Mélenchon, élu pour la première fois à l'Assemblée, se pose en chef de la "résistance sociale"

Par latribune.fr  |   |  469  mots
Jean-Luc Mélenchon aura un groupe parlementaire à l'Assemblée, dont il promet qu'il sera le fer de lance de la "résistance sociale". (Crédits : Robert Pratta)
Après avoir éliminé dès le premier tour Patrick Menucci, socialiste sortant, le leader de La France insoumise vient de battre sèchement la représentante de La République en Marche, le parti qui a porté Emmanuel Macron au pouvoir. C'est ce qui s'appelle un parachutage réussi.

"L'abstention écrasante qui s'est exprimée aujourd'hui a une signification politique offensive. Notre peuple est entré dans une forme de grève générale civique dans cette élection", a déclaré dimanche à Marseille, le leader de La France insoumise devant ses partisans.

Après avoir nettement battu la "startupeuse" Corinne Versini (LREM) en recueillant près de 60% des suffrages, Jean-Luc Mélenchon s'est exprimé dimanche en se posant comme le seul à même d'opposer une "résistance sociale" aux projets du gouvernement. Fort des résultats de sa formation à ce second tour, le leader de La France insoumise a promis de mener son action d'opposition avec ce groupe "cohérent, discipliné" qu'il va pouvoir constituer à l'Assemblée (avec 17 députés, LFI peut constituer un groupe sans les communistes). Voici les principaux thèmes de son discours offensif, qui s'appuie essentiellement sur l'abstention record (57,36%).

  • L'abstention record, ressort potentiel d'opposition :

"Je vois dans cette abstention une énergie disponible pour peu que nous sachions l'appeler au combat avec les formes et les mots qui conviendront aux possibilités de chacun. "

  • LFI à l'Assemblée, fer de lance de la "résistance sociale"

"C'est lui [le groupe de LFI à l'Assemblée, Ndlr] qui appellera le pays le moment venu à une résistance sociale, et j'informe le nouveau pouvoir que pas un mètre du terrain du droit social ne lui sera cédé sans lutte", a prévenu Jean-Luc Mélenchon.

  • "L'illégitimité" du gouvernement

La "majorité boursouflée" du parti d'Emmanuel Macron n'a pas, selon lui, "la légitimité pour perpétrer le coup d'Etat social qui était en prévision, c'est-à-dire la destruction de tout l'ordre public social par l'abrogation du Code du travail".

  • Le recours au référendum pour gouverner

"C'est au contraire la résistance la plus totale qui est légitime, et c'est pour ça que je dis que, le nouveau pouvoir, s'il juge que c'est vraiment la nécessité pour le pays et que cela est conforme à son intérêt, alors il faut qu'il procède par la voie la plus démocratique qui est en son pouvoir, c'est-à-dire que le peuple français soit consulté par référendum pour s'il veut oui ou non de ce que cette minorité prétend lui imposer."

  • L'obsolescence des partis traditionnels

Après avoir souligné la jeunesse de sa formation (comprendre : il n'y a pas que LREM qui peut se targuer d'être un jeune parti), Jean-Luc Mélenchon a également jugé que les partis traditionnels n'étaient plus légitimes à porter l'opposition au pouvoir d'Emmanuel Macron et de son gouvernement.

"Le peuple français n'a donné aucune chance aux survivants de l'ancien monde et il nous a désignés pour dorénavant porter devant le fanal du combat", a-t-il dit.

(Avec Reuters)