Les leçons du Canada à l'Europe

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Justin Trudeau sera le prochain Premier ministre canadien.
Justin Trudeau sera le prochain Premier ministre canadien. (Crédits : JIM YOUNG)
La victoire des Libéraux de Justin Trudeau est le fruit d'une campagne audacieuse, notamment sur le plan économique. De quoi faire réfléchir la zone euro...

La victoire nette du chef du Parti libéral canadien Justin Trudeau est une véritable leçon pour l'Europe. Certes, la personnalité du nouveau Premier ministre, sa jeunesse et son nom, ont sans doute joué un rôle dans le retour des Libéraux au pouvoir.

Mais, bien plus que ces éléments, c'est d'abord la capacité de Justin Trudeau à créer les conditions d'une alternative qui a été déterminante dans le scrutin canadien. La preuve en a été la très nette poussée de la participation, passée de 62 % à 67 % des inscrits, poussée qui a principalement profité au Parti libéral lequel, avec 4,2 millions de voix gagnées, est le seul grand parti à progresser.

L'audace de Justin Trudeau

Le fils de l'ancien chef du gouvernement Pierre-Elliott Trudeau a donc réussi à mobiliser l'électorat canadien. Il l'a fait avec un message clair, qu'il a résumé lors de son premier discours après les élections :

« Le temps est venu d'un vrai changement. »

Ce qu'a réussi Justin Trudeau, c'est convaincre les Canadiens qu'il était possible de changer de politique économique après neuf ans de direction conservatrice. Pour cela, il a pris une position audacieuse : défendre l'idée d'une véritable relance keynésienne, en acceptant de laisser filer les déficits pendant trois ans, non pas pour dépenser sans compter, mais pour investir, notamment dans le tissu des infrastructures du pays.

En fait, Justin Trudeau a pris acte de la situation dans laquelle se trouve le Canada. L'économie canadienne est certes solide, mais elle tourne au ralenti. Au premier semestre de 2015, elle a même connu une période de récession. L'endettement des ménages et la baisse des prix des matières premières laissent peu de perspectives.

Pour redynamiser le pays, pour lui rendre de la compétitivité hors coûts, il faut investir et la puissance publique doit intervenir et réamorcer la pompe par des investissements. Seulement, cette idée était extrêmement osée dans un Canada très attaché aux « grands équilibres » après la crise des années 1990. Cet attachement avait été beaucoup développé par les gouvernements conservateurs, ce qui avait renforcé du reste le rationnement d'investissements publics qui a encouragé la « maladie hollandaise » du Canada en concentrant les flux monétaires sur les matières premières pendant des années.

Une audace qui a payé

La preuve de l'audace du jeune vainqueur de l'élection canadienne, c'est qu'avec un tel programme, il est parvenu à déborder sur sa gauche le Nouveau Parti Démocrate (NPD), parti traditionnellement social-démocrate, qui n'avait pas osé renoncer à l'équilibre budgétaire. Ce problème du NPD illustre la crise mondiale de la social-démocratie, engoncée dans son obsession de passer pour un « bon gestionnaire » tout en tentant de conserver un discours social.

Les Libéraux n'ont pas ces problèmes. Justin Trudeau a été franc dans sa campagne et a osé le dépassement du mythe de l'équilibre budgétaire. Et cela a marché.

Selon un sondage de l'institut Ekos publié le 4 septembre, les Canadiens confirmaient que le programme économique libéral était plus convaincant que celui du NPD et que l'économie était leur première préoccupation. Progressivement, le NPD a donc vu une partie de son électorat glisser vers le Parti libéral.

Sans doute la chute du NPD, qui n'a obtenu que 19,5 % des voix contre 39,5 % aux Libéraux, est-elle liée à la campagne orchestrée par les Conservateurs sur l'affaire du voile islamique porté pendant les cérémonies de citoyenneté, comportement qui, selon eux, aurait reçu le soutien des néodémocrates.

Mais il convient de ne pas surestimer cet élément : Justin Trudeau n'avait, sur ce point, guère de différence avec le leader du NPD Thomas Mulcair. Certes, cette polémique a coûté cher au NPD au Québec, qui était sa place forte, mais, dans la « belle province », les Libéraux ont emporté la moitié des sièges. En réalité, Justin Trudeau l'a emporté parce qu'il a été capable de capter l'espoir d'une politique économique alternative en débordant le NPD sur sa « gauche ».

Sursaut démocratique qui tranche avec l'Europe

Quelles leçons en tirer pour l'Europe ? D'abord, que lorsque le monde politique parvient à casser les tabous économiques et à imposer un vrai débat sur les politiques à mener sur ce plan, il est possible de redonner du sens aux élections et à la démocratie.

Le sursaut démocratique du Canada ce 19 octobre, avec à la fois l'alternance et la hausse de la participation, semble être l'image inversée des différentes campagnes électorales qui ont eu lieu ces derniers mois en zone euro.

En Europe, l'économie est de plus en plus exclue de la démocratie

En Grèce, au Portugal, demain en Espagne, tout débat du type canadien semble aussi impossible qu'il peut l'être en France, aux Pays-Bas, en Finlande ou en Allemagne. L'Europe s'enferme dans une politique unique de consolidation budgétaire et de « réformes structurelles » en refusant tout investissement public d'envergure et s'en remet à la seule politique monétaire pour assurer la reprise. Or, on ne vote pas pour la BCE.

Toute autre possibilité semble verrouillée. Les grands partis européens défendent grosso modo les mêmes positions économiques. Et lorsqu'ils tentent une timide réaction, comme récemment les gouvernements espagnol et italien, la Commission européenne se charge de les ramener « à la raison ».

Au Portugal, le PS a ainsi imposé aux autres partis de gauche le respect de la politique de baisses des dépenses publiques. En Grèce, le mémorandum a tué tout vrai débat économique.

Tout est fait pour que l'économie échappe en zone euro au domaine politique. Dès lors, les conséquences politiques de ce verrouillage des choix économiques sont la progression des extrêmes et celle de l'abstention.

Le dépassement de la sclérose social-démocrate

Une des clés du problème européen réside dans la sclérose de la social-démocratie, qui n'est pas sans rappeler la faiblesse du NPD canadien. Et si la situation canadienne n'est pas transposable de ce côté-ci de l'Atlantique, Justin Trudeau a néanmoins montré qu'il était politiquement possible - et rentable - de dépasser la prudence idéologique de la social-démocratie et les tabous de la pensée économique dominante.

Certes, le Parti libéral du Canada n'est pas un parti de « gauche radicale », mais c'est précisément ce qui rend le scrutin canadien intéressant : un parti traditionnel et fondamentalement libéral, peut prendre des positions audacieuses sur le plan économique lorsque les circonstances l'exigent.

Le besoin d'un débat en Europe

Or, en Europe, les circonstances exigeraient une vraie réflexion sur le modèle économique de la zone euro et sur la nécessité d'une ambitieuse politique publique d'investissement. Si la BCE peine à réaliser son objectif, c'est bien qu'elle est seule dans son effort de relance de l'économie de la zone euro.

Or, l'Allemagne, qui a refusé d'exclure les investissements du calcul des déficits, refuse elle-même d'utiliser ses excédents pour investir. Elle préfère les accumuler. Pendant ce temps, l'architecture institutionnelle de la zone euro interdit tout débat sur ce sujet et limite l'investissement à un plan Juncker microscopique et peu ambitieux.

Si Justin Trudeau respecte ses promesses et réussit son pari, cette homme de 41 ans aura donné une leçon majeure au Vieux Continent.

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a écrit le 21/10/2015 à 17:29 :
@lestrade: et en France, les candidats du 2e tour n'obtiennent jamais plus de 20-25% des voix des inscrits au 1er tour. Alors bonjour encore plus la démocratie :-)
a écrit le 21/10/2015 à 15:14 :
Le but de l'élection de lundi était de débarquer les conservateurs du pouvoir et Trudeau a été considéré comme plus convainquant par ceux qui ont voter. Voilà tout! Personne ne lit les programmes des partis. Tout ce fait sur la gueule.


PS: Les libéraux ont obtenus la majorité avec 40% des voix sur 69% des gens qui ont voté. Allo démocratie
Réponse de le 22/10/2015 à 18:19 :
@Gérard d'Estrade
Je confirme. Y ayant vécu 3 ans et ayant pas mal d'amis canadiens (dans la finance notamment), le principal objet de ces élections était bien de virer le cowboy de l'Alberta Harper dont les gens du Québec et de l'Ontario ne voulaient plus.
a écrit le 21/10/2015 à 12:51 :
Et une fois de plus, on aimerait que Godin vérifie ses sources avant de chanter les louanges de ses amis socialos :-) Justin Trudeau est né en décembre 1971, il a donc quasiment 44 ans et pas 41 :-)
Réponse de le 21/10/2015 à 15:17 :
Il est né le 25 décembre 1971. il a donc 43 ans.
Réponse de le 21/10/2015 à 16:12 :
@lestrade: c'est ce que j'ai dit, non ? dans 2 mois il aura 44 ans. tu peux jouer sur la sémantique, mais ton commentaire ne sert à rien, si ce n'est à confirmer ce que j'ai dit, à savoir que Godin devrait vérifier ses sources :-)
Réponse de le 21/10/2015 à 18:34 :
J'ai pas lu le "quasiment".
a écrit le 21/10/2015 à 12:32 :
N'oublions pas que le Canada est le seul pays de G8 a ne pas avoir de TGV et de ligne train rapide. Alors que 2 grandes mégalopoles nord américaires canadiennes sont distantes de 500km, distance idéale pour une ligne grande vitesse. Pourtant le Canada a des constructeurs de trains grande vitesse comme Bombardier. C'est dommage car le train sur 500km c'est vraiment rentable, éco-friendly et stimulant pour les échanges économique entre 2 villes. Mais bon c'est vrai en amerique du nord, l'avion est roi.
Réponse de le 21/10/2015 à 15:01 :
@roudoodoo: de quoi tu parles ? Via Rail fonctionne parfaitement entre Toronto et Montréal, avec prolongement sur Quebec City !!! Montréal - Vancouver, c'est quelque 5 000 km, donc plus pratique en avion quand même :-)
Réponse de le 21/10/2015 à 15:21 :
Oui, mais Bombardier se rattrape un peu avec le Q400. Il y en a pas mal entre Montréal et Toronto et Québec.
Réponse de le 23/10/2015 à 15:09 :
On sait bien qu'il n'y a pas de train rapide au Canada actuellement mais tout cela peut changer avec de la volonté politique . Pour faire le voyage en train de 500km entre Montreal et Toronto, il faut au moins 5 heures de trajet ( le train a une vitesse moyenne autour de 100km, au mieux...). Ceci n'est pas un standard de train rapide. Sans parler de Montreal-Québec ou la, c'est vraiment le tortillard qui fait des virages de partout. Le projet de train grande vitesse ont été bloqué par différents lobby trés actifs sous les anciens gouvernements. Ces lobby ont pu bloqué le dévelopement du train rapides car ils ne voulaient pas d'alternatives écologiques et économiques. Actuellement, le train grande vitesse s'inscrit parfaitement dans une alternative pour satisfaire les voyageurs, les milieux économiques et diminuer les émissions de CO2. Et d'ailleurs tous les pays développés encouragent le développement de TGV.
a écrit le 21/10/2015 à 11:38 :
Sauf que le Canada ne peut être comparé à l'Europe.

En effet, le Canada a un gouvernement fédéral. L'Europe n'a pas de gouvernement fédéral mais une accumulation de multi-gouvernements.

Le Canada a, avec un gouvernement fédéral, la possibilité d'avoir un tronc commun. Ce qui n'est pas le cas en Europe.

Finalement, l'Europe part dans tous les sens. Pas d'unité, pas de construction, pas d'efficacité, pas de projection. Bref, l'Europe a grossi/grandi trop vite au détriment d'une assise solide, pragmatique, pertinente et constructive.

La coquille Europe est là mais en manque d'équilibre. L'Europe se cherche encore. Elle est à la fois castratrice et ouverte à tous les vents.
Réponse de le 21/10/2015 à 13:53 :
"Bref, l'Europe a grossi/grandi trop vite" : ah ben oui. Mais de la faute à qui ? Est-ce qu'on vous a jamais demandé votre avis là-dessus ?
a écrit le 21/10/2015 à 3:34 :
Les meilleurs trucs que les Canadiens pourraient apprendre aux Français, c'est comment ne pas discriminer ses citoyens "non blancs" et "non chrétiens". Car en France, la discrimination est devenue trop banale.
a écrit le 21/10/2015 à 0:58 :
Nous avons perdu quelque chose d'essentiel, et dont dispose encore le Canada : la SOUVERAINETÉ. L'Europe a été inventée pour nous en priver !
Réponse de le 21/10/2015 à 10:38 :
la France n'a perdu aucune souveraineté. la France décide souverainement des traités qu'elle signe ou pas. Elle a décidé souverainement de faire partie de la construction européenne depuis plus d'un demi siecle. Le gouvernement français décide souverainement de ses votes et choix au Conseil Européen et au conseil des ministres (ou elle n'est quasiment jamais mis en minorité et jamais sur les sujets importants)

prétendre le contraire releve de la méconnaissance du fonctionnement de l'Europe.

Le Canada est d'ailleurs tout aussi souverainement parti a plusieurs traités de libre echange bien contraignant. Le mythe de la souveraineté absolue est juste cela: un mythe.
Réponse de le 21/10/2015 à 15:28 :
Le Canada souverain ??? Ha! Ha! Ha! Ha! Elle est bonne!!! Le Canada n'existe plus. Il ne contrôlera plus ses frontières d'ici un an ou deux. Ce sont les Américains qui dédouanereront les marchandises entrant au Canada. Cela fait parti du traité prospérité et sécurité. Il y a plusieurs façon de détruire un pays. L'union européenne en est une, les traités dit de libre échange en est une autre.
a écrit le 20/10/2015 à 23:04 :
Quels sont les chiffres de l'économie canadienne en ce qui concerne les deficits publics ,budgetaires notamment ,et quel est le niveau de la dette !La Canada bat il monnaie pour ses besoins ou emprunte t il sur les marchés ,et si oui à quels taux !C'est le probleme de l'€ ,tous les états ont signés les criteres de Maastricht et la BCE ne peut donc directement leur preter ,heureusement d'ailleurs car on voit trés mal les fourmis du nord travailler pour les cigales du sud ,sinon c'est l'explosion de la monnaie unique .Si les canadiens empruntent sur les marchés ,leurs finances doivent être solides pour pouvoir le faire aux taux les plus bas .Ce n'est pas le cas en europe et les marchés ont horreur qu'on arrose du sable avec leur liquide ,et ils ont raison sauf à demander une prime de risque qui est du seul ressort de leur appréciation .Bien sur si elle est élevé la pression fiscale qui s'en suivra fera des degats sur la consommation et les entreprises notamment ,tuant dans l'oeuf tout espoir de croissance .La France l'a comprise et sa rigueur lui permet des taux à 10 ans proche des taux allemands et qui menagent l'avenir .On gouverne pour son successeur et de toutes façons pour la gauche si demain les finances publiques sont dans les choux ,il lui serra impossible de proposer quoi que se soit de social aux électeurs .Tout se tient et la comparaison entre l'Europe et le Canada n'a pas lui d'etre ........
Réponse de le 21/10/2015 à 1:41 :
Pour les marchés plus que le niveau de la dette ce sont les perspectives de croissances qui comptent.

Avec des multiplicateurs qui peuvent être à 2 ou 3 sur l'investissement public, les marchés ne se trompent pas, ils adorent ce genre de programmes.
Réponse de le 21/10/2015 à 10:51 :
le canada emprunte sur les marchés financiers pour ses besoins d efinancement. les taux des emprunts a 10 ans sont de l'ordre de 1.5%.

Voila pourquoi le canada peut se permettre un petit deficit sur 2/3 ans pour financer de l'infrastructure (et non pas pour entretenir un deficit structurel permanent)
a écrit le 20/10/2015 à 22:27 :
De Montréal.
100% d'accord avec l'analyse de Godin. Trudeau a osé briser le tabou du sacro-saint "déficit zéro" devant lequel même les syndicats se prosternent.

C'est effectivement un contre-emploi pour un parti libéral qui avec Paul Martin, s'était fait le chef de file mondial de l'austérité, célébré par les média français. (http://ur1.ca/o4dwt)
Le résultat, c'est
* une mono-industrie de l'extraction qui s'effondre,
* un endettement des ménages alarmant (170% du revenu http://ur1.ca/o4e8o)
* un investissement en panne, malgré une pluie « d'incitatifs » (Nos entreprises s'assoient sur une trésorerie de 604 G$,32 % du PIB http://ur1.ca/o4eg2).

Tandis que le NPD, qui débutait la campagne largement en tête, faisait son virage à droite pour se faire accepter des média, Trudeau n'a pas craint d'être ridiculisé par les gardien du dogme austéritaire.
Réponse de le 21/10/2015 à 9:13 :
@Laurent: tu ne crains pas tes contradictions ? Tu dénonces l'endettement des ménages alarmant, mais dans le même temps tu encourages les déficits publics ! Un investissement en panne, malgré une pluie "d'incitatifs". Est-ce la faute du gouvernement (qui offre les incitatifs) si les entreprises préfèrent doper leur trésorerie ? Les années Harper ont été des années de progrès économique avec des baisses d'impôts significatives. Personnellement, je reproche à Harper sa vassalisation aux US, mais bon c'est tout l'Occident qui est vassalisé aux Américains, n'est-ce pas :-)
@discrimination: ne parle pas de choses que tu ne connais pas. Vas donc par exemple à Montréal où tu vas être le "môdit frinssais" :-)
a écrit le 20/10/2015 à 20:53 :
L'europe l'a déjà fait sa relance keynesienne en 2008 ...+500 milliards de deficit sous 1 seul quinquennat... Et pour quels résultats ...Nada ... Donc , rien à envier aux canadiens... Ils verront bien le résultat ...
Réponse de le 20/10/2015 à 23:12 :
La relance keynesienne ne peut se faire qu'en concertation avec les autres zonnes économiques ou par des travaux publics ,sinon l'argent part à l'étranger ,surtout dans des économies comme celle de la France par exemple ,fortement pénétrée par les produits étrangers ,surtout si il s'agit de donner directement du pouvoir d'achat aux français .Le keynésianisme c'est idéal quand on vit en quasi autarcie comme avant ,maintenant avec l'intrication des économies c'est plus possible sauf si on se met tous d'accord pour le faire ensemble mais là ,c'est pas demain la veille ......
Réponse de le 21/10/2015 à 1:43 :
Des cadeaux aux plus riches cela ne peut constituer une relance Keynésienne.
Réponse de le 21/10/2015 à 1:56 :
Les économies sont certes ouvertes mais les plans de relance sont encore efficaces de surcroit s'il portent sur des plans d'investissement.

Les USA en ont fait un énorme avec succès, la Chine va en faire un... cela fait longtemps que les plans de relance en économie ouverte existent et fonctionnent.
Réponse de le 21/10/2015 à 11:23 :
Pour se faire une idée plus claire sur Keynes et cette "doctrine" de l'argent en veux tu en voilà, un livre m'a donné satisfaction et il vient de paraître il s'agit de "penser tout haut l'économie avec Keynes". Bonne lecture.
a écrit le 20/10/2015 à 20:48 :
Au Japon cette politique échoue, le keynésianisme n'est qu'une fuite en avant plus dure sera la chute
Réponse de le 21/10/2015 à 2:00 :
Un bon remède administré trop tard ne guérit pas toujours le patient immédiatement.

Vous en déduisez que le remède n'est pas le bon, c'est étrange!

Il faut comparer le résultat d'une politique à ses alternatives, et si vous faites cela vous tirerez un conclusion tout autre sur les Abenomics.
Réponse de le 21/10/2015 à 10:47 :
le keynesianisme est utilisé a toutes les sauces par des gens qui ne le comprennent pas.

Keynes ne parle que d'une chose; de l'utilité des budget expensif pour compenser une crise (soit par des baisses d'impots soit par des dépenses d'infrastructures), le tout en prenant en compte la nature plus ou moins ouverte d'une economie, et du caractere TEMPORAIRE d'une telle politique.

or en France, les gens pensent que le Keynesianisme ca veut dire avoir des deficits permanents et financer a credit ses déficits structurels. De meme que les gens confondent Keynes avec l'Etat providence façon Lord Beveridge (lequel etait son ennemi personnel)

C'est ce malentendu qui plombe l'economie francaise depuis longtemps.
a écrit le 20/10/2015 à 20:44 :
Ce sera une expérience intéressante de voir en combien de temps Trudeau va dilapider l'héritage de son prédécesseur sans obtenir de résultat significatif, et quand il sera contraint d'ouvrir une parenthèse de rigueur.
Réponse de le 21/10/2015 à 2:08 :
Son successeur pourra faire de la rigueur avec un certain succès, car l'économie profitera des routes, des ports, des réseaux internet, des compétences des étudiants formés, des fruits de la recherche... bref de tout ce qui fait les fondements de la croissance durable de toute économie. Son successeur réussira peut-être malgrès lui.

Le propre d'un investissement c'est de générer une dépense immédiate et des flux dans le futur, c'est le cas pour l'investissement public. Son successeur récoltera les fruits d'un arbre qu'il n'a pas planté.

Il ne vous viendrait pas à l'idée de penser que vous vous ruinez lorsque vous acheter un logement, mais pour un Etat vous ne pouvez pas le comprendre?
a écrit le 20/10/2015 à 19:52 :
Pour une fois je ne suis pas d'accord avec M. Godin, non pas que le keynésianisme soit une mauvaise chose, car il a fait ses preuves, mais plutôt par le coté oxymore de ces déclarations d'un libéral en campagne.

Les parties de droite du monde entier trempent dans des affaires de corruption et d’escroqueries économique. Prenons monsieur Juppé par exemple. Il a été condamnée pour des emplois fictifs. Il passe aujourd'hui pour quelqu'un de sérieux, d’honnête, de présidentiable etc... Peut-être a-t-il changé, admettons. On pourrais aussi dire que M. Hollande a été naïfs face à la capacité de l'Europe d'imposer ses conditions.

Nous verrons bien dans 5 ans si le pouvoir d'achat des canadiens s'est amélioré.
Réponse de le 20/10/2015 à 23:23 :
Vous devriez etre prudent avec la notion d'emplois fictifs .Il y en a partout surtout dans les collectivités locales et regionnales qui ,comme l'a dit la Cour Des Comptes ,ont ambauchées à tour de bras sans qu'il y ai des besoins nouveaux .Elles ont fait ,comme l'état d'ailleurs, de l'emploie avec l'impot .....des autres !C'est comme les gateaux ,quand il y a de l'emploie pour trois dans un service ,il y en a forcement pour quatre ,et quand il y en a pour quatre alors forcement il y en a pour cinq !Non soumis à la concurance on peut aller loin comme ça et c'est du vrais emploi fictif sur une charge de travail fictive aussi ........
Réponse de le 21/10/2015 à 2:14 :
Krugman est un homme de gauche qui se qualifie de libérale (son blog s'appelle la conscience d'un libéral)

Le terme libéral, n'a pas le même sens que chez nous, en tout cas aux USA.

Peut-être qu'au Canada il va de même.

Mais de toute façon , on peut-être de droite, comprendre l'économie et faire des plans de relance de droite (et parfois intelligents).

Hollande lui se dit de gauche et fait une assez mauvaise politique de l'offre via le CICE!
Réponse de le 21/10/2015 à 7:39 :
@sez

Il est intéressant de voir la parole de la cour des comptes portée aux nue alors que vous critiquez le trop plein de fonctionnaires. Par ailleurs le premier président de la cour des compte est nommé par décret en conseil des ministres.

C'est une manière pour le gouvernement de se défausser de paroles contraires aux principes des socialistes.

@gringo

Vous avez raison, mais il convient de ne pas prendre des paroles de politiques en campagne, pour acquis.
a écrit le 20/10/2015 à 19:20 :
Je trouve que l'article donne beaucoup de crédit à Trudeau avant même de savoir s'il aura du succès avec son programme économique. Serait-on en train de mettre la charrue avant les boeufs ?
Réponse de le 21/10/2015 à 2:18 :
L'article est plus politique qu'économique, et la leçon est politique car son positionnement a payé, sur le plan politique on peut en tirer des conclusions.

Cependant sur votre remarque, les journalistes ne sont pas des historiens. Ils jugent le présent, vous imaginez si aucun article ne pouvait être écrit sur notre gouvernement car nous en connaissons pas encore les résultats de leur action!
Réponse de le 21/10/2015 à 9:09 :
C'est la spécialité de Romaric Godin, après la décecption Tsipras il lui faut un nouveau idole.
a écrit le 20/10/2015 à 18:59 :
comme notre audacieux ce soir on apprend la demande de 25000 syriens esclave pour la baisse de ssalaires
a écrit le 20/10/2015 à 17:32 :
Amusant, cette envie de mieux socialiser les pertes afin de privatiser les profits. Amusant aussi d'écrire des articles dans des journaux économiques en ne se souvenant plus de ce qu'a fait Roosevelt. Sinon, bonne crise à tous.
a écrit le 20/10/2015 à 17:32 :
En quoi est ce libéral de faire du déficit et relancer l'économie avec des travaux d'infrastructure(de gaspiller l'argent des autres)?Allors maintenant Keynes c'est le libéralisme?Si je comprends bien,les collectivités locales françaises sont libérales?LOL!
Réponse de le 20/10/2015 à 23:30 :
Y a t il de gros investissements en France concernant les infrastructures !!!!!De plus aux USA avec le New Deal c'est l'ensemble des salaires de tous les secteurs qui ont fortement augmentés, les patrons US se sont mis d'accord et ont bien compris la situation de l'époque .Le hic ,c'est que les USA vivaient en quasi autarcie sans aucune pénétration de produits étrangers sur son sol .Toute augmentation de la consommation par augmentation de salaire profitait directement aux entreprises américaines donc à l'emploi US ,rien ne partait à l'étranger .Maintenant c'est plus du tout la meme chose .....
Réponse de le 21/10/2015 à 2:38 :
Fermez les yeux et demandez vous ce que vous seriez sans l'investissement des États dans la recherche, dans des routes, des écoles, des ports, des réseaux internet?

Je ne pense qu'aucun être non fou aurait payé Einstein, Volta, Newton, Curie, Pasteur, pour faire des recherches "débiles" et à la rentabilité nulle pour le commun des mortels.

Que serait notre monde si ces hommes et femmes n'avaient pas reçu une scolarité de qualité, combien d'Einstein en puissance se défoncent à la colle dans les rue d'une favella, que serait botre monde s'ils avaient pu exprimer leur potentiel.

Que serait notre économie, s'il n'y avait ces routes, ces ports, ces réseaux routiers permettant aux homme d'échanger?

Recherche, éducation, infrastructures, les trois piliers de notre développement et vous appelez cela du gaspillage?

Et même si c'était du "gaspillage", ça serait toujours faire travailler des entreprises au bord de la faillite pour faire des routes et des écoles, donc distribuer de l'argent, payer des personnes à travailler plutôt qu'au chômage, ces personnes qui pourront leur tour faire travailler des commerçants et des artisans...

Penser que l'investissement public est un gaspillage est une énorme faute de raisonnement.

Un passage par les théories de la croissance endogène (cf wikipédia) vous permettra de voir ce qu'en pense des économistes ultra libéraux comme Lucas et Barro!
Réponse de le 21/10/2015 à 5:30 :
@gringo:les collectivités locales aujourd'hui,c'est du clientélisme pur et de la gabegie financière totale(emprunts toxiques,embauches de copains,détournement de fonds publics entre autres)N'appelez surtout pas cela de l'investissement productif!Quant a la recherche française j'en ai fait partie, ça ne bosse pas du tout!L'éducation est a la dérive.Les infrastructures inutiles s'empilent alors que les français vivent de plus en plus mal(pour se soigner,se loger ,se chauffer etc...)
a écrit le 20/10/2015 à 16:41 :
On trouve que sur 95-12 selon les données publiées à la Banque Mondiale, on a 0,27 de déficit, 2,58 de croissance et 2,51 d'inflation. Sur les 3 décennies 80 puis 90 puis 00-14, pour l'inflation on trouve 63 puis 22 puis 35, on aurait relaché la rigueur monétaire et budgétaire. L'Australie aurait la même évolution de 90 puis 23 et 50. Pour les faillites, le rapport 2014/moyenne 90-14 donne 0,36, contre 0,97 en moyenne 20 pays, 0,59 aux usa, 0,75 en angleterre, 0,90 en Allemagne, 0,68 au Japon, 1,34 en Italie 1,15 en France... L’Europe n’est-elle pas attaquée alors qu’on y ferait des dettes qui font du pib vers le bas et le maximum du chômage. On publique que pour les jeunes la France serait classée 42ème selon un Youthonomics Global Index en 2015, un classement qui concerne 64 pays et 59 critères. Ne faisons-nous pas dans le boomster anti jeune et anti croissance. On ferait une économie de rentiers de défiscalisation alors qu’on matraquerait les classes moyennes ou bien de corporations à statuts. Il y aurait des échelons au détriment des actifs, d’une valeur X contre 2X à l’étranger, pour une évolution à 2X contre 2,3X à l’étranger, on ferait dans la promotion à l’ancienneté et pas au mérite ? A 6 millions de chômeurs, ne devrait-on remettre en cause le régime alors que nous sommes-loin du plein-emploi… Pour la croissance, nous faisons moins que les américains par point de déficit. Si le déficit crée la croissance, au Japon on fait beaucoup de déficit et peu de croissance, en déflation. Aux USA, le déficit serait mieux orienté. Les allemands en revanche réalisent moins de déficit et plus de croissance avec une inflation faible et un chômage faible.
a écrit le 20/10/2015 à 16:30 :
C'est d abord une victoire de la démocratie. Souhaitons que l expérience réussisse et qu elle ne soit pas torpillee par les partisans de l orthodoxie néo libérale qui redoutent que soit démontrée l escroquerie de leur religion.
a écrit le 20/10/2015 à 16:15 :
Les leçons du Canada à l'Europe ? L'expérience du "beau gosse libéral de bonne famille", en France nous l'avons faite en 1974, il y a un peu plus de 40 ans.
Réponse de le 21/10/2015 à 16:09 :
En passant, Trudeau est probablement milliardaire. Trois générations à s'en mettre plein les poches, le compte est bon!
a écrit le 20/10/2015 à 15:46 :
Romaric soutient les socialistes a travers le monde. Faire des dettes est toujours la meilleure solution...
Réponse de le 20/10/2015 à 16:36 :
Trudeau n'est pas socialiste, il est capitaliste/pragmatique. Il sait que plus de croissance, c'est plus de revenu et que plus de revenu entraine plus de croissance... L'Europe aussi aurait besoin d'un ''people QE'' mais ceci est une autre histoire actuellement.
Réponse de le 20/10/2015 à 20:50 :
@ronaldo : si la dépense publique était un moyen de soutenir durablement la croissance, ça se saurait et la France ferait +5% de croissance par an sans discontinuer. Une relance keynesienne est par essence de durée limitée et ne règle pas les freins structurels à la croissance.
Réponse de le 21/10/2015 à 2:48 :
En face des débiteurs il y a des créanciers.

Donc les dettes des Etats font les rentes de certains ménages (les fonds en euros des assurances vies vous croyez qu'ils financent quoi? Votre banque elle achète quoi avec vos dépots?... de la dette publique!)

On a emprunté l'argent qu'on aurait du prélever par l'impot.

Ça n'est pas socialiste d'engraisser des rentiers, la dette n'est pas socialiste.

D'ailleurs je vous signale que si l'épargne des plus riches ne trouvait pas des Etats pour emprunter, la rentabilité de nos placement serait gravement négative. Finalement la dette protège le rentier!

Enfin l'explosion de l'endettement public (et privé aussi) est arrivé avec le virage libéral du monde au début des années 80 et concerne tous les pays, à croire que la dette c'est de droite!
Réponse de le 21/10/2015 à 12:48 :
Une nation qui va s'endetter a des taux trés bas pour investir dans l'avenir de son pays ( infrastructures dans les trains rapides ou technologie de l'information haut débit...), ca semble pas si idiot. Ca parait stimulant et attractif si on investit dans le futur.
a écrit le 20/10/2015 à 15:18 :
On évitera le suivisme moutonnier et mondialisé d'une idéologie qui voudrait que tout se ressemblât et qu'à ce titre existerait une méthode permettant aux uns des donner des leçons aux autres. Puéril. Le Canada a une superficie supérieure à celle de la Chine, 20 fois la France tandis que sa population est d'environ moitié moindre. Le pays regorge de richesses minières et énergétiques : bois, eau, pétrole. Dans ce contexte favorable le minimum de gestion raisonnable consistait à équilibrer tout budget, il était clairement admis que plus serait abuser. Tous ont maintenu cette ligne. Les canadiens ont fourni longtemps pour l'essentiel leur seul grand voisin, chacun se contentant de vivre de ces rentes en finançant une immigration souhaitée... un temps. La question économique est de savoir si son pays prend du retard ou de l'avance à ne pas être en déficit lorsque ses partenaires le sont fortement ? La chute du prix des matières premières, de l'énergie comme la récession US ont donné la réponse. Le mérite du "libéral" élu est d'avoir perçu que la paresse ambiante qui voulait qu'aucun effort économique ne soit consenti tout en faisant l'impasse sur les sujets qui fâchent, permettrait de casser au moins ce tabou. Le Canada de toute manière est en train de se fondre dans l'ensemble ALENA de George Bush. Libéraux de tous pays unissez-vous....
a écrit le 20/10/2015 à 14:50 :
La messe est dite , très bien pour l'article. Seule Marine est capable de résoudre ce problème démocratique des Urnes .
a écrit le 20/10/2015 à 14:37 :
Romaric Godin défendant un parti libéral. on aura tout vu.

Bon, en l'occurence, ce que ne réalise peut etre pas l'auteur, c'est que le Canada est dans une situation TRES differente de celle de la Grece. Le canada a un budget en surplus, elle emprunte a des taux bas (1.5% sur 10 ans) et a une structure étatique qui fonctionne.

Et surtout, ce déficit moderé promis, servira exclusivement a INVESTIR, et non pas a financer a credit les dépenses etatiques et sociales courantes.

Ca change fondamentalement la donne.
Réponse de le 20/10/2015 à 20:55 :
Il faudra surtout veiller à ce que ce soit du vrai investissement pérenne et pas des chimères comme "investir dans l'éducation". Les dépenses d'éducation relèvent du fonctionnement.
Réponse de le 21/10/2015 à 2:52 :
L'éducation et la clé du développement, mais il est nécessaire d'en avoir un minimum pour le comprendre, je l'ai expliqué plus haut.
Réponse de le 21/10/2015 à 11:44 :
@KidA. Pour une fois je serais assez d'accord avec Romaric. Ça va être intéressant de suivre ce qui va se passer au Canada. Le Canada n'est évidemment pas la Grèce, mais sa situation est assez similaire à celle des grands pays européens: taux de chômage intermédiaire entre le taux francais et le taux allemand; déficit public idem; taux d'interet à dix ans un peu plus élevé qu'en Allemagne ou en France; très grosse dette publique de près de 100% du PIB, comme chez nous... Bref, il va falloir que Trudeau junior la joue finement. Maintenant, les Canadiens ont un moral bien supérieur au nôtre.
a écrit le 20/10/2015 à 14:36 :
Encore des dettes toujours des dettes

Il faudrait peut-être arriver à vivre avec nos moyens et s adapter à la mondialisation
a écrit le 20/10/2015 à 14:10 :
Je suis pessimiste pour le Canada. Ce bogoss va dépenser car il est de gauche. La démagogie, l'appel au changement, on sait où ça mène: des fonctionnaires, des déficits, des impôts et in fine, des chômeurs...
Réponse de le 20/10/2015 à 14:27 :
Son slogan " Real change, Now" rappelle le slogan d'un autre qui disait "le changement, c'est maintenant" et on connaît la suite :-) Trudeau va "relancer" en dépensant et en finale, il laissera une ardoise conséquente à son successeur. Mais bon, pas de procès d'intention, attendons pour voir et croire au miracle socialiste ...oups libéral :-)
Réponse de le 21/10/2015 à 2:55 :
Alors qu'avant Hollande tout allait bien, et qu'après tout ira mieux.

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