Des pirates tentent de déstabiliser Emmanuel Macron en publiant des documents internes

Par latribune.fr  |   |  889  mots
Après avoir piraté le site En Marche, les hackers ont publié des documents internes pour tenter de déstabiliser le candidat à la présidentielle. (Crédits : Reuters)
Après avoir massivement piraté les systèmes internes du mouvement En Marche d'Emmanuel Macron, les pirates ont publié ce vendredi, soit deux jours avant le second tour de la présidentielle, de nombreux documents internes au mouvement. L'équipe de campagne du candidat a dénoncé cette action en affirmant que tous les documents publiés dont des données comptables étaient légales.

>> Papier mis en ligne le 6 mai 2017 à 13h30 / mise à jour le 7 mai 2017 à 15h

Avertissement de la rédaction : la Commission de contrôle de la campagne électorale a recommandé aux médias et citoyens de ne pas relayer le contenu des documents internes du mouvement En Marche! obtenus par les pirates.

L'équipe de campagne d'Emmanuel Macron a dénoncé vendredi une "action de piratage massive et coordonnée" après la diffusion "sur les réseaux sociaux" d'informations "internes" comme des courriels ou des "documents comptables".

"Les fichiers qui circulent ont été obtenus il y a plusieurs semaines grâce au hacking de boîtes mail personnelles et professionnelles de plusieurs responsables du mouvement", précise En Marche! dans un communiqué, ajoutant que ces documents sont tous "légaux".

"Le mouvement En Marche! a été victime d'une action de piratage massive et coordonnée donnant lieu ce soir à la diffusion sur les réseaux sociaux d'informations internes de nature diverse (mails, documents comptables, contrats...)", indique le mouvement du finaliste de l'élection présidentielle.

L'équipe de campagne d'Emmanuel Macron a aussitôt saisi la Commission nationale de contrôle de la campagne électorale. Celle-ci a publié un communiqué samedi matin afin de mettre en garde contre "la diffusion ou la rediffusion de telles données, obtenues frauduleusement, et auxquelles ont pu, selon toute vraisemblance, être mêlées de fausses informations". La commission rappelle que relayer ces contenus "est susceptible de recevoir une qualification pénale à plusieurs titres et d'engager la responsabilité de ses auteurs".

@Jack Posobiec, le militant pro-Trump relais du #MacronLeaks

Ils se savaient depuis des mois la cible de hackers redoutables, pensaient avoir pris un maximum de précautions. Pourtant les experts numériques du candidat centriste à la présidentielle française Emmanuel Macron n'ont pu éviter le piratage massif d'une partie de leurs comptes.

Vendredi soir, une heure avant la fin officielle de la campagne électorale de la présidentielle, des milliers de documents internes du mouvement En Marche ! (courriels, documents comptables, devis, factures) sont apparus sur les réseaux sociaux et se sont propagés à la vitesse de la lumière.

"C'est juste incroyable ce qu'on vit", commentait dans la foulée le chercheur belge Nicolas Vanderbiest, spécialiste des rumeurs sur internet, qui diffuse sur son compte twitter des cartographies détaillées du "Macron Leak", alors que l'ancien ministre de l'Economie est donné largement favori dans les sondages, face à la candidate d'extrême droite Marine Le Pen.

Déstabilisation démocratique

"Ceux qui font circuler ces documents ajoutent à des documents authentiques nombre de faux documents afin de semer le doute et la désinformation", affirme l'équipe de M. Macron en soulignant que cette opération, "intervenant dans la dernière heure de la campagne officielle", "relève manifestement de la déstabilisation démocratique, comme cela s'est déjà vu aux Etats-Unis pendant la dernière campagne présidentielle".

Les agences de renseignement américaines avaient accusé la Russie d'avoir interféré dans l'élection présidentielle des Etats-Unis l'an dernier pour favoriser Donald Trump, notamment via un piratage du parti démocrate de Hillary Clinton.

"Pendant toute cette campagne, En Marche! a constamment été le mouvement le plus visé par de telles initiatives, de façon intense et répétée", peut-on encore lire dans ce long communiqué d'En Marche!.

Nuire "quelques heures avant le second tour"

Selon l'entourage du candidat, "l'ambition des auteurs de cette fuite est de toute évidence de nuire au mouvement En Marche! à quelques heures du second tour de l'élection présidentielle française".

"Bien évidemment, les documents provenant du piratage sont tous légaux et traduisent le fonctionnement normal d'une campagne présidentielle. Leur diffusion rend publiques des données internes mais n'est pas de nature à nous inquiéter sur la remise en cause de la légalité et de la conformité des documents concernés", insiste-t-on encore chez M. Macron.

"Les comptes de campagne, dont certains éléments parcellaires ont été diffusés, seront déposés en temps normal auprès de la Commission nationale des Comptes de campagne (CNCCFP). Nous attirons néanmoins l'attention sur le fait que nombre des documents publiés relèvent des comptes prévisionnels ou de devis et non d'engagement réalisés", ajoute En Marche!, qui appelle "les médias désireux de rendre compte de cette opération à prendre leurs responsabilités en conscience".

"Il ne s'agit en effet pas d'une simple opération de piratage", ajoute le mouvement "mais bel et bien d'une tentative de déstabiliser l'élection présidentielle française. Il importe par conséquent de prendre en considération la nature des documents fuités, de bien prendre conscience de ce qu'une grande partie d'entre eux sont purement et simplement des faux et l'opportunité de l'écho à donner à cette opération de déstabilisation".

Face à "la gravité des faits", En Marche! assure encore qu'il prendra "toutes les initiatives nécessaires auprès des acteurs publics et privés pour faire la clarté sur cette opération inédite dans une campagne électorale française".

(Avec agences)