Accord de Paris : aux Etats-Unis, la résistance s'organise

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Donald Trump lors de la conférence de presse sur le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris le premier juin dernier.
Donald Trump lors de la conférence de presse sur le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris le premier juin dernier. (Crédits : Reuters/Kevin Lamarque)
L'ancien maire de New-York Michael Bloomberg a transmis au secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres ce mardi 2 juin une lettre signée par plus de 1.200 organisations américaines en faveur de l'Accord de Paris et ce malgré l'annonce de Donald Trump de retirer les Etats-Unis de cet accord.

 À la suite de l'annonce du retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris, de nombreux acteurs du monde politique et économique américain ont uni leur force dans une lettre ouverte pour déclarer qu'ils "supporteront l'action pour le climat à travers l'Accord de Paris."

"Ensemble, tous ces élus et ces dirigeants vont envoyer un signal fort à la communauté internationale et aux autres 194 pays signataires pour continuer à tenir les engagements des Etats-Unis en faveur des actions pour lutter contre le changement climatique malgré l'absence de soutien au niveau fédéral".

| Lire Accord de Paris : Bloomberg sort le chéquier pour compenser le retrait des Etats-Unis

Plus de 1.200 signataires

Dans cette missive signée par plus de 1.200 organisations et envoyée aux Nations-unies, le milliardaire et ancien maire de New-York Michael Bloomberg a voulu rappeler que de nombreux acteurs étaient prêts à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Parmi les signataires, figurent 125 villes, neuf états fédérés, 902 entreprises et 193 universités. Les villes et États participants représentent 120 millions d'Américains et pèsent 6.200 milliards de dollars dans le PIB américain (environ le tiers). La liste comprend aussi bien des métropoles comme New-York, Los Angeles et Houston que des villes plus petites comme Pittsburgh (Pennsylvanie) ou Dubuque (Iowa).

Du côté du secteur privé, les entreprises et les investisseurs signataires affichent un revenu annuel global de 1.400 milliards de dollars d'après le communiqué. Là encore, des entreprises de toutes les tailles ont décidé d'unir leur force en faveur du climat. Sur la liste, apparaissent des firmes comme Apple, eBay, Google, Intel, Microsoft, Nike et des centaines de plus petites entreprises.

| Lire aussi Climat : les entrepreneurs mettent en garde Trump

Une accélération de la réduction des gaz à effet de serre

Alors que de nombreux observateurs ont exprimé leurs inquiétudes à l'égard de la décision de Donald Trump, d'autres y voient un moyen de mobilisation exceptionnelle. "On assiste à une réaction massive à la décision de Trump, avec presque tout le monde qui va dans la même direction", a déclaré à l'AFP Steven Cohen, directeur exécutif du Earth Institute, spécialisé dans le changement climatique à l'université new-yorkaise de Columbia.

"Trump a involontairement donné un coup de fouet à la réduction des gaz à effet de serre", a-t-il estimé. Au point qu'il pense que "les Etats-Unis vont faire plus que tenir leurs engagements de réduction : ils vont aller au-delà", dit-il. Les Etats-Unis se sont engagés, dans le cadre de l'Accord de Paris, à réduire leurs émissions de 26 à 28% d'ici 2025 par rapport à 2005.

Pour Steven Cohen, cette lettre ouverte n'a rien de surprenant. De nombreuses entreprises et collectivités ont déjà fait beaucoup d'efforts et investissements pour réduire leurs émissions de C02, notamment "des investissements à long terme", sans possibilité d'arrêt du jour au lendemain.

"Les Etats-Unis ont déjà commencé à réduire leurs émissions plus vite que prévu", dit-il. "Les Etats de New York ou la Californie se tournent agressivement vers les énergies renouvelables et je ne vois pas pourquoi cela changerait, ça a du sens économiquement".

Un risque de perte d'attractivité

Pour de nombreux entrepreneurs américains, la décision de Trump peut contribuer à diminuer l'attrait des investisseurs pour les Etats-Unis. Pour Darren Rosenblum, professeur de droit des affaires à l'université Pace, "le vrai problème pour les entreprises américaines, c'est qu'avec les Etats-Unis seul pays (la Syrie et le Nicargua n'ont pas signé le traité, ndlr) hors de l'accord [...] elles ne seront plus attractives pour les investisseurs" et "cela pourrait nous coûter cher". Les firmes ont donc intérêt à "commencer à mettre en place" ce qui va devenir une norme pour le reste du monde.

(Avec agences)

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Commentaires
a écrit le 06/06/2017 à 16:36 :
Personne ne fait le rapprochement entre le méga-contrat signé par Trump avec les pays financant les terroristes (+ de 700 milliards) et la remise en cause de la sortie des énergies fossiles ? Non seulement ces pays tuent nos citoyens par l'obscurantisme religieux mais il empeche la prise en compte du chgt climatique. A mettre au ban des nations immédiatement
a écrit le 06/06/2017 à 15:06 :
Il faudrait aussi connaître le nom des entreprises qui ne souhaitent pas appliquer les accords de Paris. Ça les aiderait peut-être à changer d'avis.
a écrit le 06/06/2017 à 14:19 :
Et bien entendu on peut être certains que chacun de ces signataires est un partisan d'une planète en meilleure santé et que chacun de leurs actes et investissements et orienté là dedans.

Il serait très facile en quelques années de changer radicalement nos modes de consommation et production d'autant que plus de 50% des richesses de la planète n'appartiennent qu'à 1% de la population or plus les outils de productions sont concentrés dans quelques mains et plus celles-ci peuvent l'orienter dans la direction qu'ils veulent et rapidement.

Or le réchauffement climatique pour ma part ça fait trente ans que j'en entends parler et autant d'années que nous en connaissons les remèdes. Il y a ce que l'on dit et il y a ce que l'on fait.
a écrit le 06/06/2017 à 14:10 :
Que les signataires de cette missive mettent la main à la poche pour contribuer à l'environnement ne serait que justice fiscale et sociale... et ira tout à fait dans le sens de Trump qui souhaite réduire les impôts des plus pauvres. Il serait en effet temps que les gros poissons ne se contentent plus de gagner de plus en plus d'argent sans pratiquement contribuer aux taxes et impôts :-)

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