Trump est une "menace" pour la prospérité selon 370 économistes américains

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Selon le groupe d'économistes, Trump ferait la promotion d'une pensée magique et de théories conspirationnistes.
Selon le groupe d'économistes, Trump ferait la promotion "d'une pensée magique et de théories conspirationnistes." (Crédits : AARON P. BERNSTEIN)
370 économistes et experts américains ont appelé publiquement à ne pas voter pour Donald Trump dans une lettre ouverte. A quelques jours du scrutin et alors que le candidat républicain remonte dans les sondages, une partie du milieu universitaire se mobilise contre celui qu'ils considèrent comme une "menace" pour la prospérité des Etats-Unis.

La bataille contre Donald Trump fait rage chez les économistes américains. Dans une lettre ouverte publiée sur le Wall Street Journal (à retrouver en bas de l'article), les universitaires appellent les électeurs américains à ne pas voter pour le candidat républicain qui serait "une menace" pour la démocratie et l'économie du pays :

"Donald Trump est un choix destructeur et dangereux pour le pays. Il désinforme l'électorat, détruit la confiance du public envers les institutions avec des théories conspirationnistes."

Ce document renforce encore l'engagement de 50 économistes qui avaient appelé les autres experts proches du camp démocrate à voter pour Clinton dans une lettre ouverte il y a quelques semaines.

Une lettre signée par des économistes de renom

La liste des signataires comporte huit lauréats du Nobel d'économie comme Angus Deaton de l'université de Princeton qui a remporté le prix l'année dernière et Oliver Hart de l'université de Harvard qui fait partie des deux récipiendaires cette année. Dans la liste, figurent des noms avec une grande variété d'expertise, comme le précise la lettre en préambule: "Nous, les économistes signataires, représentons une large variété de champs d'expertise et sommes unis dans notre opposition à Donald Trump". Le journal financier américain souligne également que cette lettre "est notable parce'qu'elle est beaucoup moins partisane ou idéologique que n'importe quel mandat de quatre ans."

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Angus Deaton, lauréat du prix en économie de la Banque de Suède en 2015  Crédits: Holger Motzkau/ Wikimédia Commons/CC

Un décryptage et une critique des propositions

La missive signée par les économistes propose un décryptage en treize points des propositions et des postures du milliardaire relatives aux statistiques publiques, à la réduction des dépenses publiques, à la politique industrielle du pays par exemple :

  • Sur la crédibilité des statistiques publiques : "Il détruit la confiance du public envers les institutions qui collectent et diffusent des informations sur l'économie comme le Bureau of Labor Statistics en propageant de la désinformation sur l'intégrité de leur travail."
  • Sur la réduction des dépenses publiques : "Il a réduit le sérieux du débat national en suggérant que la suppression de l'agence de protection de l'environnement et le département d'Education pourrait réduire de manière significative le déficit fiscal. Une solution crédible serait de proposer une augmentation de la taxe sur le revenu et/ou une réduction des dépenses de sécurités sociale, pour les centres médicaux, pour les aides aux familles ou pour la Défense."
  • Sur les revenus aux Etats-Unis : "Il a trompé le public avec des déclarations erronées sur des accords commerciaux réduisant le revenu au niveau national et la richesse. Bien que les gains n'ont pas été distribués de manière équitable- et c'est un débat important en lui même -  les deux (ndlr : le revenu national et la richesse) ont sensiblement augmenté aux Etats-Unis depuis les années 80."
  • Sur l'industrie : "Il a trompé le public en assurant que l'industrie américaine avait décliné. Les lieux et la composition des produits manufacturés ont changé mais le niveau de volume produit a plus que doublé aux Etats-Unis depuis les années 80."

Une attaque en règle

Les universitaires remettent largement en cause ses connaissances en économie. Trump a "une profonde ignorance" de l'économie et il serait incapable "d'écouter des experts crédibles". Ils concluent en appelant les électeurs à ne pas voter Trump. "S'il est élu, il constituerait un danger unique au fonctionnement de la démocratie et des institutions économiques, et à la prospérité du pays."

Une position qui ne doit pas faire oublier qu'en septembre dernier, 306 économistes rattachés à des universités, des groupes de réflexion et des entreprises avaient pris position contre le programme économique...d'Hillary Clinton, qui serait "mauvais" pour les Etats-Unis. A l'approche du scrutin, l'engagement public des experts ne fait plus de doute.

 

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Commentaires
a écrit le 13/04/2017 à 17:14 :
Et maintenant qu'il est au pouvoir, le dollar est au plus haut, le chômage au plus bas, la confiance des entrepreneur au plus haut, aucune star n'a quitté le pays et même les clandestins ne passent plus la frontière (nombre divisé par 5) sachant qu'ils seront refoulés.

Ils en disent quoi les économistes ?
Un petit mea-culpa ?
a écrit le 03/11/2016 à 9:53 :
Plus ceux qui incarnent notre système politique et économique se manifesteront contre Trump et plus ce dernier verra sa côté de popularité augmenter.

Ou quand on constate que la société du Spectacle n'est que du vent.
a écrit le 02/11/2016 à 20:30 :
Les électeurs de Trump sont au delà de tout raisonnement, donc ce genre de message "raisonnable" collectif leur restera largement inaudible.
J'ai même peur que dans leur esprit troublé, il ne soit interprété comme une autre tentative de corruption par "l'establishment" et ne les renforce dans leurs convictions.

J'aimerai simplement souligner qu'en 2007 la distribution des revenus aux USA était déjà plus inégalitaire que dans l'Angleterre du XVIIeme siècle. Les 150 000 plus grosses rémunérations (le top 0.1%) se goinfrent même en proportion 3 à 6 fois plus que les lords de l'aristocratie anglaise ne le faisaient 4 siècles plus tôt.
Et la crise financière n'a rien arrangé, elle a totalement effacé les bénéfices des 30 glorieuses et laminé les classes moyennes.

En 2012, 1% des américains possédaient 35% du patrimoine et 50% de la population 1% du patrimoine.

Les nouveaux et anciens pauvres sont excédés et en rage.
Il y a évidement des conséquences politiques, et elles s'appellent, tea-party, Trump, intolérance à l'immigration (alors que les USA sont Le pays historique de l'immigration), rejet des élites et de tout ce qui peut passer pour "l'establishment".
Réponse de le 02/11/2016 à 20:55 :
Je ne peux qu'adherer a votre commentaire. Ce genre d 'initiative est contre-productive.
a écrit le 02/11/2016 à 18:59 :
Qui sont ceux qui lui ont permis d'émerger? Les mêmes qui crient au loup. Tant pis pour eux, ils n'ont qu'à assumer maintenant. Au demeurant, Mme Clinton n'est pas mieux avec ses mimiques stupides, ses yeux qui roulent et cet air faussement enjoué....sauf si la manip et de passer le pouvoir à son vice président dans moins d'un an, certes moins connu mais peut-être un peu mieux armé intellectuellement. ....
a écrit le 02/11/2016 à 17:59 :
Les experts économiques peuvent dire ce qu'ils veulent, c'est quand même à cause d'eux que la mondialisation et ratée, que la financiarisation est devenue outrancière et qu'au final ce sont des millions de chômeurs et de la précarité à l'ouest et des dizaines de millions d'exploités (esclaves, enfants compris) dans l'est asiatique et grosso modo dans le reste du Monde.Trump ou Clinton, ce n'est même plus le problème. Le capitalisme et les idées néo-libérales sont LE problème. Des idées de Hayek et Milton Friedmann (pour les plus connus) des économistes qui ont eu l'oreille de Reagan et de Tatcher.
a écrit le 02/11/2016 à 16:42 :
Il est surtout une menace pour ceux qui ont quelque chose à perdre. Pour les autres, il représente un moyen de représailles contre les responsables de la crise qu'ils subissent. Le terme politiquement correcte utilisé en France est "défiance"... C'est de cette manière que les gouvernements fascistes et totalitaires ont pris le pouvoir au cours du XXième siècle.
Réponse de le 02/11/2016 à 21:06 :
Oui, le score dans les sondages de Trump, meme si il est donne perdant, donne une idee de l'ampleur du mal-etre de la societe americaine.C' est inquietant.

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