Porto Rico en défaut de paiement

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Le gouverneur de Porto Rico, Alejandro García Padilla, a déclaré à la fin du mois de juillet que l'île était dans l'impossibilité de payer ses dettes.
Le gouverneur de Porto Rico, Alejandro García Padilla, a déclaré à la fin du mois de juillet que l'île était dans l'impossibilité de payer ses dettes. (Crédits : Reuters)
L'archipel américain a fait défaut sur une partie de sa dette de 73 milliards de dollars en n'honorant pas un remboursement attendu lundi. L'agence Moody's y voit l'amorce d'un défaut général, tandis que le "New York Times" évoque le spectre de la Grèce...

Le gouverneur de Porto Rico, Alejandro García Padilla, a déclaré à la fin du mois de juillet que l'île était dans l'impossibilité de payer ses dettes, s'élevant à près de 73 milliards de dollars (environ 65 milliards d'euros).

"Il n'y a pas d'autre option. J'aimerais beaucoup disposer d'une option plus facile. Ce n'est pas de la politique, ce sont des mathématiques", a-t-il déclaré.

C'est désormais officiel: l'île a fait défaut sur une partie de sa dette en n'honorant pas un remboursement attendu lundi 3 août, a annoncé l'agence de notation Moody's.

"Moody's considère cet évènement comme un défaut de paiement", a indiqué une vice-présidente de l'agence, Emily Raimes, dans un communiqué transmis à l'AFP.

Parfois surnommé la "Grèce des Caraïbes", Porto Rico devait rembourser lundi quelque 58 millions de dollars de dette contractée par une agence gouvernementale mais n'en a remboursé qu'une infime partie (628.000 dollars).

"C'est, selon nous, la première étape d'un défaut général (du territoire) sur sa dette", a ajouté la responsable de Moody's, assurant que Porto Rico n'avait pas les "moyens" d'honorer l'ensemble de ses échéances financières.

Plombé par un système d'exemption fiscale pour les entreprises

Dans un communiqué distinct, Melba Acosta Febo, le président de la banque porto-ricaine de développement, bras financier de l'île, avait assuré que le non-paiement reflétait "les graves inquiétudes" sur la crise de liquidités qui frappe le territoire.

Les finances porto-ricaines ont été durement frappées par la fin en 2006 d'un système d'exemption fiscale pour les entreprises qui a provoqué une récession économique et une flambée du chômage sur ce territoire au statut hybride, qui ne fait pas partie des 50 Etats américains.

Impossibilité légale de se déclarer en faillite

L'Etat fédéral a déjà exclu tout "sauvetage" financier de l'île qui s'expose désormais à des poursuites en justice de ses créanciers, pour la plupart des fonds de pension américains.

Contrairement aux villes américaines comme Detroit, Porto Rico n'a ainsi pour l'heure pas la possibilité légale de se déclarer en faillite pour restructurer sa dette à l'abri de ses créanciers.

Une proposition de loi accordant à Porto Rico la possibilité  de se déclarer en faillite a été déposée au Congrès américain, mais elle est pour l'heure restée lettre morte.

Ainsi, un défaut sur sa dette entraînerait probablement l'île, ses créanciers et ses résidents "dans des limbes financiers, dont ils pourraient, à l'image de la crise de la dette en Grèce, prendre des années à sortir", écrit le NY Times.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 04/08/2015 à 11:00 :
Le système d'exemption fiscale pour les entreprises n'a donc rien rapporté et les moins riches ne peuvent plus payer? ça ressemble aux armateurs grecs et à l'église orthodoxe. Il semble que le système se mondialise et Internet appuie sur le champignon. ça promet des jours difficiles pour tous sauf pour les plus fortunés exonération et paradis fiscaux la combinaison gagnante bien appliquée.
a écrit le 04/08/2015 à 9:18 :
Porto Rico pillé par l'industrie américaine. La main d'oeuvre sans droits, l'environnement sans loi, la gouvernance sans foi....
a écrit le 04/08/2015 à 9:00 :
Ce sont les créanciers qui devrait être poursuivis en justice!!
Réponse de le 04/08/2015 à 9:56 :
Parce qu'ils leur ont prêté de l'argent ? Il ne faut prêter qu'aux riches ?
Réponse de le 04/08/2015 à 15:51 :
@ Yves, non parce-que ils ont prété à des truands et que c'est au peuple de payer maintenant, comme en Grèce.

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