Pétrole : le"Dubaï du Caucase" plonge à son tour

 |   |  348  mots
Pour faire face à la baisse de ses rentes tirées du pétrole, l’Azerbaïdjan est contrainte de mettre en place des mesures de privatisations massives, indique un communiqué du bureau de Ilham Aliyev, président depuis 2003.
Pour faire face à la baisse de ses rentes tirées du pétrole, l’Azerbaïdjan est contrainte de mettre en place des mesures de privatisations massives, indique un communiqué du bureau de Ilham Aliyev, président depuis 2003. (Crédits : Reuters David Mdzinarishvili)
L’Azerbaïdjan - qui tire la quasi totalité de ses revenus des hydrocarbures - n'échappe pas à la chute des cours de l'or noir.

La chute des cours du brut - qui a dégringolé sous la barre des 30 dollars le baril - affecte lourdement le train de vie des états producteurs.

Après l'Algérie et l'Arabie saoudite, c'est au tour de l'Azerbaïdjan de se mettre au régime sec. Comme de nombreux pays qui tirent leurs principaux revenus de la rente pétrolière, le pays atteint désormais les limites d'un modèle économique peu diversifié.

"Plan de privatisations à grande échelle"

Lundi 18 janvier, le bureau présidentiel a indiqué dans un communiqué que Ilham Aliyev, à la tête du pays depuis 2003, avait demandé  "au Conseil des ministres de préparer un plan de privatisations à grande échelle".

"Des mesures doivent être prises pour revitaliser l'économie et améliorer le climat des affaires", explique la présidence, citant les propos d'Ilham Aliyev prononcées lors du Conseil des ministres.

Manifestations antigouvernementales inhabituelles

Dans ce pays du Caucase, où l'on raconte que les émanations de pétrole se sentent même dans les rues de la capitale, les exportations d'hydrocarbures génèrent les trois quarts des recettes du gouvernement, et représentent 95% des exportations.

Mais la chute récente des cours du pétrole, brièvement sous 28 dollars mardi, plombe la monnaie locale. En décembre, la monnaie nationale, le manat, a perdu 32% de sa valeur.

Les prix à la consommation ont augmenté de 4,4% le mois dernier, avec un taux d'inflation annuel s'élevant à 7,6% dans cette ex-république soviétique. La semaine dernière, cette situation a engendré des manifestations antigouvernementales inhabituelles, donnant lieu à une cinquantaine d'arrestations.

Croissance divisée par deux en 2016

Alors que la banque centrale a indiqué que l'économie azerbaïdjanaise était pénalisée par "la chute des prix du pétrole et la dévaluation continue des monnaies des pays partenaires [le rouble, ou le tenge au Kazakhstan, Ndlr] ", la croissance continue de dégringoler.

Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 2,5% pour l'Azerbaïdjan en 2016, contre 4% en 2015. En 2006, elle était de 34,5%, selon les données de la Banque mondiale.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 19/01/2016 à 16:59 :
1. En Azerbaidjan les banques favorisaient les crédits pour les particuliers en dollars, pas en manats. Donc, beaucoup de gens se retrouvent dans une situation difficile.
2. En fait les problèmes économiques ont commencé un peu avant (certaines bulles), mais le fléau d'argent pétroler permettait de les cacher.
3. Une nouvelle guerre avec l'Arménie pour faire oublier les problèmes économiques? C'est pas impossible. De plus l’Azerbaïdjan a acheté une grande quantité d'armement en cours des dernières années.
a écrit le 19/01/2016 à 16:42 :
Cela devrait régénérer un peu toutes ces pétrolarchies qui avaient quand même fortement tendances à s'endormir sur leurs lauriers, leurs privilèges et donc leurs pouvoirs.

Par contre c'est vraiment laid la petite moustache, certes particulièrement adapté pour charmer les décideurs européens mais vraiment laid.
a écrit le 19/01/2016 à 14:10 :
J'en arrive à me demander si les US ne cherchent pas à déclencher une guerre mondiale qui ferait oublier leur dette abysmale ?
Réponse de le 19/01/2016 à 15:19 :
La situation actuelle a certes commencé avec les US et le Canada avec leur le pétrole de schiste, mais elle a continué et c'est amplifié avec la politique saoudienne de maintien de la production pour couler le pétrole non conventionnel US ( qui a un cout de production plus élevé). À cela va s'ajouter le retour de l'Iran qui est un producteur important. Ces pays dépendant des hydrocarbures ont du souci à se faire, en revanche nous cela nous arrange bien à court terme.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :