Grèce : l'apprenti-sorcier Jeroen Dijsselbloem

 |   |  1690  mots
Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, veut un contrôle des capitaux en Grèce
Jeroen Dijsselbloem, président de l'Eurogroupe, veut un contrôle des capitaux en Grèce (Crédits : Reuters)
Le président de l'Eurogroupe propose un contrôle des capitaux à la Grèce. Il existe pourtant d'autres solutions.

Le moins sérieux n'est peut-être pas celui qu'on croit. En essayant de discréditer Yanis Varoufakis, le ministre hellénique des Finances, a tout prix, même à celui d'une manipulation grossière - comme dans le cas du fameux doigt d'honneur à l'Allemagne qui s'est révélé être un montage - les grands médias européens ont fait oublier la figure de Jeroen Dijsselbloem, son homologue néerlandais et président de l'Eurogroupe.

Le « modèle chypriote » de Jeroen Dijsselbloem

Mercredi 18 mars au matin, sur la radio néerlandaise BNR, Jeroen Dijsselbloem a ainsi ouvertement évoqué un « scénario chypriote » pour la Grèce avec la mise en place d'un contrôle des capitaux pour stopper les retraits dans les banques grecques. Selon lui, cette solution pourrait permettre de stopper l'hémorragie de liquidités dans les banques et ainsi maintenir la Grèce dans la zone euro. Mais en faisant cette proposition, le ministre néerlandais ressemble de plus en plus à un médecin de Molière qui, refusant de voir l'origine du mal, propose un remède qui ne fera que l'aggraver.

D'où vient la peur des déposants ?

Pourquoi les déposants grecs retirent-ils leurs fonds des banques helléniques ? Pour deux raisons : la peur d'une sortie de la Grèce de la zone euro et le manque de confiance dans le système bancaire grec. Quelles sont les sources de cette défiance ? D'abord, évidemment, le blocage des discussions entre Athènes et les Européens. Un blocage dont la responsabilité est sans doute en partie partagée puisque le gouvernement grec n'entend pas, pour des raisons politiques, céder sur certains points essentiels. Mais Jeroen Dijsselbloem, le bon apôtre, n'est-il pour rien dans ce blocage, lui qui, le 16 février, a refusé de discuter sur la base de la proposition Moscovici avec la Grèce et a imposé un ultimatum à Athènes ? Lui qui, après avoir accepté le 23 février une liste de réformes présentée par Athènes a, le 6 mars, estimé qu'on avait « perdu deux semaines » ?

Qui joue avec le Grexit ?

Depuis les élections du 25 janvier, le gouvernement grec a fait d'importantes concessions, renonçant à réclamer une annulation partielle de la dette, acceptant de renoncer à revenir sur certaines privatisations, admettant de s'inscrire dans les accords de 2012. Mais en face, l'Eurogroupe dirigé par Jeroen Dijsselbloem a clairement joué la politique du pire pour imposer « ses » réformes. C'est principalement cela qui a fait craindre aux déposants grecs une issue sous forme de « Grexit. » Du reste, qui, dans ces négociations évoque clairement cette option ? Jamais les responsables gouvernementaux grecs ne l'ont fait. Ils ne cessent, à longueur des très nombreuses interviews qu'ils accordent à travers l'Europe, d'exclure catégoriquement le « Grexit. » Mais ce n'est pas le cas de leurs partenaires. Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances, l'ami de Jeroen Dijsselbloem, a ainsi ouvertement parlé de « Graccident », d'une sortie « accidentelle » de la Grèce de la zone euro. Avant la réunion du 20 février, il n'avait pas exclu ce scénario. Dans ce cas, comment en vouloir aux déposants grecs de prendre leurs précautions ? Mais, il faut le reconnaître, Jeroen Dijsselbloem n'est pas pour rien dans cette situation.

Le jeu trouble de la BCE

L'autre responsable, c'est évidemment la BCE. En levant la dérogation permettant d'accepter la dette hellénique comme collatérale dès le 4 février, soit avant même le début des négociations, l'institution de Francfort a clairement pris le risque d'un bank run, d'une course aux guichets. Et, dans ces conditions, on peut même juger que les déposants grecs ont fait preuve d'un grand sang froid car ces retraits n'ont pas pris la forme d'une panique bancaire. La BCE voulait clairement faire pression sur Athènes par ce mouvement. Elle y est parvenue en partie, mais l'on ne peut ensuite se lamenter d'un effet qui était prévisible. Du reste, si ces retraits posent problème, c'est bien parce que la BCE ne souhaite pas lever la pression et n'accorde aux banques grecques qu'un accès au compte-goutte à la liquidité d'urgence (elle vient de rajouter 400 millions d'euros sur plus de 65 milliards d'euros), relevant le plafond que de quelques centaines de millions d'euros à intervalles irréguliers.

De plus, selon l'accord du 20 février dernier, c'est bien elle, la BCE, qui dispose des 11 milliards d'euros qui demeurent dans le Fonds Hellénique de Stabilité Financière (FHSF) qui gère l'aide aux banques. Pour rassurer les déposants et stabiliser le système malgré les retraits, il suffirait donc de donner un accès plus large à la liquidité d'urgence et de renflouer, si besoin, les banques grecques en argent frais. Mais l'on notera avec intérêt que la BCE se refuse à ces deux mouvements. Pour une raison simple : dans ce cas, on relèvera la pression sur le gouvernement grec. Pourtant, donner plus d'air aux banques grecques ne signifierait pas relever le plafond autorisé du rachat des bons du trésor, ce ne serait pas un « chèque en blanc » à Athènes.

La pilule amère du contrôle des capitaux

Il y aurait donc d'autres solutions, plus simples, que le contrôle des capitaux. Mais ni l'Eurogroupe dirigé par Jeroen Dijsselbloem, ni la BCE ne les envisagent. Pour des raisons d'abord politiques : faire céder Athènes et imposer « leurs » réformes. Il est donc assez étrange de voir Jeroen Dijsselbloem venir proposer des remèdes à un malade dont il a sciemment aggravé l'état. D'autant que la pilule qu'il lui propose est un vrai poison. Le contrôle des capitaux permettrait certes de conserver les fonds en Grèce, mais ce serait un message négatif envoyé aux investisseurs internationaux qui n'en ont guère besoin. C'est une décision qu'il est très difficile de lever. Chypre n'en a pas fini, deux ans après avec ce contrôle et l'Islande le maintient six ans après l'avoir engagé. Le cas chypriote dont se réclame le Néerlandais devrait, par ailleurs, mieux l'inspirer. Ce contrôle des capitaux n'a guère attiré les investissements. Il a permis simplement de renflouer les banques chypriotes avec l'argent des déposants. Parler de Chypre alors qu'il y a des retraits est totalement inconscient. A Chypre, les déposants ont vu leurs dépôts de plus de 100.000 euros utilisés pour recapitaliser les banques. L'argent a été transformé en actions dont la vente a été bloquée. Tout déposant grec connaît cette histoire et n'a qu'une envie à l'évocation de ce précédent : retirer ses fonds...

Un premier pas vers le Grexit...

Jeroen Dijsselbloem joue d'autant plus avec le feu que le seul intérêt pour le gouvernement grec de procéder à un contrôle des capitaux pourrait être de préparer le Grexit que le Néerlandais prétend, dans la même interview, éviter. En effet, une fois des barrières placées pour les capitaux aux frontières, il est beaucoup plus aisé de décider d'une conversion de ces derniers dans une monnaie nationale. Il est également plus aisé dans ces conditions de prendre le contrôle des devises, notamment des euros fiduciaires qui se trouvent sur le territoire grec. Une fois le cours légal de l'euro suspendu, l'existence d'un contrôle des capitaux permet de contraindre la conversion de ces devises à un cours fixé. L'Etat récupère ainsi plus facilement ces devises nécessaires pour financer les importations et peut également mieux maîtriser son taux de change et la prise de contrôle de la banque centrale. L'économiste Costas Lapravitsas, proche de Syriza mais partisan d'une sortie de l'Union économique et monétaire, fait, du reste, dans son dernier ouvrage, du contrôle des capitaux précédant le Grexit une des conditions de la réussite de ce dernier.

Incorrigible gaffeur, mais si respectable

Jeroen Dijsselbloem est donc, au mieux, un inconscient. Il est apparemment hanté par le cas chypriote, « sa » référence puisqu'il l'a géré juste après son arrivée à la tête de l'Eurogroupe. Il en a déduit que le contrôle des capitaux avait permis d'obtenir un gouvernement obéissant. Et sans doute y voit-il une façon de mieux « tenir » le gouvernement grec. Mais le gouvernement chypriote était déjà auparavant obéissant. Et il devrait se souvenir qu'à l'époque, en avril 2013, il avait provoqué une petite panique sur les marchés en parlant de « modèle » (« template ») chypriote pour les futures « aides » européennes...

Le ministre néerlandais est un incorrigible gaffeur. Mais ce qu'on ne pardonnerait pas à un Yanis Varoufakis, on le pardonne volontiers à un Jeroen Dijsselbloem qui est jugé par nature sérieux puisque, d'abord Néerlandais, ensuite favorable à l'austérité et, enfin, proche de Wolfgang Schäuble. Mais ce ministre travailliste, spécialiste d'économie agricole avant sa nomination, si prompt à donner des leçons aux Grecs, devrait balayer devant sa porte. Sa politique d'austérité n'a guère convaincu ses compatriotes, particulièrement ceux qui avaient voté pour le parti travailliste (PvdA), son parti.

L'exemple peu glorieux des Travaillistes néerlandais

La conversion, sous l'impulsion de Jeroen Dijsselbloem, des Travaillistes néerlandais, à l'austérité réclamée par les Libéraux du premier ministre Mark Rutte, leur a coûté politiquement très cher. Le PvdA, qui en 2012, sur un programme fort différent avait réalisé un score de 25 %, est désormais clairement sous les 10 %. Lors des élections européennes du 25 mai 2014, il a obtenu 9,4 % et les sondages lui donnent aujourd'hui 9,7 % des intentions de vote. Le 18 mars, lors des élections sénatoriales, il a chuté de 14 à 8 sièges et obtenu 10,5 % des voix... Compte tenu de ces performances, on peut comprendre que le gouvernement de Syriza ne soit guère attiré par les conseils de Jeroen Dijsselbloem qui, pourtant, est favori à sa propre succession au sein d'un Eurogroupe de plus en plus éloigné des préoccupations des peuples qu'ils soient grec ou néerlandais...

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/03/2015 à 19:10 :
Je suis frappé par l'agressivité de certains commentaires.
Pourrions nous rappeler les causes de tout ces incidents ? Pourquoi la crise de 2008, pourquoi la crise grecque ? Dans quelles conditions la Grèce est rentrée dans l'Europe ?
Peut-être cela éviterait les jugements de valeurs sur des peuples.
Aussi, je suis choqué par la déshumanisation du débat. Quand parle-t-on du peuple grecque ? Imaginez le démantèlement complet de votre société.
Me viens alors la question : A quoi jouent l'Europe et le gouvernement Allemand ?
Réponse de le 23/03/2015 à 20:41 :
Tout à fait d'accord. C'est le problème d'avoir déshumanisé et dépolitisé l'économie ... On fait de l'économie hors sol avec des slogans "simplistes" et aseptisés : Il est méchant Mr le Grec il est gentil Mr l'Allemand ... Comment réagiraient les Californiens ou les New Yorkais si l'on poussait l'Oklahoma à sortir des États Unis au prétexte que c'est l'état le plus pauvre des US.
Voulons nous une Europe crispée sur ses égoismes nationaux ou voulons nous construire un espace de vie commune et d'espérence.
a écrit le 20/03/2015 à 10:08 :
parseque c'est facile à appliquer le controle des capitaux. C'est simple c'est efficace et surtout c'est LA SOLUTION la plus facile à mettre en oeuvre. C'est clair et net sans discussion de marchand de tapis possible. Dégage les Grecs de l'Europe ou bien passez sous les fourches caudines. Exécutez et sansq un mot C'est de la démocratie centralisée chère aux Européens hors des Grèces
a écrit le 20/03/2015 à 9:18 :
Relations logiques inversées... Article biaisé, imprégné d'idéologie... La réalité est ailleurs : Aucun pays européen ne mettra plus la main à la poche pour la Grèce, mais chacun versera des larmes de crocodile lorsque l'inéluctable sera arrivé !
Réponse de le 21/03/2015 à 1:05 :
Salut Yves, je suis d'accord avec vous. L'auteur n'est pas neutre idéologiquement.
a écrit le 20/03/2015 à 8:26 :
Je suis attere par cette propagande grecque... tous les jours...oui l europe es aux mains des financiers...mais donner un blanc seing à la Grece qui est rentré dans l europe en trichant sur ses comptes.... grace à G sachs (employeur de Sarko) et à tous les politiques qui ont baissés les yeux....en contre partie de....
a écrit le 19/03/2015 à 19:51 :
Comment La Tribune peut elle laisser ce communiste s'exprimer ainsi? Ce Mr. Godin devrait mieux se renseigner et eviter ainsi de repandre des rumeurs. A force de toujours critiquer les gens serieux (Europe etc.) et soutenir les idees fantasques de ce minsitre des Finances grec, on finira par confondre La Tribune avec... Liberation
Réponse de le 20/03/2015 à 10:36 :
Cher Louis,
Peut-etre devriez vous vous abaisser à lire ces incorrigibles cocos de Liberation: il y a de grandes chances que vous soyez totalement séduit par le camarade Jean Quatremer et tombiez sous son charme irresistible.
a écrit le 19/03/2015 à 18:49 :
il raisonner toujours à l'envers notre ami Godin.
Le gouvernement Grec ne fait de d'importantes concession, il ne fait qu'appliquer partiellement et, avec une mauvaise foi évidente les accords conclus par les gouvernements précédents.
Ses articles deviennent indigestes.
a écrit le 19/03/2015 à 17:38 :
1) l'interdiction de sortir son argent serait contraire à la libre circulation des personnes et des biens. 2) les gens fortunés ont déjà viré leur argent sur des comptes étrangers. Ils ont aussi leur Cahuzac & Co. 3) les banques grecques sont déjà techniquement en faillite !!!
a écrit le 19/03/2015 à 17:30 :
Complément le taux à 10 ans Grec est à 12% au plus haut depuis 03/13.
Le 10 ans Allemand est toujours en baisse à 0.19%. Le 10 ans Français également en baisse à 0.45%. Le marché fait implicitement le pari d'une aggravation de la situation en Grèce. Deux explications : Anticipation d'une sortie de la Grèce de l'€ ou Anticipation des effets négatifs de l'ultra-tension actuelle entre Eurogroup et Grèce. Quelque soit la raison la situation est vue comme négative par les marchés. L'orthodoxie Zone € n'est donc pas imposée par les marchés mais plutôt par la structure de l'Eurogroup et elle est vue comme négative par les marchés. Pour l'instant il n'y a pas de propagation aux autres autres économies "dites périphériques".
a écrit le 19/03/2015 à 17:05 :
Il serait temps que le gouvernement grec fasse prueuve de pragmatisme! Cela devrait le conduire a tirer la conclusion que la Banque Centrale Europeenne, ne souhaite pas continuer a financer les banques grecques et indreictement l'Etat grec. A partir de la, il serait dans l'interêt de la Grece de mettre en place un contrôle des capitaux pour preserver les depôts des banques et preparer au mieux une sortie de la zone euro comme le pretend a juste titre Costas Lapravitsas.
Réponse de le 19/03/2015 à 19:23 :
@Yaniv: en dehors du fait que bloquer les comptes contreviendrait au principe de libre circulation des personnes et des biens, 1) aimerais-tu que ta banque bloque ton compte ? 2) Penses-tu que les gens vont investir dans un pays où ils ne peuvent pas sortir leur argent ? Réfléchis un peu sur ton commentaire et reviens nous parler de choses sérieuses :-)
a écrit le 19/03/2015 à 17:02 :
Pour information les taux Grecs à 3 ans sont à 24%. Le taux Allemand équivalent est à la même heure à -0.22%.
a écrit le 19/03/2015 à 15:51 :
la Grèce ,et , comme certains d entre nous , n ont pas les yeux de Chimène pour les tenants du libéralisme financier . Au lieu de mépriser ? essayons de raisonner . avec 1500 euros par mois et sachant que la journée n a que 24 h que deviendrait notre philosophie de la vie , Mr Attali parle pour ceux qui ont un QI de 150 mais il n échappe à personne que la moyenne est à 90 . Quid de ces sans dents ?. Un conseil il ne faut pas les désespérer !!!!
a écrit le 19/03/2015 à 14:59 :
Pourquoi un journal sérieux garde-t-il Un journaliste aussi médiocre que Godin?
Réponse de le 19/03/2015 à 17:41 :
Tant qu'il aura d'aussi médiocre lecteur que VB 51
Réponse de le 19/03/2015 à 22:37 :
Romaric Godin est un excellent journaliste, toujours informé et clair. Mais depuis un moment il se fait croire que l'Europe se bat contre Syriza, alors qu'elle se bat contre le laxisme qui risque de nous engloutir.
a écrit le 19/03/2015 à 14:24 :
Le temps s'écoule, la date butoir s'approche et les négociateurs jouent leurs dernières cartouches avant de passer une ou deux nuits de discussions de la dernière chance pour sauver la Grèce ou l'Europe, ou le Monde, suivant les sensibilités.
Le précipice est devant eux, après, ils seront satisfaits de l'accord trouvé et diront qu'ils ont fait un grand pas en avant.
a écrit le 19/03/2015 à 13:43 :
Si je comprends bien, ni la Grèce ni l'Europe n'ont des dirigeants à la hauteur. La France non plus et si les taux augmentent vu notre propre dette on va devoir aller au guichet, mais pas + de1000€ d'après Sapin. Le pirée devant nous!!
a écrit le 19/03/2015 à 13:06 :
Dijsselbloem est un psd par defaut. L'article voit juste sa contribution a l'euro groupe et au niveau de la performance de l'economie NL, laisser paraitre que tout va bien en depit des chiffres. L'UE se couvre de ridicule depuis le debut de cette histoire grecque. On peut legitimement s'interroger sur la fiabilite de Varoufakis et Syriza plus sur celle de l'eurogroupe. Ils ont demontre depuis longtemps leur incapacite.
a écrit le 19/03/2015 à 12:49 :
Au dernier decompte 352 eme article de Godin sur le sujet (mechante europe/mechante allemagne)
a écrit le 19/03/2015 à 12:37 :
Et si tout simplement la sortie de la Grèce de la zone euro était la meilleure solution... pour les Grecs ? Il faut juste faire preuve d'un peu de courage.
Réponse de le 19/03/2015 à 14:29 :
Tout à fait. Mais il y a la géopolitique. Les ÉU veulent garder la Grèce dans l'OTAN (par rapport à son encerclement de la Russie) et donc dans l'UE, sa face civile.
a écrit le 19/03/2015 à 12:37 :
Les articles de M. Godin sont toujours aussi caricaturaux et simplistes. Ce romantisme melanchonnien n'est pas franchement en phase avec ce que devrait etre la ligne editoriale d'un quotidien economique serieux. N'en deplaise a l'auteur, il n'y a pas d'un cote les gentils grecs et de l'autre les mechants creanciers radins et sans coeur. Le probleme vient avant tout du fait que SYRIZA a promis n'importe quoi pour etre elu et qu'ils semblent avoir bien du mal a accepter la realite des faits. Un temps precieux a ainsi ete perdu en palabres steriles sur le format des rencontres techniques au detriment du travail de fond et on attend toujours le debut d'une explication du nouveau gouvernement grec sur le contenu des mesures alternatives promises (ce qui est a l'origine de la colere de Dijseboem). Les pays de la zone euro ont deja beaucoup concede alors que SYRIZA n'a pour l'instant fait que mettre entre parentheses des promesses electorales intenables (ce qui n'est pas en soi une concession). Il est plus que temps que Tsipras sorte de cette ambiguite, mais en a-t'il seulement les moyens politiquement ?
Réponse de le 19/03/2015 à 13:34 :
"Le probleme vient avant tout du fait que SYRIZA a promis n'importe quoi pour etre elu et qu'ils semblent avoir bien du mal a accepter la realite des faits."

Un peu comme nos politiciens ?
Réponse de le 19/03/2015 à 16:47 :
Cher Frédéric et cher Roger,

J'espère que vos moyens vous permettent de payer vos soins médicaux... Ce n'est plus le cas pour la moitié des Grecs ! ce que je vois, c'est que jusqu'à présent, ce sont les Grecs qui ont concédé des compromis... votre idéologie néo-libérale vous conduit à vous voiler les yeux. Je vous rappelle que dans un Etat digne de ce nom, les régions les plus riches payent pour les plus pauvres... C'est ce qu'on appelle la solidarité nationale... On en est loin en Europe !
Réponse de le 19/03/2015 à 20:09 :
solidarite mais pas racket
Réponse de le 19/03/2015 à 22:03 :
@ Aurochs

Personne ne nie les souffrances bien réelles du peuple grec, ni le fait que les conséquences sociales de la crise auraient pu être mieux anticipées et traitées par la troïka et, surtout, les gouvernements grecs précédents qui seuls avaient le choix des mesures à adopter pour réduire le déficit. Mais le problème n’est plus là. Quand on est, comme Tsipras, à la tête d’un Etat en faillite, le bon sens voudrait que l’on évite de jouer les matamores avec les seules personnes encore disposées a vous prêter un peu d’argent pour boucler les fins de mois. Surtout quand ceux-ci doivent également rendre des comptes à leurs électeurs. A continuer à agir comme il le fait, il risque de rendre tout compromis impossible et entrainer le peuple grec dans un désastre bien pire encore que ce qu’il a connu jusqu’à présent.

Votre idéologie anti libérale vous fait vraiment dire n’importe quoi. Vous semblez partir du principe que l’argent tomberait du ciel et qu’il serait donc égoïste de ne pas en donner à la Grèce. Malheureusement, ce n’est pas comme cela que les choses fonctionnent et, même si l’on créerait de la monnaie à la pelle, la facture devrait quand même être un jour payée sous forme d’hyperinflation. Quant à votre prétendue absence de solidarité c’est aussi à côté de la plaque : chaque année, la Grèce reçoit de l’UE 3% de son PIB en fonds structurels, sans compter les 18 milliards d’euros des programmes qui sont allés directement financer le budget de fonctionnement de l’Etat grec. Mais il ne peut pas y avoir de solidarité sans confiance et cette confiance nécessite le respect des règles (même aux Etats Unis où les Etats ne peuvent pas voter de budgets en déficit). Et le ”track record’’ de l’Etat grec en la matière n’étant pas fameux, quand Tsipras demande une remise de dette pour lui permettre de pouvoir augmenter le salaire minimum qui est plus élevé qu’en Lettonie ou en Slovaquie ce n’est tout simplement pas acceptable pour les gouvernements de ces pays. Etonnant ?
Réponse de le 19/03/2015 à 22:30 :
Vous avez raison mais dans un état les citoyens paient leur impôt, partent à la retraite à un âge permis par les fonds sociaux, remboursent leur dette, ne trichent sur leur compte financier, etc ...
Réponse de le 20/03/2015 à 9:47 :
@frederic: l'argent ne tombe pas du ciel? On attend vos commentaires à propos des prêts à 0,05% de la BCE aux banques européennes qui peuvent désormais s'endetter quasiment gratuitement!
a écrit le 19/03/2015 à 11:57 :
Monsieur,
Je peux vous dire que par les temps et les commentaires qui courent sur la Grèce, ça fait vraiment du bien de vous lire!
Merci!
Cordialement.
a écrit le 19/03/2015 à 11:56 :
L'apprenti sorcier au départ, c'est d'abord celui qui affirme à son banquier " je vais augmenter mes dépenses, ne rien rembourser de ce que je vous dois déjà, et par contre, il faut me prêter un peu plus". Effectivement, il ne parle pas de quitter la banque, pas plus que la Grèce de quitter la zone euro !! Quand on est dans un palace en sachant qu'on a pas l'intention de payer la facture, on ne menace pas de quitter l'hôtel !! À l'origine, c'est lui, l'apprenti sorcier ! Après, que la solution proposé soit inacceptable sur la forme, voir inadaptée, peut être !? Mais au départ, c'est l'état grec qui a triché sur ses capacités à rejoindre l'Euro, qui a emprunté démesurément (on a pas affaire à un simplet qui se laisserait entrainer dans un surendettement par de mauvais conseil du banquier, là !) : ce sont des personnes élues par les grecs qui sont aux commandes de la Grèce, maintenant comme avant : aux grecs d'en payer le prix !!
Réponse de le 19/03/2015 à 12:46 :
Le départ du problème c'est que l'on a abandonné la propriété de sa monnaie pour mieux la louer!
Réponse de le 19/03/2015 à 14:31 :
« Quand on est dans un palace en sachant qu'on a pas l'intention de payer la facture, on ne menace pas de quitter l'hôtel !! »
Bravo pour la formule ! Ça résume pas mal toute cette histoire.
a écrit le 19/03/2015 à 11:42 :
Celui qui possède l'arme de la monnaie, détient l'âme du pays!
a écrit le 19/03/2015 à 11:39 :
c'est frais et reposant, et ca nous change des sempiternelles charges contre l'allemagne!!!!!!!
bon, apres, le probleme grec, c'est pas ce gars, le pb grecs, c'est les grecs ( qui viennent encore de mettre les emissaires de l'europe dehors, y a un article sur spiegel.de... histoire de signifier qu'ils veulent de l'argent mais pas d'aide, et sans aucune reforme)
dans 15 jours l'histoire est terminee... je commence a penser que varoufakis est en fait paye par AfD pour sortir la grece de l'euro le plus vite possible
a écrit le 19/03/2015 à 11:38 :
Merci pour l'article. Une question que je me pose depuis quelques semaines : il est écrit dans l'article "En levant la DEROGATION permettant d'accepter la dette hellénique comme collatérale [...] la BCE [...] n'accorde aux banques grecques qu'un accès au compte-goutte à la liquidité d'URGENCE". N'y a-t-il donc que deux manières pour la BCE d'envisager ses rapports avec la Grèce: dérogation et urgence (le E de ELA)? Quel est donc le mode normal? On croit deviner, mais cela demanderait confirmation, que le mode dérogatoire n'est pas si dérogatoire que ça...
a écrit le 19/03/2015 à 11:24 :
Toujours partisan des vielles lunes de la dépense publique envers et contre toute logique. Accumuler de la dette conduit à une situation à la grecque, et il faut savoir s'arreter à temps, quoi qu'il en coûte.
Réponse de le 19/03/2015 à 11:47 :
Tout à fait d'accord avec vous. Et l'apprenti journaliste Godin devrait arrêter de délirer, il est complètement à côté de la plaque.
Réponse de le 19/03/2015 à 11:52 :
Ah ouais, en Espagne, Irlande, USA... ce sont les dépenses publiques qui ont provoqué les problèmes ? Vous êtes sûr ?
Réponse de le 19/03/2015 à 12:13 :
- "il faut savoir s'arrêter à temps, quoi qu'il en coûte". Mais qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Est-ce l'objectif ultime et absolu d'une société de ne pas trop s'endetter? Faut-il TOUT sacrifier à cet objectif? Il me semble que si chaque fois que vous empruntez 1 euro, vous en créez 2, alors vous seriez bien inspiré de vous endetter à l'infini...
- Heureusement pour nous tous, nous avons "muppetchaud" pour distinguer les vrais journalistes des apprentis et nous dire quels sont ceux qui délirent ou sont à côté de plaque... De mon point de vue, R. Godin est peut-être le seul chroniqueur régulier de la situation grecque qui soit honnête et compétent et sache éviter les mensonges et la démagogie.
Réponse de le 19/03/2015 à 12:47 :
@W : Ce que Mr Godin ne dit pas, c'est que les "réformes structurelles" sont réclamées partout par Bruxelles (on le voit en France de plus en plus avec bientôt la remise en question du CDI, qu'en dit-il Mr Godin ?), la Grèce n'est que le cas extrême du traitement appliqué par les institutions européennes.

Ce qui me gêne chez ce monsieur, c'est qu'il dénonce cette politique en s'imaginant qu'elle ne relève que d'une volonté de quelques uns des dirigeants de l'UE et qu'on peut la faire basculer.

Non, on ne peut pas la faire basculer parce qu'elle porte les gênes d'un libéralisme à outrance dans son fondement même que sont les traités européens. Si on ne veut plus de cette politique, alors il suffit de sortir de l'UE, c'est aussi simple que ça.
Réponse de le 19/03/2015 à 12:56 :
Toujours cette lubie de confondre "moyen" et "but" qui amène a de tel raisonnement, la monnaie n'est qu'un "moyen" économique d'échange, il n'est pas un "but" sauf pour.. Picsou!!
Réponse de le 20/03/2015 à 11:49 :
La grand problème, c'est que justement l'accumulation de monnaie est devenue une fin, ant et si bien que cette masse monétaire ne s'investit que moyennement dans l'économie réelle et crée des bulles... qui éclatent de temps en temps. Autrement dit, la politique s'est effacée devant Picsou !

1er résultat : il n'y a plus ni gauche ni droite puisque tout le monde est d'accord sur le rôle prééminent des marchés.

2ème résultat : le débat politique se résume maintenant à l'anathème, à l'insulte, au dénigrement sans fondements... Voir la loi Macron vilipendée par la prétendue droit au seul motif qu'elle a été votée par une prétendue gauche. Ce pauvre monsieur Godin en fait d'ailleurs les frais puisqu'il ose ne pas dire comme tous les bien pensants de la pensée dominante.

4ème résultat : le peuple Grec duquel vient l'idée de Démocratie, vient de nous rappeler ce qu'elle doit être. L'union Européenne n'en est donc pas une puisqu'elle ne ne prend en compte que les Picsou et non l'intérêt des peuples. C'est grave !

Pour ma part, je ne suis ni pro ceci ou anti cela... Je suis Français et seul m'importe les intérêts de mon pays. Et celui-ci, en perdant sa souveraineté au profit de quelques technocrates idéologues non élus va droit dans le mur.
Réponse de le 20/03/2015 à 12:31 :
@TC: je ne comprends pas pourquoi l'UE serait condamnée et génétiquement programmée à n'être que ce qu'elle est aujourd'hui. Si c'est la faute des traités fondateurs, alors essayons de les changer. Pourquoi ne pourrions-nous pas le faire ?

Par contre, l'UE est certainement condamnée à n'être rien d'autre que ce que l'on en fera: si on veut en faire un club chrétien chargé d'organiser des croisades contre les forces du mal, c'est ce qu'elle deviendra. Si on veut en faire une union de type soviétique, c'est encore ce qu'elle deviendra. Etc.

Oui, on peut quitter une union lorsque l'on est pas content de sa politique. Mais la démocratie donne aussi le droit aux mécontents de se battre pour changer ces politiques. Et l'histoire nous montre qu'il arrive même que les mécontents parviennent à s'imposer.
Réponse de le 20/03/2015 à 14:41 :
M. TC : Sortir de l'UE n'est pas simple, la lecture des traités montre que c'est quasiment impossible, si l'on veut respecter les traités à la lettre ! Evidemment, si un pays par référendum par exemple arrivait à la conclusion qu'il lui paraît essentiel de quitter L'UE, il pourrait toujours le faire : ce serait un acte politique fondateur, un peu comme le coup d'Etat de De Gaulle et la naissance de la 5e république.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :