S&P rétrograde la dette du Brésil en catégorie spéculative

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L'avenir du Brésil est assombri par le climat politique délétère, selon Natixis. La présidente Dilma Rousseff atteint un record d'impopularité avec 8% d'opinions favorables.
L'avenir du Brésil est assombri par le climat politique délétère, selon Natixis. "La présidente Dilma Rousseff atteint un record d'impopularité avec 8% d'opinions favorables. (Crédits : UESLEI MARCELINO)
L'agence de notation a abaissé la note de la dette souveraine Brésil à BB+. S&P estime que le pays va subir trois années consécutives de déficit primaire, sans compter une dette susceptible d'augmenter si rien n'est fait.

La note du Brésil a été abaissée de BBB- à BB+ et assortie d'une perspective négative a annoncé l'agence de notation Standard and Poor's, mercredi 9 septembre.

"Les défis politiques du Brésil continuent d'augmenter, pesant sur la capacité et la volonté du gouvernement de présenter un budget pour 2016 au Parlement qui soit cohérent avec la correction politique significative signalée pendant la première partie du second mandat de la présidente Dilma Rousseff", explique Standard and Poor's dans un communiqué.

La 7e économie mondiale rentre désormais dans la catégorie des emprunteurs considérés comme "spéculatifs".

Déficit primaire pour la première fois de son histoire

Le gouvernement du Brésil a transmis fin août au Parlement un budget pour 2016 qui prévoit un déficit primaire pour la première fois de l'histoire du pays. Il devrait atteindre 0,5% du PIB, soit 30,5 milliards de réais (7,5 milliards d'euros).

"Le projet de budget du gouvernement prévoit un nouveau changement dans l'objectif d'excédent fiscal primaire moins de six semaines après la dernière révision à la baisse, ce qui représenterait trois années consécutives de déficit primaire et une dette générale nette qui continuera à augmenter si des mesures sur les recettes et les dépenses ne sont pas prises", analyse l'agence de notation.

Pour rappel, le Brésil est entré en récession au deuxième trimestre. "La plus profonde récession en 25 ans", rappelle Natixis dans une note. Et l'avenir n'est pas réjouissant. Les analystes prévoient que celle-ci durera au moins deux ans, jusqu'à fin 2016. Si cela est le cas, ce sera la deuxième fois que l'économie se contracte deux années de suite en 85 ans, après les difficiles années 1930-1931. En outre, l'avenir est assombri par le climat politique délétère, précise Natixis. "La présidente Dilma Rousseff atteint un record d'impopularité avec 8% d'opinions favorables et la situation est difficile dans le Congrès". Et "les scandales de corruption ont miné la crédibilité des institutions".

Le Brésil souffre également d'une inflation de 9,56% sur 12 mois et d'un chômage en hausse à 7,5%.

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Commentaires
a écrit le 10/09/2015 à 13:29 :
Si seulement la Fed remonté ses taux... Le monde serait... :)
a écrit le 10/09/2015 à 11:52 :
8% de pop, pour faire des réformes de fond... on y croit
a écrit le 10/09/2015 à 8:28 :
En vraie socialiste, elle s'accroche à son poste, n'hésitant pas à entraîner son Pays dans le gouffre !

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