Le FMI plaide pour une relance urgente de la dépense publique

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Le Fonds monétaire international (FMI) a appelé samedi certains pays du G20 à muscler leurs dépenses publiques pour soutenir la croissance
Le Fonds monétaire international (FMI) a appelé samedi certains pays du G20 à muscler leurs dépenses publiques pour soutenir la croissance (Crédits : © Kim Kyung Hoon / Reuters)
Dans un rapport publié samedi pendant le G20, le Fonds monétaire international (FMI) appele certains pays du G20 à muscler leurs dépenses publiques pour soutenir la croissance. Une position appuyée par Paris mais pas par Berlin.

En raison des menaces grandissantes d'un ralentissement sévère de  l'économie mondiale - du Brexit au terrorisme -, le Fonds monétaire international (FMI) a appelé samedi certains pays du G20 à muscler leurs dépenses publiques pour soutenir la croissance. Cette position est appuyée par Paris et Washington, mais pas par l'Allemagne. Pragmatique, le FMI s'adapte et souhaite faire revivre la politique de "stop and go" consistant à alterner rigueur et relance keynésienne selon les circonstances économiques.

Alors que débute à Chengdu (sud-ouest de la Chine) une réunion de deux jours des ministres des Finances du G20, l'institution de Washington a diffusé samedi un rapport dépeignant un tableau alarmant de l'économie mondiale.

"La croissance demeure faible, les risques à la baisse sont devenus plus proéminents", indique le FMI, après avoir abaissé mardi ses prévisions de croissance mondiale pour 2016 et 2017, à 3,1% et 3,4% respectivement.

La progression du PIB du globe pourrait même "ralentir encore plus drastiquement si la montée actuelle des incertitudes politiques et économiques persiste, à la suite du +Brexit+", souligne le rapport.

Dans ce contexte, les politiques monétaires ultra-accommodantes trouvent leurs limites, et "les marges de manœuvres budgétaires quand elles existent doivent être utilisées", a plaidé le FMI, notamment pour "compenser les coûts de réformes structurelles", celles-ci restant plus que jamais "nécessaires" (marché du travail, fiscalité...).

Des pays dans le viseur du FMI

L'Australie, la Canada, les Etats-Unis et l'Allemagne sont nominalement enjoints par le Fonds à "orienter les dépenses publiques vers les investissements dans les infrastructures".

Plus encore, "des réformes qui facilitent l'accroissement des investissement d'infrastructures aideront à gonfler les capacités productives, doperont directement la demande à court terme et catalyseront les investissements privés", fait valoir le FMI.

Le secrétaire au Trésor américain, Jacob Lew, était samedi sur la même longueur d'ondes.

"On en arrive à un point où il est essentiel pour nous tous de redoubler nos efforts et d'utiliser tous les outils à notre disposition pour muscler notre croissance commune", a-t-il déclaré à des journalistes à Chengdu.

"Ce sont des recettes familières, mais qu'il vaut le coup de réitérer, qu'il s'agisse des outils structurels ou budgétaires", a-t-il insisté.

Les banques centrales ne peuvent pas tout

Les grandes banques centrales se démènent certes toujours pour soutenir l'activité, à coup de montagnes de liquidités et d'abaissements des taux d'intérêts, mais "la politique monétaire ne peut pas tout", avait averti vendredi le ministre français des Finances Michel Sapin.

Il faut que "les pays qui ont des marges budgétaires les utilisent pour soutenir l'investissement (...) C'est ce que nous réaffirmerons (à Chengdu) même si ça pose problème à tel ou tel pays", avait-il confié à l'AFP, dans une allusion transparente à l'orthodoxie allemande.

Berlin, en effet, campe sur son credo des uniques "réformes structurelles", après avoir dénoncé lors d'un précédent G20-Finances des relances budgétaires "inefficaces" et des politiques monétaires "contreproductives".

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 26/07/2016 à 12:31 :
MOI JE CROIS QUE SEUL LA BAISSE DE LA DEMOGRAPHIE PEUT SAUVER L ECONOMIE? CAR LES BESOINS VONT BAISSE? SAUF POUR LES PAYS PAUVRE QUI ONT BESOIN EUX DE SE DEVELOPEZ ET MODERNISER? LA CHINE ET L INDE SONT UN EXENPLE DE DEVELOPEMENT EN COURS REUSSI???
a écrit le 24/07/2016 à 19:59 :
C'est a l'Allemagne de relancer la consommation en Europe !
a écrit le 24/07/2016 à 19:28 :
en 2017 Hollande sera le seul candidat a proposer le revenu universel!c'est la dernière chance de redresser l'économie mondiale!
Réponse de le 25/07/2016 à 12:50 :
@élu ps: alors, les allocations diverses et variées ne suffisent plus aux socialistes pour leur réélection, ils doivent maintenant promettre la paie à la maison. Mais qui va financer ce revenu universel, les promesses de Hollande ?
a écrit le 24/07/2016 à 18:48 :
Vu l'imbrication des économies et des marchés ,aucun pays ne peut faire de la relance seul ,ce serrait arroser du sable .Si la France injectait des milliards (empruntés bien sur )pour la consommation cet argent partirait ou !Pour ceux qui n'ont aucun probleme de pouvoir d'achat en épargne ,donc inutile et stérile .Pour les autres en achat mais de quels genre de produits !Les produits étrangers qui innondent nos rayons ???Ca soutiendrait la croissance ,mais des entreprises étrangeres !Le taylorisme c'était super quand on vivait en quasi autarcie comme les USA dans les années 30 .Maintenant le taylorisme ça serrait super à condition que se soit TOUS ENSEMBLE qu'on se decide de le faire ,mais là les problemes surgissent à cause des égoismes ou plutot des interets nationaux divergeants ...
a écrit le 24/07/2016 à 18:37 :
La croissance c'est la consommation .Qu'y a t il de fondamentalement changé depuis la crise de 2008 ? Rien au niveau économique, mais alors pourquoi l'activité stagne !Bien sur ,les chômeurs issus de cette crise sont en parti des consommateurs en moins ,mais ça n'explique pas tout !C'est avant tout psychologique ,et c'est pour ça que ni les gouvernements ni les institutions et banques centrales n'ont de prise sur cet etat de fait inédit dans les temps modernes !C'est simple ,la crise de 2008 a fait trés peur aux consommateurs qui sont devenus de plus en plus fourmis alors que seul un comportement de cigale peut tirer la croissance L'epargne malgrés son rendement insignifiant progresse partout là ou elle a de la marge !Nous n'entendons aucun discourt sur la '''''CONFIANCE EN L AVENIR''''' seul moyen pour les consommateurs de casser leurs tirelires et de prendre des risques en empruntant ! Si ils le faisaient ,les entreprises alléchées par une possible augmentation de leur chiffre d'affaire investiraient et la dynamique de croissance de nouveau se mettrait en marche !Qui osera dire que demain serra plus beau qu'hier ,qu'il n'y a pas à s'en faire ,no futur à tous les étages ,qui parlera de la necessaire insouciance qui a construite la société de consommation telle que nous la connaissons !Personne pour le moment et pourtant tout est là ,le declic est à portée de parole ,de discourt , de volonté, d'enthousiasme .........
a écrit le 24/07/2016 à 17:43 :
Le stop and go, c'est comme les cycles : ça, ça vient. Que le FMI défende ce stop and go est cocasse pour un Français, car sa "cheffe" avait défendu dans l'U.E le soutien de l'économie les premières années de son poste de ministre de l'Economie et des Finances de la France, puis avait fait demi-tour complet sur la fin de son mandat, en collant alors aux injonctions de l'Allemagne. Il faudrait tout de même tirer la leçon de ce qui a motivé et organisé le système actuel de l'économie financiarisée il y a trois décennies. En fait tout a été organisé pour la Création de Valeurs par la Voie des Enchères, de plus en plus excitées par les facultés de prévisions sinon d'imaginations.
C'est bien pour cela qu'a été "globalisée " la réforme de la Comptabilité en établissant que la valeur des Actifs serait celle du Marché ; ainsi fut "décrétée" la "Juste Valeur" des choses et des actes.
a écrit le 24/07/2016 à 11:28 :
je suis surpris d'avoir ete censure pour avoir ecrit que la France qui exerce cette theorie depuis 30 ans était A GENOUX
ET que dans le cas contraire elle aurait eu des finances pour affronter la crise
a écrit le 24/07/2016 à 10:47 :
C'est pourtant pas compliqué. L'argent des banques centrales doit partir dans l'économie réelle et pas dans la finance. Quand une boite va mal et qu'une banque l'aide à passer le cap, ca fait des emplois de sauver et des gens qui consomment. Quand l'argent part dans les actions du CAC40, ca crée rien du tout. cqfd.
a écrit le 24/07/2016 à 10:38 :
Regardons l'exemple de la FRANCE qui depuis plus de 30 exerce cette theorie !!!!!!ELLE EST SUR LES GENOUX!!!!!!!
SI elle avait fait le contraire ,nous aurions eu des finances disponibles pour affronter la crise !!!! mais je suppose qu'au FMI nous avons un tas de vieux politicards qui ne veulent PAS le reconnaitre
a écrit le 24/07/2016 à 8:49 :
Avec leurs dettes publiques abyssales, la Grèce voire l´Italie et bientôt la France devraient avoir un des taux de croissance les plus élevés de la planète !
a écrit le 24/07/2016 à 7:47 :
Cela veut-il dire que pour le FMI, la solution au capitalisme, c'est le socialisme ? Leur économie de marché mondialiste est bien mal en point...
a écrit le 24/07/2016 à 7:14 :
Ce qui m'embête dans ce genre d'article c'est que la chef du FMI est sous le coup d'une procédure pénale en France, dès lors elle n'a plus aucune crédibilité à la tête de cette institution puisqu'elle n'est pas irréprochable et sans tâche. Il est vrai que cela devient une habitude, Junker pour l'Europe, Poutine en Russie, Blair en Irak et les exemples s'allongent. Autrement dit les gens au pouvoir s'engraissent sur le bon peuple qui les regarde béat d'admiration, on a le peuple que l'on mérite et dans l'autre sens, les peuples n'ont que ce qu'il mérite. En plus sur le fond, la relance par la dette, la terre étouffe de la dette ils n'ont vraiment plus grand chose à se mettre sous la dent et la conséquence est fallacieuse, les économistes n'ont jamais vu une croissance se faire par de la dette, c'est illusionner le bon peuple, ce n'est pas en mettant encore plus de papier dans le système que l'on va créer de la croissance, cela posera un problème tôt ou tard.
Réponse de le 26/07/2016 à 12:21 :
EXAT??? LE PROBLEME EST JUSQUA QUAND LES FINANCIERS SUPORTERONS LE DETTE? MOI JE CROIE QU ON DEJA ARRIVER A UN POINT DE NON RETOUR? ET QUE CETTE DETTE NE SERAS JAMAIS RENBOURSEE REELLEMENT? ET QUE L ON NE CONTINUERAS A RENBOURSE QUE L INTEREZ DE LA DETTE???
a écrit le 24/07/2016 à 5:53 :
Endettez vous, vous irez mieux après.
Le FMI doit recruter chez goldman sachs (comme la BCE).
a écrit le 23/07/2016 à 23:34 :
mais on fait tout ce qu'on peut depuis 50 ans pour relancer l'économie mondiale, faut pas nous demander des efforts sur humain , ce gouvernement élu avec amour a le pied rivé sur le plancher depuis 2012 , quand même !
a écrit le 23/07/2016 à 23:10 :
Si on parle d’une relance, L’Europe fait-elle son devoir si la production ne serait pas rétablie au niveau d’avant 2008, une stagnation voire une baisse du pib par habitant, une bourse qui dérive ? Justifie-t-on un déclin à 75% en industrie ou en agriculture, des taux d’emploi faibles, des aides critiquées à 70%, des emplois parfois mal valorisés ou forcés, la définition du terme croissance ? L’Europe est-ce une forme de diablerie inefficace ? Fait-on une demande sans offre et des affres fiscaux ou des cours bêtes en économie ? Justifie-t-on comme modèle la formule de Clémenceau avec les impôts pour faire de la croissance par la dépense de type fonctionnaire à 25% au pib contre 55% consommation ? Justifie-t-on des pertes de parts de marché ?
https://philippewaechter.nam.natixis.com/2016/04/11/les-etats-unis-vont-mieux-et-leurope-replonge-mais-ma-chronique-macroeconomique
a écrit le 23/07/2016 à 19:25 :
Le FMI vit et prospère sur la dette publique... Si l'état doit investir (et s'endetter donc) dans des infrastructures, il faut que celles-ci soient réellement utiles et non redondantes. De plus, il faut qu'il y ait le personnel nécessaire, à l'instar des infrastructures hospitalières qui sont parfois des plus luxueuses mais manquent des "petites mains" (infirmières, etc.) pourtant indispensables à leur bon fonctionnement.
a écrit le 23/07/2016 à 19:09 :
on se rapproche tout doucement du jubilé à la Romaine, c'est à dire remise à 0 des dettes...les retraités vont payer pour leurs erreurs.
a écrit le 23/07/2016 à 18:20 :
La relance par la dépense publique c'est bien... quand les Etats disposent de leur propre monnaie... pas quand la dépense publique se fait avec des emprunts sur les marchés financiers avec intérêt. Quoi qu'actuellement les taux d'intérêts sont quasi nuls!
Mais ce ne fut pas toujours le cas: Le montant de la dette Française, c'est quasiment le montant des intérêts payés depuis 1973. 1 200 milliards! Une paille qui aurait pu être économisée, mais qui n'aurait pas fait le bonheur des Rotschild dont Pompidou fut le directeur général de leur banque. Les dettes publiques n'existent pas, elles sont le résultat d'un vol en bande (banque...) organisée. Le moyen le plus sûr de faire de l'argent avec le plus grand nombre, c'est à dire le con-tribuable, particulièrement dans les pays qui savent faire rentrer l'impôt.
a écrit le 23/07/2016 à 17:14 :
donc plus de rond points, des tours en taxi pour Agnes Saal, des pots de vin pour l homme le plus honnete de France (P Balkany) et notre futur president (Que ca soit bling bling Sarko ou le repris de justice Juppe) ...
Le probleme c est pas tant de relancer les depenses de l etat mais de ce qu on fait avec. Faire des aeroport vide comme en espagne ne sert a rien ! Mais investir dans la formation, la technologie est pas remunerateur electoralement (l electorat principal c est les vieux. donc pas interesse a des depenses qui vont profiter a leurs petits enfants (ces sales gosses avec des iphone)
Réponse de le 23/07/2016 à 19:06 :
la transition énergétique? la rénovation du bâti ancien? plan ferroutage? les sujets intéressants ne manquent pas...
a écrit le 23/07/2016 à 17:12 :
Les conseils du FMI n'engagent que lui. On a déjà vu les failles de leurs raisonnements économiques. S'ils paient, pourquoi pas. :-)
a écrit le 23/07/2016 à 15:26 :
Dépense publique, avec quel argent? Monnaie de singe? Le problème ne se posai pas quand chaque État avait sa propre monnaie avec un banque centrale au service de sa propre économie!
a écrit le 23/07/2016 à 15:23 :
Dés que les gens seront en confiance, ils dépenseront! Pour l'instant vous ne créez que la peur!
a écrit le 23/07/2016 à 14:43 :
Si Schaüble dit nein, c'est nein !
a écrit le 23/07/2016 à 12:14 :
Une relance keynésienne serait suicidaire parce que 1) les niveaux de dette sont déjà astronomiques et 2) les taux de chômage sont si élevés qu'augmenter les taxes et impôts pour payer reviendrait à déclencher une révolution dans bon nombre de pays :-)
Réponse de le 23/07/2016 à 22:55 :
Grâce à l'effet multiplicateur, la dette n'est pas le problème pour la relance keynésienne, et si elle fonctionne, le chômage baisse...
Non, le problème est qu'il n'y a pas de protectionnisme intra et extra Européen !!
Une relance keynésienne aurait pour effet aujourd'hui de pousser les Grecs de racheter des voitures allemande, et à tout Européens d'acheter de l'électronique chinoise...
Effectivement, sans aucun intérêt !!
a écrit le 23/07/2016 à 10:53 :
Surprenant, alors que les états sont déjà trop endettés et qu'il faut qu'ils gardent des munitions pour renflouer les pauvres banques.
a écrit le 23/07/2016 à 10:43 :
Ils dépècent les services publics afin de les offrir aux actionnaires milliardaires, ils valident sans sourciller ces dettes qui ne sont que du racket orchestré par le milieu financier et en plus il faudrait que les ruines restantes dépensent pour relancer la croissance tuée par la finance.

A un moment il faudrait quand même savoir ce que l'on veut, cette politique schizophrène n'a absolument aucune justification sémantique ne reposant seulement que sur les exigences des marchés financiers qui siphonnent la plupart des recettes fiscales, qui imposent pauvreté et misère un peu partout dans le monde et sur un minimum de réalité d'une économie à l'agonie sans s'attaquer au coeur du problème qu'est l’accaparement des richesses dans seulement quelques mains.

Franchement, au sein de cette rhétorique de fous furieux, difficiles de blâmer les allemands, au moins ils sont un minimum logiques avec eux-mêmes.

Mais qu'est-ce que nous payons très cher l'incompétence et la compromission de nos décideurs économiques et politiques.

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