Grèce  : ce que prévoyait Tsipras en cas de "Grexit"

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(Crédits : © Christian Hartmann / Reuters)
Selon la presse grecque, Athènes avait prévu un plan de nationalisation et de lutte contre la corruption visant des entreprises allemandes au cas où le pays aurait été contraint de quitter la zone euro.

Un plan d'urgence grec au cas où le pays aurait été contraint de rompre avec ses créanciers comprenait des mesures de nationalisation ainsi qu'une enquête anticorruption agressive ciblant des entreprises allemandes, c'est ce que prévoyait le gouvernement Tsipras en cas de sortie "Grexit", a affirmé samedi un journal grec. Selon le quotidien Efimerida Ton Syntakton, le plan était conçu pour "accroître le coût de la rupture" pour les créanciers de la Grèce.

"Dans le langage du basketball, le gouvernement comptait appliquer une « pression défensive", a expliqué le quotidien.

 Nationalisations et luttes contre la corruption

Le plan incluait la nationalisation de la société OPAP, détenant le monopole des jeux et privatisée en 2013, en plus des recettes de péage provenant des autoroutes et du plus grand pont du pays, a indiqué le journal citant des sources gouvernementales.

Athènes prévoyait également de s'atteler à la lutte contre la corruption, ciblant plusieurs sociétés allemandes actives en Grèce, comme Siemens, Lidl, Allianz, MAN et Hochtief.

Le gouvernement grec n'avait pas commenté l'information samedi.

Le Premier ministre Alexis Tsipras a déclaré vendredi au Parlement qu'il avait demandé à son ancien ministre des Finances, Yanis Varoufakis, de préparer un "plan de défense" au cas où la Grèce aurait été contrainte de quitter la zone euro sous la pression de ses créanciers les plus intransigeants, parmi lesquels l'Allemagne.

"Le gouvernement n'avait pas de plan de «Grexit » mais j'avais ordonné un plan d'urgence au ministère des Finances" pour faire face aux menaces de certains cercles européens qui souhaitaient fin juin, lors de l'interruption des négociations entre Athènes et ses créanciers, la sortie de la Grèce de la zone euro, a a affirmé le chef du gouvernement grec.

(AFP)

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Commentaires
a écrit le 03/08/2015 à 16:39 :
Tout le monde regarde la Grèce comme le mouton noir de la zone euro ... soit !
Mais l'inflation actuelle en zone euro est de 0.2% .... ce n'est plus un mouton qu'il faut regarder, mais le troupeau de moutons qui va suivre ! ATTENTION danger pour toute l’Europe du Sud, dont la France (endettée à presque 100% du PIB), ce sont les taxes qui augmentes chez nous seulement, et les vols en tous genres !
a écrit le 03/08/2015 à 16:20 :
La crise de la Grèce est loin d’être terminée d'ici la fin de l'année ! Cerise sur le gâteau une inflation de 0.2% en zone euro .... donc rien de bon, pour les autres pays dont la France !
a écrit le 02/08/2015 à 9:21 :
pourquoi tourner autour du pot ! Europe du chacun pour soi ne sera pas sauvée
Réponse de le 02/08/2015 à 19:04 :
Vous êtes solidaire de ceux qui dépensent. Sans compter et qui ne font rien pour changer les choses ???

Ca me semble pas tres realiste !!
a écrit le 02/08/2015 à 6:35 :
Mais même sans Grexit, qu'il fasse son boulot de chef d'Etat et lance enfin une lutte tous azimuths contre la corruption. La Grèce aura au moins gagné cela.
a écrit le 02/08/2015 à 6:29 :
Tsipras estime donc que maintenant que la grece devrait rester dans l'Europe la corruption n'est plus un probleme ???
Penser que la corruption vient surtout des allemands en grece c'est quand même risible c'était plutôt de la menace de confiscation
Tsipras devrait plutôt s'occuper du cadastre de son bordel d'état inefficace de la fraude fiscale a tous les étages ect

Mais pour Ca il faudrait du courage !!
a écrit le 02/08/2015 à 1:03 :
Si le plan de défense avait été mis en application, les Allemands auraient été plutôt mal, car les entreprises grecques implantées en Allemagne sont peu nombreuses (quelques sociétés de services, pharmaceutiques et recyclage). C est plus une menace qu'autre chose qui aurait fait réfléchir à deux fois Berlin. Surtout que l exemple pourrait se propager en Italie ou la défiance envers l Euro et l'Allemagne augmente de jours en jours. Les Italiens s apercevant que eux aussi ont sacrifié leur industrie (exemple révélateur : les Italiens, du Nord surtout, roulant de plus en plus avec des voitures allemandes, si possible Station Wagon grise, symbole de réussite ... ou de conformisme).
a écrit le 02/08/2015 à 0:52 :
L entrée de la Grèce dans le Marché Commun en 1981 à signé l arrêt de mort de nombreuses industries grecques, notamment les véhicules. La Grèce s est donc lentement desindustrialisée au profit des produits allemands surtout. Seuls ont subsiste quelques pôles d excellence (agroalimentaire, médicaments, chantiers navals, hydrocarbures et plasturgie). Mais l'entrée dans la zone Euro a renchéri le prix de vente à l'exportation dans les marchés traditionnels, qui sont hors zone (Balkans, Turquie, Russie et Proche et Moyen Orient). La Grèce important ses machines des pays en zone Euro, le changement de monnaie n a guère eu d effet autre que d accroître la dépendance et de déstabiliser encore plus la balance des paiements. Voilà la raison FONDAMENTALE du problème grec.
Le reste (fraude, corruption, retraites) ca joue, mais à la marge. La Grèce n a pas plus de fraude ou de corruption que la Turquie, la Bulgarie ou même l Italie.
Quand aux salaires et retraités, on en reparle quand la Troïka s installera en Italie ou en France.
Réponse de le 02/08/2015 à 10:18 :
La raison FONDAMENTALE du problème grec, c'est que le Grèce a pris les aides structurelles, les subventions de l'agriculture (ensemble environ 3-4% du PIB) et les prêts à taux bas comme une manne qui permet de vivre confortablement tout en changeant rien, tandis qu'ils étaient conçus par l'UE comme une aide pour développer l'économie. La désindustrialisation dans l'UE n'est pas une fatalité, comme le montrent l'Espagne ou les pays de l'est.
Réponse de le 02/08/2015 à 13:36 :
@jb
Allons, allons...

Les industries des pays de l'est ont largement été rachetées par les oligarches allemands. La Slovaquie ou autres satellites sont des colonies en Mittel Europa.
L'Espagne, ah l'Espagne ! Là, les fonds "structurels" ont servi à la bulle immobilière. Magnifique. Désastre monumental et massacre écologique.
Les fonds qu'on dit "structurels" se révèlent être l'arnaque fondamentale (pour le coup) de la CEE puis de l'UE : développer les infrastructures (certes) pour mieux faire circuler les marchandises de l'Allemagne et de ses satellites industriels. Le succès des supermarchés LIDL est un exemple parfait de ce phénomène ou au final les carottes polonaises et le lait hollandais sont moins chers que la production locale...
Et la plupart de ces fonds, comme par hasard on servi au tourisme, à l'agriculture, à l'environnement. Presque rien à l'industrie. On aurait voulu désindustrialiser et faire des destinations de vacances qu'on ne s'y serait pas pris autrement. Bref, le soit-disant ClubMed est un monstre créé par cette Europe !
Désindustrialiser les pays à l'industrie encore fragile ou récente pour vendre les produits des pays industrialisés depuis longtemps.

Petit retour en arrière.
Le modèlle de ce phénomène de "colonisation interne" c'est l'annexion du Royaume de Naples en 1860 par le Royaume de Piémont-Savoie. Pillage de la Banque de Naples, la plus riche d'Italie. Destruction des industries locales (chantiers navals, ferroviaire, ...) part l'annulation de commandes publiques ou séries de loi favorisant les industries du nord. Destruction systématique de l'armée, arrivée des Carabiniers, chemises noires, après les rouges de Garibaldi, suivie de 10 ans de guerre de partisans (appelés terroristes - tiens ca me rappelle l'Irak !).
Le déséquilibre nord-sud date de l'epoque. Ensuite, on a entrepris "scientifiquement" de démontrer l'infériorité de la race du sud. Un institut a même été créé à cet effet. Tous les délires racistes qu'on a vu à l'oeuvre plus tard chez les Afrikaaners, les nazis, etc..:sont issus de cette annexion sauvage.
Aujourd'hui, la xénophobie contre les peuples du sud de l'Europe (feignants, corrompus, etc.), qui se déchaîne, sur le net en particulier, est le lointain avatar de la conquête des Savoie-Piémont.
Réponse de le 03/08/2015 à 4:14 :
merci pr ce commentaire construit et cohérent
Réponse de le 03/08/2015 à 9:07 :
En Espagne il n'y avait pas que la bulle immoblière: Le pays a dépassé la France comme fabriquant de voitures, par exemple. L'essor industriel des pays de l'est est réel, après des décennies d'appauvrissemnt imposé par l'URSS, quelque soient les propriétaires des entreprises. Quant à l'ouverture des marchés, elle marche dans les deux sens. Surtout, personne n'a obligé la Grèce à entrer dans le marché commun. Même aujourd'hui, elle est libre de faire son chemin seul et devenir avec Syriza un Vénezuela sans pétrole. Votre digression sur Naples est hors sujet.
Réponse de le 03/08/2015 à 13:47 :
@ jb: Rappel sur l'annexion du royaume de naples hors-sujet ? relisez donc le debut de l'excellent cours d'histoire que nous donne Lionel. "Pillage de la Banque de Naples, la plus riche d'Italie. Destruction des industries locales". Puis implication de cette annexion, opposition nord-sud, etc. je ne fais que resumer ce que Lionel a parfaitement enoncé. S'il a ecrit une betise, ujne inexactitude, veuillez nous le preciser de manière argumentée. Sinon, mon resumé vous donne le fil conducteur ou le plan de manière a relire le commentaire de Lionel et vous rendre compte de la legèreté de votre propos, comme si l'histoire n'avait rien a nous apprendre...
Réponse de le 03/08/2015 à 16:55 :
Les Pays de l'Est étaient déjà tous industrialisés en 1990. On parlera plutôt de dépendance et celle-ci se fait directement par des entreprises allemandes ou le plus souvent rachetées par les Allemands.
Concernant l'Espagne, Seat, le seul contructeur national, est contrôlée par Wolkswagen.
Je veux dire par là, que la politique industrielle se décide dorénavant à Berlin. Tout comme les la plupart des industries mexicaines sont redevables de Washington, pour prendre un exemple hors d'Europe.
La France vient de donner les clés de son induestrie militaire (Nexter, ex-GIAT) a une entreprise allemande ! Donc, notre pays n'est plus à l'abri de la tutelle du grand frère d'Outre-Rhin...
Réponse de le 03/08/2015 à 17:05 :
Concernant Naples (appelé aussi Royaume des deux-Siciles), voilà une page exhaustive, chiffrée, sourcée qui montre bien la forfaiture de l'annexion par les Piémontais, aide par la France et l'Angleterre :
http://www.sgdl-auteurs.org/maria-franchini/index.php/post/L%E2%80%99unit%C3%A9-d%E2%80%99Italie-et-la-question-du-Mezzogiorno-revue-et-corrig%C3%A9e2
Il faut lire en entier, c'est long, mais tellement édifiant, notamment sur l'avance industrielle de Naples avant l'annexion; je cite : "Lors de l’exposition universelle de Paris, en 1856, on décerne aux Deux Siciles le prix de troisième puissance industrielle du monde (et donc première en Italie)." En 1856, quatre ans avant l'annexion !

La plupart des Italiens ignorent ce qui s'est passé de 1860 à 1870, tellement l'histoire a été réécrite par les vainqueurs: Ce n'est que depuis une dizaine d'années que les historiens peuvent se pencher sur ces événements tragiques qui ont créé non seulement l'idée même de "Mezzogiorno" (le ClubMed ou PIGS de l'époque !) mais pire encore sont à l'origine de l'explosion des mafias du sud (Camorra, N'Dranghetta, etc.).
Quand on voit comment s'est déroulé le "plébiscite" du rattachement, comment on été traité les prisonniers de l'armée napolitaine, ou ensuite les "brigands" (les résistants à l'oppresseur donc : soldats du Roi de Naples et paysans confondus), puis l'arrivée des théories racialistes pour enrober l'ignominie, on comprend mieux ce qui se passe aujourd'hui, sous nos yeux.
Cavour, premier ministre du Piémont-Sardaigne, et donc de l'Italie unifiée, a fait une déclaration célèbre, je cite de mémoire : "Nous avonc créé un pays, il nous reste à créér un peuple."
Je ne serai pas étonné que les écrits de Cavour, soient une lecture assidue dans certains milieux de "décideurs".
a écrit le 01/08/2015 à 23:09 :
Difficile de reprocher à un gouvernement d'étudier des précautions de survie en cas de catastrophe majeure déclenchée. Et qu'il se compare à d'autres au plan géopolitique n'est pas insensé quand il constate que le FMI ne veut plus lui prêter parce qu'il est insolvable alors que le même FMI accepte de prêter à un autre pays du continent, l'Ukraine, dans le même état d'insolvabilité. S'il doit être immanquablement condamné au "Grexit" par ses créanciers, quel est son devoir pour la survie de sa population en détresse ?
a écrit le 01/08/2015 à 22:14 :
Une bande d'amateurs, prêts à sacrifier l'avenir de leur peuple: ils méritent une ukrénisation..
a écrit le 01/08/2015 à 21:19 :
Comme tous les extrémismes, ce pouvoir ne peut tenir qu'en entretenant la xénophobie sous prétexte de nationalisme et en désignant des boucs émissaires à la situation du pays. Ici ce sont nos amis allemands qui en font les frais. Si c'est vrai, décidément cet exécutif est minable.
Réponse de le 02/08/2015 à 9:44 :
Comme tous les idiots ils en veulent à leur banquier

Les grecs ont quand même vecus largement haut dessus de leurs moyens pendant 40 ans
On aurait sans doute du les laisser couler des le debut
a écrit le 01/08/2015 à 21:12 :
Si on veut lutter contre la corruption, il ne faut pas le faire de façon ciblée mais viser toutes les entreprises. Là c'est simplement une minable gesticulation inutile.
Réponse de le 02/08/2015 à 10:59 :
Ou peut-être démarrer avec certains élus!
a écrit le 01/08/2015 à 20:29 :
"lutte contre la corruption visant des entreprises allemandes" il ne faut pas s'en priver s'il y a des éléments réels, pas uniquement en cas de grexit. Également la corruption interne en Grèce, ah non, c'est trop courant (enveloppes pour obtenir un service, soin, ...)(bakchich ?).
Réponse de le 01/08/2015 à 21:13 :
Croyez-vous VRAIMENT que les entreprises les plus corruptrices opérant en Grèce soient les entreprises allemandes ?
Réponse de le 03/08/2015 à 9:31 :
@Bruno_bd: "Croyez-vous VRAIMENT que les entreprises les plus corruptrices opérant en Grèce soient les entreprises allemandes ?"... C'est à l'église qu'on croit cher Monsieur. Et pour ce qui est de "L'intégrité" des entreprises allemandes, il n'y a aucun doute quand à leur capacité corruptrice. Le Scandale SIEMENS en Gréce, pour ner citer que celui-ci,en est un exemple parmis beaucoup d'autre.
a écrit le 01/08/2015 à 18:54 :
Les grecs préparaient donc le deutchit !
Ces médias grecs journaux et télés aux mains de l'opposition de droite et socialiste (PASOK) racontent n'importe quoi.
Mais les Prussiens peuvent compter sur leur allié Francois l ' Audacieux en cas d'invasion des grecs.
a écrit le 01/08/2015 à 18:48 :
Un "plan de défense" ? C'est un comble ! Mais qui a déterré la hache de guerre sitôt élu ? Qui a ouvert les hostilités avec les créanciers ? Qui s'est montré arrogant pendant six mois ? En réalité, c'est Tsipras qui a mis en oeuvre un plan d'attaque. Mais comme ce plan a échoué, il a demandé à Varoufakis de chercher une sortie de secours, qu'il appelle pompeusement plan de défense
Réponse de le 03/08/2015 à 9:44 :
@ Onze: "il a demandé à Varoufakis de chercher une sortie de secours, qu'il appelle pompeusement plan de défense".... On appelle cela faire de la résistance... avec les moyens à disposition. Maintenant, je peux comprendre qu'en France, le mot de "résistance" n'a plus beaucoup de sens depuis 40... mais bon ça c'est un problème Franco-français. En France... on ne resiste plus... on préfère "s'accoupler".
a écrit le 01/08/2015 à 18:48 :
Un "plan de défense" ? C'est un comble ! Mais qui a déterré la hache de guerre sitôt élu ? Qui a ouvert les hostilités avec les créanciers ? Qui s'est montré arrogant pendant six mois ? En réalité, c'est Tsipras qui a mis en oeuvre un plan d'attaque. Mais comme ce plan a échoué, il a demandé à Varoufakis de chercher une sortie de secours, qu'il appelle pompeusement plan de défense
a écrit le 01/08/2015 à 17:52 :
et Tsipras il ne roulera plus en Audi A6 Na ^_^ Et c'est terminé sa belle montre Richard Mille ho ho
a écrit le 01/08/2015 à 17:46 :
n'ayez pas peur c'est le chant du cygne

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