Le secteur du logement s'insurge contre la disparition de son ministère

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Richard Ferrand a été nommé ministre de la Cohésion des territoires, se retrouvant avec les prérogatives auparavant réparties entre trois ministres.
Richard Ferrand a été nommé ministre de la Cohésion des territoires, se retrouvant avec les prérogatives auparavant réparties entre trois ministres. (Crédits : Reuters/Charles Platiau)
Dans le gouvernement fraîchement nommé par le Premier ministre Edouard Philippe, un des premiers soutiens du nouveau président de la République, Richard Ferrand, hérite d'un ministère hybride, baptisé "cohésion des territoires". Les professionnels du logement, secteur intégré à ce ministère, ne le voient pas d'un bon œil...

L'anecdote est assez cocasse : à moins de 17 minutes de l'horaire prévu pour la passation de pouvoir, Emmanuelle Cosse, ministre du Logement sortante, ne savait pas à qui remettre les clés de son ministère... C'est finalement à Richard Ferrand qu'elle les remettra, ce fidèle soutien d'Emmanuel Macron récupérant le Logement dans son poste de ministre de la Cohésion des territoires.

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Le Logement "sacrifié" ?

Le regroupement du ministère du Logement avec la Politique de la ville au sein de ce nouveau ministère inquiète plusieurs acteurs du secteur. Ainsi, Eric Allouche, directeur exécutif de Era France, regrette "vivement l'absence de ministère et même de secrétariat d'Etat dédié au logement", signe selon lui que le logement n'est donc "pas une priorité" du nouveau gouvernement.

Même son de cloche chez Rachid Laaraj, fondateur de Syneval (courtier en Syndic) :

"Il semble donc que le logement se retrouve sacrifié et ne bénéficie même plus d'un ministère dédié."

Ce dernier regrette également que les "prérogatives relatives au Logement" se retrouvent partagées entre le ministère de la Cohésion des territoires et le ministère de la Transition écologique et solidaire, dont le ministre est désormais Nicolas Hulot.

| Lire aussi Que signifie la nomination de Nicolas Hulot ?

La fondation Abbé-Pierre déplore aussi cette absence de ministère spécifique, risquant selon eux de "laisser sur la touche 4 millions de personnes mal-logées" et "12 millions de personnes fragilisée par la crise du logement", concluant  :

"La cause du logement a besoin d'un ministre à part entière. Cet oubli doit être réparé au plus vite."

Un fidèle de Macron au poste

Le nouveau ministre de la Cohésion des territoires devra donc calmer les doutes des professionnels du secteur du logement, tout en gérant des problématiques autres, telles que la politique de la ville et l'aménagement des territoires. Richard Ferrand aura d'ailleurs eu une fin de journée chargée, avec trois passations de pouvoir : une avec Emmanuelle Cosse pour le Logement, une avec Jean-Michel Baylet pour l'Aménagement du territoire, et une avec Patrick Kanner pour la Politique de la ville...

Richard Ferrand est considéré comme un soutien de la première heure du nouveau président de la République. Il est le premier parlementaire à avoir rejoint officiellement Emmanuel Macron, et a été nommé secrétaire général du mouvement En Marche au mois d'octobre dernier. Député socialiste du Finistère depuis 2012, il avait été chargé en 2014 d'une mission temporaire auprès d'Emmanuel Macron, alors que celui-ci venait d'être nommé ministre de l'Economie. Celle-ci consistait à préparer le terrain de la réforme des professions réglementées, afin de l'intégrer à la loi Macron. Il sera d'ailleurs nommé rapporteur général de cette loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques.

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Commentaires
a écrit le 18/05/2017 à 19:58 :
Notre président ne semble pas avoir une culture économique qui couvre tous les domaines. Bizarre quand il dit qu'il faut réserver l'ISF à l'immobilier qui n'est pas un investissement comme celui réalisé dans les actions et n'influe pas sur l'activité économique et la création d'emploi. Bizarre, la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des redevables alors que plus de la moitié des français sont déjà exonérés et qu'elle tient compte du coefficient familial sous prétexte que son mode de calcul est injuste, mais de laisser la taxe foncière qui elle est payée par tout le monde de la même façon sur la même base de valeurs locatives que la taxe d'habitation. .

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