Primaire de gauche : les candidats passent leur grand oral d'économie

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Cinq des sept candidats à la primaire de gauche ont planché devant les patrons de la CPME sur les questions économiques et sociales. Au menu, le financement des entreprises, le coût du travail, les mesures en faveur de l'emploi, mais, curieusement,... pas les 35 heures.
Cinq des sept candidats à la primaire de gauche ont "planché" devant les patrons de la CPME sur les questions économiques et sociales. Au menu, le financement des entreprises, le coût du travail, les mesures en faveur de l'emploi, mais, curieusement,... pas les 35 heures. (Crédits : DR)
Cinq des sept candidats à la primaire de gauche ont "planché" devant les patrons de la CPME (ex CGPME) sur les questions économiques et sociales. Au menu: financement des entreprises, accès à la commande publique, coût du travail...

Quand les candidats à la primaire de « la belle alliance populaire » (le PS et ses alliés) passent leur « grand oral de l'économie » ! C'est cet évènement qu'organisait ce 11 janvier la CPME (ex CGPME) qui a reçu la plupart des postulants - seuls Vincent Peillon et Benoît Hamon manquaient à l'appel - pour les entendre et les questionner sur les questions économiques et sociales. Au préalable, François Asselin, président de la CPME avait planté le décor, évoquant le « travail colossal » qui attendait le prochain président de la République. Et de citer les difficultés de la situation économique française : environ 500.000 demandeurs d'emploi en plus depuis 2012, un endettement qui atteint 2.200 milliards de d'euros, une croissance « molle », une balance commerciale déficitaire.

« Et encore, a reconnu François Asselin, sans le pacte de responsabilité, la situation aurait été encore plus dramatique »... Pour immédiatement plaider en faveur d'un renforcement de la politique de l'offre et pour davantage d'aides aux entreprises. François Asselin a souhaité également interpeler les candidats sur les dossiers qui « plombent » les PME, comme le compte pénibilité « avec ses critères insupportables » et la future « retenue à la source » de l'impôt sur le revenu qui va venir compliquer la vie des entreprises. Curieusement, le président de la CPME n'a pas évoqué les 35 heures, pourtant une vieille antienne patronale.

Les candidats interpellés sur le "compte pénibilité"

Mais finalement, la question de la retenue de la source n'est pas revenue durant les débats. Chacun des candidats avaient 20 minutes pour exposer son programme et répondre aux questions de chefs d'entreprise. C'est Sylvia Pinel, la candidate présentée par le PRG et ancienne ministre notamment de l'artisanat, qui a été interpellée sur le compte pénibilité. Elle a rappelé que le gouvernement avait tout fait pour simplifier sa mise en place pour les PME. Elle a notamment insisté sur le fait que le système avait été « sécurisé » pour les PME pas forcément bien outillées pour sa gestion, via la fourniture de référentiels par les branches. Or, a-t-elle regretté « trop peu de banches ont fait réaliser ces référentiels ». Elle s'était aussi engagée, si elle était élue, à instituer un régime de retraite par points. Et dans ce cadre, la pénibilité donnerait droit à des points supplémentaires.

Faciliter l'accès des PME aux marchés publics

D'une façon générale, tous les candidats ont assuré que le tissu des PME françaises était au cœur de leurs préoccupations. Tous ont promis juré qu'elles devraient accéder davantage à la commande publique Arnaud Montebourg assurant même qu'à l'horizon de huit ans il conviendrait que 80% des quelque 100 milliards de commandes publiques soient réservés aux PME. Il souhaite aussi limiter le nombre des centrales d'achat en centralisant au sein de  l'Union général des achats publics 60% des commandes publiques. Manuel Valls n'a pas été en reste demandant, lui aussi, une « évolution des règles » en matières d'achats publics.

Sur l'emploi et le « coût du travail », l'ancien Premier ministre a assumé le bilan du quinquennat... du moins la période correspondant à son passage à Matignon. Alors que les patrons de la CPME demandaient de nouveaux allégements pour les entreprises, il a catégoriquement refusé, au nom de la « stabilité des règles sociales et fiscales ». Il a aussi rappelé que si les prélèvements avaient bien augmenté entre 2010 et 2014... ils avaient baissé depuis, notamment via les 40 milliards d'euros du pacte de responsabilité.

Par ailleurs, Manuel Valls persiste et signe sur la défiscalisation des heures supplémentaires. Certes, il assume la décision de supprimer cette défiscalisation en 2012, mais c'est pour tout de suite ajouter « qu'il la rétablirait ».

Pour l'emploi et le coût du travail : chacun son plan

François de Rugy, lui, plaide pour une modification du financement de la protection sociale. Il veut diminuer les cotisations patronales, en ne les faisant plus participer au financement de la branche famille. Il veut aussi réfléchir à un mécanisme d'assurance chômage à destination des travailleurs indépendants. Une idée partagée par Sylvia Pinel qui propose aussi d'instituer une incitation financière à l'embauche sous CDI, via l'octroi d'une aide égale à 1,5% de la rémunération annuelle. Jean-Luc Bennahmias, lui, défend aussi un plan de relance de l'emploi. Il propose un dispositif « zéro charge » durant cinq ans pour deux postes de travail créés dans les entreprises de moins de 250 salariés et pour des salaires n'excédant pas 2,5 Smic.

Au chapitre du pouvoir d'achat, Arnaud Montebourg a renouvelé sa proposition de créer un abattement de sept points de CSG (actuellement au taux de 7,50%) pour les salariés rémunérés à hauteur du Smic. Mais, devant la CPME, il a indiqué réfléchir à un dispositif similaire permettant de baisser les cotisations des indépendants dans une réforme plus globale du RSI... qu'il a qualifié de « scandale » en raison de ces nombreux dysfonctionnements.

Accompagner les PME via leur financement

Sur un autre registre, l'ancien ministre de l'Economie veut aussi créer une « Banque d'accompagnement au risque » dédiée au financement des PME. Cette banque pourrait se porter caution à hauteur de 90% d'un besoin de financement.

Toujours au chapitre de l'accompagnement et des aides aux entreprises, Sylvia Pinel évoque un impôt sur les sociétés ramené à 20% mais avec une assiette large. Manuel Valls, lui, rappelle que ce taux sera déjà ramené à 28% dès 2018 et qu'il ne toucherait pas au crédit d'impôt recherche. Quant à Jean-Luc Bennahmias, il souhaite accélérer l'idée de fiscalité commune en Europe, au moins au sein d'un premier groupe « d'une douzaine d'Etats ».

François de Rugy, ancien d'Europe Ecologie-Les Verts, a également défendu l'idée de parvenir à « 100% d'énergies renouvelables à l'horizon 2050 ». Pour lui, un tel objectif impliquera la création d'activité partout sur le territoire dont profiteront les PME en premier lieu.

Valls fait l'article sur la loi travail

Enfin, au chapitre de la simplification du droit du travail, Manuel Valls a été interpelé sur la loi travail qui aurait « oublié » les PME.  "Faux" pour l'ancien Premier ministre qui a rappelé que ce texte, si contesté, permettait unilatéralement à un employeur de moduler le temps de travail sur neuf semaines au lieu de quatre ; que des dispositions spécifiques aux PME étaient prévue s'agissant des critères autorisant les licenciement économique et que des accords de branche pouvaient prévoir des accords spécifiques aux PME.

In fine, bien entendu, tous les candidats sont convenus qu'il fallait réduire au minimum toutes les contraintes administratives pesant sur les PME. Autant de propositions que les sept candidats à la primaire de gauche auront l'occasion de développer sur le plateau de TF1 jeudi 12 janvier lors du premier des trois débats TV qui les opposeront.

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Commentaires
a écrit le 11/01/2017 à 19:40 :
Manuel Valls, c'est l'homme qui n'a rien dit lorsque on a appris que Apple, Google, Facebook, Amazon, Engie, BNP Paribas ne payaient AUCUN impôt en France via des transferts fictifs au Luxembourg.

Manuel Valls, c'est l'homme qui n'a rien dit lorsque on a appris que le lanceur d'alerte qui a révélé ce scandale a été jugé en risquant la prison. Aujourd’hui, dans l'Europe "démocratique", dire qu'une entreprise ne paie pas d’impôts, c'est risquer la prison. En pleine visite du Luxembourg, Manuel Valls n'a absolument rien dit.

Voter Valls, c'est voter pour les plus grandes fortunes de France : Gattaz, Mulliez, Bolloré, Dassault, Niel, Drahi. La réalité, c'est que tout entrepreneur, patron de PME ou commerçant qui vote Manuel Valls se fait arnaquer royalement.
Réponse de le 13/01/2017 à 19:39 :
Il ne pouvait pas parler, il était dans l'avion présidentiel à nos frais en direction d'un match en Allemagne...

Ce politicien est un Sarkozy en puissance, il fait du paraitre inefficace cri dans tous les sens et quand il n'y a pas de résultat on ne l'entend plus sur le sujet.... La croissance pour 2017 est en prévision aussi nul que celle de l'année dernière, pourtant le 49.3 a fait passé la loi El Kohmeri... Une loi qui enlève tous les droits du travailleur le rendant esclave et tous ça pour... chute comme ce que nous communique ce monsieur sur les résultat de ces choix...
a écrit le 11/01/2017 à 19:00 :
L'Amérique a Trump pour se défendre son économie (et de la mondialisation), la France a besoin de Arnaud Montebourg( surtout pour les PME).
Réponse de le 13/01/2017 à 19:40 :
Comme un max de français on attend plutôt DSK... Si il n'est pas candidat, on fera tout pour que le FN passe le second tour...

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