Brexit : le Royaume-Uni dénonce la convention de Londres sur la pêche

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Le gouvernement britannique a annoncé dimanche sa décision de quitter la Convention de Londres sur la pêche de 1964. Cela lui permet de retrouver le contrôle exclusif à proximité de ses côtes, mais en contrepartie, de perdre le droit de travailler à proximité de cinq pays dont la France.

Le gouvernement britannique a annoncé dimanche sa décision de quitter la Convention de Londres sur la pêche de 1964 afin de retrouver le contrôle exclusif des droits de pêche à proximité de ses côtes, conformément au vote en faveur du Brexit.

Conclue en 1964, soit avant l'entrée en 1973 des Britanniques dans l'Union européenne, cette convention autorise la pêche dans une "zone comprise entre six et douze milles" marins au large des côtes de ses signataires. Elle offre plus de latitude que le droit européen, qui fixe à 12 milles cette limite.

En quittant cette convention, les pêcheurs britanniques perdront eux-mêmes le droit de travailler à proximité des côtes de cinq autres pays : la France, la Belgique, l'Allemagne, l'Irlande et les Pays-Bas.

"C'est une première étape historique vers la construction d'une nouvelle politique de la pêche nationale au moment où nous quittons l'Union européenne", a déclaré dans un communiqué le ministre de l'Environnement, Michael Gove. "Cela signifie que, pour la première fois en 50 ans, nous allons pouvoir décider qui peut avoir accès à nos eaux", a-t-il ajouté.

La sortie de cette convention a été saluée par la Fédération nationale britannique des organisations de pêche (NFFO). "C'est une bonne nouvelle et une étape importante dans l'établissement d'un Etat côtier indépendant", a déclaré son patron, Barrie Deas.

Réaction en revanche nettement moins enthousiaste du ministre irlandais de l'Agriculture et de la Mer, Michael Creed, qui a jugé cette annonce "malencontreuse".v"Le Brexit représente un défi de taille pour le secteur des produits de la mer", a-t-il souligné, ajoutant que les problématiques liées à l'accord de 1964 feraient partie des négociations sur la sortie du Royaume-Uni du giron européen.

Le gouvernement britannique notifiera lundi sa décision aux Etats signataires de cette convention, point de départ d'un processus de sortie qui prendra deux ans. Londres devra négocier dans le même temps sa sortie de la Politique commune de la pêche (PCP), dans le cadre du Brexit.

En 2015, quelque 708.000 tonnes de poissons, d'une valeur de 775 millions de livres (près de 900 millions d'euros), ont été pêchées par les navires britanniques, selon Londres.

(AFP)

A titre de comparaison, les navires étrangers travaillant dans les eaux britanniques en vertu de la convention de Londres ont pêché 10.000 tonnes de poissons, d'après la même source.

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a écrit le 03/07/2017 à 7:58 :
Restera seulement que les centaines de milliers de Km de côtes, aux réserves maritimes riches en poissons des 53 pays du Commonwealth et les Falkland , St. Helene etc. , les pays scandinaves et plein de pays où des contrats bilatéraux sont en cours et /ou en voie de restauration....
a écrit le 03/07/2017 à 7:51 :
Les britanniques parlent "indépendance", "contrôle de leurs côtes et de leurs eaux", et vous, de tonnage de poissons.

Cette différence dans la hiérarchie des valeurs posera un problème lors des négociations. Le risque est de se tromper dans l'examen des contreparties.
a écrit le 02/07/2017 à 22:32 :
Je crois que les pêcheurs britanniques seront les premiers perdants de ce retrait !!!
les eaux accessibles pour eux se réduiront TRES fortement , tandis que la concurrence dans les eaux britanniques ne représentaient pas grand chose : on voit là que le Brexit est totalement improvisé côté britannique... je leur souhaite bien du courage !!
a écrit le 02/07/2017 à 20:26 :
708000 tonnes pêchés par les navires britanniques contre 10000 tonnes pêchés par d'autres pays... Le terrain de pêche des navires britanniques va se réduire à pas grand chose . Bref, de cette première sortie d'une politique intégrée, à l'évidence ce sont les britanniques les grands perdants...
Réponse de le 02/07/2017 à 20:52 :
@bruno_bd: sauf que contrairement au nuage de Tchernobyl, les poissons ne s'arretent pas a la frontiere :-)
a écrit le 02/07/2017 à 16:42 :
Cela favorisa automatiquement les petits exploitants maritimes anglais.

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