Notre-Dame-des-Landes : le gouvernement remet le projet de l'aéroport sur la table

Par latribune.fr  |   |  623  mots
Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a assuré lors du compte rendu du Conseil des ministres qu'il y aurait une "solidarité gouvernementale absolue sur cette question" une fois la décision prise.
Nouvel épisode dans la série "Notre-Dame-des-Landes". Après la remise d'un rapport d'experts, les solutions se resserrent : réaménager l'existant ou construire le nouvel aéroport. La décision devrait être prise par le gouvernement d'ici à fin janvier.

Le Premier ministre Edouard Philippe a reçu mercredi le rapport des experts sur le projet controversé d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), qui ouvre selon lui la voie à deux options: sa construction ou le réaménagement complet de l'aéroport existant de Nantes atlantique.

"Les besoins liés au développement du transport aérien dans le Grand Ouest justifient la réalisation d'une plate-forme qui sera dimensionnée sur les hypothèses connues, c'est-à-dire le doublement du trafic aérien d'ici à 2040", a déclaré le Premier ministre lors d'une déclaration à la presse.

"Il existe deux façons de répondre à ce besoin", a-t-il poursuivi. "La première serait de réaliser Notre-Dame-des-Landes tel qu'il a été conçu, la seconde, et c'est un élément nouveau, serait de procéder a un réaménagement complet de l'aéroport existant de Nantes Atlantique."

Les deux présentent des avantages et des inconvénients, a déclaré le Premier ministre sur la base du rapport.

Une décision prévue en janvier

Réfutant l'idée de "Notre-Dame-des-Landes ou rien", Edouard Philippe a ajouté: "Le rapport nous invite à réfléchir sur un choix qui se formaliserait plutôt de la façon suivante: 'Notre-Dame-des-Landes ou un réaménagement de l'aéroport de Nantes Atlantique'."

Le président de la République rendra une décision d'ici à fin janvier.

"Cette décision sera claire, sera assumée par le gouvernement et elle doit nous permettre de répondre aux besoins identifiés" et de "de garantir un retour à la normale notamment sur les questions d'ordre public".

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a assuré lors du compte rendu du Conseil des ministres qu'il y aurait une "solidarité gouvernementale absolue sur cette question" une fois la décision prise.

"Est-ce que le président de la République va capituler ?"

Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a à plusieurs reprises déclaré son opposition au projet de Notre-Dame-des-Landes, tout en ajoutant que cela ne signifiait pas qu'il démissionnerait automatiquement s'il était désavoué.

"Il y a un débat, c'est normal, il faut faire vivre le débat dans un collectif et ensuite il y a une solidarité autour de la décision qui sera retenue", a dit Benjamin Griveaux.

Partisans et adversaires de la construction du nouvel équipement ont mobilisé leurs troupes sur ce dossier.

Les premiers estiment que les pouvoirs publics doivent appliquer la volonté des citoyens consultés par référendum en 2016 et qui ont approuvé le nouvel aéroport par 55,17% des voix.

Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains du Sénat et élu de l'Ouest, a dit à la presse parlementaire qu'il attendait d'Emmanuel Macron qu'il aille de l'avant.

"Est-ce que le président de la République va capituler devant les ultra-violents ? Est-ce qu'aujourd'hui en France le chantage à la violence peut payer ?", a-t-il demandé.

Zadistes et dédommagement

Les quelques centaines de "zadistes" qui occupent depuis des années le terrain où l'aéroport doit être construit estiment quant à eux que la défense de l'environnement commande qu'il soit abandonné.

Début décembre, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, avait estimé qu'"il ne pouvait y avoir de zone de non-droit", en référence à la zone à défendre (ZAD) occupée par 200 à 300 zadistes à Notre-Dame-des-Landes.

Selon le syndicat mixte aéroportuaire, l'actuel aéroport de Nantes a franchi en novembre le cap des cinq millions de passagers "avec dix ans d'avance" sur les prévisions du plan d'affaires de la concession signée en décembre 2010 avec Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale de Vinci.

L'Etat devra verser un important dédommagement à Vinci s'il renonce au projet.

(avec Reuters)