Brexit : l'Estonie, une porte pour rester dans l'Union européenne

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Pour 100 euros, il est possible d'obtenir une carte d'identité électronique et de devenir e-résident de l'Estonie.
Pour 100 euros, il est possible d'obtenir une carte d'identité électronique et de devenir e-résident de l'Estonie. (Crédits : e-estonia.com/Martin Dremljuga)
Le pays balte offre la possibilité d'obtenir une citoyenneté digitale. Les e-résidents peuvent alors créer des entreprises en Estonie et bientôt profiter du marché comme européen.

Le Brexit n'est pas encore acté, mais des britanniques attachés à l'Union européenne réfléchissent déjà à s'installer dans un pays voisin. À Londres, 60% des votants étaient pour le maintien dans l'Union européenne. Les procédures administratives faisant, la chose n'est pas aisée sauf... en Estonie. Depuis 2014, l'État balte offre la possibilité aux étrangers de devenir résident électronique, ou e-résident.

L'obtention d'une carte d'identité digitale se fait en seulement quelques clics sur le site e-estonia.com et pour la modique somme de 100 euros. Évidemment, ces résidents virtuels ne possèdent pas les mêmes droits qu'un citoyen lambda, puisqu'ils ne peuvent pas voter aux élections. Quant aux résidents d'un pays non-membre de l'UE, ils doivent avoir un visa pour fouler le sol estonien.

Les e-résident pourront bientôt faire des affaires à travers l'Europe

En revanche, il est tout à fait possible d'ouvrir un compte dans une banque estonienne, voire de domicilier son entreprise et même d'administrer le tout depuis l'étranger. La carte d'identité électronique permet de signer tout type de documents et contrats depuis son ordinateur, en la branchant sur un port USB (voir photo d'illustration).

Pour l'instant, le dispositif a permis la création de 1.000 entreprises, alors que le pays en compte 60.000, selon le Guardian. Les Estoniens pourrait bien profiter du Brexit pour attirer toujours plus d'activité. D'autant que selon le site du programme : "De récents changements dans la législation de l'Union européenne vont permettre dans les prochaines années aux e-résidents estoniens [...] de faire des affaires à travers l'Europe."

12.000 e-résidents

L'Estonie est à la pointe concernant la digitalisation. En 2002, le gouvernement a investi dans le réseau Wifi pour couvrir un maximum le territoire. Le vote électronique a été introduit dès 2007. Grâce à leur carte d'identité digitale, les Estoniens peuvent plus rapidement et facilement s'identifier sur le web, notamment sur les sites d'e-commerce. ils sont également dispenser de garder sur eux certains documents directement enregistrés sur leur carte digitale, comme leur permis de conduire et bientôt leur portefeuille Bitcoin.

Pour le moment, l'Estonie compte 12.000 e-résidents pour une population de 1,3 million d'habitants. Si le pays est connu pour son manque de transparence fiscale, obtenir une e-carte d'identité ne leur permettra pas d'en profiter. Pour chaque transaction, l'e-résident doit d'abord s'identifier avec sa carte, ainsi les autorités ont le détails de ses transactions et de ses revenus, qu'elles transmettent à son pays d'origine, prévient l'équipe du programme. Point positif, la déclaration d'impôt peut se faire depuis l'étranger.

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a écrit le 16/09/2016 à 12:06 :
Jean-Christophe Catalon, rédacteur de cet article, "obtenir une e-carte d'identité ne leur permettra pas dans profiter". Non non non ! Ça s'écrit "obtenir une e-carte d'identité ne leur permettra pas d'en profiter". Vous êtes journaliste. La langue de molière est votre outil de travail. Bichonnez-la !
a écrit le 16/09/2016 à 10:03 :
J'espère que Bruxelles va tuer cette initiative dans l'œuf, car d'une part, après les paradis fiscaux on ne peut accepter les paradis résidentiels, et d'autre part, comment peut-on être déclaré résident sans résider ? Ok, ils encaissent 100 euros par client, ce qui est aussi tout à fait immoral :-)
Réponse de le 16/09/2016 à 12:28 :
L'idée de vider le Royaume-Uni post brexit de sa substance économique n'est pas faite pour me déplaire. Et qu'un pays de l'UE, membre exemplaire de la zone €, de Schengen, à la pointe en matière de citoyenneté et à l'avant garde de l'e-citoyenneté (ça fait belle lurette que les estoniens utilisent le vote par internet) le fasse est très bien.
a écrit le 16/09/2016 à 9:31 :
Les anglais se portent très bien, cette espèce de pensée unique pro-européenne commence à devenir vraiment envahissante.

Oui les financiers ne sont pas contents mais ce n'est pas une raison pour suivre ces gens qui nous enfoncent dans la plus grave crise économique de notre histoire, comme de bons petits soldats.

Cet article est ridicule.
Réponse de le 16/09/2016 à 12:39 :
"Les anglais se portent très bien"... nous n'irons pas jusque là ; les britanniques ont déjà vu se répercuter partiellement sur les étiquettes l'effet de la chute de la £. Et les effets vraiment sensibles commenceront quand le pouvoir politique engagera vraiment le Brexit (s'il se résout à le faire un jour...) et que les entreprises commenceront à prendre des arbitrages quant à leur implantation au Royaume-Uni.
Réponse de le 16/09/2016 à 13:36 :
En effet, personne ne se porte très bien en néolibéralisme.

Les médias et autres prêcheurs et inquisiteurs néolibéraux ont prédis que l’Angleterre sombrerait corps et âme dans la plus profonde crise de leur histoire, affamant les populations voir menant à la guerre civile.

Rien de tout cela n'est arrivé, au contraire ils ont gagné une première ministre particulièrement fine diplomatiquement et qui semble plutôt éclairée côté gestion économique.

Donc si en effet dire qu'ils se portent très bien de façon générale est faux parce que le contexte économique mondiale est moribond, en comparaison avec les prévisions du milieu néolibérale les anglais se portent très bien.
Réponse de le 19/09/2016 à 22:52 :
@Citoyen blasé Theresa May est certes premier ministre mais sa "finesse diplomatique" se limite à faire lanterner;.. ce qui tant sur le plan intérieur qu'extérieur ne pourra durer indéfiniment, il faudra bien un jour se décider à entrer dans le dur des négociations sur le Brexit pour essayer de trouver une formule qui limite la casse pour l'économie du Royaume-Uni...mais ne répondra pas aux illusions qu'ont semé ceux qui ont promis des lendemains qui chantent en cas de Brexit.

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