Législatives : après le revers politique, le PS fait ses comptes

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Après un premier tour difficile lors des élections législatives, le PS pourrait perdre énormément de fonds publics liés à sa présence à l'Assemblée Nationale. Plusieurs pistes sont étudiées pour réaliser des économies notamment la vente du siège historique de la rue de Solférino.
Après un premier tour difficile lors des élections législatives, le PS pourrait perdre énormément de fonds publics liés à sa présence à l'Assemblée Nationale. Plusieurs pistes sont étudiées pour réaliser des économies notamment la vente du siège historique de la rue de Solférino. (Crédits : Reuters Vincent Kessler)
Bien au-delà de la simple déroute politique, le Parti socialiste subit d’ores et déjà un revers financier considérable, dans ces élections législatives. Les dotations publiques, calculées par rapport au nombre d’élus, vont fortement diminuer au cours des cinq prochaines années.

Alors que les résultats du premier tour des législatives étaient annoncés, dimanche dernier, les calculatrices fonctionnaient déjà à plein régime dans les principaux partis politiques. En effet, au-delà de l'avenir politique et de leur présence plus ou moins importante au sein de la prochaine assemblée, se joue lors de ces élections l'avenir financier des formations.

L'Etat verse en effet plusieurs dizaines de millions d'euros chaque année aux partis politiques français pour leur permettre de faire vivre le paysage politique de l'Hexagone. Ces subventions publiques sont bien souvent la principale source de revenus des partis politiques et sont nécessaires à leur survie, comme c'est le cas pour le PS.

Un financement public des partis

Le Parti socialiste a été de 2012 à 2016 le plus important bénéficiaire des subventions publiques avec environ 25 millions d'euros perçus chaque année. Mais après de nombreuses défaites tout au long du quinquennat et un second tour des élections législatives qui s'annonce pour le moins compliqué, la question de l'avenir financier du PS se pose.

Lire aussi : Législatives : une course aux millions pour les partis politiques

Les subventions publiques sont encadrées par une loi de 1988 qui stipule que les partis ou groupes politiques peuvent recevoir de l'argent public pour assurer leur fonctionnement. Ces subventions sont calculées de deux façons distinctes: la première est proportionnelle au nombre de voix obtenues lors du premier tour des élections législatives à hauteur de 1,42 euro par voix pour peu que le parti ait obtenu 1% des suffrages exprimés dans 50 circonscriptions. La seconde partie des subventions est basée sur le nombre de parlementaires dont dispose le parti dans les deux chambres à raison de 37.731 euros par an et par sénateur ou député.

Des défaites qui coûtent chères

Quelques 45% des recettes du Parti socialiste sont ainsi issues des subventions publiques qui lui sont versées chaque année selon les chiffres du magazine Capital. D'après les calculs de ce dernier, les 24,9 millions d'euros perçus par le PS en 2016 seraient amputés de 17,6 millions pour l'année 2017 pour s'établir à 7,3 millions d'euros. Et encore, ces estimations comprennent les 109 sénateurs socialistes qui siègent actuellement et ne seront certainement plus aussi nombreux après les sénatoriales de septembre prochain où 58 élus socialistes de la Chambre haute mettent leur siège en jeu.

Cette perte financière considérable liée à la déroute électorale du PS durant ces législatives n'est néanmoins pas une nouveauté et ces dernières années l'ont montré. Avec des scrutins locaux compliqués tout au long du quinquennat de François Hollande, le PS a déjà essuyé d'importantes baisses des subventions publiques qui lui étaient versées.

En décembre 2015, lors des élections régionales le Parti socialiste avait perdu près de la moitié de ses élus locaux et autant de cotisations reversées par ces derniers. En effet, il est d'usage au PS que chaque élu reverse jusqu'à 10% de ses indemnités à sa fédération qui en fait parvenir une partie aux instances nationales. Lors de ce scrutin, la perte financière due à la défaite de candidats avait frôlé les 800.000 euros qui venaient s'ajouter aux 1.229.000 euros déjà perdus après les élections départementales de mars 2015.

Confronté à cette baisse certaine dans les subventions, le Parti socialiste doit maintenant déterminer la position à adopter pour faire face au mieux aux incertitudes financières à venir. Plusieurs options sont sur la table et notamment des suppressions d'emplois parmi les 110 salariés permanents ou encore un déménagement du siège.

La vente du siège historique envisagée

Seulement quelques heures après les résultats, une annonce humoristique était publiée sur "Le bon coin" et proposait d'acquérir le siège du Parti situé au 10 rue de Solférino dans le 7ème arrondissement de la capitale. Dans un article publié sur Le Figaro, un expert estime plus sérieusement la somme qui pourrait être tirée de la vente du bâtiment de 3.000 mètres carrés à un peu plus de 50 millions d'euros.

Ainsi, s'il est peu probable que Jean-Christophe Cambadélis et les instances du Parti socialiste utilisent une application ou un site internet pour mettre en vente le bâtiment, s'en séparer est plus que jamais sur la table. Invité de France Inter en mai dernier, le premier secrétaire du Parti socialiste expliquait déjà que les changements politiques pourraient s'accompagner d'un changement de siège "qui marquerait une nouvelle époque".

Cette idée qui a fait son chemin au sein du parti est évoquée depuis plusieurs années avec en tête un déménagement pour un quartier plus populaire et plus abordable. Au journal Le Figaro, Christian Paul, député de la Nièvre expliquait : "Nous ne sommes pas assignés à résidence à Solférino. Il faut des lieux davantage en contact avec la société."

Pour le moment, tout cela reste à l'étude mais il se pourrait bien qu'à l'image de l'UMP devenue Les Républicains en 2015 le Parti socialiste change de nom et cherche à se reconstruire financièrement. Jean-Christophe Cambadélis a en effet expliqué qu'il était envisageable que le PS adopte une nouvelle identité et de nouveaux locaux pour oublier un scrutin difficile et aborder une nouvelle page de son histoire. Cette dernière pourrait débuter dès le mois d'octobre avec un congrès où une refondation de fond en comble du parti serait décidée sur le modèle de ce qui s'était fait à Epinay en 1971.

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Commentaires
a écrit le 15/06/2017 à 7:06 :
ceci ne sera pas suffisant
pour les cotisants
les responsables de la deroute ou plus exactement
la tromperie sur l'election de 2012
doit etre juge c'est a dire que les dirigeants donc messieurs hollande ,valls,
et autre ministre on menti pour acceder au pouvoir
car jamais il n'avais l'intention de gouverner sur une vision de gauche
et comme ceci est hors justice il faut les demasquer de leur hypocrisie
a écrit le 14/06/2017 à 19:14 :
Un siège dans le 9-3 ferait plus Gauche. Donc, finit la Gauche caviar, on vend le siège e Solférino.
Réponse de le 14/06/2017 à 19:43 :
Oui, à Montreuil, où se situe le siège de la C.G.T Communiste, ou proche d'un des quartiers dits difficiles du 93, avec 50% de chomage.
a écrit le 14/06/2017 à 16:53 :
Ils auraient du arrêter de salir le terme "socialiste" depuis belle lurette, l'histoire voudra qu'au lieu que ce soit l’honnêteté intellectuelle qui l'impose ce sera le compte en banque.

Imposture majeur depuis 1983 il était temps qu'elle s'arrête.
a écrit le 14/06/2017 à 16:31 :
Quelle hypocrisie ! changer de nom dans la doctrine Communiste Hamon-Aubry-Hidalgo-Belkacem-Filoche père et fille. Pour le siège il peuvent louer une partie de l'immense siège P.C.F Paris XXème. Sollférino avait été " acheté " à une Mutuelle de la Fonction Publique. La couleur du P.S est passée du rose au rouge vif.

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