Budget américain : des coupes drastiques pour les aides sociales et la santé

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Donald Trump espère équilibrer le budget américain en proposant des coupes importantes dans les budgets des programmes sociaux.
Donald Trump espère équilibrer le budget américain en proposant des coupes importantes dans les budgets des programmes sociaux. (Crédits : Kevin Lamarque)
La Maison Blanche a présenté ce mardi un projet de budget 2018 qui prévoit une forte hausse des dépenses militaires et sécuritaires au détriment des programmes sociaux et des moyens de lutte contre la pauvreté.

Le projet de budget du gouvernement américain risque de susciter des débats. Alors que Donald Trump poursuit ses visites diplomatiques au Moyen-Orient et en Europe, la Maison Blanche a présenté le premier projet de budget de la présidence Trump ce mardi  23 mai. Il prévoit des coupes drastiques dans l'assurance maladie et dans les programmes de lutte contre la pauvreté. Cette feuille de route détaillée s'inscrit dans la continuité du projet de budget présenté par Donald Trump au mois de mars dernier. S'il était adopté dans l'état par le Congrès, le projet de budget réduirait de 3.600 milliards de dollars les dépenses publiques à la fin de la prochaine décennie.

| Lire aussi Budget américain : des coupes massives pour la diplomatie, l'environnement et les pauvres

Des coupes massives pour les plus pauvres

Pour faire des économies, le gouvernement américain propose une coupe massive de 1.700 milliards de dollars sur 10 ans dans les programmes sociaux à destination des plus pauvres. La principale économie présentée devrait être réalisée pour le programme Medicaid. Il devrait connaître une coupe de 800 milliards dans les 10 prochaines années. Selon une estimation du bureau parlementaire rapportée par l'AFP, 10 millions d'Américains pourraient être privés d'allocations Medicaid si ce budget était voté.

Le programme d'aide alimentaire, qui consiste notamment à distribuer des bons alimentaires aux plus démunis devrait être réformé pour diminuer les dépenses. Doté d'un budget annuel de 272 milliards de dollars, il était fortement critiqué par une partie des Républicains. Pour en bénéficier, les personnes dans le besoin et sans enfant devraient travailler si le budget est voté. Le montant des économies devrait s'élever à 193 milliards de dollars.

Si la réforme du système de santé tant espérée par le milliardaire était votée par le Congrès, elle permettrait de supprimer les financements de l'organisation de planning familial Planned Parenthood. En revanche, l'administration ne devrait pas toucher à la couverture santé pour les plus de 65 ans et les retraites.

L'administration Trump propose également d'éliminer de nombreux programmes d'aides pour les Américains à faibles revenus et les minorités, remettant en cause leur efficacité. Les programmes visés comprennent le Low-Income Home Energy Assistance Program, qui dépense plus de trois milliards de dollars par an pour aider les plus pauvres à se chauffer dans leur logement en hiver et le programme Community Development Block Grant qui prévoit également trois milliards de dollars chaque année pour la construction de logements sociaux ou pour des programmes d'aides aux sans abri. Enfin des nombreuses réductions sont à prévoir pour les programmes de formation des chômeurs.

Parmi les autres économies envisagées, figurent également des coupes de l'ordre de 46 milliards de dollars dans les services postaux.

Des dépenses en faveur de la Défense

Du côté des dépenses, l'administration de la Maison Blanche veut encourager les états fédérés et les autres collectivités locales à investir dans les programmes d'infrastructures,"tout en réduisant de 95 milliards de dollars le programme de financement des autoroutes", explique Reuters. En revanche, aucune précision n'a été apportée sur la promesse de 1.000 milliards de dollars dédiés à des dépenses d'infrastructures (routes, ponts et aéroports).

Le chef d'Etat américain a également proposé une augmentation de 10% du budget de la Défense, soit une hausse de 54 milliards de dollars par rapport à 2017. Il prévoit également de provisionner 1,6 milliard de dollars pour financer la construction d'un mur à la frontière mexicaine. Cette somme paraît bien inférieure aux différentes estimations formulées par sa propre administration et des organismes indépendants. L'exécutif propose enfin de financer un dispositif de congé parental de six semaines après une naissance ou une adoption à hauteur de 25 milliards de dollars.

Des débats houleux à prévoir

Le projet de budget du gouvernement Trump se fonde sur des projections économiques "extrêmement optimistes" selon Reuters. Les prévisions de croissance qui tablent sur une moyenne annuelle de 3% d'ici la fin de son mandat sont jugées irréalistes par beaucoup d'économistes interrogés par l'agence de presse. D'après de nombreux observateurs interrogés par la presse américaine, il est peu probable que le Congrès approuve ce budget en l'état. Les élus devront néanmoins trouver un compromis d'ici au au 30 septembre, fin de l'année fiscale.

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Commentaires
a écrit le 24/05/2017 à 11:43 :
Des contradictions flagrantes, qui amènent à une interrogation plus large sur le rôle d'un dirigeant.
Le rôle principal d'un chef d’état n'est il pas surtout d’œuvrer pour le bien de l'ensemble de son peuple ? Sans jouer les donneurs de leçons, (après tout, cet homme a été reconnu compétent et démocratiquement élu par les américains, même s'il y a des soupçons de...), on peut tout de même s’interroger sur l’intérêt de cette attitude de clivante.
Protéger les populations c'est aussi et surtout les protéger socialement et leur assurer de quoi subsister. Certes il est plus facile et plus vendeur d'aller s'attaquer à des menaces, (réelles, auto-générées, ou virtuelles), il n'en demeure pas moins que seul le résultat final compte pour la nation, ou pour les nations.

Car si on prend un peu de recul, les menaces pour les sociétés occidentales ne sont peut être pas seulement extérieures, mais aussi intérieures avec des dérives démagogiques contreproductives.
Définition Wiki : "le discours du démagogue sort du champ du rationnel pour s'adresser aux pulsions, aux frustrations du peuple, à ses craintes".

Dans ce contexte, mieux vaut miser sur l’intelligence, l'union, la solidarité et la cohésion sociale, plutôt que sur des "va t'en guerre" qui en général produisent l'effet inverse de ce qu'ils prêchent ou promettent. A croire qu'ils le font exprès ?
a écrit le 24/05/2017 à 11:41 :
Il y a aux USA plusieurs reseaux de poste. Le reseau national est fortement subventionne mais en declin avec les nouvelles pratiques de consommation et la forye concentration urbaine. Les reseaux prives internationnaux ou loccaux comme UPS ou Fedex se plaignent de cette concurence deloyale et se trouvent par le fait en difficulte. Il s agit d un debat interne qui a ete tranche par tous les americains en faveur d une baisse progressive des subventions au tres ancien secteur subventionne pour que les exploitants multiples agissant en plus a l international puissent vivre. Trump ne fait qu appliquer comme l ont fait par etapes a ce sujet tous les presidents. Il s agit dans cet article d une presentation amalgamme tres inexacte dans les conclusions qu elle indique. On attend bien plus de serieux des journalistes s ils veulent rester credibles.
a écrit le 24/05/2017 à 11:23 :
Article par trop partisan. Par exemple les reductions de 800 milliards Medicaid soit en lineaire 80 par ans correspondent a moins de la moitie des gains obtenus sur les laboratoires mondiaux par la fin des brevets sur de gros medicaments; pas une coupe pour les beneficiaires mais un ajustement naturel a l achat. Notons que les "healts" americains hors pharmas sont constitues de 8 principales entreprises qui realisent chacune entre 100 et 300 milliards de dollars de chiffre.
Il est bien naturel que les americains prevoient de tirer quelque avantage de ce phenomene. Revenons a plus de realite objective.
a écrit le 24/05/2017 à 10:02 :
Facile à deviner pour le congrès il est évident que ces mesures ne vont pas assez loin, il va proposer que si les gens passent en dessous d'un certain revenu il faudra les exécuter.

Les américains sont en train de sortir du système, de plus en plus nombreux, ils apprennent à se débrouiller sans l'aide d'un état qui n'est là que pour aider les plus riches.

La révolution viendra peut-être de là bas car ne pas oublier que mêmes les pauvres sont armés.

"Cette Amérique populaire, victime du déclin industriel, qui se tourne vers des alternatives locales" https://www.bastamag.net/Cette-Amerique-populaire-victime-du-declin-industriel-qui-se-tourne-vers-des
a écrit le 24/05/2017 à 9:07 :
Il n'y a pas eu d'émeutes graves aux USA depuis longtemps. On pourrait peut-être en avoir quelques unes d'ici un an ou deux.
Mais on ne peut pas juger ce qui se fait chez les autres : chacun son truc, après tout.
a écrit le 24/05/2017 à 8:24 :
La dette abyssale des US découle des guerres déclenchées par Bush et continuées par les autres. Je trouve honteux que ce soit les sans dents qui s'appuient la note :-)
a écrit le 24/05/2017 à 2:28 :
Comme cela semble à la mode en ce moment de victoire argentifère, il faut que "nous" adoptions ce "modèle" en France grâce à notre nouveau Président. Comment se fait-il qu'ils puissent autant nous faire oublier, on se le demande si ce n'est que dans leur intérêt au détriment du notre, bien sûr. Retenez bien la maxime : "il faut gagner." Sur le dos des autres. D'ailleurs, même les religions ont du mal à gagner du fric, vous dire...
Réponse de le 24/05/2017 à 6:37 :
Il y en a qui veulent gagner sur le dos des autres,et il y en a qui vivent sur le dos des autres.aujourd'hui,c'est la deuxième catégorie qui a largement gagné.
a écrit le 23/05/2017 à 21:34 :
Les coupes budgétaires sur la sécurité sociale, environnement, programmes scolaire et sociaux vont uniquement bénéficier aux très gros salaires grâce à la réduction massive de leurs impôts.Ca va juste être un peu plus dur pour la classe moyenne et augmenter un peu plus la disparité entre ceux qui profitent et ceux qui survivent.
Le futur s'annonce plutôt sombre avec un président qui s'occupe plus de ses intérêts que de ceux de son pays.

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