Le revenu de base (1/3) : les fondements

450 euros par mois pour tous, sans condition. Une utopie pour certains, un projet de société pour d'autres. Qu'on l'appelle le revenu de base ou le revenu universel, l'idée reste la même : tout le monde devrait bénéficier d'un minimum de ressources pour vivre dignement.

6 mn

Le revenu de base, une condition nécessaire aux sociétés modernes ?
Le revenu de base, une condition nécessaire aux sociétés modernes ?

A l'origine rien ne pouvait laisser présager que l'idée réunirait libéraux et socialistes. Pourtant c'est bien la spécificité du revenu de base : il séduit tous les camps politiques, à quelques exceptions près. Réunis dans plusieurs associations, à l'échelle française, européenne et mondiale, des individus œuvrent activement à la réalisation du revenu de base, persuadés qu'avec lui, une nouvelle société est possible.

Si le concept a de quoi séduire, c'est qu'il porte en lui le rêve d'une société plus juste, qui parviendrait à éradiquer la pauvreté. Un problème de fond, pour des pays riches où la misère a toujours sa place à côté de l'opulence. L'idée du revenu de base ne date pas d'hier. Depuis le 18ème siècle, plusieurs courants et personnalités s'en sont emparés, alors même que des différences de fond les opposaient.

La convergence de mouvements opposés

Le spectre des défenseurs du revenu de base est en effet très large : difficile, voire impossible, de répertorier l'ensemble des penseurs qui se sont ralliés au mouvement ou qui y ont été associés.

Parmi eux, on retrouve le pamphlétaire britannique Thomas Paine, qui apparaît comme le premier penseur du revenu de base. En 1795, il publie "La Justice Agraire", dans lequel il plaide pour une indemnité liée à la pauvreté. A cette époque, l'auteur explique que la réforme agricole subie par les paysans anglais (la politique d'enclosure, qui vise à privatiser les terrains cultivables) conduit à l'appauvrissement des citoyens.

Selon Thomas Paine, cette dépossession doit être compensée par une allocation versée par l'Etat. Invoquant le principe d'un "patrimoine naturel commun", le penseur s'oppose à l'appropriation des terres par une minorité, expliquant qu'une inégalité devant la propriété reviendrait à nuire aux libertés individuelles.

Le pamphlétaire proposait donc de "créer un fonds national pour payer à tous les individus qui auront atteint l'âge de 21 ans, la somme de 15 livres sterling, à titre d'indemnité du droit naturel, dont le système des propriétés territoriales les a dépouillés."

Favorable à cette idée, le gouvernement anglais finira par mettre en place au début du 19ème siècle le Speenhamland Act, qui reprend le principe d'allocations aux paysans pauvres. Les idées de Paine sont donc prises au sérieux, mais elles ne suffiront pas à endiguer l'exode massif des populations vers les villes, à l'aube de la révolution industrielle.

Une réaction à l'industrialisation

Le concept est aussi, d'une certaine façon, au coeur du socialisme du XIXème siècle qui cherche à libérer l'individu de l'aliénation du travail. En bénéficiant d'une ressource minimum sans condition, les citoyens pourraient, potentiellement, gagner en autonomie et en pouvoir de négociation face à leurs employeurs. Cette réflexion sur le travail et le bien-être individuel, on la retrouve aussi chez le philosophe André Gorz, qui dénonce un nouveau marché du travail déficient :

"La distribution des moyens de paiement devra correspondre au volume de richesses socialement produites, et non au volume de travail fourni" défendait le philosophe.

Déroulant sa pensée sur le fil du 20ème siècle, le penseur prédit dans ses différents ouvrages que le temps passé à travailler diminuera inéluctablement pour l'ensemble de la population, notamment avec l'automatisation et la spécialisation des tâches. André Gorz considère alors que le plein emploi ne reviendra jamais et que les sociétés doivent transformer leurs fondements pour s'adapter au nouveau marché du travail. Une position qui irrigue d'ailleurs une partie des revendications de mai 1968.

Un concept né avec le chômage

Pour certains, le revenu de base serait donc une question de droit primaire. Une sorte de condition nécessaire à la survie des individus dans une société où l'emploi ne parvient plus à sortir les personnes de la pauvreté.

"Je ne pense pas qu'il faille tuer les gens qui ne trouvent pas de boulot, il s'agit d'un droit de survie. On ne va pas les laisser crever de faim, encore moins dans un pays riche comme le nôtre", avance l'économiste défenseur du revenu de base Marc de Basquiat.

Le revenu de base, une condition nécessaire aux sociétés modernes ? Plusieurs économistes libéraux s'accordent en tous cas pour le dire. Milton Friedman, chef de file du courant monétariste, a ainsi consacré en 1962 un chapitre de son ouvrage "Capitalism & Freedom" à l'impôt négatif. Il y suggère qu'une somme fixe devrait être versée à tous les citoyens pour réduire la pauvreté. Pour le financer, il propose une simplification extrême du système fiscal, avec la fin de l'impôt sur le revenu au profit d'un impôt universel dont la somme serait fixe pour tout le monde, afin d'éviter les effets de seuil.

Concrètement, cela reviendrait à accepter qu'une personne fortunée soit autant aidée qu'une personne dans le besoin. Une nouvelle approche de la solidarité, donc, qui ne plaît pas forcément à la gauche qui dénonce l'individualisme et l'injustice d'une telle mesure. Du côté des libéraux la critique est parfois toute aussi ferme : Juan Ramon Rallo, économiste espagnol auteur de "Contra la renta basica" suggère que le principe est tout simplement illégal :

"Toute obligation inconditionnelle de transférer une part de ses revenus gagnés est une atteinte à la liberté humaine. Car c'est sous la contrainte qu'il faut ensuite servir les intérêts d'autrui."

Et aujourd'hui ?

Philippe Van Parijs, ardent promoteur du revenu de base, semble le plus à même de faire la synthèse des différents mouvements qui le compose. S'il est difficile de l'associer à un mouvement en particulier, c'est parce que l'intellectuel prend soin de ne jamais paraître trop radical lorsqu'il évoque son sujet de prédilection : la justice sociale.

Irriguée en partie par des théories marxistes, Van Parijs propose une nouvelle conception de la société, basée sur l'opposition entre chômeurs et travailleurs. Fondateur de l'association internationale "BIEN" (Basic Income Earth Network) en 1986, il est actuellement docteur en économie à l'université de Louvain en Belgique, lorsqu'il ne répond pas aux médias pour promouvoir son mouvement.

Mais le discours pour le revenu de base est complexe, à tel point qu'il est bien souvent inaudible pour le grand public. En prise avec des considérations philosophiques aussi bien que pragmatiques, le concept souffre d'élitisme. Mais il est aussi très contesté, notamment sur le plan pratique.

___

SOMMAIRE

Le revenu de base (1/3) : les fondements
Le revenu de base (2/3) : comment l'appliquer ?
Le revenu de base (3/3) : une utopie réaliste ?

6 mn

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Commentaires 33
à écrit le 02/02/2016 à 18:32
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Et qui va bosser et qui va payer ?? Déjà qu'on emprunte pour payer les retraites des fonctionnaires, et que pour les autres les caisses sont presque vides ! Ce n'est pas les idées qui manquent ...c'est les moyens!

à écrit le 11/08/2015 à 9:40
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Pourquoi pas la simplification que vous mentionnez, mais ne croyez vous pas que certaines familles vont "détourner" les sommes allouées en cigarettes, jeux, jouets électroniques...au détriment de la cantine scolaire, l'éducation des enfants...? Sur ...

à écrit le 10/08/2015 à 13:47
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Créer un nouveau droit n'est pas la solution; on croule sous tous nos droits et on n'est pas plus heureux pour autant; je crois même le contraire. On va arriver à un point où on va passer notre temps à réclamer nos droits et il y en aura tellement q...

le 11/08/2015 à 8:42
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en fait le revenu de base est là pour ne vous donner, au delà de liberté de gagner vtre vie comme vous le souhaitez, que de gagner une somme fixe. c'est un but de simplification que vous partagez. plus de droit à la sécu, au logement, à la nour...

à écrit le 08/08/2015 à 20:59
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Pour une réelle révolution, il est temps de plafonner les hauts revenus (j'entends déjà les hurlements de Gattaz...... et d'autres.....). Pourtant, l'idée ne vient pas de moi, mais d'un chef d'entreprise aujourd'hui retraité : Monsieur Raymond Monedi...

le 11/08/2015 à 8:44
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je ne vois pas le lien bien au contraire. ce qu'il faut plutot c'est diffuser le capital et la liberté d'innover pour que les vieux patrons aient à se battre contre des jeunes de banlieus créatifs... si ces jeunes ont de quoi manger des pates q...

à écrit le 08/08/2015 à 18:57
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L'allocation familiale pour un enfant, les aides à la scolarité, aux vacances, pour noël, les aides style bourse d'études, puis le rsa, les aides à l'emploi, c'est déjà une forme d'allocation universelle dès la naissance, on pourrait fusionner le tou...

le 11/08/2015 à 8:52
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oui. mais et ca a été observé en inde, au delà des effets artificiels, de simplification et d'inflation, il y aura des effets réels. la première est que le système actuel est un système qui puni les bon gestionnaire, les bons élèves, les chanc...

à écrit le 08/08/2015 à 16:35
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Commencons par dire que toute entrée d'argent doit être lisiblie sur un travail fournit manuel, intellectuel......Aujourd'hui dans notre pays il existe pour certains un revenu de base le plus connu le RSA qui donne d'autres droits APL, santé .... par...

le 08/08/2015 à 20:53
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il y a juste un probleme a votre systeme de travaux quasi force: ca ne marche pas. 1) vous aurez des gens pas motives qui ne penseront qu a tirer au flanc type URSS : vous devrez donc soit faire avec une qualite merdique ou embaucher un max de contr...

le 09/08/2015 à 1:07
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bonsoir, pas motivé pas de pb suppression du revenu.Les sanctions concernant les non motivés sont à foison. Le politique pour des questions électorales ne connait pas le mot sanction mais cela ne peut durer car l'endettementde notre pays commence à...

le 09/08/2015 à 16:00
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Historiquement, le revenu quand il est légal est tiré soit du travail, soit du capital. Un revenu n'est pas forcément la rétribution d'un travail (manuel ou intellectuel), il peut aussi découler du simple fait de posséder un bien ou de l'argent et de...

le 11/08/2015 à 8:59
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plusieurs points. le RSA n'est pas un revenu de base, car on le retir aux gens qui travaillent, qui bénéficient de leur épargne... c'est une prime a l'échec . le revenu de base lui ne s'en occupe pas. en fait associé à une flat-tax (genre TVA, ca...

à écrit le 08/08/2015 à 16:20
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Je souhaite préciser 3 choses puisqu'il s'agit d'une question difficile. 1/ Il appartient à chaque pays d'initier son modèle, on ne peut réussir par exemple au niveau européen pour différentes raisons, nous retrouvons ici un gap provisoire d'inégalit...

à écrit le 08/08/2015 à 15:55
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Article très pertinent. Cependant il faut éviter d'associer un homme et surtout pas en le désignant comme marxiste à une réflexion de cette importance. Elle est universelle. On peut la trouver chrétienne, de droite rationnelle, de gauche sociale mais...

à écrit le 08/08/2015 à 15:51
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On entend déjà auprès des multiples agences de l'administraion française en charge du social après 50 ans, de demander: l'Allocation Adulte Handicapé et la Garantie de ressources afin de percevoir une ressource d'un montant total de 979,76 €. " On vo...

à écrit le 08/08/2015 à 14:40
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//CETTE IDEE ET BONNE.// MAIS DOIT ETRE FAITE AU NIVEAUX MONDIAL POUR ERADIQUE LA FAIN ET LA PAUVRETE DANS LE MONDE SI DES PAYS RICHE L A DOPTENT ILS VERRONT MOINS DE MENDIANTS DANS LEURS RUES ET PEUT ETRE MOINS DE VOL SET D AGRETION ? MEME SI 450EU...

à écrit le 08/08/2015 à 14:34
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450 euros c'est pas assez... essayez de vivre dignement avec ça !

le 08/08/2015 à 20:49
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Je pensais la même chose en lisant l'article, surtout s'il faut encore payer un impôt universel !

à écrit le 08/08/2015 à 13:38
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je suis pour l'allocation universelle et je souhaite meme qu'elle soit doublée pour ceux vivant en dessous du seuil de pauvreté(900 euros)

le 11/08/2015 à 9:08
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c'est incroyable comme personne ne semble comprendre que le revenu de bas est par définition fixe est inconditionel. c'est justement fait pour ne pas être une prime a l'échec. ce n'est pas une prime pour les pauvres mais un socle de vie normale, ...

à écrit le 08/08/2015 à 8:13
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Plus besoin de lire l'Humanité ,la tribune a pris la relève et nombreux de ses lecteurs et commentateurs ont un avis qui autre fois était qualifié de socialiste et qui aujourd'hui est majoritaire voire unanime au point qu'on ne peut même plus parler...

le 08/08/2015 à 9:26
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le jour où je suis marxiste. il neigera à Nice en plein mois de Juillet quand il fait 35 degré à l'ombre...

le 08/08/2015 à 9:52
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Je suis marxiste comme salarié et capitaliste comme client, c est le rêve !

le 09/08/2015 à 9:00
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Si les états envisagent cela, ce n'est pas par doctrine sociale. C'est tout simplement par pragmatisme. En effet, si on souhaite sauver la planète, on ne peut pas continuer à augmenter la production car la pollution augmentera d'autant. Ce qui impliq...

à écrit le 08/08/2015 à 7:18
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Que les états le souhaitent ou pas, ils n'ont pas le choix car la richesse produite profite aujourd'hui aux spéculateurs. L'économie s'en trouve ralentie, créée du chômage et l'insécurité grandie. Si les riches veulent continuer à vivre librement par...

à écrit le 07/08/2015 à 20:57
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Attendons de voir les resultats de l experience qui se passe actuellement au Pays-bas avant d emmettre un avis. Comme tjrs, les sujets importants qui passent inapercus sur les autres medias trouvent une place ici sur la Tribune. Et c est pour c...

à écrit le 07/08/2015 à 19:47
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Vivre dignement... avec 450 euros ? Soit moins de la moitié du seuil de pauvreté... "Mal nommer les choses c'est ajouter à la misère du monde" écrivait A. Camus. Il pourrait ajouter que le débat est vraiment mal engagé.

le 11/08/2015 à 9:14
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effectivement 450 euro c'est pas un revenu de base, sauf si on arrive a proposer un mode de vie à 450 euro par mois sans la moindre aide sociale ni subvention... ca veut dire 150-200 euro de loyer , et en france la législation ne permet pas de lou...

à écrit le 07/08/2015 à 19:27
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Ce genre de concept appliqué en France serait vite perverti. Taxer la droite productive pour protéger la gauche improductive reste la structure du système politique français combien dégueulasse. On comprend pourquoi ce pays s'enfonce....

à écrit le 07/08/2015 à 19:13
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le rmi a bien ete invente par les liberaux... pour eviter aux gens de tomber si bas que c'est un desastre economique et social de les relever rien a voir avec l'ideologie socialiste qui consiste a creer des poches d'assistes qui ' voteront bien' ( c...

le 07/08/2015 à 20:23
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Oh là là... Vous devriez éviter d'afficher ce que vous arriver à penser, cela ferait le plus grand bien à votre image...Et dire que ce type a le droit de vote...

le 08/08/2015 à 7:56
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Très bon raisonnement dommage de ne pouvoir débattre plus par commentaire interposé

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