Chine : le gouvernement ne parvient pas à endiguer la chute des Bourses

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Après un an d'emballement financé en grande partie par des emprunts, le marché boursier chinois a corrigé de 30% depuis ses plus hauts de la mi-juin, perdant près de 3.000 milliards de dollars de capitalisation.
Après un an d'emballement financé en grande partie par des emprunts, le marché boursier chinois a corrigé de 30% depuis ses plus hauts de la mi-juin, perdant près de 3.000 milliards de dollars de capitalisation. (Crédits : ALY SONG)
Les autorités ont gelé les projets d'introduction en Bourse et orchestré la mobilisation des sociétés de courtage et des gestionnaires de fonds. Mercredi matin, seules 83 valeurs progressaient pour 1.439 baisses. La décision de nombreuses sociétés de ne pas coter a ajouté à la panique.

Rien n'y fait. Les Bourses chinoises ont poursuivi leur chute mercredi 8 juillet pour tomber à leur plus bas niveau en quatre mois, les investisseurs continuant de vendre massivement petites et grandes valeurs en dépit des mesures prises par les autorités pour stabiliser les marchés. Au matin, seules 83 valeurs progressaient pour 1.439 baisses.

Le mouvement de panique s'est par ailleurs propagé à Hong Kong, où l'indice Hang Seng perdait 4,25% vers 5h30 GMT, et commence aussi à inquiéter la Bourse de Tokyo, également tirée à la baisse par la crise grecque.

L'indice Shanghai Composite a ouvert en baisse de 7% avant de réduire ses pertes, cédant 3,9% à la mi-journée. L'indice CSI300 des grandes valeurs lâchait 4,8%.

La cotation de près d'une entreprise sur deux suspendue

La décision de nombreuses sociétés de ne pas coter a ajouté à la panique. Mercredi, plus de 500 firmes cotées en Chine ont annoncé la suspension de leur cotation, portant leur nombre à environ 1.300, soit près de la moitié des 2.800 valeurs "A" de la Chine.

"À l'origine, beaucoup (d'investisseurs) ne voulaient pas vendre de grosses valeurs. Mais comme un grand nombre de petites valeurs sont suspendues, le seul moyen de réduire son exposition au risque est de vendre les grosses valeurs", relève Du Changchun, analyste chez Northeast Securities.

3.000 milliards de dollars de capitalisation perdus

Après un an d'emballement financé en grande partie par des emprunts, le marché boursier chinois a corrigé de 30% depuis ses plus hauts de la mi-juin, perdant près de 3.000 milliards de dollars de capitalisation.

Pour tenter d'enrayer la chute de la Bourse, les autorités ont gelé les projets d'introduction en Bourse et orchestré la mobilisation des sociétés de courtage et des gestionnaires de fonds, qui se sont engagés collectivement à acheter pour au moins 120 milliards de yuans (17,5 milliards d'euros) d'actions. La société publique de financement des investissements sur marge a quant à elle bénéficié d'une ligne de liquidité directe de la banque centrale, mais toutes ces mesures n'ont produit des effets que lundi, la Bourse retombant dès le lendemain.

(Avec Reuters)

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a écrit le 09/07/2015 à 8:59 :
Depuis les années 1980, les crises financières sont récurrentes dans le monde, ce qui plombe la croissance économique mondiale :
1982 : crise de la dette au Mexique, suite au recyclage des pétro-dollars
1987 : Krach boursier au Wall Street, suite à une spéculation contre le $
1992 : crise du SME, spéculation contre les monnaies du sud de l'Europe
1994 : crise au Mexique, suite à une spéculation contre le peso
1997 : crise asiatique suite à une spéculation contre le bath
1998 : crise russe, contagion de la crise asiatique
2000 : crise argentine, spéculation contre le peso
2001 : crise de la nouvelle économie
2007 : crise des subprimes aux USA
2009 : crise de la dette en Europe du sud
2015 : crise chinoise
Pendant les 30 glorieuses, il n'y avait pas de crise financière. C'est la dérégulation financière opérée notamment par Reagan, Thatcher, et Mitterrand, qui a permis à la fois d'accélérer la mondialisation financière et de rendre possible les phénomènes de bulles spéculatives à répétition.
a écrit le 08/07/2015 à 23:08 :
"3.000 milliards de dollars de capitalisation perdus"... Et on chipote quelques milliards pour aider la Grèce?
a écrit le 08/07/2015 à 20:10 :
Le Chinois lambda est en train d'apprendre ce que je ne cesse de prêcher, à savoir que tout investissement comporte des risques, dont celui de perdre son argent :-) Bon, il est pas perdu pour tout le monde :-)
a écrit le 08/07/2015 à 16:49 :
Les chinois ne connaissent rien à la finance ni à la bourse donc ils apprennent sur le tas. Ils reviendront bien vite au bas de laine.
a écrit le 08/07/2015 à 15:46 :
le gouvernement ne parvient pas à endiguer la chute des Bourses. Il faut bien reconnaitre que la descente d'organe est un véritable problème
a écrit le 08/07/2015 à 13:02 :
La dictature socialiste chinoise impose au pays une conversion qui est au moins deux fois plus rapide que celles qu'ont connues nos économies occidentales. ici c'est la concentration des entreprises qui est visée. Deux méthodes sont employées. la remière consiste à maintenir une administrations fiscale en dessous de toute compétence, les trafics prolifèrent alors puis, par hasard ou dénonciation dit-on une large fraude est découverte et le dirigeant disparaît sans qu'il soit recherché. Pour le moment plus de 400 dirigeants d'entreprises de plus de 1 milliard de chiffre sont introuvables. Le moment venu, après que beaucoup d'autres aient cru pouvoir échapper à l'impôt, ils seront "retrouvées" et les entreprises encore en vie ou les créations faites avec l'argent de cette fraude seront dissoutes. L'autre méthode est le gonflement par spéculation faite en bourse sans aucun contrôle. Lorsque le bulle explose -fatalement- les entreprises disparaissent tandis que les investisseurs trop gourmants prennent une leçon de marxisme; bien entendu l'activité est reprise par les concurrents. La bourse chinoise compte 2600 entreprises, le gouvernement escompte que plus de 600 vont disparaître lors de ces purges. La raison est qu'il leur est demandé d'envahir la totalité du pays et donc les 2/3 à population pauvre afin de la développer tout comme d'ailleurs le reste du monde, censé siphonner la richesse produite au profit de la Chine. Ceux qui ne le font pas pour cause de risque doivent alors disparaître selon cette théorie bien affichée. Notre réaction est alors de nous inquiéter sans nous inquiéter....
a écrit le 08/07/2015 à 12:30 :
"le gouvernement ne parvient pas à endiguer la chute des Bourses" . Il est vrai que les descentes d'organes ont toujours été un problème.
a écrit le 08/07/2015 à 12:09 :
Quand le modèle économique est basé sur le poker et non la valeur réellement crée. Nous continuons à jouer et perdre, sous l'œil avise de ces pseudo expert!!!.
a écrit le 08/07/2015 à 11:52 :
Après le tapis rouge déroulé en grande pompe aux investisseurs chinois la semaine passée, après les éditoriaux fallacieux pour vanter la vente de l'aéroport de Toulouse à la Chine, que reste d'autre à nos bons amis journalistes que faire du China bashing ? ;-)

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