestions, figurait déjà la dégressivité des dépenses de soutien mais au bout de dix ans. Le rapport faisait également mention d'une suppression de la gratuité des transports, "obsolète avec l'ouverture [...] à la concurrence" et propose de supprimer les dépenses de soutien en faveur des conjoints et enfants "sous réserve d'éventuelles mesures de protection".

Le timing semble en tout cas parfaitement choisi pour cette réforme. Le Conseil d'État a en effet rejeté le 28 septembre un recours de l'Association pour la prévention de la corruption et pour l'éthique en politique (Anticor) qui demandait la suppression totale du statut des anciens présidents de la République. Selon Anticor, les avantages octroyés ne reposaient en effet que sur une lettre de Laurent Fabius, alors Premier ministre, envoyée à François Mitterrand en 1985. À l'avenir, leur cadre légal devrait donc être renforcé.

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Commentaires
a écrit le 20/01/2019 à 11:40 :
Ces avantages doivent être retirés des qu'un nouveau président de la république ou de l"assemblée ou autre appartenance part et Cesse ses fonctions
a écrit le 10/10/2016 à 10:22 :
de toutes façons ,l'accord de l'assemblée et du sénat il ne l'aura jamais et surtout pas celui du conseil constitutionnel ,donc les réformes ne sont possibles qu'avec une révolution ,mais vu le courage du peuple ,il n'y en aura jamais ,car le peuple a tellement été esclavagisé depuis 200ans qu'il est incapable de relever la tête c'est ce qui explique le dictat des énarques et des hauts fonctionnaires qui congèlent les lois qui les dérangent ou les détournent comme des avocats pénalistes !
a écrit le 06/10/2016 à 17:43 :
VGD a 90 ans, et Jacques CHirac 84 ans
ont-il besoin encore de plusieurs collaborateurs payés par le gouvernement, ou plutot par les contribuables ????
C'est honteux
a écrit le 06/10/2016 à 14:28 :
Personne ne parle de leurs déclarations d'impôts au sujet de leurs avantages en nature. Il faut leur appliquer au minimum un forfait.
Ces dispositions me semblent être un enrichissement sans cause illégal.
a écrit le 05/10/2016 à 18:36 :
Pas fou le "Moi Président". S'il se fait virer aux élections il a quand même prévu de protéger ses arrières. La mesure ne prenant effet que dans 5 ans se sera tout bénéfices pour lui. Et éventuellement il espère aux prochaines élections un retour. Qui sait! Cela serait le jackpot pour lui.
Réponse de le 23/03/2018 à 11:18 :
non, cela ne prendra pas effet que dans cinq ans, il y a une diminution des avantages au bout de 5 ans mais les avantages de base sont déjà revus à la baisse. Qui plus est il ne vous a pas échappé qu'il et jeune et aurait donc pu bénéficier comme ses prédécesseurs et sans vergogne de beaucoup d'avantages pour la trentaine d'années à venir. Il a eu le courage de réformer, et sans tenir compte de son propre intérêt. Maintenant voyons si les suivants oseront aller plus loin...
a écrit le 05/10/2016 à 17:55 :
Tous ces anciens Présidents, responsables collectivement de l'affaiblissement de notre Pays, se réfèrent à de Gaulle, sauf pour leur habituelle propension à abuser des deniers publics. Combien coûtait le Général et sa Famille à la Nation ?
a écrit le 05/10/2016 à 16:14 :
Que des rustines Hollande comme ses prédécesseurs et futurs maintiennent une monarchie d'un autre temps. Faisons comme les pays nordiques les élus redeviennent de simples citoyens une fois leur mandat finis sans privilèges et avantages. Hollande et tous ses politiciens prennent les français vraiment pour des C _ _ !
a écrit le 05/10/2016 à 14:19 :
Donc dans un pays endetté, par ces tristes personnage, nous nous endettons davantage pour maintenir le train de vie des nobles republicains.
Mais tous à la trappe bordel !
a écrit le 05/10/2016 à 13:27 :
C'est une avancée. Ceci dit, pourquoi entre autre, leur fournir des locaux/logement à vie ? Ils ont suffisamment de moyens pour s'en payer un.
a écrit le 05/10/2016 à 11:45 :
excellente mesure,depuis la cote de popularité de Hollande est remontée fortement autour de 25%.d'autres gestes forts doivent suivre:extension du CICE au secteur public,Grand meeting de gens du spectacle pour appeler a la candidature du président sortant.a noter que les restrictions s'appliquant aux anciens présidents ne s'appliquent pas a Hollande s'il est réélu.
a écrit le 05/10/2016 à 9:59 :
suppression de tous les avantages a ces ex Pdts et aussi ex premiers ministres et autres ministres
a écrit le 04/10/2016 à 7:00 :
Nous sommes dans un pays où doit être appliqué l'égalité, la fraternité. Nous ne sommes pas en 1616, ni dans une royauté, ni en Corée du Nord encore moins au bon vieux temps du soviet suprême. Il ne doit pas y avoir des privilèges pour les politiques après la fin du mandat. Moi en retraite je n'aurai plus de voiture de fonction, ni de téléphone, ni d'ordinateur, etc. Donc eux aussi, c'est ça la justice sociale à mes yeux. Ils doivent avoir également le même cumul retraite / emploi ou indemnités que moi. C'est ça la la justice sociale. Dans une démocratie, une république,il n'y a pas de caste supérieure comme en Corée du Nord ou le peuple crève au nom de l'intérêt de l'élite de la médiocrité et du parti.
Mais nous sommes en France, le pays des inégalités sociales, pays de l'injustice sociale.
Réponse de le 05/10/2016 à 11:55 :
Les mesures prises vont dans le bon sens, dommage que vous boudiez votre plaisir.
Réponse de le 06/10/2016 à 18:36 :
je suis d'accord avec Benoit : il fallait une suppression totale de ces privilèges car ils sont complétement injustifiés et coutent chers
ce n'est qu'une demie mesure pour faire croire au changement, en période pré-électorale
a écrit le 03/10/2016 à 20:17 :
n'oublions pas non plus les anciens premiers ministres ; plus globalement il faut revoir le nombre et le statut des élus, totalement inadapté à la France d'aujourd'hui
a écrit le 03/10/2016 à 16:26 :
Après la suppression de l'ENA que tous les candidats réclament vient la baisse des allocations aux ex-présidents .... qui dit mieux ? ...encore un peu d'imagination et d'ici la présidentielle nous n'aurons plus aucun déficits ..... mais toujours autant de démagogie !!!!
a écrit le 03/10/2016 à 15:38 :
La suppression totale n'aurait pas de sens il faut quand même éviter qu'ils se fassent kidnapper ou soient pris pour cibles.

Par contre quand il y a magouilles avérées durant leur mandat cela serait quand même un minimum de tout leur supprimer même si le problème c'est qu'un gars comme sarkozy tombant dans des mains ennemis se mettrait immédiatement à table pouvant ainsi dévoiler des secrets dangereux pour les citoyens.

C'est à se demander si ce n'est pas la présidence de la république qu'il faut supprimer. Avec une démocratie populaire cela se ferait immédiatement.

A quand la fin de la professionnalisation des politiciens ?
Réponse de le 05/10/2016 à 11:58 :
Vous avez raison, recrutons donc le personnel politique chez Pôle Emploi. Nous comptons sur votre présence dans l'équipe de recrutement.
Réponse de le 05/10/2016 à 20:43 :
Et sinon à part de l'invective et du ressentiment vous vouliez exprimer quelque chose de compréhensible ?
a écrit le 03/10/2016 à 13:17 :
Très bien maintenant les anciens députés et sénateurs ?
Réponse de le 03/10/2016 à 15:59 :
@dilembue: tu oublies un détail: c'est eux qui votent et je ne pense pas qu'ils vont se mettre une balle dans le pied :-)
a écrit le 03/10/2016 à 12:51 :
Il faudrait même aller plus loin. Que tous ces avantages ne durent pas plus de 2 ans afin que l'ex-président vive dans la réalité. Finis les voyages gratuits, les collaborateurs, l'appartement et le bureaux à vie, etc. Il faut qu'ils rebondissent et deviennent responsables et autonomes ... comme dans la majorité des pays démocratiques.

De plus, pourquoi cela ne serait pas rétro-actif ?

Les temps ont changé, les pratiques doivent également changer. La France doit être réformée à tous niveaux. De plus, nous n'avons plus les moyens d'entretenir des roitelets.

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