Taux négatifs : une mesure extrême, selon des membres de la Banque du Japon

Par latribune.fr  |   |  281  mots
Cette décision - qui consiste à pénaliser les banques plaçant leurs liquidités dans les coffres de laBoJ, dans l'espoir de stimuler le crédit, et donc l'activité économique - avait été adoptée à une courte majorité (par 5 voix contre 4). (Crédits : © Yuya Shino / Reuters)
Des membres de la Boj, opposés à l'adoption de taux négatifs, craignent l'impact négatif sur la rentabilité des institutions financières. Cette mesure peut porter à croire que la politique monétaire nippone a atteint ses limites, selon eux.

Des membres du comité monétaire de la Banque du Japon (BoJ) avaient mis en garde contre l'adoption des taux négatifs, a révélé lundi 8 février le "résumé d'opinions" de la réunion des 28-29 janvier.

Selon eux une telle mesure ne se justifierait qu'"en situation de crise". "Je crains qu'elle donne l'impression aux marchés que la politique monétaire a atteint ses limites", a avancé un membre. Plusieurs ont souligné l'impact des taux négatifs sur "la rentabilité des institutions financières", y voyant une source de "confusion et d'inquiétude" pour les banques et leurs clients. Au final, "les effets secondaires l'emportent sur les effets positifs", a estimé un opposant.

Décision adoptée de justesse

Cette décision - qui consiste à pénaliser les banques plaçant leurs liquidités dans les coffres de la BoJ, dans l'espoir de stimuler le crédit, et donc l'activité économique - avait été adoptée à une courte majorité (par 5 voix contre 4), sous l'impulsion du gouverneur Haruhiko Kuroda, mais les arguments de chacun n'avaient pas encore été rendus publics.

"Les taux d'intérêt négatifs permettront à la BoJ de démontrer qu'elle est dotée d'une grande marge de manœuvre pour assouplir sa politique via trois dimensions: quantitative, qualitative et les taux d'intérêt", avaient expliqué les membres de la banque centrale favorables à l'adoption de cette mesure. La BoJ peut en outre s'appuyer sur "les expériences menées dans certains pays européens", comme le Danemark ou la Suisse qui ont testé les taux négatifs avant d'être imités par la Banque centrale européenne (BCE) en juin 2014.

(Avec AFP)