Nouvelle hausse du coût de la vie étudiante pour la rentrée 2016

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19% des étudiant(e)s vivent dans la pauvreté
19% des étudiant(e)s vivent dans la pauvreté (Crédits : Camille Stromboni)
Année après année, l'Union nationale des étudiants de France (Unef) dénonce la hausse du coût de la vie étudiante. C'est encore le cas pour la rentrée 2016 avec une progression de 1,23%.

[ Article publié le dimanche 14 août 2016 à 9:25 ; dernière mise à jour le mardi 23 août 2016 à 12:50]

Loyers trop élevés, transports trop chers: le coût de la vie continue de grimper pour les étudiants à la rentrée 2016, selon l'Unef, obligeant la moitié d'entre eux à cumuler job et études, et 12% à financer leur cursus avec un prêt. "Pour la rentrée 2016, le coût de la vie augmente de 1,23% soit près d'un point de plus que l'inflation", selon une étude de l'Union nationale des étudiants de France (Unef) publiée dimanche. A la rentrée 2015, l'augmentation était de 1,1%, soit environ quatre fois l'inflation.

La hausse "atteint +9,7% depuis le début du quinquennat", a souligné le premier syndicat étudiant à moins de neuf mois de la présidentielle de 2017. Pour l'Unef, cette nouvelle augmentation "va accentuer les inégalités sociales et la précarité déjà existante pour les étudiants".

"Si l'Unef a obtenu des mesures de protection comme le gel des tarifs obligatoires [frais d'inscription, restaurant universitaire, sécurité sociale, Ndlr] ou l'augmentation des bourses, cela ne permet que de ralentir l'augmentation du coût de la vie pour les étudiants", a-t-il estimé.

Près de 1 étudiant sur 5 vit dans la pauvreté

Le syndicat, mobilisé ces derniers mois pour le retrait de la loi Travail aux côtés d'organisations de salariés, a réclamé "une refonte de la protection sociale des jeunes et un plan de vie étudiante ambitieux". Un tel plan passe, selon lui, par "un nouvel investissement dans le système de bourses", "l'ouverture du RSA aux moins de 25 ans" et un investissement "dans les aides indirectes" concernant notamment le logement, premier poste de dépenses des étudiants (55%).

Car, selon l'Unef, la hausse du coût de la vie pour la rentrée 2016 s'explique en premier lieu par l'augmentation des prix des loyers dans 15 villes universitaires, ainsi que par une hausse des tarifs des transports.

"Alors que 19% des étudiant(e)s vivent dans la pauvreté, ou encore que 60% d'entre eux sont exclus du système de bourse, il est urgent d'agir", interpelle le syndicat étudiant.

Transports: Orléans crée des tarifs réduits pour étudiants et apprentis

"Plus de la moitié des villes universitaires voient les loyers des petites surfaces s'envoler, avec une hausse de 1,38% à Paris et de 0,5% pour le reste de la France", a souligné l'étude, affirmant que six villes cumulent à la fois une augmentation des loyers et des transports: Paris, Bordeaux, Lyon, Orléans, Besançon et Nice.

Réagissant à cette étude de l'Unef, la ville d'Orléans nous informe que, depuis le 1er juillet 2016, Tao, le réseau de transports en commun de l'agglomération Orléans Val de Loire, qui ne proposait jusqu'ici qu'un "tarif jeunes" (à 262 euros par an -qui n'a pas augmenté par rapport à 2015-, contre 439 euros en plein tarif), a créé des tarifs réduits spécifiques pour les étudiants et les apprentis (182,30 euros à l'année, soit -30,4% par rapport au tarif jeunes)

Loyers : Bordeaux, mauvais élève

Si c'est en région parisienne que le montant des loyers des petites surfaces est le plus élevé avec un loyer moyen mensuel de 806 euros en 2016, contre 795 euros en 2015 - augmentation imputée notamment au "non respect de l'encadrement des loyers"-, Bordeaux fait figure de plus mauvais élève. Avec une hausse de 4,7%, le loyer moyen, pour les 41.258 étudiants de la capitale girondine ne vivant plus chez leurs parents, est passé de 468 euros par mois en 2015 à 490 euros en 2016. Suivent Le Mans avec +3,45% (de 319 euros à 330 euros), Orléans avec +2,39% (de 376 à 358 euros) et Caen avec +2,38% (de 378 à 387 euros).

Côté transports, c'est également Bordeaux qui récolte les mauvais points, avec une hausse de 7,43% du tarif étudiant (passé de 210 euros par an en 2015 à 225,60 euros en 2016). La ville est suivie par Lyon (+2,65%), Paris (+2,40%), Nice (+2%) et Nantes (+1,12%), le "tarif jeunes" restant le plus cher dans la capitale (333,90 euros).

Des prêts pour financer les études

Pour financer ces dépenses, 12%, soit 300.000 étudiants, ont recours à un prêt, d'un montant moyen de 10.000 euros, selon l'Unef. Et près de 50% d'entre eux occupent un emploi pendant l'année scolaire, 30% à temps plein. "La moitié de ces jobs n'ont aucun rapport avec les études et mettent en concurrence le temps passé à travailler et celui passé à étudier", met en avant le syndicat, qui souligne qu'"avec 1 étudiant sur 2 qui échoue en licence, le salariat étudiant se place en tête des causes de cet échec".

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Commentaires
a écrit le 16/08/2016 à 17:33 :
Dans les pays anglo saxon où les études sont beaucoup plus chères qu'en France les étudiants travaillent pour les financer mais chez nous cela serait un sacrilège ...que d'imposer cela à nos pauvres chérubins !!!!
L'unef est dans son rôle en chargeant la barque reste à faire le tri .....rappelons toutefois que cette instance est opposée à toute sélection que ce soit en licence ou master ce qui fait perdre de la pertinence à ses positions .
Par ailleurs de plus en plus d'écoles proposent des formations en alternance ou par apprentissage ce qui permet de se forger une expérience et de s'assurer des revenus .
a écrit le 16/08/2016 à 10:49 :
il est temps de changer de logiciel et de créer un revenu universel de l'étudiant.le cumul d'un emploi et des études pose trop de problèmes en ce qui concerne la réussite
Réponse de le 16/08/2016 à 15:07 :
L'argent tombe du ciel ! vous ne vivez pas sur la même planète , on se pose des questions par moment .
Réponse de le 16/08/2016 à 17:36 :
"pose trop...réussite" faux !!! les étudiants passés par l'alternance s'insèrent mieux du fait de leur expérience !!!
a écrit le 16/08/2016 à 9:56 :
Une situation préoccupante de plus, ça commence à faire beaucoup.
a écrit le 16/08/2016 à 9:16 :
Maintenant, 1,23% ce n'est pas la mort...
a écrit le 16/08/2016 à 9:15 :
A part dans le cadre particulier de l'apprentissage et autres formules d'alternance adaptées, ou encore la rémunération des stages, le salariat est totalement incompatible avec des études sérieuses, et il devrait être interdit.
Réponse de le 16/08/2016 à 17:39 :
Il est préférable de travailler ne serait ce que 10 heures par semaine plutôt que de s'endetter ou de ruiner ses parents !!!
Réponse de le 17/08/2016 à 8:50 :
Pas d'accord, les familles ont le DEVOIR et l'OBLIGATION MORALE de faire face aux coûts des études (sérieuses) de leurs enfants. Même si c'est un sacrifice. c'est une question de responsabilité parentale que de savoir fixer les bonnes priorités entre la nouvelle bagnole et les études des enfants.
a écrit le 16/08/2016 à 7:41 :
La France et ses subventions tous azimuth. Si le bismuth repasse les assistes vont morfler grave: les taxes continueront de s'envoler.
Réponse de le 16/08/2016 à 19:55 :
tous les économistes savent que couper drastiquement dans les dépenses crée la récession.croyez vouz vraiment que la Grèce va se redresser cette année?
a écrit le 16/08/2016 à 7:33 :
C'est reconnaître qu'il y a bien plus d'inflation en France pour tout le monde, alors que ce gouvernement refuse d'augmenter les salaires, les retraites.
a écrit le 15/08/2016 à 18:13 :
Bientot parce qu'il faut faire des écnomies, avec la droite, Il y aura 2 fois moins d'étudiant, les université seront privatiséeset les prix pour étudier vont flamber comme dans les pays ultra conservateurs de droite !
a écrit le 15/08/2016 à 17:10 :
L'UNEF qui refuse la sélection à l'entrée et pour cause elle perdrait un grand nombre de ses adhérents. L'UNEF a besoin de blablater dans les médias de bloquer les facs pour que les leaders puissent avoir une place de responsabilité au PS et dans ses communes le meilleur exemple M. Julliard ( famille adhérant et élue au PS) à Paris grande gueule de l'UNEF qui a oublié de potasser ses cours sorti de la fac sans diplôme. En conclusion ne pas tenir compte des dires de l'UNEF pour deux raisons la première dires mensongers pour exister et avoir sa place au PS la deuxième n'est pas représentative des étudiants dont un grand nombre considèrent l'UNEF comme chaîne de recrutement du PS et accessoirement du PC et du Front de Gauche. Enfin et le plus grave l'UNEF donne une TRES mauvaise image des étudiants. Concernant les bourses le ménage ferait du bien à ceux qui ont vraiment besoin et non une distribution à ceux qui en font un moyen de vivre pendant un an.
a écrit le 15/08/2016 à 16:25 :
le cout des études augmentent sensiblement mais les attributions de bourses ont éjecté pas mal d'étudiants cette année 2016 car ils ont encore baissé les plafonds donc beaucoup d'enfants de classes moyennes se retrouvent à payer pleins but tout sans aucunes aides et leurs parents se serrent la ceinture car eux pas assez riches pour sans sortir mais pas assez pauvres pour être aidé, sachez que ma fille côtoie des étudiants qui ont des logements CROUS (peu cher) et des bourses conséquentes , qui sont exonérés des frais de sécurité sociale et droit d'entrée en FAC ce qui fait qu'en tout après déductions des charges obligatoires se retrouvent avec plus de finances quelle !!!!!! et oui elle a travaillé toute les vacances pour se faire de l'argent pour s'en sortir cette nouvelle année alors que certains boursiers se sont dorés la pilules au soleil!!!!
a écrit le 15/08/2016 à 14:32 :
Je cite:
"avec un étudiant sur 2 qui échoue en licence, le salariat étudiant se place en tête des causes de cet échec"

La véritable raison est qu'avec 91% de réussite au bac général, il n'est pas étonnant que la moitié des étudiants échoue en licence.
De plus, historique des mentions en %
1967
TB 0.3
B 4.4
AB 27.1
2016
TB 12.8
B 17.6
AB 25
Cordialement
a écrit le 15/08/2016 à 14:08 :
Le coût des transports et des loyers augmentent pour tous, et non seulement pour les étudiants, qui sont moins nombreux proportionnellement à vivre sous le seuil de pauvreté.
Par ailleurs, ayant vécu longtemps aux USA, j'ai constaté que la quasi totalité des étudiants travaillait pour financer ses études.
a écrit le 15/08/2016 à 6:45 :
L'Unef qui représente quelques % des étudiants a perdu tout crédit...Pourquoi en parler encore?
a écrit le 15/08/2016 à 6:00 :
Cette étude sur le coût de la vie étudiante est également la même pour tous les français. Enfin, quand je dis tous les français.....(CMU, RMI, Chèque énergie, transports, internet, etc... etc.....
a écrit le 14/08/2016 à 16:19 :
@ BONJOUR : Ben quoi il faut bien des milliers d'euros pour entretenir les milices djihadistes qui envahissent notre pays avec la bénédiction de HOLLANDE ... Alors étudiants faite comme les retraités serrez vous encore d'un cran la ceinture : en 2017 VOTEZ HOLLANDE .... nous la, je rigole !
a écrit le 14/08/2016 à 11:01 :
Arrêtez de toujours vous plaindre. L'education reste quasi gratuite en France. Allez donc voir en Australie, Japon, US, ... les couts lies a l'université. Si notre système universitaire est si mediocre, c'est bien lie au manque de moyens. Soit on continue comme ca et la dégringolade continue, soit on s'aligne et on améliore. C'est un choix a faire j'en conviens. En tout cas ceux qui veulent une bonne formation aujourd'hui regardent ailleurs.
Réponse de le 16/08/2016 à 9:24 :
Il est temps effectivement de changer de paradigme. Il faut des études supérieures payantes à un niveau suffisant pour en couvrir les coûts (entre 10 et 15k€ par an), accompagnées d'un système de bourses sur critères sociaux et de mérite fortement revalorisées. Ce qui éviterait les inscriptions bidon pour divers motifs (bénéficier d'une sécu à prix cassé ou inscriptions "carte de séjour") et donc d'éviter le spectacle des amphis et TD bondés lles 8 premiers jours e l'année universitaire et désertés après. Enfin il n'est pas admissible que tous les français, par leurs impôts présents et à venir (dette publique) paient pour les études d'étudiants de familles favorisées. C'est de la solidarité à l'envers.

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