Clinton critique le traité de libre-échange transpacifique qu'elle a (en partie) négocié

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Hillary Clinton juge qu'il ne s'agit pas d'un bon traité.
Hillary Clinton juge qu'il ne s'agit pas d'un "bon traité". (Crédits : © Shannon Stapleton / Reuters)
La candidate aux primaires démocrate est pourtant accusée d'avoir œuvré à ce traité (TPP) lorsqu'elle était secrétaire d'Etat de Barack Obama. Ses rivaux et les Républicains moquent sa volte-face à quelques jours du premier débat des primaires démocrates.

La candidate démocrate à la Maison-Blanche Hillary Clinton a annoncé mercredi 7 octobre son opposition à l'accord de libre-échange dévoilé cette semaine et négocié par Barack Obama avec 11 pays riverains du Pacifique, une surprise qui devrait emballer la gauche américaine.

"Selon ce que j'ai appris à ce jour, je ne peux pas soutenir cet accord", a déclaré la candidate aux primaires démocrates dans un communiqué.

Hillary Clinton cite particulièrement deux défauts dans l'accord annoncé lundi: l'absence de sanctions contre les pays accusés de manipuler leur monnaie et des mesures qui donnent trop l'avantage, selon elle, aux compagnies pharmaceutiques au détriment des patients et consommateurs.

Clinton veut trouver "un bon équilibre"

"Trop souvent, au cours des années, nous n'avons pas trouvé le bon équilibre dans les accords commerciaux", justifie la candidate. "Nous ne pouvons pas donner le bénéfice du doute aux nouveaux accords. Les risques sont trop élevés que, malgré toute notre bonne volonté, ils finissent par faire plus de mal que de bien aux familles américaines dont les salaires ont à peine bougé ces dernières années".

L'annonce est d'autant plus surprenante qu'en tant que secrétaire d'Etat de Barack Obama de 2009 à 2013, elle avait défendu l'intérêt économique du projet de partenariat trans-pacifique (TPP). Elle avait sillonné la région Asie-Pacifique pour en louer les mérites, le qualifiant d'"étalon-or" en novembre 2012 lors d'une visite en Australie.

Sous pression à quelques jours du premier débat

Mais les pressions politiques se sont accrues sur la candidate depuis que le sénateur Bernie Sanders est entré dans la course des primaires et lui a ôté son statut d'ultra-favorite.

"Je crois toujours à l'objectif d'un accord fort et équitable dans le Pacifique, dans le cadre d'une stratégie plus large ici et à l'étranger, tout comme lorsque j'étais secrétaire d'Etat", a-t-elle aussi déclaré, pour esquiver les accusations de revirement.

Bernie Sanders, "socialiste démocrate", est l'un des plus fervents opposants au TPP, tout comme la majorité du parti démocrate, qui craint pour les emplois américains et dénonce les accords commerciaux passés avec le Mexique ou la Corée du Sud. Il critiquait depuis des mois sans la citer le silence d'Hillary Clinton.

L'ex-secrétaire d'Etat avait aussi annoncé en septembre son opposition au projet d'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis, répondant à une autre revendication majeure des écologistes et des démocrates.

Son volte-face moqué

Elle a ainsi évacué deux sujets délicats avant le premier débat des primaires démocrates, mardi prochain à Las Vegas. Le parti républicain a immédiatement raillé sa volte-face. Mais ce sont les flèches de ses rivaux des primaires qui devraient faire le plus mal.

"Le leadership, ça ne consiste pas à changer de position à la veille d'un débat", a écrit le candidat Martin O'Malley sur Twitter.

L'accord TPP rassemble 12 pays (Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Etats-Unis et Vietnam), et doit encore être ratifié. Aux Etats-Unis, le Congrès devra se prononcer, mais le vote n'aura lieu que l'année prochaine, en pleine campagne des primaires.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 08/10/2015 à 15:35 :
C'est sûr que eux ils la manipule pas leur monnaie ?Par contre lorsqu'il y a sanction c'est toujours à sens unique.
a écrit le 08/10/2015 à 9:16 :
Pour faire du commerce, il n'y a pas besoin de traités spécifiques. Chaque pays doit être libre de commercer avec qui il veut, selon les conditions acceptées par les deux parties. Il est symptomatique que ce soient les pays les plus libéraux qui poussent à l'adoption de traités commerciaux. L'encadrement du commerce et les conditions juridiques qui en découlent sont un moyen de pression des plus puissants.

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