Grèce : un "noeud coulant" toujours plus serré...

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La situation financière de l'Etat grec devient très tendue.
La situation financière de l'Etat grec devient très tendue. (Crédits : HEINZ-PETER BADER)
La situation de plus en plus critique des finances de l'Etat grec rend désormais obligatoire un accord dans les prochains jours. S'il n'est pas trouvé, les événements pourraient se précipiter...

Encore une semaine décisive pour la Grèce... Mais celle-ci et la suivante risquent de l'être un peu plus que les précédentes. Le gouvernement grec s'est en effet donné comme objectif de parvenir à un accord avec les créanciers d'ici à la fin de la semaine.

L'objectif est d'obtenir suffisamment de temps après cet accord de principe pour le valider par une réunion extraordinaire de l'Eurogroupe, puis par la décision officielle du FESF (Fonds européen de Stabilité financière, aujourd'hui pris en charge par le Mécanisme européen de Stabilité, MES), qui gère le programme.

Certains pays, comme l'Allemagne, doivent en effet obtenir une validation parlementaire de l'accord pour donner leur feu vert avant que le FESF ne débloque tout ou partie des 7,2 milliards d'euros qui restent disponibles dans le programme « d'aide à la Grèce » de 2012.

Les échéances de la Grèce envers le FMI

Si un accord n'est pas trouvé cette semaine ou en début de semaine prochaine, un défaut grec semble inévitable. La Grèce doit en effet faire face à plusieurs échéances de remboursement du FMI début juin. Le 5 juin, le pays devra ainsi verser 298,9 millions d'euros à l'institution de Washington. Une semaine plus tard, le 12 juin, ce sont 336,3 millions d'euros qui devront être versés au FMI. Le 16 juin, 560,5 millions d'euros devront être payés aux mêmes créanciers, puis, le 19 juin, une autre échéance de 336,3 millions d'euros est due.

En tout, entre le 5 et le 19 juin, pas moins de 1,532 milliard d'euros doivent être remboursés en juin au FMI. Des sommes qui seront très difficile à rassembler.

La crise de liquidité de la Grèce

On savait déjà que le pays avait eu beaucoup de difficultés à pouvoir honorer son échéance de 756 millions d'euros au FMI le 12 mai. Il ne l'avait fait qu'en recourant à ses 650 millions d'euros de droits de tirage spéciaux mis à sa disposition par le FMI en cas de catastrophe naturelle. Le FMI s'est donc remboursé seul, Athènes ne déboursant qu'une centaine de millions d'euros. Une méthode qui, pour n'être pas inédite dans l'histoire du FMI, n'en prouve pas moins la difficulté de liquidité de l'Etat grec.

On en a eu confirmation ce week-end : le quotidien conservateur grec Kathimerini a indiqué qu'Alexis Tsipras avait écrit à Mario Draghi, Jean-Claude Juncker et Christine Lagarde, qu'il ferait défaut le 12 mai si la BCE n'acceptait pas de verser les 1,9 milliard d'euros d'intérêts touchés sur la dette grecque qu'elle détient. La BCE s'est engagée à reverser à Athènes cette somme, comme elle l'a fait en 2014 sur les intérêts de 2013, mais elle refuse de verser les fonds, les conditionnant à un accord avec les créanciers.

Difficulté à mobiliser les fonds des entités publiques

Que retenir de cette péripétie ? D'abord, mais ce n'est pas une surprise, que les caisses de l'Etat grec sont vides. Il semble que la décision prise le 20 avril de mobiliser les réserves des entités locales ne soit pas encore réellement suivi d'effet.

Selon des sources journalistiques grecques, seules quatre des 325 communes auraient ouverts un compte à la Banque centrale grecque pour verser ces réserves. « nous avons des difficultés avec les municipalités », confirme une source grecque.

Or, cette mobilisation des réserves publiques étaient le dernier recours du gouvernement pour tenir jusqu'en juin ses échéances. Deux milliards d'euros auraient ainsi été disponibles, mais la mauvaise volonté des élus locaux semblent mener le pays au défaut.

L'échéance des salaires et pensions

Du coup, et c'est le deuxième élément que l'on apprendre des informations de ce week-end : la gestion des finances de l'Etat grec se fait au jour le jour, ce que des sources gouvernementales grecques avait confirmé fin avril à La Tribune. Dans ces conditions, un défaut peut survenir à chaque échéance.

Mais surtout, une menace plane sur les versements des salaires et des retraites. Et ce, dès la semaine prochaine. Du 27 au 30 mai, l'Etat doit en effet verser, selon des sources gouvernementales, 1,1 milliard d'euros de salaires et de retraites. Un paiement anticipé de la moitié des salaires, soit 500 millions d'euros, avait été versé au 15 mai. Preuve, là encore, des difficultés de gestion de l'Etat. Le gouvernement préfère pouvoir payer lorsqu'il en a les moyens.

Ce lundi 18 mai, le porte-parole du gouvernement grec a cependant assuré que ces échéances seraient honorées. C'est donc bien la période allant du 5 au 19 juin et les remboursement au FMI qui semblent désormais poser problème. Car désormais, le fonds spécial est épuisé.

Le défaut et ses conséquences

Bref, le « nœud coulant » qui a été noué autour du cou de l'Etat grec à partir des élections du 25 janvier commence à étrangler sérieusement le pays. Nous entrons donc dans la phase finale de cette nouvelle crise grecque. En cas d'échec des négociations cette semaine, le défaut de la Grèce vis-à-vis du FMI semblera difficilement évitable. En soi, ce défaut ne déclenchera pas de cataclysme immédiat. Il ouvrira une « période de grâce » de 30 jours au-delà de laquelle le FMI devra déclarer le défaut de son débiteur.

Dans ces conditions, le FESF devra suspendre le programme et peut alors demander le remboursement immédiat des fonds versés à la Grèce. Soit pas moins de 139,1 milliards d'euros, provoquant un nouveau défaut de l'Etat grec qui ne sera pas davantage en mesure de rembourser les 6,7 milliards d'euros dus à la BCE en juillet et août. Dès lors, la Grèce ne pourra plus compter sur aucune aide extérieure. La BCE pourrait aussi alors couper le robinet de l'aide à la liquidité d'urgence.

Le Grexit...

Dès lors, la Grèce n'aura pas d'autres ressources pour payer les traitements des fonctionnaires et des retraites, mais aussi pour permettre à son économie de fonctionner que de sortir de la zone euro ou d'émettre une monnaie parallèle, notamment sous la forme de bons du gouvernement (« IOU ») ayant valeur monétaire.

Mais cette dernière option ne peut être que temporaire, la « mauvaise monnaie chassant la bonne. » Cette monnaie risque rapidement de se dévaluer rapidement et de faire disparaître les euros de la circulation, faisant de facto sortir la Grèce de la zone euro.

Rappelons alors qu'une telle option ne sera pas sans effets sur le reste de la zone euro, quoi qu'en disent certains analystes. Outre la perte des sommes versées à Athènes, les « partenaires de la Grèce » devront faire face aux pertes du système Target 2 de la BCE et aux conséquences politiques et financière de la fin de l'irréversibilité de l'euro. A noter que cette option peut devenir réalité sitôt que le paiement des salaires et des pensions devient impossible...

Le jeu de poker continue

On n'en est certes pas encore là. Mais désormais, il est impossible de ne pas envisager ce scénario comme proche et possible. Le jeu de poker entre Athènes et ses créanciers devient donc de plus en plus tendu. D'autant que, malgré quelques concessions supplémentaires grecque, les données du problème restent les mêmes depuis deux mois. Les créanciers exigent une capitulation sans conditions des Grecs. C'est « tout ou rien » : toutes les réformes exigées ou pas un centime.

En face, les Grecs s'en tiennent à leurs lignes rouges (pas de baisses des pensions, pas de report de l'âge légal de départ à la retraite, pas de réforme du marché du travail). Dans ce face-à-face, chacun espère que l'autre à plus peur que lui des conséquences d'un défaut et d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Mais chaque jour, cette peur devient de plus en plus concrète.

Qui a peur du Grexit ?

Qui a le plus peur du Grexit ? Difficile à dire. Mais on surestime souvent la peur grecque et l'on sous-estime celle des créanciers. La décision du FMI d'accepter le recours au fonds d'urgence prouve que l'institution de Washington n'est pas prête à prendre le risque d'un défaut si elle peut l'éviter.

De même, si la BCE n'a pas libéré les 1,9 milliard d'euros d'intérêts, elle n'a pas durci, comme le voulaient certains, les conditions d'accès à l'ELA, la liquidité d'urgence, qui aurait rendu le Grexit encore plus proche. De son côté, les concessions du premier ministre grec ne sont pas forcément un signe de faiblesse et sa position interne lui interdit toute capitulation.

Le choix difficile d'Angela Merkel

Une des clés de la crise réside sans doute dans la chancellerie à Berlin. Angela Merkel est la seule à pouvoir imposer une solution de compromis aux créanciers. Pour l'instant, elle semble compter toujours sur le fait qu'Alexis Tsipras finira par céder.

Le chef des parlementaires CDU Volker Kauder, un proche d'Angela Merkel a appelé dimanche Athènes à « mettre en place les réformes » pour obtenir les fonds européens. Mais si Athènes ne capitule pas, la chancelière va une nouvelle fois, comme en 2012 et en février dernier choisir. Soit suivre la ligne de son ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, favorable à un Grexit si Alexis Tsipras ne cède pas. Soit faire des concessions pour faciliter un accord. Jusqu'ici, elle a toujours choisi la deuxième solution, souvent comme une option temporaire. Mais cette fois, il n'est guère possible de gagner du temps. Une fois la Grèce en défaut, la mécanique risque de s'emballer.

Le choix de la chancelière n'est pas facile : critiquée actuellement à sa gauche et à sa droite, elle risque, dans tous les cas, de se faire des ennemis outre-Rhin. Voilà pourquoi elle préfèrerait sans doute qu'Alexis Tsipras cède d'abord. Les conséquences politiques d'un accord semblent devenir un mistigri aussi encombrant que la dette elle-même...

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a écrit le 20/05/2015 à 0:21 :
"Alors que ces échéances approchent à grands pas, un sondage réalisé par l'université de Macédoine pour la chaîne de télévision Skaï et dont les résultats ont été rendus publics mardi montre que les Grecs commencent à douter. Pour la première fois depuis février, la majorité des personne interrogées (41%) jugent que la stratégie suivie par le gouvernement grec dans les négociations n'est pas bonne. 35% ont une opinion positive de cette stratégie, moitié moins qu'en février." AFP

On attend l'analyse de Romaric...
Réponse de le 20/05/2015 à 7:55 :
"On attend l'analyse de Romaric..." : pas besoin, vous etes assez grand pour la faire tout seul. Personnellement, je suis dans les 41%. Je pense que continuer a négocier de la sorte n'est pas une bonne solution. Le gouvernement doit faire défaut, et appliquer la politique pour laquelle il a été élu.
A mettre en parallèle avec les autres questions : que pensez vous que le gouvernement doive faire maintenant (élections, referendum, ...), les grecs ont répondus : faire voter le parlement. Pour qui voteriez vous en cas d'elections : syriza 36,5%, ND 15,5%, nazi 8%.
a écrit le 19/05/2015 à 14:44 :
La Grèce a-t-elle choisi la bonne stratégie en pensant qu'elle pourrait négocier avec les Gouvernements Eurocrates ? Les Grecs, on fait des concessions considérables dès le 20 fevrier. Il faut être aveuglé par la défiance à l'égard de cette gauche radicale pour le contester ( poursuite des privatisations engagées, pas de revalorisation du salaire mini, programme humanitaire revu à la baisse, etc) Des concessions terribles quand on les resituent dans le contexte dramatique dans lequel vit le peuple Grec. Mais si Syriza sait qu'une frange importante de la population soutient le gouvernement, les dirigeants grecs n'iront pas au-delàs de ces concessions. Mais les dirigeants européens dans une Europe bien malade vont-ils prendre la décision qu'ils aimeraient bien prendre (ça les démange !). "Le Grexit " leur fera-t-il du tort ou du bien ? Coup de Poker ! Peuvent-ils se permettrent de laisser Syriza reprendre pied, en courant le risque majeur que Syriza arrive à sortir peuple Grec du marasme ?
a écrit le 18/05/2015 à 20:41 :
Leur dette globale ne sera jamais remboursée car c'est mathématiquement impossible.
Donc, soit, ils font plaisir à Bruxelles pendant encore 50 ans, remboursent miette par miette, en ruinant la population, en vendant le pays entier, en faisant disparaître la nation,
Soit, il sorte de suite, font défaut, et Bruxelles (et nous) s'assoit sur ces 140 milliards.
L'armée russe protégera militairement son nouvel allié donc "calme, il y aura".
Que feriez vous à leur place ? hum ?
La vrai peur de Bruxelles n'est pas qu'ils sortent, mais qu'ils se relèvent ensuite.
Réponse de le 18/05/2015 à 21:42 :
+1
Réponse de le 18/05/2015 à 22:30 :
@Richard78: 1) la Russie n'est pas intéressée par la Grèce. Il est possible qu'elle dépense quelques millions pour casser la dynamique des sanctions à son égard, mais pas plus. 2) la dette actuelle, c'est 320 milliards, pas 140. 3) Quand on a des dettes, on vend en effet les bijoux de famille pour les rembourser. 4) la Grèce appartient à l'Empire ottoman et je suis certain que les Turcs seront ravis de reprendre ce pays dans leur giron :-).
Réponse de le 19/05/2015 à 8:36 :
vos commentaires c'est n'importe quoi!
l'empire ottoman n'existe plus depuis un siècle.! et la Grèce n'a jamais appartenu au sens ou vous l'entendez à l'empire ottoman...
Réponse de le 19/05/2015 à 10:50 :
C’est quoi, ce nouveau délire ? La Grèce, un pays ottoman ? Arrêtez d’affabuler et de transformer vos frustrations personnelles en mensonges. La Grèce n’a rien d’ottomane. Pas plus qu’elle n’est moyen-orientale. La Grèce a été, est et reste avant tout balkanique. La « porte ouverte sur les Balkans », comme la Grèce se présente parfois elle-même ... Ce que vous sauriez si vous viviez réellement dans le pays.
D’autre part, contrairement à ce que des politiciens européens véreux tentent de faire gober à un populo de décérébrés, la Grèce n’a strictement rien à rembourser à qui que ce soit. Jusqu’à présent la pseudo-aide à la Grèce, imposée de force pour sauver les banques françaises et allemandes, a rapporté des sommes colossales à certains institutions à la déontologie très élastique (bce, ..) et à quelques états-voyous, France en tête. En outre, une jurisprudence internationale existe depuis longtemps, qui stipule expressément qu’en prêtant de l’argent (à un Etat), le prêteur prend de facto le risque de ne pas être remboursé et doit assumer ce risque. Ce n’est pas à l’emprunteur de l’assumer. Entre vos délires d’immigré frustré et la réalité, il y a une marge que, manifestement, vous n’avez pas les compétences ou la simple honnêteté d’assumer.
Réponse de le 19/05/2015 à 11:39 :
Attendez, vous osez parler ainsi a un "professionnel de qualité" dont le "métier l'oblige aussi à être au courant des évènements économiques et financiers de ce monde". Vous vous rendez compte que c'est bien lui qui a raison, et le reste du monde qui a tort ?
Réponse de le 19/05/2015 à 17:27 :
@oreste et consorts: bon, vous n'êtes sans doute pas restés suffisamment sur les bancs de l'école pour savoir que la Grèce a appartenu pendant plus de 500 ans à l'Empire ottoman et que cela a laissé des traces indélébiles. Le nier, c'est dire que les Romains n'ont eu aucune influence sur la France (et d'autres pays) ou que les Espagnols n'ont pas eu d'influence sur les Philippines :-) On pourrait citer de nombreux autres pays dans la même situation :-)
Réponse de le 19/05/2015 à 19:19 :
De quelles traces parlez vous ? Expliquez vous c'est incomprehensible sinon !
a écrit le 18/05/2015 à 17:45 :
Article intéressant comme tous les autres publiés par Romaric. Mais il existe une omission systématique: depuis 2009, Angela Merkel, l'ensemble de la classe politique allemande (hors Die linke, c'est à dire rien....) et les classe politique d'Europe du Nord et de l'Est (écrasante majorité) VEULENT la sortie de la Grèce de l'Euro.
Pas pour un problème économique mais pour un problème moral. Les Grecs ont menti et ils doivent donc quitter le club.
Cela peut paraître exagéré ou bizarre pour des européens du Sud habitués à des arrangements avec les règles mais les opinions publiques majoritaires vont dans ce sens.
Ce n'est pas un problème d'argent, c'est le refus "d'un destin commun" avec une population dont on ne se sent pas solidaire....
Dans ces conditions le plus tôt est le mieux....
Réponse de le 18/05/2015 à 18:04 :
"depuis 2009, Angela Merkel, l'ensemble de la classe politique allemande (hors Die linke, c'est à dire rien....) et les classe politique d'Europe du Nord et de l'Est (écrasante majorité) VEULENT la sortie de la Grèce de l'Euro." : je doute fortement qu'Angela Merkel souhaite être en partie responsable du chaos en europe qui s'en suivra quasi certainement. Vous me direz, jamais deux sans trois, ...
Réponse de le 18/05/2015 à 20:13 :
@Fx: "chaos", "armageddon", "après moi le déluge", etc. Je vais te rassurer, après toi y en a un autre :-)
Réponse de le 18/05/2015 à 21:08 :
Vous n'êtes pas tres clair. Expliquez ?
a écrit le 18/05/2015 à 17:34 :
Tres bon article, bien documenté et equilibré, comme d'habitude :)
La suite des événements semble de plus en plus prévisible : le défaut grec, et la sortie de l'euro. Plusieurs dirigeants de Syriza, pas forcement les plus a gauche, plaident maintenant pour un défaut grec rapide. Ni la Grece ni les contribuables européens n'ont a payer pour l'obstination de l'UE !
La Grece a survecu pendant plus de 4500 ans sans l'euro, elle s'en remettra ! Zito H Ellada !
Réponse de le 18/05/2015 à 20:29 :
Si le duo grec avait envie de sortir de la zone euro, on s'en serait aperçu il me semble. Je ne lis pas dans le marc de café, mais je penche pour un accord bancal de dernière minute qui ne satisfaira personne mais qui permettra à Tsipras de "crier victoire". Entre temps les Grecs se retrouvent sans excédent primaire et en récession à nouveau. Beau résultat.
Réponse de le 18/05/2015 à 21:07 :
J'ai des doutes sur votre scénario. Le gouvernement precedent, composé de la droite et de la gauche, pourtant avec la majorité absolue, n'a pas réussi a imposer le vote de nouvelles mesures d'austérité sur la fin, comment imaginer que Tsipras y arrivera avec un gouvernement majoritairement Syriza ? Meme si Tsipras et Varoufakis cedaient subitement après 3 mois de refus, ce dont je doute (pour citer Varoufakis "Alors, je le dis clairement : 'la mort est préférable.' Le vrai déficit de la Grèce, c'est un déficit de dignité."), ils n'arriveraient jamais a convaincre le parlement.
Il reste 3 scénarios possibles : soit l'Europe verse a la Grece de l'argent pour rembourser la dette, moyennant plus de dette, soit l'Europe accepte un effacement, ou un delai de paiement, ou que sais-je encore, soit la Grece sort de l'euro.
Réponse de le 18/05/2015 à 22:24 :
Il en existe un autre : le référendum grec sur leur maintien en Europe avec la possibilité d une éviction de Tsipras à la clé
Réponse de le 19/05/2015 à 8:32 :
Il est impossible de faire un referendum sur cette question, contrairement a ce que Tsipras avait annoncé. Que pensez vous qu'il va se passer pendant les plusieurs semaines que nécessitent un referendum sur la question ? Ce sera le chaos total, et la Grece sera exsangue. Si la Grece doit sortir de l'euro, ça se fera en quelques heures maximum !
a écrit le 18/05/2015 à 17:29 :
Quelle est la position de la France ?
Sarkozy a menacé l’Allemagne d'accepter le plan d'aide pour la Grèce sinon la France sortirai de l'euro !
Réponse de le 18/05/2015 à 18:01 :
La position de qui ?
a écrit le 18/05/2015 à 17:23 :
Ce que les Grecs n'ont pas voulu payer en impôt, ils vont le bouffer en drachmes x 2
Ceux qui croient s'en sortir, assis sur un tas d'euros dans leur pays vont se confronter à un contrôle des sorties de devises et à de probables saisies d'un état aux abois, et encore dans le meilleur des cas
Ceux qui ont planqué leur magot à l'international ont une chance de s'en sortir en comptant sur l'hypocrisie complaisante des états hébergeant leurs deniers.... mais seront des parias dans leur pays et très mal vus dans le reste de l'europe, qui pourquoi pas, pourra les ponctionner pour payer la dette grecques non remboursée
Reste les conséquences du Grexit sur le reste de la zone et c'est ce qui à l'air davantage de préoccuper les américains que les européens.... inquiétant tout cela !!!
a écrit le 18/05/2015 à 17:20 :
Après que Jean Claude Junker ait expliqué aux Grecs que “les élections ne changent pas les Traités”, Merkel, puis Hollande, rappellent que “la libre circulation des capitaux, des hommes, des marchandises et des services, n’est pas négociable”.
Je ne sais pas combien de temps il faudra pour que les Grecs et ceux qui soutiennent le gouvernement grec, comprennent qu’il n’est pas possible de changer les Traités, ni de changer l’ Union européenne !?

L’Union européenne est à prendre ou à laisser. Faire croire qu’on peut changer les Traités, c’est prolonger l’agonie de la Grèce et des Grecs. La survie, c’est de se rassembler pour en sortir. Poutine, en invitant la Grèce à faire partie de la Banque du BRICS en a déjà fait un geste auquel, d'ailleurs,a été fort bien accueilli à Athènes. Il y en a eu un autre clin d'oeil de la Chine aussi.
La sortie ne nécessite que l’avis des citoyens grecs. Et pas l’avis de Merkel, du FMI, de Hollande, de Junker, ou d’attendre le bon vouloir des 27 autres pays désunis sous le nom d'UE..
a écrit le 18/05/2015 à 17:10 :
Le noeud coulant est autour du cou des pays européens, pas vraiment autour de celui de la Grèce, qui elle n'a rien à perdre, l'Europe et le Monde beaucoup !
a écrit le 18/05/2015 à 16:11 :
Monsieur Godin, vous avez absolument raison d'insister que le gouvernement grec ne redoute pas tant le defaut de paiement. Elle est y même prête comme le montre l'esprit de resistance de Monsieur Tsipras.
Il faut bien bien garder a l'esprit que l'absence de versement des fonds a la Grece depuis le mois d'août 2014 a entraîne de nouveau le pays en recession. En somme, le pays a deja un lourd tribut pour avoir ose tenir tête aux "Institutions". Desormais, la peur va desormais s'installer dans le camp des creanciers avec le sceptre d'un defaut de paiement de plus en plus inevitable.
Réponse de le 18/05/2015 à 23:32 :
Détrompez vous, la Bundesbank à déjà préparé un retour à la drachme y compris fiduciairement....
et ce depuis Décembre 2014.
Réponse de le 19/05/2015 à 0:11 :
La peur comme vous le dites n est plus chez les créanciers
Par ailleurs les créanciers se sont même fait à l'idée d un référendum grec sur le maintien dans l. UE
Et la, pas sur que le résultat du référendum ne fasse peur à Tsipras
Quant aux conséquences de la sortie de la Grèce de l UE je penses que cela peut-être très salutaire, car cela remettrait à l ordre du jour une Europe plus ramassée, donc plus forte pour relance la convergence des politiques économiques et fiscales nécessaires pour poursuivre l unification européenne
Réponse de le 19/05/2015 à 8:50 :
Salutaire pour la Grece, surement, comme l'histoire le prouve, et comme le predisent nombre de specialistes de la question. Je n'ai pas la prétention d'en faire partie, mais je constate a mon humble niveau que l'euro est bien trop fort pour un pays comme la Grece.
Mais si la Grece profite de cette sortie, qui empêchera l'espagne ou le portugal d'en faire autant, ou meme l'Italie ? Apres, ce serait peut être salutaire pour l'Europe elle meme, pas pour l'euro ! Et pour votre information, on parle bien d'une sortie de l'euro, en aucun cas une sortie de l'europe. La Grece a été parmi les 10 premiers pays a faire partie de l'Europe je vous le rappelle !
La plus grande peur des dirigeants europeens, c'est que la Grece s'en sorte hors de l'euro. Ca signifierait tout simplement la fin de l'euro.
a écrit le 18/05/2015 à 15:49 :
L'Europe paiera pour éviter un possible cataclysme. On remue du vent...
Réponse de le 18/05/2015 à 17:42 :
Le tout sur ordre des USA. La finance deteste l'incertitude !
a écrit le 18/05/2015 à 15:01 :
Les apprentis sorciers ont mis le feu en balayant les accords en vigueur, pourtant signés par un gouvernement grec légalement élu. Ils ont ensuite jeté de l'huile sur le feu en se montrant arrogants, méprisé les créanciers qui les avaient aidés, et pratiqué le chantage au chaos. Le soi disant "noeud coulant" est leur oeuvre. Ils avaient promis au peuple grec la fin de l'austérité, mais ils seront, quelle que soit l'issue, responsables d'un misère encore plus grande. Les grecs espéraient avoir élu des pompiers, ils découvrent qu'ils ont des pyromanes.
Réponse de le 18/05/2015 à 17:39 :
Onze, ou le monde vu par des yeux d'enfant !
Eux c'est les mechants, comme la coree du nord, nous les gentils, comme les usa !
Réponse de le 18/05/2015 à 17:41 :
Les grecs ont élus Tsipras après 5 ans d'humiliation, pour tenir tête a l'Europe et sortir le pays de l'orniere. La première tache est aujourd'hui remplie, avec des grecs fiers d'être grecs. Ne presagez pas trop vite de la deuxième !
Réponse de le 18/05/2015 à 21:35 :
les Grecs (surtout les fonctionnaires) n'ont fait en faite que des reformes a minima
Exemple : régime de retraite des fonctionnaires pratiquement inchangé.
Renseignez vous un peu Fx vous "the specialist" de la question
Réponse de le 18/05/2015 à 22:36 :
Les Irlandais, les Portugais et les Espagnols ont aussi subit des humiliations
Ils ont la fierté d avoir redresser leur pays er d être au rendez-vous de la croissance européenne
Non seulement ils peuvent parler haut et fort lors des réunions européennes mais en plus ils ne sont pas prêts d admettre que la Grèce qui a bénéficié d une remise de dette conséquente s exonère des obligations que ses dirigeants quelqu'ils aient été ont pris au nom du peuple grec
Le reste relève du pilotage de politiques qui veulent vivre avec l argent de l'Europe sans en accepter les règles
Réponse de le 19/05/2015 à 9:04 :
Cessez de parler des Irlandais, des Portugais ou des Espagnols. Parlez de leur dirigeants si vous voulez, dirigeants qui d'ailleurs ne feront pas long feu, mais pas des peuples. Parce que les peuples, eux, sont encore tres loin de pouvoir imaginer profiter d'un début de redressement. Il faut vraiment être aveugle ou lobotomisé par les médias pour proferer de telles inepties. Tous les pays que vous citez sont ruinés, et pour longtemps ! Voyagez, vous vous ferez une idée par vous meme !
Réponse de le 19/05/2015 à 9:07 :
Toujours la lubie des fonctionnaires, hein AMS ?
Pourtant, presque 300 000 fonctionnaires en moins sur 700000, ça fait une belle réduction. Et -75% sur les pensions moyennes, plus suppression du 13e mois, ça fait deja une belle chute. Mais c'est pas assez pour vous j'imagine ? Il fallait aussi les parquer dans des camps ?
a écrit le 18/05/2015 à 14:55 :
Merci pour cet éclairage.
Il y a une chose que je ne comprends pas: d'après IMF open source, il y a un planning de remboursements (est-il erroné ?) où figurent des échéances de Tbills d'environ E 10 Mlds en 2015 et cela n'est jamais évoqué. Pourtant, c'est le défaut immédiat en cas de non paiement.
Cordialement
a écrit le 18/05/2015 à 14:43 :
Si le gouvernement grec peut lever (en théorie) deux milliards d'euros grâce aux réserves des "entités locales" qu'il le fasse. Mais les entités en question attendent que le contribuable européen paie : la preuve, seules 4 sur 325 l'ont fait... Par ailleurs, l'église et les gros armateurs grecs ne paient rien comme impôts alors qu'ils en ont les moyens. La fraude est un sport national. Mais même avec 2 milliards de trésorerie, je pense que cela ne permettra pas de sauver la situation. Ils ont maquillé les comptes pour entrer dans l'UE. Ils sont co-responsables de leur situation. Ils sont contre l'impôt qu'ils ne veulent pas acquitter dans leur grande majorité, mais demandent aux autres de les assumer pour eux... Nos politiques (Giscard et autres) sont tout autant complices de cette misère : nous, en tant que contribuables, on a assez donné : arrêtons cela. Le grexit semble inévitable et mérité.
Réponse de le 18/05/2015 à 15:17 :
👍👍 avec toi , eux veulent pas payer mais nous , déjà surendetté on doit payer à leur place ! Un jour , faut prendre sa perte et passer à autre chose ! Je crois qu'il est l'heure pour tout de monde que cette histoire se termine !
Réponse de le 18/05/2015 à 15:39 :
C'est exactement ce que j'ai écrit : "Nous, en tant que contribuables, on a déjà donné. Arrêtons... ".
a écrit le 18/05/2015 à 14:34 :
"c'est le deuxième élément que l'on apprendre des informations"?
Réponse de le 18/05/2015 à 15:15 :
"malgré quelques concessions supplémentaires grecque,"
"chacun espère que l'autre à plus peur que lui"
"aux conséquences politiques et financière"...

Repose-toi Romaric.

Sur le fond, j'aime beaucoup le:
"seules quatre des 325 communes auraient ouverts un compte à la Banque centrale grecque pour verser ces réserves. « nous avons des difficultés avec les municipalités », confirme une source grecque."
Réponse de le 18/05/2015 à 17:45 :
Oui c'est assez drôle ! Malgré tout il faut dire que de nombreuses communes n'ont plus un rond, et donc pas grand chose a transférer !
a écrit le 18/05/2015 à 14:26 :
pour info, les allemands pensent qu'un compromis est quasiment impossible, si ca peut donner une idee sur ce qui va se passer
bien cordialement
winston
http://www.faz.net/aktuell/wirtschaft/eurokrise/griechenland/griechenlands-staatschef-alexis-tsipras-vor-dem-abgrund-13596931.html
Réponse de le 18/05/2015 à 17:44 :
Les allemands feront exactement ce que les USA leur diront de faire. Espionner des entreprises françaises ? Kein Problem ! Sauver la Grece ? Kein Problem !
Réponse de le 18/05/2015 à 17:53 :
@churchill:" pour info, les allemands pensent qu'un compromis est quasiment impossible"
pensent ou décrètent? et la voix des autres pays européens? et la France où est elle?
bonne fin de journée.
a écrit le 18/05/2015 à 14:19 :
Le vrai drame de cette affaire, c'est que la solution soit dans les mains d'un seul pays, celui qui aurait intérêt à la mort de la ZE telle qu'elle est.

Le seul obstacle pour l'Allemagne, c'est qu'elle ne veut pas prendre devant l'histoire la seule responsabilité d'une telle décision.

Une des fâcheuses conséquences de la dissolution du tandem franco allemand devenu depuis des années une mésentente cordiale.

Le 2° PIB de la ZE est inaudible et pour tout dire bien silencieux sur ce dossier.
Réponse de le 18/05/2015 à 16:01 :
@LiveStrong: l'Allemagne n'a pas le pouvoir de prendre des décisions unilatérales, même si l'envie ne doit pas lui en manquer vis-à-vis de la Grèce :-) En outre, d'autres pays, dont l'Espagne, le Portugal, la Finlande, etc., sont contre la Grèce, ce qui veut dire que la solution est en effet dans les mains d'un seul pays: la Grèce :-)
a écrit le 18/05/2015 à 14:19 :
et j'oublais ;-))))
ils ont choisi democratiquement tsipras en votant democratiquement pour lui
a eux d'en assumer les consequences democratiques au lieu d'expliquer que ceux qui n'ont pas vote democratiquement pour lui n'ont qu'a payer les pots casses
( raisonnement valable egalement pour le cas francais!)
a écrit le 18/05/2015 à 14:17 :
la grece triomphante n'a pas plus de noeud coulant qu'il y a un mois
oui ils ont joue avec le feu, oui ils ont ete prevenus, oui ils ont ete plus arrogants que des francais ( c'est pas peu dire!!!), oui ils n'ont fait aucune reforme, oui ils ont perdu les 4 mois qu'ils avaient a disposition
oui ils vont devoir reimprimer de la drachme ou des I owe you pour payer les fonctionnaires et les retraites avec de la monnaie de singe
oui les grecs vont desormais deguster, oui ils vont devoir se mettre a payer LEURS impots!
non, personne n'a envie de pleurer
Réponse de le 18/05/2015 à 23:35 :
Les drachmes sont déjà réimprimées et prêtes à l'envoi en Grèce....
Stock a Heidelberg et Leipzig... :-)
Réponse de le 19/05/2015 à 9:17 :
Oui bien sur, histoire de prouver que la Grece ne peut meme pas revenir a sa monnaie toute seule, il faut absolument l'aide de l'impérialiste mais magnanime allemagne. Je vous signale a tout hasard que Otto n'est plus roi de Grece, hein !

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