2,47 euros : tel est le montant du nouveau salaire minimum en Birmanie

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Plusieurs manifestations se sont déroulées en Birmanie pour réclamer une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail, notamment dans le secteur du textile.
Plusieurs manifestations se sont déroulées en Birmanie pour réclamer une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail, notamment dans le secteur du textile. (Crédits : reuters.com)
Au terme de longs pourparlers entre les syndicats et le patronat, le gouvernement birman a approuvé la création d'un salaire minimum. Fixé à 3.600 kyats (2,47 euros), celui-ci demeure bien en dessous des revendications des salariés, qui réclamaient 4.000 kyats (2,75 euros).

Il s'agit d'une première pour le pays, même si son montant demeure très faible. Le gouvernement de Birmanie a approuvé la création d'un salaire minimum, une première pour le pays, a annoncé samedi la presse nationale, à l'issue de longues négociations difficiles entre les syndicats et le patronat. Le salaire minimum a été fixé à 3.600 kyat (2,47 euros) "pour une journée de travail normale de 8 heures". Celui-ci sera appliqué à partir de mardi, précise le journal Global New Light of Myanmar.

Il sera versé aux travailleurs "dans tous secteurs et industries" mais les petites entreprises employant moins de 15 personnes ne seront pas concernées, ajoute-t-il. Plusieurs manifestations se sont déroulées en Birmanie pour réclamer une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail dans le secteur en expansion du textile, après des décennies de dictature militaire qui s'est achevée en 2011. L'adoption du salaire minimum est le fruit de plusieurs négociations entre le gouvernement, les syndicats, le patronat et de salariés autorisés à participer aux discussions depuis une loi adoptée en 2013.

Un patronat très critique

Elle s'inscrit dans une série de réformes politiques et économiques adoptées par le gouvernement, et qui ont favorisé l'investissement étranger avec de grandes marques désireuses de pénétrer le pays lorsque la plupart des sanctions internationales ont été levées. Même si le montant apparaît très faible, le patronat a critiqué l'instauration d'un salaire minimum, faisant valoir que la faible productivité birmane ne leur permettait pas de payer des salaires plus élevés. En parallèle, de nombreuses entreprises occidentales avaient au contraire encouragé sa création, arguant qu'un faible salaire était contre-productif.

De leur côté, les salariés avaient revendiqué un minimum de 4.000 kyat (2,75 euros) par jour lors de manifestations au cours desquelles plusieurs d'entre eux avaient été interpellés par la police. A titre de comparaison, dans la Thaïlande voisine, où l'on estime à deux millions le nombre de Birmans participant à l'importante main d'oeuvre étrangère, le salaire minimum national s'élève à 300 baht (7,12 euros) par jour. Cependant, les groupes de défense des droits de l'homme indiquent que les migrants birmans sont souvent payés moins que ce montant, travaillent dans des conditions difficiles et sont victimes d'exploitation.

Une mesure dans le sillage du Rana Plaza

La tragédie du Rana Plaza, en avril 2013 - l'accident industriel le plus meurtrier qui se soit jamais produit au Bangladesh (1.135 morts), causé par l'effondrement de cet immeuble sur des ateliers de confection - a mis en lumière les problèmes de sécurité dans l'industrie lucrative du textile.

(avec AFP)

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a écrit le 03/09/2015 à 21:41 :
Quelle honte ! Comme en France, le patronat n'en n'a jamais assez, il n'est jamais content ! Les petites mains sont les rouages de la machine capitaliste, sans elle le patronat n'existerait pas, les grandes fortunes non plus !!
C'est de l'exploitation ! Autrement dit, de l'esclavage moderne !!
a écrit le 30/08/2015 à 10:03 :
Voila ce qu'il faut à la rochelle pour démonter les stands des socialistes

Les roumains c'est vraiment trop cher


Vive l'international !!!!
a écrit le 29/08/2015 à 22:53 :
Ha ! Voilà le système qu il nous faut : un système moderne tourne vers l avenir.
Réponse de le 30/08/2015 à 9:52 :
Voilà enfin une vision réaliste et pertinente !Merci pour votre soutien .
a écrit le 29/08/2015 à 22:53 :
Ha ! Voilà le système qu il nous faut : un système moderne tourne vers l avenir.
a écrit le 29/08/2015 à 18:20 :
La prochaine fois que vous achetez du textile, regardez l'étiquette et songez que vous participez à l'esclavage en payant par exemple 60 euros une chemise fabriquée pour 2 centimes de main-d'oeuvre :-)
Réponse de le 29/08/2015 à 19:28 :
Le problème est que la quasi-intégralité des vêtements sont fabriqués dans ces conditions, chers ou non...
Réponse de le 30/08/2015 à 15:10 :
Conclusion: tous à poil contre l'esclavage!
Réponse de le 30/08/2015 à 17:53 :
@Réaliste: tout à fait d'accord, mais si tu achètes 1-2 chemises au lieu de 7-8, les prix baisseront forcément à un moment donné, et les usines d'esclaves ne travaillant plus seront bien obligées de fermer. Et c'est enlever leurs profits aux profiteers plutôt que d'enlever le travail aux esclaves qui de toute manière se crèvent à ne rien gagner :-)

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