Catalogne : la majorité indépendantiste se réconcilie pour accélérer la sécession

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Le parlement catalan dispose à nouveau d'une majorité.
Le parlement catalan dispose à nouveau d'une majorité. (Crédits : Reuters)
La gauche radicale indépendantiste, la CUP, a annoncé qu'elle voterait la confiance au gouvernement catalan. L'objectif est d'avancer vers la sécession, même au prix de l'unilatéralité. Les conditions du choc avec Madrid se renforcent.

Alors que l'Espagne reste toujours incapable de trouver une majorité, la majorité parlementaire indépendantiste catalane retrouve son unité. Lundi 5 septembre, le parti de gauche radicale indépendantiste CUP a ainsi annoncé qu'il votera, le 28 septembre prochain, la confiance au gouvernement régional dirigé par Carles Puigdemont. Ce dernier avait décidé de poser la question de confiance après la décision de la CUP, début juin, de ne pas voter le budget présenté par le gouvernement. Finalement, donc, la Catalogne évite une crise gouvernementale et de nouvelles élections.

Rapprochement au sein du camp indépendantiste

En réalité, la crise ouverte par le rejet du budget régional a permis de relancer le processus de séparation avec l'Espagne, qui est le seul point commun entre les deux membres de la coalition indépendantistes, Junts Pel Sí (qui regroupe l'essentiel des forces séparatistes) et la CUP. Cette dernière a ainsi annoncé vouloir soutenir le gouvernement « parce que nous partageons les mêmes objectifs ». La CUP a donc fini par faire le choix entre ses priorités : l'indépendance d'abord, l'exigence sociale ensuite.

Cette décision est aussi le fruit d'un certain rapprochement idéologique entre les deux formations. Au cours de l'été, notamment après l'échec de Podemos - seule force espagnole défendant l'idée d'un référendum d'autodétermination en Catalogne -  aux élections législatives nationales du 23 juin, une grande partie des forces indépendantistes se sont ralliées à l'idée qu'un accord avec Madrid était devenu impossible et qu'il fallait avancer seul par des actes unilatéraux.

Cette position, la CUP l'a longtemps défendue seule. Le 29 juillet dernier, Junts Pel Sí a lié les actes à la parole en approuvant un texte affirmant la nécessité du recours à l'unilatéralité dans le processus d'indépendance. Ce texte avait alors été défendu par Carles Puigdemont, alors même que le Tribunal Constitutionnel espagnol avait interdit une telle discussion. Certes, depuis, Carles Puigdemont ne s'est pas engagé à recourir, comme le souhaite la CUP, à un référendum unilatéral d'indépendance (RUI) avant la fin de la législature, mais l'option est ouverte et la crise gouvernementale débouchera sur une accélération du processus de séparation avec une nouvelle « feuille de route ». C'est assez pour convaincre la CUP.

L'opposition remontée

Même s'il faudra encore discuter des détails du futur budget catalan, cette inversion des priorités de la CUP, si elle dure, marque donc la détermination des Indépendantistes à avancer. La course vers le choc entre la légalité espagnole et la nouvelle légalité catalane semble donc inévitable. De fait, l'opposition unioniste ne s'y trompe pas. Le chef de file du Parti populaire (droite unioniste) en Catalogne, Xavier Albiol estime que le RUI est « acquis ».

Mais, en dépit de l'actuel blocage politique espagnol, la réaction de Madrid devrait être celle qu'il mène depuis des années : la judiciarisation du processus de sécession. Dans un entretien à La Tribune, Carlos Carrizosa, député de Ciudadanos (centre-droit unioniste) au parlement catalan affirme qu'un référendum « serait en dehors de la légalité », ce serait un « coup d'Etat contre la démocratie ». Selon lui, la judiciarisation du processus indépendantiste est indispensable pour que les « Catalans séduits par les idées indépendantistes prennent conscience que cela mène à une impasse ». Xavier Albiol affirme, lui, que le gouvernement catalan va devoir faire face à un « mur » de la part de l'Etat espagnol.

L'enjeu de la mobilisation

Face à ce choc qui vient, la solution résidera dans l'opinion publique et la capacité des deux camps à mobiliser. Carlos Carrizosa annonce ainsi que les unionistes entendent renforcer cette mobilisation unioniste qui est souvent bien plus faible que celle des indépendantistes qui, pour lui, sont portés par la « force de l'utopie ».

Parallèlement, dimanche 11 septembre, jour de la fête nationale catalane, la Diada, aura lieu la traditionnelle mobilisation pro-indépendantiste pour la cinquième année consécutive. Selon les associations indépendantistes elles-mêmes, la mobilisation devrait être inférieure cette année à celle des années précédentes. « Les gens sont un peu las de ce type de mobilisation », reconnaît Adriá Alsina Leal, responsable de la communication de l'Assemblée nationale catalane (ANC), un des organisateurs. Mais, pour lui, cet échec relatif attendu ne signifie pas un recul des idées indépendantistes dans l'opinion catalane, simplement, affirme-t-il, un « besoin d'actes plutôt que de spectacle ». De fait, les derniers sondages montrent une progression nette de l'indépendance dans l'opinion cet été.

Catalyseur ?

Le catalyseur de la tension qui s'accumule entre Madrid et Barcelone pourrait alors être la destitution de Carme Forcadell, la présidente du parlement catalan, accusée par le Tribunal Constitutionnel d'avoir fait voter le texte sur l'unilatéralité le 27 juillet dernier. Si cette destitution est confirmée, la majorité indépendantiste devra choisir entre l'acceptation de l'ordre constitutionnel espagnol, et donc le renoncement à l'indépendance par des voies unilatérales, ou la rupture franche en refusant la destitution de Carme Forcadell.

Ce pourrait alors être l'occasion d'une mobilisation des troupes plus « utile » que les grands spectacles du 11 septembre, devenu répétitifs. L'accord entre Carles Puigdemont et la CUP de ce début septembre plaide pour un durcissement de la position indépendantiste. En réalité, progressivement, le durcissement se produit des deux côtés, rendant toute solution négociée à la crise catalane de moins en moins probable.

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a écrit le 09/09/2016 à 9:15 :
J'ai vraiment la flême de démentir chaque affirmation négative sur la Catalogne. C'est fatigant.

Je préfère vous transmettre quelques petits éléments d'information.

Pourquoi les Catalans foncent-ils soudain (depuis 2009-10) vers l'indépendance?

Est-ce l'économie? Non. Les années 80 (première moitié) furent tout aussi dures sinon plus.

Est-ce une réaction ethniciste à l'immigration massive (1,5 millons d'immigrés en 20 ans pour une population qui était de 6 millons)? Non plus. L'immigration n'est pas vécue comme un problème angoissant, ni au niveau identitaire, ni à celui de la sécurité, ni à celui de l'emploi, malgré tous les petits cas d'expériences désagréables que souffrent aussi bien des autochtones que des nouveaux Catalans. Dans l'ensemble l'harmonie est remarquable et beaucoup de citoyens ou même touristes d'origine étrangère rapportent se sentir bien plus à l'aise en Catalogne qu'ailleurs en Europe.

Est-ce le résultat d'une évolution politique régionale liée à la corruption et au populisme? Non plus. La corruption en Catalogne est de loin inférieure à la moyenne espagnole. C'est en fait le territoire espagnol le moins touché par la corruption si on en croit les stats et/ou on suit la presse. Le populisme alors? Du tout. Le niveau du discours politique en Catalogne, comme au Pays Basque, est nettement supérieur à celui qui règne dans les Espagnes. Ces deux régions furent seules en Espagne à connaître une révolution industrielle intense et la Catalogne fut seule en Espagne à développer une bourgeoisie éclairée et une culture démocratique avancée qui, en fait, était dans la tradition du pays depuis ses lointaines origines médiévales mille ans auparavant.

Alors, si ce n'est aucune des ces explications qui ont fait monter l'indépendantisme catalan, de quoi s'agit-il?

On pourrait essayer de résumer en distinguant deux sortes de raisons: ce que les Catalans ne veulent plus du tout d'un côté, et ce qu'ils veulent absolument de l'autre.

Voici une petite liste que j'improvise sans aucun mal, des choses qu'on ne supporte plus en Catalogne:

-les insultes, le mépris et l'intox permanents et asphyxiants; la haine des Catalans fabriquée de nouveau en Espagne depuis 1975, cette fois-ci avec le renfort d'une multiplication des médias, publiques et privés, et les réseaux sociaux, tout cela a pris des proportions que les Catalans ont cessé d'ignorer car ce n'est plus possible, même en s'efforçant, d'ignorer une atteinte à la vérité, à leur honneur et à leur dignité aussi blessante et quotidienne;
-les promesses politiques systématiquement démenties dans les faits;
-la recentralisation politique et même administrative;
-les bâtons dans les roues à tous les niveaux (financier, infrastructures, éducatif, linguistique, législatif, diplomatique, commercial, etc., sportif même!), finissant par prouver deux choses qui sont la volonté de sabotter la Catalogne ainsi qu'une hostilité nationale profonde, sans quoi le sabottage ne saurait être aussi permanent, systématique, pervers, acharné, envahissant;
-l'outrage que représente non seulement cacher et nier le bilan financier Espagne-Catalogne, où la Catalogne se fait prélever tous les ans un 8-9% net de son PIB depuis 30 ans, mais encore oser lancer et répandre le mensonge que la Catalogne tire profit de l'Espagne et cherche à garder ou augmenter ses privilèges au moyen de l'extortion politique;
-beaucoup de choses en Espagne qui renvoient au tiers-monde, tous les jours et à tous les niveaux, sans la moindre excuse de sous-développement économique; des choses qui nous laissent perplexes, qui semblent ancrées quelque part au plus profond de la culture espagnole et empêchent ce pays de décoller et ratrapper la moyenne européenne, peut-être en partie du au fait que cela permet de prolonger le statut dirigeant et confortable de la même "élite" sociale depuis le XVIIe siècle, aux frais de l'Etat;
-l'harcèlement totalitaire des politiciens et autres citoyens, entreprises et organizations catalans, qu'ils se manifestent indépendantistes ou non (il suffit souvent d'être catalan pour attirer un intérêt spécial de la police, du fisc, des procureurs, etc);
-l'inexistence des conditions minimales qui permettent de considérer l'état espagnol comme un état de droit, car l'arbitrariété n'est pas accidentale mais bien structurelle; l'essence de l'état de droit -tous égaux devant la Justice- est souvent contrariée en Occident ailleurs qu'en Espagne, mais jamais baffouée de façon aussi systématique; le gouvernment espagnol empiète de façon scandaleuse dans l'indépendance du pouvoir judiciaire;
-le déficit démocratique en Espagne est grave: les minorités sont perpetuellement ignorées (on leur "accorde" royalement ou pas, ce que la majorité juge bon); les lois sont faites sur mesure; elles sont interprètées ensuite de façon arbitraire et si jamais le pouvoir judiciaire donne exceptionnellement tort
au gouvernment ou aux nationalistes espagnols, soit on ignore ou on trouve les moyens de contourner la décision, ou on change la loi.

Bref, l'Espagne, du point de vue de son regard et de ses intentions envers la Catalogne, ainsi que du point de vue de son esprit en général, de la qualité de ses institutions et de son projet national, c'est l'Enfer et c'est l'horreur pour des millions de Catalans.

Petite liste maintenant des choses que les Catalans veulent absolument:

-un pays aimable, doué d'un état aimable plutôt qu'odieux;
-pouvour vivre dans une atmosphère de normalité, sans se sentir agressé au quotidien ni avoir à se soucier de se battre pour la survie de sa langue, de ses institutions, de son patrimoine au sens le plus large; les Catalans sommes assoifés de normalité, on veut la paix!
-développer, améliorer notre société dans tous les domaines, sachant ce qu'on veut et comment y arriver dans bien des cas, alors que l'état espagnol nous en empèche (dans l'éducation, les services sociaux; la R&D; l'environnement; la redistribution de la richesse, la Justice, la transparence, la gouvernance, etc);
-participer comme acteurs au niveau international et pouvoir contribuer ce dont nous sommes capables, sans entraves; être reconnus comme la nation que nous sommes, nous sentir l'égal des autres, et libres.

Je pourrais continuer mais je ne veux pas prolonger tellement. Tout ce qui précède devrait vous donner déjà une idée assez bonne des raisons et de l'urgence pour les Catalans d'aboutir à l'indépendance. Ils ont mis deux siècles à tout essayer politiquement en Espagne, pour rien, et toujours dans un but de progrès pour l'ensemble de l'Espagne au delà des Catalans. Ils ont mis 30-35 ans à réaliser que leur dernier effort n'avait aucune chance, sous la constitution de 1978, dans des conditions historiques téoriquement très favorables.

C'est pour cela qu'on part, pacifiquement, démocratiquement, dans l'ordre, et dans un esprit de renouveau et de progrès, avec le sourire. Nous souhaitons le mieux pour l'Espagne et sommes prêts à continuer à la soutenir, mais ce sera dans un cadre de liberté. Notre solidarité avec l'Espagne est sincère mais doit être le fruit de notre responsabilité, altruisme et bon vouloir souverain, et non plus du prélèvement arbitraire dans notre économie. La Catalogne est un pays hautement solidaire. Elle le prouve depuis longtemps au niveau privé et de la société civile. Nous voulons des relations saines et d'amitié avec tout le monde, et naturellement aussi avec l'Espagne.
Réponse de le 09/09/2016 à 16:27 :
Merci pour cette perle d'agit-prop, c'est un plaisir de vous répondre, vu l'impossibilité dans laquelle vous vous retrouverez pour prouver ce que vous avancez.
Contrairement à vous, nationalistes, je conforte mes arguments en partant de liens vers des sources crédibles, la seule chose que vous saurez dire face à ces réalités vérifiables c'est que je serai anti-catalan ou nationaliste espagnoliste, ce qui est stupide, mais traduit bien le caractère nationaliste de vos "idées".

Si le statut fut rejeté par le TC, ce fut parce qu'au delà du droit à la différence, dont jouit la Catalogne, les nationalistes voulaient une différence des droits, ce qui n'est pas conforme à la constitution.

La tolérance à l'égard de l'émigration, et le peu de prégnance du racisme en Catalogne, est le même que dans le reste de l'Espagne , si vous levez le nez, vous vous apercevez qu'il y a une proportion d'immigrés à Madrid supérieure à celle de Barcelone. 598 000 à Madrid pour 543 000 dans toute la Catalogne, compris les retraités anglais de la costa brava.
http://sauce.pntic.mec.es/jotero/Inmigra/region.htm
Mieux, c'est en Catalogne, à Vic, le seul endroit d'Espagne, où un parti ouvertement raciste. PxC a fait son entrée dans un conseil municipal
"Non seulement le nationaliste ne condamne pas les horreurs de son propre camp, mais ancore il a l'extraordinaire capacité de ne pas même en entendre parler." (G.Orwell)

Le niveau de corruption en Catalogne est similaire au reste de l'Espagne. Si vous vous renseignez vous apprenez que la commission européenne fit une enquête publiée en 2012, où il apparait que le sentiment de perception de corruption le plus élevé d'Espagne est en Catalogne
http://ec.europa.eu/regional_policy/sources/docgener/work/2012_02_governance.pdf

La Vanguardia, qui est un canard barcelonais catalaniste, non indépendantiste, mais qui reçoit des subventions du gouvernement autonome, a fait une enquête à partir des cas révélés de corruption, la Catalogne est en quatrième position
sur le dix sept régions espagnoles
http://www.lavanguardia.com/politica/20160414/401101450116/mapa-corrupcion-politica-espana.html

Pour ce qui concerne le populisme, Josep Tardellas, un des meilleurs présidents de la "generalitat" qu'ai connu la Catalogne avertissait en 1984. dans une conférence de presse http://elpais.com/diario/1985/11/02/espana/499734003_850215.html
En Catalogne est en train de se mette en place une dictature blanche, qui ne tue pas, qui n'enferme pas, mais qui va provoquer d'énormes dégâts, que les catalans devront réparer, la philosophie politique instillée par J.Pujol, se résume à "nosotros somos formidables y España siempre se equivoca." Nous autres (catalans) sommes des gens formidables et l'Espagne se trompe toujours,
Nous y sommes dans cette dictature blanche. Et votre seule réponse face à la vérité, n'est que l'insulte. De fait vous ridiculisez la Catalogne

La Catalogne ne participe pas pour 8 ou 9% de son PIB au budget de l'ensemble de l'état, mais entre 4 et 5%
Mas Collel le responsable du budget catalan le reconnait lui même.
.http://www.elperiodico.com/es/noticias/economia/estado-obtendra-2015-catalunya-3228-millones-mas-los-que-gastara-3744285
Ce coût représente plus ou moins le cout en dépenses pour le fonctionnement d'une Catalogne indépendante.
Josep Borell, l'ancien ministre socialiste catalan, eut un entretien à ce sujet avec Oriol Junqueras, leader nationaliste, ce dernier arriva les mains dans les poches et reparti décoiffé, ses chiffres de 8 ou 9% étant impossibles à prouver et n'étaient basés que sur le mensonge. J.Borell bien préparé, et chiffres en main surclassa Junqueras.
https://www.youtube.com/watch?v=wnbVOiwwNXM

Pour ce qui concerne les mensonges relatifs à l'histoire entre la Catalogne et le reste de l'Espagne, il est facile de démonter l'argumentation, mais un peu long. les écrits sur la nationalisme de Georges Orwell. sont particulièrement adaptés à ce flot de contre vérités
"Tout nationaliste est hanté par la conviction qu'on peut modifier le passé. Il passe une partie de son temps dans un monde fantastique où les événements se produisent comme ils se devraient.'

Pour le reste, le nationalisme étant basé sur des sentiments, il est inutile d'essayer de convaincre par des arguments rationnels un adepte de votre religion. Nonobstant amis nationalistes, Godin en tête, je reste à votre disposition pour le démontage en règle de vos mensonges. Pour autant que je ne soit pas censuré, ce qui venant de vous n'aurai rien d'étonnant.
Réponse de le 09/09/2016 à 16:37 :
"Nous souhaitons le mieux pour l'Espagne et sommes prêts à continuer à la soutenir" on aiment l'Espagne, on aiment les Espagnols mais on veut plus vivre dans leur pays ? Légère contradiction la non ? Dans un couple quand on se séparent c'est qu'on s'aiment plus, quand on quittent un pays c'est qu'on veut plus vivre dans ce pays, donc quand je lis ou entends que les Catalans qui veulent l'indépendance de la Catalogne aiment l'Espagne ça me fait quand même un peu rire
Réponse de le 09/09/2016 à 19:38 :
Cher CED,

À titre personnel, et je suis sud-catalan, je n'aime pas plus l'Espagne que toute autre région européenne. D'ailleurs, c'est un peu difficile d'aimer l'Espagne ou pas, car parlerait-on de la Castille, l'Andalousie, les Asturies, la Galice, le Pays Basque (qui fait encore partie de l'Espagne)? L'Espagne est une mosaïque de nations et de régions, aux langues, à la personalité, aux moeurs et à la culture politique très diverses.

Je sympatise bien plus avec les basques du Pays Basque ou de la Navarre qu'avec l'Estramadoure par exemple. Les gens pris au niveau individuel peuvent être charmants partout, mais dans l'ensemble je vous donne mon sentiment. Les Catalans partageons davantage de traits culturels avec les Basques qu'avec les Castillans, Andalous ou Galiciens. De plus, on ne se fait pas agresser par les Basques, ni par les catalanophones comme nous du Pays Valencien ou des Baléares.

Ceci dit, les liens avec l'Espagne sont omniprésents, à commencer par le fait que 70% des Catalans ont des racines plus ou moins fortes en Espagne, qu'ils y soient nés ou que l'un ou plus des parents, grand-parents ou arrière grand-parents soit d'origine espagnole.

Les Espagnols sont donc nos voisins, non seulement à 300Km ou à 1000Km, mais encore nos voisins de palier et nos proches généalogiques, nos voisins de bureau, nos amis, et nos copains/copines.

Il ne peut pas y avoir de haine envers l'Espagne, en Catalogne, car nous les connaissons de près. De trop près même! C'est plutôt un cas de saturation. Ils nous pompent l'air! On ne va pas les haïr pour ça quand-même.

Les nationalistes espagnols sabottent la Catalogne, mais ils font cela presque toujours à partir de l'ignorance, de l'autointox nationaliste, et de l'état espagnol dont ils se servent pour nous agresser et protéger leurs intérêts économiques immédiats.

Les Catalans haïssent donc l'état nationaliste et arriéré espagnol qui perpétue un statu quo social et politique primitif et injuste, mais moys faisons bien la part des choses. La plupart d'Espagnols souffrent de cet état des choses également, qu'ils s'en aperçoient plus ou moins, et qu'ils sachent plus ou moins comment se dépêtrer. (Ils ne savent pas comment le faire à l'exception de ceux qui votent à gauche du parti socialiste, mais ils sont trop peu, et de loin.)

Donc, les Catalans n'avons rien contre la plupart des Espagnols, au contraire. Nous les plaignons. On a beau être agressés, on se considère mieux lotis en Catalogne dans beaucoup d'aspects (mais non par privilège, sinon du fait d'avoir réussi malgré tout à nous développer autrement, et pas que matériellement).

Les Catalans sommes très à l'aise avec l'idée de contribuer au bien-être de tous. La Catalogne est contributrice nette à l'UE, au contraire de l'Espagne. Et nous trouverions normal de négotier une séparation avec l'Espagne qui prévoie un certain nombre d'années et de mesures de solidarité avec l'Espagne, au delà de la solidarité entre partenaires européens.

De nouveau: personnellement je n'aime pas "l'Espagne" en particulier, mais des millions de Catalans l'aiment sincèrement, y compris une majorité peut-être, d'indépendantistes. Mais aimer l'Espagne n'empèche pas d'aimer encore plus la Catalogne.
a écrit le 08/09/2016 à 17:57 :
@ Timbaler del Bruc : il existe une autre solution à l'indépendance c'est le fédéralisme, il faut une refonte de la Constitution Espagnole, reconnaître dedans que l'Espagne est un état plurinationale, que les différentes nationalités apportent une richesse à l'Espagne, c'est une solution plus que viable, Pedro Sanchez avait proposé à Puidgemont cette option Puidgemont lui a repondu qu'l ne voulait que l'indépendance de la Catalogne.
Réponse de le 08/09/2016 à 18:49 :
Nous en avons déjà parlé. Notre désaccord est patent.
La seule possibilité de fonder une fédération est que la Catalogne devienne indépendante et qu'ensuite elle discute avec l'Espagne d'égal à égal.
Il n'y a AUCUN exemple où la catalogne ait pu parler et négocier avec Madrid d'égal à égal. Rien ne laisse supposer qu'il pourrait en être autrement. pour moi c'est juste une proposition pour gagner du temps et laisser passer cette période qui pourrait déboucher enfin sur l'indépendance. Il sait très bien faire ça, perdre du temps, Rajoy.
Je n'y crois pas une seconde.
a écrit le 08/09/2016 à 10:34 :
merci Rajoy d'avoir fait abolir le statut de 2006, l'Espagne serait pas à deux doigts de perdre la Catalogne si ce statut avait été maintenue, je vois pas ce qui pourrait désormais empêcher l'indépendance de la Catalogne désormais. Je vois que Timbaler del Bruc est toujours aussi vindicatif contre les opposants à l'indépendance de la Catalogne
Réponse de le 08/09/2016 à 13:25 :
@N.L. En fait je cherche à obtenir les arguments de ceux qui sont contre. Pas facile, hein. On n'a droit qu'à des insultes ou du mépris. Parfois un petit éclair avec "sécession = récession". Ça en jette, ça rime, mais ça ne vas pas loin. Et c'est surtout très faux. Mais bon, c'est un apostolat :=) !!*!!
a écrit le 07/09/2016 à 16:20 :
Romaric reprends à la virgule prêt, la rhétorique, comme d'ailleurs la sémantique, utilisée par les médias nationalistes. Vicent Partal, le directeur du site nationaliste "Vilaweb" va être ravi, il va citer à nouveau Romaric, comme le journaliste français le mieux informé de l'actualité en Catalogne, en fait celui dont les informations proviennent exclusivement des médias nationalistes.

Pour le reste, les mouvements politiques comme la CUP, qui mélangent nationalisme et socialisme, terminent tous, après une" nuit des longs couteaux", entre les mains du courant le plus nationaliste, "poble lluire" courant nationaliste dans le cadre de la CUP, a pris le contrôle du parti, excluant "endavant", courant plus progressiste, Xavier Monge leader de ce courant, a claqué la porte de la CUP
http://www.elperiodico.com/es/noticias/politica/xavier-monge-cup-twitter-proces-mayor-fraude-politica-catalana-4785326
Le nationaliste préférera toujours une alliance avec un affairiste, s'il est de sa tribu, plutôt qu'une alliance avec des gens honnêtes, mais étrangers à la tribu.

Le sondage que cite Romaric, est celui produit par le CEO, organisme de sondage dépendant directement du gouvernement autonome catalan, pour se faire une idée de la crédibilité de cet organisme, il suffit de jeter un coup d'oeuil sur leurs sondages avant élections et après.

Comme convenu, les nationalistes ont entamé leur feuille de route, sensée conduire la Catalogne en 18 mois à l'indépendance, cette feuille de route prévoyait d'entamer des discussions avec les représentants de l'Espagne et de l'union européenne, neuf mois après, personne en Europe ne veut discuter avec les nationalistes. La BCE qui prête de l'argent aux régions espagnoles, refuse des prêts pour la Catalogne, car selon les agences de notation la crédibilité économique de la Catalogne est nulle, bien en dessous de celle des régions les moins bien loties d'Espagne, comme de la Grèce.
http://www.lavanguardia.com/vida/20160406/40935921825/el-bce-excluye-la-deuda-de-cataluna-porque-no-cumple-los-criterios-exigidos.html
Que pense Romaric de la décision qu'à pris la municipalité de Viladecans, (60 000h), votant une motion pour refuser par avance toute loi émanant du gouvernement autonome, non conforme à la législation espagnole. Plus généralement que
penser de l'absence de soutien aux nationalistes, de l'agglomération barcelonaise, où se situe l'essentiel de l'économie de la Catalogne.
http://www.elperiodico.com/es/noticias/viladecans/viladecans-rechaza-que-parlament-emprenda-iniciativas-ilegales-5300182

Dans les médias nationalistes, on considère que l'indivisibilité de la nation espagnole, est un concept franquiste, espagnoliste, fasciste etc… Mais que pense Romaric de l'indivisibilité de la Catalogne?
Réponse de le 07/09/2016 à 18:21 :
Une fois de plus Cardo étale sa satisfaction de voir les difficultés qui se dressent sur le chemin de la Catalogne vers la liberté. C'est normal puisqu'il est contre. Un nouvel élément: il n'aime plus les sondages. Ça c'est nouveau pour quelqu'un qui préfère se vautrer dans les sondages plutôt que d'appuyer l'idée de référendum.
Oui, il y a des obstacles, les Catalans savent depuis toujours que le chemin ne sera pas facile, qu'ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes. Mais quoi ? Si c'était facile beaucoup l'auraient déjà fait, non ?
Personne ne veut discuter ? Là il faut se renseigner, hein. Certes, ça manque de noms ronflants mais on sait bien que les dirigeants ne peuvent pas aller ouvertement contre leurs collègues, ça s'appelle la diplomatie.
Oui, on a compris, Cardo est contre, c'est un fait. Mais pourquoi ? Ça il se garde bien de le dire, car en fait il n'en sait rien. Il est contre est puis c'est tout. On aimerait lire ses arguments, pouvoir réfléchir dessus, en discuter éventuellement. Il sait les milliers d'arguments qui ont provoqué l'élan indépendantiste. Mais il ne peut pas les discuter car il n'a pas d'argument. IL ne peut que faire le décompte des échecs, se réjouir quand une municipalité est contre, faire remarquer que Obama et Cameron ont dit que ... (on s'en fiche, hein). C'est juste le néant de la pensée. Peut-on discuter avec le néant ?
dimanche prochain - 11 septembre - le peuple parlera. !!*!!
a écrit le 07/09/2016 à 10:33 :
Le morcellement de l Europe est un signe de sa crise a la fois identitaire et économique ou les populistes de tout poils triomphe a cause de la faiblesse européenne et de l immigration sauvage qui renforce la recherche des racines culturelles et le besoin de sécurité et de frontière.
a écrit le 07/09/2016 à 10:16 :
La sécession contre la récession.
Réponse de le 07/09/2016 à 16:50 :
Dans le cas catalan, s'il y a sécession il y aura récession.
Réponse de le 07/09/2016 à 18:35 :
Mais oui mais oui...

Je trouve que je me fais coller par de plus en plus par des messages de troll, c'est beau de n'avoir rien à faire les gars, mais arrêtez de demander aux autres de bosser comme des chiens pour être payés que dalle, merci.
Réponse de le 07/09/2016 à 18:40 :
Mais oui mais oui...

Je trouve que les trolls, voir le troll me colle de plus en plus, c'est bien beau les gars de n'avoir rien d'autre à faire mais dans ce cas arrêtez de demander aux autres de bosser comme des chiens pour être payés que dalle, merci.
Réponse de le 07/09/2016 à 20:23 :
Pour avoir mis les pieds en Catalogne, l'idée de sécession s'est établi quand la récession post 2008 fit des ravages.
De quoi donc parlez vous?
a écrit le 07/09/2016 à 9:35 :
L'Espagne est un pays démocratique très décentralisé et où les régions (dont la Catalogne) jouissent d'une très réelle et importante autonomie (ce n'est pas la France jacobine au millefeuille administratif et aux collectivités impuissantes, et dont les régions restent des nains politiques). Il n'y a donc pas de joug espagnol sur la Catalogne. Les volontés d'indépendance catalane sont du même ressort que celles de la Lombardie et de la Flandre, des régions riches qui ne veulent plus jouer de la solidarité avec des régions moins favorisées. Si cette indépendance devait un jour avoir lieu, il faudrait que la Catalogne reprenne sa part de la dette publique espagnole, à proportion non de sa population mais de son PIB. Et la jurisprudence écossaise devrait s'y appliquer, nul automatisme à son admission dans l'UE ou dans l'€.
Réponse de le 07/09/2016 à 12:15 :
Ce commentaire est à la limite de l'escroquerie.
Décentralisé, un pays qui a réduit à néant les principales mesures du statut d'autonomie ? Où on annule la loi sur la pauvreté énergétique qui voulait aider les plus démunis en interdisant les coupures d'électricité pour impayés ? Où on annule un décret interdisant le fracking ? Où on annule un décret mettant fin aux corridas ? Où on laisse dans la panade les banlieusards confrontés aux retards structurels voire les annulation des trains de banlieue ? Où le régime s'immisce dans le système éducatif (décentralisé lui aussi) ?
Il est indispensable de mieux s'informer avant d'affirmer n'importe quoi.
Réponse de le 07/09/2016 à 13:05 :
Si on parle de décentralisation, je ne crois pas qu'il soit judicieux de prendre l'Espagne comme exemple (pas plus que la France d'ailleurs).
Il me semble qu'on ne peut pas considérer comme décentralisé un pays qui annule la loi catalane sur la pauvreté énergétique qui voulait venir en aide aux plus démunis en interdisant les coupures de courant pour impayés. Le prétexte étant qu'une telle loi introduirait une inégalité entre tous les Espagnols.
Décentralisé, un pays qui annule la loi catalane contre le fracking, sans doute pour ne pas nuire aux intérêts de quelque industriel ?
Décentralisé, un pays qui s'immisce dans l'éducation (qui, paraît-il est décentralisée) ?
Décentralisé, un pays qui récolte la totalité des impôts et les retourne au compte-gouttes et soumet le collectif budgétaire au chantage, en contrôlant les dépenses ?
De même on ne peut considérer comme décentralisé un pays qui s'efforce par des moyens détournés de revenir sur la loi d'interdiction des corridas que les Catalans ont adoptée.
Il faudrait aussi parler des infrastructures laissées à l'abandon par le pouvoir central, les équipements réclamés qui ne se font jamais, le remboursement du projet Castor par les abonnés au gaz, et un long etc...
Non, l'Espagne n'est pas décentralisée, surtout en ce moment où on assiste à une tentative effrénée de recentralisation tous azimuts.
Elle a failli l'être avec le statut qui a été retoqué en 2010. Mais là, non.
Le peuple va redire ce 11 septembre que ça suffit.
Réponse de le 07/09/2016 à 13:29 :
Pardon pour ce doublon. Comme LT a tardé à publier mon commentaire, j'ai cru que celui-ci avait été censuré et je l'ai refait, en moins agressif. Je prie le modérateur d'en effacer un, celui qu'il voudra. Merci.
Réponse de le 07/09/2016 à 16:57 :
Les lois catalanes annulées entraient-elles dans le cadre du statut de l'autonomie ? Vous parlez de la loi énergétique, la loi catalane prévoyait-elle quel organisme se substituait, pour le paiement des factures impayées aux consommateurs et selon quelles modalités (limite de consommation prise en charge par la collectivité, limitation de l'ampérage...), qui finançait... ? Sinon une telle loi est au choix un voeu pieux (comme si on faisait une loi pour mettre le chômage hors la loi) ou une spoliation des distributeurs d'électricité. Ce n'est pas parce qu'on est autonome qu'on a le droit décider n'importe quoi. Chez nous le conseil constitutionnel ne se gêne pas pour retoquer les dispositions les plus ubuesques sans qu'on hurle au déni de démocratie.
Réponse de le 07/09/2016 à 17:15 :
Les bombardements du pouvoir central sur la Catalogne de 1936 à 1939 (entrainant des milliers de morts, avec d’importante destruction à Barcelone, Lleida, Granollers, Tarragone, Reus et Figuera) ; reste dans les mémoires, et surtout ceux des indépendantistes.
Dès lors, vos comparaisons avec la Lombardie et la Flandre sont déplacées.
L’indépendantisme Catalan viens d'une vielle blessure, et c'était pas sous Franco qu'une cicatrisation ai pu d'effectuer, au contraire, la Catalogne perdit son statut d'autonomie et le catalan fut interdit. Des livres en catalan furent brûlés, tandis que les imprimeries furent sujettes à une censure brutale...
Réponse de le 07/09/2016 à 20:30 :
@ bruno_bd. La loi prévoyait que la Generalitat créérait un fonds destiné à aider les familles démunies sous forme de prêt sans intérêt. je n'ai pas d'info sur la quantité, ni sur l'ampérage. Alors je veux bien que le pouvoir trouve à redire sur les modalités, mais donner comme prétexte qu'avec cette loi les espagnols ne seraient plus à égalité indique bien que l'Etat se moque ouvertement de la Catalogne.

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