Grèce : les créanciers abattent leur dernière carte

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Les créanciers de la Grèce se sont mis d'accord sur un plan.
Les créanciers de la Grèce se sont mis d'accord sur un plan. (Crédits : ALKIS KONSTANTINIDIS)
Selon le Wall Street Journal, les créanciers de la Grèce se sont mis d'accord sur un plan à soumettre à Athènes. Si ce plan confirme une position dure, ce sera la dernière tentative de faire céder Alexis Tsipras.

Les créanciers de la Grèce auraient trouvé une position commune pour présenter un plan au gouvernement grec. C'est du moins ce qu'avance le Wall Street Journal, citant « deux personnes proches du dossier » Selon le quotidien financier, le FMI aurait accepté « d'assouplir son insistance » sur une restructuration de la dette. L'offre des créanciers devrait être « transmise au gouvernement bientôt », ajoute le WSJ.

Quel plan et pourquoi faire ?

Que contiendra ce plan des créanciers ? Le WSJ n'en dit rien, mais il indique que « Alexis Tsipras doit s'attendre à faire face à des demandes de réformes dures du système de retraites, du droit du travail et d'autres domaines. » Les créanciers pourraient aussi insister sur « des mesures budgétaires douloureuses pour assurer que le pays dégage un excédent primaire de son budget. » Si le WSJ dit vrai, ce plan risque d'être inacceptable pour le gouvernement grec. Ce ne serait que la mise sur le papier des exigences non écrites des créanciers depuis le début du mois de mars. Cette avancée n'en serait donc pas une.

Il faudra donc observer ce que les créanciers feront de ce plan. Poseront-ils un ultimatum aux Grecs en fixant une date pour une acceptation in extenso de ce plan ? Ce plan sera-t-il négociable ou sera-t-il « à prendre ou à laisser » ? Qu'adviendra-t-il du plan grec de 46 pages soumis lundi 1er juin au soir par Alexis Tsipras et que ce dernier a jugé « raisonnable » ? Le WSJ ne répond à ces questions. Il semble qu'aucun ultimatum ne sera déposé formellement. Mais, affirme le quotidien, beaucoup de créanciers estiment que les Grecs n'auront pas de « marge de manœuvre » et devront donc accepter ou refuser l'offre.

Baroud d'honneur des créanciers

Les créanciers abattent donc leur dernière carte : en menaçant de ne plus discuter, ils espèrent faire céder la Grèce qui, effrayée par la perspective du défaut, accepterait ce qu'elle a jusqu'ici refusé. Les buts des créanciers restent bien les mêmes : proposer des réformes difficiles qui provoquerait une rupture au sein de Syriza et obligerait Alexis Tsipras à s'allier avec des partis « centristes », comme To Potami, le Pasok, voire une partie de Nouvelle Démocratie. Bref, ce n'est rien d'autres que la confirmation de la stratégie engagée le 20 février. Il s'agit de répondre à l'offensive grecque lancée avec le texte d'Alexis Tsipras dans le Monde lundi 1er juin et les déclarations du ministre du travail Panos Skourletis sur Skaï TV ce mardi selon lesquelles il n'y aura pas de paiement au FMI le 5 juin s'il n'y a pas d'accord. Bref, ce mouvement est tactique. Il vise à empêcher une dernière fois toute réelle négociation, comme le prouve cette présence parallèle de deux plans...

Pari risqué

Mais c'est un pari risqué. Les médias occidentaux pensent sans doute un peu vite qu'Alexis Tsipras est "otage" de sa gauche. Mais il est aussi celui qui a réussi à faire l'unité de Syriza et il a déjà fait accepter beaucoup de concessions à son parti. Sa stratégie a été validée récemment au sein du comité central du parti à une courte majorité. Une scission de Syriza signerait sans doute sa mort politique, le parti étant une "force nouvelle" de la politique grecque. Il n'est donc absolument pas acquis qu'Alexis Tsipras soit prêt à accepter une rupture au sein de Syriza. Il n'est pas certain qu'il soit prêt à gouverner avec le centre.

Le défaut se dessine

Le gouvernement grec pourrait donc bien agir comme il a promis de le faire : ne plus accepter de concessions au-delà des « lignes rouges » qu'il s'est imposé : pas de baisses des pensions, pas de remises en cause des accords collectifs et un objectif d'excédent primaire inférieur à 1 % du PIB cette année. Dans ce cas, Athènes pourrait ne pas payer le FMI le 5 juin, ou le 12 juin. S'ouvrirait alors une « période de grâce » de deux semaines qui pourrait constituer la dernière étape de la négociation. Et dans ce cas, les créanciers se retrouveront face à un choix redoutable : maintenir la ligne dure au risque de la rupture qui pourrait prendre la forme d'une élection rapide destinée à valider la stratégie du gouvernement.

Les créanciers face à leurs responsabilités

Le FMI risquerait alors de perdre sa mise en Grèce, ce qui fera sans doute hurler les représentants du pays émergents. Les Européens seront, eux, mis en présence de l'option de se retrouver face à un Grexit et à ses conséquences, surtout politique. Or, de ce point de vue, les choses changent. Le vice-chancelier allemand et président de la SPD sociale-démocrate, Sigmar Gabriel a, ce mardi, mis en garde contre les « conséquences politiques gigantesques » d'une faillite grecque. Angela Merkel devra assumer les conséquences de la rupture en Europe et en Allemagne. Est-elle prête à le faire ? Rien n'est moins sûr.

Autrement dit, ce plan peut être le dernier « bluff » des créanciers. Mais rien ne dit qu'Alexis Tsipras accepte d'entrer dans le jeu et accepte ce qui ressemble bel et bien à un ultimatum.

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a écrit le 03/06/2015 à 19:10 :
On en fait un peu beaucoup avec la dette grecque car on ne parle que de 300 milliards, ce qui comparé à la dette publique des Etats-Unis (qui avoisine les 20 000 milliards) ou à celle des pays de l'U.E (environ autant) ou à celle de la planète (200 trillons), n'est vraiment qu'une cacahuète. Alors la question est pourquoi en font-ils des tonnes avec cette dette grecque (qui aurait pu être réglée de longue date assez simplement) ? Je pense que les épargnants européens ne vont pas tarder à comprendre pourquoi on monte autant en épingle cette dette grecque... Allez demander aux Chypriotes, ils connaissent...
a écrit le 03/06/2015 à 12:06 :
... à faire avaler à votre banquier ... " vous me prêtez des sous ... et quoi qu'il arrive ... je ne vous rembourserai pas !" ... c'est la situation de la Grèce !!!! La fourmi Allemande dira NEIN à la cigale Grec ... tout simplement ! ... dans beaucoup de cas la première perte est la moins mauvaise .... et là c'est trop ! Bientôt le cas de la cigale "Françoise " à venir ... hélas ! (tous mes neveux et nièces sont partis travailler à l'étranger ... faute d'espoir en France ... et les politiques droite et gauche semblent ignorer ce fait ... moi, trop vieux et malade je ne peux pas)
Réponse de le 03/06/2015 à 19:13 :
Ce qui est stupide c'est de vouloir étrangler son débiteur. Ca fait 4 ans que ça dure (chute du PIB de 25 %, 60% de chômeurs chez les jeunes de moins de 25 ans). Le débiteur, il est tout rouge et va rendre l'âme sous peu (Tsipras et la majorité des ministres ne portent plus de cravate d'ailleurs, on les comprend). Y a un moment où il faut lui remettre son col et lui dire, "Ok, je me suis un peu énervé, excuse, on va discuter calmenent".
Réponse de le 03/06/2015 à 21:31 :
à pmxr : Je ne crois pas que vous accepteriez un pret bancaire avec un taux à deux chiffres .
N'oubliez pas que c'est l'europe qui a fermé les yeux devant les bourdes financières des anciens dirigeants grecs.
Dans l'athènes antique ceux là auraient été condamnés à rembourser et exilés. Mais dans notre monde "démocratique" c'est le peuple qui trinque!
a écrit le 03/06/2015 à 11:35 :
C'est curieux de constater que ceux qui croient en l'excédent primaire grec ne parviennent pas à expliquer qu'il faille faire les fonds de tiroir pour payer une échéance de 300 petits millions.. le journalisme, c'est aussi se poser des questions (simples)..
Réponse de le 03/06/2015 à 12:42 :
C'est simple: aux taux où la Grèce a emprunté, elle est maintenant dans une situation où elle est obligée d'emprunter pour rembourser les intérêts.
Malgré un excédent primaire.
C'est ça le surendettement. Les Grecs ont raison de se révolter.
a écrit le 03/06/2015 à 11:26 :
Il se passe quoi si la Grèce sort de l'Euro ? si tout le monde a peur que l'Europe se casse la g... pourquoi ne pas annuler la dette de tout le monde et repartir de zéro au lieu de faire effriter tout le système ? A quoi sont dûes toutes ces dettes ? peut on avoir une cartographie des dettes en détail ?
Réponse de le 03/06/2015 à 12:45 :
"pourquoi ne pas annuler la dette de tout le monde et repartir de zéro" ben oui .. et également vos économies personnelles de fait !
a écrit le 03/06/2015 à 11:15 :
"Le Monde" titre plutôt que les créanciers mettent Tsirpas au pied du mur.

Il dit aussi Tsirpas doit se retourner vers sa majorité pour faire converger et c'est là que ça va passer ou casser

Ma vision est que chacun à fait sa copie, a exprimé sa vision des choses et que seule la Grèce est en état de converger vers la copie Européenne car le Tic Tac sonne
Réponse de le 03/06/2015 à 14:47 :
Chaque média va chercher ce qu'il veut bien chercher et l'interprète un peu à sa manière! Ca alimente des commentaires, mais c'est vrai que depuis des mois, on a dit tout et même son contraire et c'est pas encore fini.

Au point où en sont arrivées les choses, la Grèce n'a aucun intérêt de céder et accepter le dictat des créanciers , même avec certaines "concessions" de ces derniers. Certes, en cas de crise et non accord, elle en pâtira un peu mais l'ampleur en sera assez bien atténué, car contrairement à ce que certains (créanciers) pensaient, le temps à plutôt joué en faveur des grecs qui ont pu largement se préparer à une situation économique de "clash" (ou crise) et ce d'autant plus qu'il y a une roue de secours venu de l'Est.

Du coté des créanciers également, la situation économique en pâtira légèrement dans un premiers temps et probablement tout se passera comme si finalement le dossier grec n'était qu'un épouvantail sans réel influence sur le reste de l'économie mondiale.

MAIS, le jeu stratégique mondial en sera complètement bouleversé avec de grande bataille, non seulement économique mais peut-être même militaire (ça a déjà largement commencé), et ce bouleversement stratégique qui pourrait bien au final amener un bouleversement économique mondiale également.

Les créanciers le savent, les grecs le savent ... et même ceux qui attendant au perron le savent.

Le tout est de savoir si les créanciers sont prêt à bouleverser le tout. Les grecs, eux, le sont au point où ils en sont arrivés !
a écrit le 03/06/2015 à 10:55 :
constat l’Europe du Nord a les moyens de supporter un défaut Grec, pour la France c'est une autre histoire .... c'est donc Angela qui est à la manœuvre (Europe du Nord, on va dire ça comme ça ) fifi et nini de prêter de l'argent à fond perdu ....
a écrit le 03/06/2015 à 10:22 :
Le Dallas grec ou la tragédie grecque, telle est la question. C'est un jeu, pendant ce temps là, les peuples européens sont maintenus sous pression.
a écrit le 03/06/2015 à 10:13 :
Pas avec mon argent SVP: un contribuable déjà essoré!
a écrit le 03/06/2015 à 8:47 :
La finance a mis le grappin sur le politique et le manipule dans son intérêt, on est pas sorti du problème!
Réponse de le 03/06/2015 à 12:13 :
BIEN MIEUX ...LES BANQUES SECONDAIRES CREENT LA MONNAIE SCRIPTURALE AVEC INTERET S'IL VOUS PLAIT ...A QUAND LA MONNAIE PERMANENTE ET GRATUITE CREEE PAR L'ETAT ??
A QUAND UN GRAND DEBAT TV AVEC DES ECONOMISTES SERIEUX DE TOUS PAYS SUR CE SUJET MAJEUR ...JAMAIS... CAR LES ENARQUES( QUAND ILS NE FONT PAS DE LA POLITIQUE )SONT DEJA DANS LES BANQUES !!!
a écrit le 03/06/2015 à 8:19 :
Il ne faut pas se leurrer la grece ne remboursera jamais....l incompetence et la corruption des politiques apparaitra... et le peuple grec en sortant de l euro aura une chance de s en tirer... d abord par le tourisme et les exportations à -50% du prix actuel. Les riches sont sauvés car Tsipras n a pas instauré un controle des changes pour permettre aux riches de sauver leurs avoirs en esperant qu ils reviendront reinvestir en Grece apres (ne pas chercher la morale le riche est tjrs gagnant....) pari risqué car le riche n a pas de morale excepté ..gagner plus...
a écrit le 03/06/2015 à 6:56 :
Mauvais titre! Ce ne sera pas la dernière carte car nous sommes condamnés à perpétuité pour refinancer la dette grec qui ne sera jamais remboursée.Ce refinancement perpétuel permet de prolongé le malade, mais ne soigne pas la maladie et le pire c'est que tout le monde le sait, mais personne n'ose débrancher !!!!
a écrit le 03/06/2015 à 6:55 :
Visiblement le sujet de la dette grec n'a que que peu d'importance pour la tribune.
C'est pourquoi la tache a été confiée a ce petit gocho de romaric godin qui prend sa vessie pour une lanterne.
Réponse de le 03/06/2015 à 10:17 :
cela ne vous engage que vous. Pour ma pomme monsieur Godin est un exellent journaliste de LT. Ses article sont d'une neutralité à couper le souffle. Une analyse extremement fine de la situation de la Grèce notre berceau de notre civilisation à tous, descendants de la démocratie greque. UE n'est qu'une Union de façade des Endettés. A bas la dictature de la finance. L'UE est avant tout humaine. En avant marche pa
Réponse de le 03/06/2015 à 12:26 :
ce que l'article a pourtant oublié, c'est que le FMI insiste sur un excédent supérieur et demande en contrepartie d'un compromis favorisé en particulier par MM. Juncker et Draghi que les Européens garantissent la dette grecque.
Réponse de le 03/06/2015 à 13:45 :
@marc d'orcel
tout comme votre avis n'engage que vous.
certains sont exigeants, d'autres aiment gober.
a écrit le 03/06/2015 à 2:10 :
Bravo mr Godin encore bien vu. Passez bien le bonjour a votre ami Thomas Thévenoud.
http://www.latribune.fr/opinions/20140909trib21ce5596a/thomas-thevenoud-l-etrange-acharnement.html
a écrit le 03/06/2015 à 1:34 :
Je ne comprends pas pourquoi la ligne rouge fixée par le gouvernement grec (ligne idéologique) serait à accepter par l'ensemble de l'Europe ? pourquoi la générosité européenne devrait se plier toujours et encore au cas grec. Si L'Eirope laisse faire alors on l'accuse d'être laxiste. Si elle adopte une attitude responsable, on l'accuse de l'Europe du fric comme j'ai pu lire...Quel besoin avons nous de trouver des martyrs....c'est exactement cela que cherche Tsipras, quelle vision politique ! Hier Tsipras et ce journal déclaraient que le problème était in problème politique !!!!! Qu'elle porte ouverte enfoncée ! OUi l'économie est avant tout de la politique, oui la construction européenne est un fait politique réalises par des politiques et enfin la position de Tsipras et de son gouvernement est une action politique. Enfin personnellement, je ne souhaite pas que la Grèce sorte, car hors de l'Europe ce sera un massacre pour la Grèce, mais je préfère qu'une Europe gouvernée par des gouvernements modérés lne cède pas face à un gouvernement extrémiste. Tsipras comme l'ensemble des extrémistes, restent prisonniers de leur vision dogmatique. C'est en cela que chez nous le FN front de gauche s'assemble.
Réponse de le 03/06/2015 à 7:45 :
@ Caféine,
1)"mais je préfère qu'une Europe gouvernée par des gouvernements modérés lne cède pas face à un gouvernement extrémiste. Tsipras comme l'ensemble des extrémistes, restent prisonniers de leur vision dogmatique."

C'est l'hôpital qui se fout de la charitée. Si il y a bien des gens prisonniers de leurs vision dogmatique, c'est bien à Bruxelles et à Berlin qu'ont les trouvent et pas à Athènes.
Réponse de le 03/06/2015 à 8:26 :
Chercher la meilleur voie pour redresser la situation d'un débiteur et se faire rembourser un prêt à l'échéance est donc "dogmatique" selon vous! Curieux raisonnement qui oublie les contribuables concernés et leur point de vue tout aussi démocratique que celui des grecs qui se sont mis dans cette situation délicate par leur laxisme.
a écrit le 02/06/2015 à 23:52 :
bon vent pour les Grecs , vous n'avez rien à craindre , mais tout à gagner de reprendre votre liberté .
a écrit le 02/06/2015 à 22:53 :
Vu l’évolution pitoyable de la Grèce (plan de rigueur et déficit), on comprend que les créanciers soient réticent a prêter a la Grèce a des taux finalement assez bas, ''seulement a 11% '', vu le risque...
a écrit le 02/06/2015 à 22:36 :
La Grèce est le berceau de l'humanité européenne et de la république moderne. Ce pays est intégrée politiquement et financièrement par l'Europe et n'est pas réduit a un pays de 2eme zone. Nous sommes tous des grecs européens. La République des Grecs est en zone Euro car l'Euro-land a besoin de la Grèce.
a écrit le 02/06/2015 à 20:11 :
Amis grecs, defendez vos Caryatides, une est déja au British Muséum. Pour les dirigeants euopéens, "ça" n'est que de la marchandise qui pourrait vous aider à payer les dettes. Ne riez surtout pas, certains "européens" y pensent sérieusement ! On est tout près de l'infâmie.
a écrit le 02/06/2015 à 19:42 :
Les créanciers ont peur que la Grèce ne fasse sécession ... et réussisse son coup, (donnant l'exemple et des idées aux vieux pays d'Europe qui grabotent avec peine actuellement).
En fait ils peuvent très bien s'en sortir avec leur propre monnaie. Ils leur suffit d'utiliser les avantages de leur pays : soleil à gogo et mer bleu, et faire du tourisme de luxe ! Ils remettent leur drachme en circulation, et le tourisme redémarre à fond ! Il leur suffit donc de nationaliser leurs banques.
Il est tout à fait incroyable que notre extrême gauche ne vole pas à leur secours...
Réponse de le 02/06/2015 à 21:47 :
Ouais yakafokon. Et une fois que le drachme sera bien dévalué, ils devront vendre leurs maisons pour faire le plein d'essence.
Réponse de le 03/06/2015 à 7:48 :
@ Matthieu,
1) "ils devront vendre leurs maisons pour faire le plein d'essence." - Heuresement que le ridicule ne tue pas....
Réponse de le 03/06/2015 à 8:24 :
Vos commentaires nous font rire, même pas Coluche ne pourrait pas en faire mieux. Merci. :-)
Réponse de le 03/06/2015 à 12:29 :
Je ne vois pas ce qui vous fait rire dans les propos de Matthieu, il a parfaitement raison (il force juste le trait pour se faire comprendre) ! S'ils reviennent au Drachme et le dévaluent de manière conséquente pour alléger le poids de leur dette, les biens importés deviendront hors de prix pour eux...un peu comme en Russie actuellement. La "solution" proposée par JP Bernard n'en est clairement pas une.
Réponse de le 03/06/2015 à 19:38 :
Oui, enfin, c'est plus compliqué !
L'essence, c'est comme en France, le prix est surtout plein de taxes. L'impact sera important mais au pire les Grecs (grands raffineurs, ne l'oublions pas, leur premier poste à l'import et à l'export) achèteront du pétrole discount en vrac chez les Russes en échange d'une base militaire, par exemple. Ça c'est déjà vu. Il faudrait sortir de l'OTAN et devenir observateur. Pas évident, mais après une victoire de Podémos en Espagne, le climat devrait changer. Les vassaux vont se rebiffer.
Dans tous les cas le pays a un sous-sol riche et une zone maritime immense.

Imaginez aussi le boost pour les produits grecs sur le marché intérieur et même à l'exportation !
Aujourd'hui, on va chez les discounters et on trouve des légumes polonais et des biscuits allemands moins chers que leurs équivalents grecs, car le transport en camion par les Balkans est bon marché, donc les pauvres hellènes y vont faire leurs courses. Avec la Drachme, les même (les pauvres, soit 50% de la population) vont reconsommer des produits grecs dare-dare.
A l'export, pareil : les meubles, l'agro-alimentaire et peut-être même les médicaments (la Grèce exporte surtout dans les pays émergents) vont être plus compétitifs face aux produits turcs ou italiens (principaux compétiteurs dans la zone Est-Méditerranée).
Certaines boîtes vont souffrir mais d'autres vont y trouver leur compte. Au final, ça devrait s'équilibrer...
Réponse de le 03/06/2015 à 21:51 :
Ben voyons Lionel ! "Ca devrait s'équilibrer"...les Russes-ces grands philanthropes-vont fournir du pétrole discount au Grecs, et grâce à la "victoire de Podemos" (qui n'arrivera jamais) les vassaucx vont se rebiffer. C'est la luuuuutte finaaaaale, groupons nous et demaaaaaiiiin etc etc.

La vérité, c'est qu'il n'y a pas un seul pays prospère et non endetté n'ayant pas une monnaie forte. Une dévaluation est un aveu de faiblesse, celui de sa non compétitivité. Et c'est surtout un cercle vicieux: dévaluation, renchérissement des biens importés que ne compense PAS la hausse des exportations (l'agro-alimentaire, vous pensez que les gens vont manger plus parce que c'est moins cher ? ), baisse du pouvoir d'achat, baisse de la consommation, récession, chômage...et du coup re-dévaluation et c'est reparti pour un tour. Les leçons italiennes ne vous ont pas suffi ?
Réponse de le 04/06/2015 à 13:42 :
Bon, là c'est discussion sans fin entre néo-libéraux et Keynésiens...

Si les Grecs reconsomment du grec, car les produits de l'Hinterland allemand ou des hypers francais seront trop chers (importations en Euros), les boîtes agroalimentaires grecques qui licencient à tour de bras vont peut-être commencer à réembaucher des jeunes (60 % de chômage !). Ok, il y aura deux trois années terribles avant une nette reprise, mais au point où en est déjà la Grèce...

Quant à l'Italie, elle n'allait pas très bien avant l'Euro, mais depuis dix ans c'est pire, avec tous les petits entrepreneurs de Vénetie (meubles, carrelages) qui ont mis la clé sous la porte. En Campanie, les confections et la chaussure s'en sortent encore mais par les ateliers "clandestins" (souvent avec des Chinois d'Italie), qui échappent à la TVA. Alors, comme exemple de succès de l'Euro, vous repasserez.
Les seuls pays qui s'en sortent avec l'Euro sont ceux qui font du dumping à la TVA et charges sociales ridicules (Irlande, Slovaquie). Les autres galèrent.
a écrit le 02/06/2015 à 19:38 :
La Grèce a englouti 320 milliards d'aides principalement européennes et il y en a qui accusent l'Europe d''être égoiste, de s'enrichir sur le dos des grecs, etc...Le monde à l'envers. C'est à vous écoeurer de leur accorder de nouvelles aides. Et en prime, les hurluberlus qui gouvernent la Grèce se font menaçants. C'est un comble !
a écrit le 02/06/2015 à 19:06 :
Au fait, on rappellera à toute fin utile que l'article de Godin du matin (chagrin) indiquait que les "vraies" négociations peuvent commencer.

Ce soir, les créanciers abattent leur dernière carte.

Peut être que tout ça signifique quelque chose, dans le monde de Godin.
Réponse de le 02/06/2015 à 21:16 :
Bien vu tant qu il sera pas minuit des cartes continueront à être mises sur la table .....patience !!
a écrit le 02/06/2015 à 18:42 :
Il parait difficile de comprendre pourquoi ce qu'a obtenu l'Irlande, à savoir une restructuration de sa dette, la Grèce ne peut pas l'obtenir ?
Il parait tout aussi difficile de comprendre pourquoi le gouvernement grec au pouvoir entre 2001 et 2009 a pu truander ses comptes sans aucune intervention ni de la commission européenne, ni de la BCE, (ni des allemands), alors que tout le monde était au courant ?
Réponse de le 02/06/2015 à 23:06 :
Il y a déjà eu une restructuration de la dette grecque, n'oublions pas non plus que la Grèce a fait faillite 6 fois depuis la deuxième moitié du 19ème siècle, de vrais spécialistes ...
Réponse de le 03/06/2015 à 0:05 :
"Il parait difficile de comprendre pourquoi ce qu'a obtenu l'Irlande, à savoir une restructuration de sa dette, la Grèce ne peut pas l'obtenir ?"...ben tout simplement parce que l'Irlande a donné des GAGES à ses créanciers en échange de cette restructuration, elle a eu l'attitude normale d'un débiteur qui ne peut plus honorer sa dette...ce que la Grèce se refuse à faire !

Au passage, on observe que les "grands méchants créanciers qui veulent imposer leur austérité ultra-libérale partout" ont incité le gouvernement irlandais à mener une politique dont on voit les résultats aujourd'hui: croissance forte, chômage en baisse constante qui vient de passer sous les 10%, dette encore élevée mais qui commence à refluer grâce aux meilleures rentrées fiscales liées à la hausse de l'activité. C'est ce qu'on appelle s'en sortir par le haut. Les Irlandais n'ont pas mis une extrême gauche irresponsable au pouvoir quand tout allait mal, eux. CQFD.
a écrit le 02/06/2015 à 18:38 :
M.Godin ne nous a toujours pas expliqué comment les grecs vont pouvoir payer leurs fonctionnaires et les retraites...il faudrait enfin revenir sur terre, c'est un journal d'info..
Réponse de le 03/06/2015 à 0:02 :
ils sont en excédent primaire, ils n'empruntent pas pour payer leurs fonctionnaires
Réponse de le 03/06/2015 à 10:13 :
@clem
Je me répète:
- veuillez regarder les chiffres. Il n'y plus d'excédent primaire sauf sur le papier; les dépenses ont été décalées et hop ! E 2 Mlds d'excédent primaire. En revanche; les impôts rentrent moins sauf la taxe sur les propriétés. Dans ce cadre, monsieur Romaric Godin, Fx, Fxd n'insistent plus beaucoup sur ce concept.
- l'excédent primaire est une illusion créée par Bruxelles qui n'a aucune réalité économique. Même chose pour le concept EBITA inventé par les analystes.
Cordialement
a écrit le 02/06/2015 à 18:31 :
Que vaut une monnaie qui dépend du comportement d'un de ses membres et qui a largement contribué au cycle récessioniste en Europe? La spéculation l'a d'ailleurs largement compris.
Le problème ce n'est pas la Grèce. Le problème c'est l'Euro qui n'a tenu aucune de ses promesses et s’avère un poison létal pour toute économie qui ne fonctionne pas à au moins 80% selon le modèle allemand. Grèce, Espagne, Portugal sont tombés les 1ers. La France et l'Italie vont suivre sous peu. Sans appel.
a écrit le 02/06/2015 à 18:30 :
Stop:l'EUROPE du fric a mis ce pays a genoux , nos ets bancaires du cac 40 vont faire payer aux petits epargnants l'addition
a écrit le 02/06/2015 à 18:13 :
Le seul argument de Tsipras c'est de parier sur la peur du risque de chaos en cas de sortie de la Grèce.

Godin nous relaie ça comme une évidence, sauf que ça ne l'est pas du tout. Visiblement tout le monde s'en foutrait.
Réponse de le 02/06/2015 à 18:53 :
La peur du risque... et de perdre les 320 milliards prêtés pour sauver les banques françaises et allemandes.
Réponse de le 03/06/2015 à 8:55 :
Renseignez vous un peu !les banques n'ont plus de creances sur la gréce ,c'est le FMI ,laBCE, les etats qui sont les creanciers ..donc les contribuables .Votre haine ideologique envers les banques vous aveugle .
a écrit le 02/06/2015 à 17:44 :
Lol
Mr godin vous devriez postuler en grece au poste de propagandiste en chef responsable de la pravda locale!
Quel talent ! Molotov doit se retourner dans satombe, avec une telle elocution !!!!!!!! :))))
Vous pourriez etre charge du developpement de la doctrine godin qui ferait passer la doctrine jdanov pour un vulgaire travail de collegien !!!!!!
Réponse de le 02/06/2015 à 20:49 :
Ou alors le fameux ministre de l'information irakien "Ali le comique". Ceci dit, il ya chez Godin quelque chose de tellement déconnecté de la réalité que ça en devient fascinant et j'avoue que je suis un peu en manque quand je n'ai pas mon petit article quotidien.
Réponse de le 03/06/2015 à 2:19 :
Pareil! Je me prends à lire ses articles avec plaisir juste pour voir quel nouveau raisonnement tordu il nous a encore pondu. J'adore le noeud coulant, j'espère qu'on va encore avoir un nouvel épisode.
Réponse de le 03/06/2015 à 8:36 :
@Milou, oui, le chanvre se décline sous différentes formes dont on peut abuser et qui excite la créativité^^,
a écrit le 02/06/2015 à 17:43 :
Vous serait-il possible de nous raconter une autre histoire ? Vous êtes grecs ? Arrêtons les frais avec la Grèce et laissons-les tranquilles puisqu'ils ont élus un gouvernement démocratiquement par le vote. Comme ce vote ne s'impose pas aux européens qui n'ont pas voté et puisqu'il y a désaccord, laissons la Grèce partir. Personne n'a besoin de ce pays dans l'Europe. Et que tous ceux qui veulent partir la quitte. L'histoire dira qui a aura eu raison au bout du compte. Au fait une question idiote, ils s'en sortiront comment les grecs sans l'Europe puisqu'ils ne payent pas leur impôts et que personne ne leur prêtera plus un...euro pour vivre à crédit ? Avec la Féta Salakis au bon lait de brebis ? Produite à 90% par les Pays Bas ? Comment dit-on au revoir en Grec ?
Réponse de le 02/06/2015 à 20:11 :
Votre commentaire est ignoble.

Ensuite, informez-vous.
La plupart des Grecs sont prélevés à la source (tous les salariés public ou privé). La taxe d'habitation est prélevée sur la facture d'éléctricité, difficile d'y échapper.

La Grèce produit bien autre chose que de la feta. Wikipedia ca existe.
Rappel :
secteur primaire : 7 % du PNB et 12 % de la main-d'œuvre
essentiellement l'agriculture + 14.000 personnes dans les mines + la pêche industrielle
secteur secondaire : 22% du PNB et 20% de la main-d'œuvre
400.000 personnes dans l'industrie (métallurgie, pétrochimie, chantier naval, armement, véhicules, composants électronique, électro-menager, médicaments, boissons et agro-alimentaire)
+ 300.000 dans la construction (comprenant les cimenteries et carrières)
secteur tertiaire : 71 % du PNB et 68 % de la main-d'œuvre
dont tourisme (12% du PNB), marine marchande (4% du PNB)
suivent banques, assurances, informatique, vente en gros et au détail, distribution, transports routiers, enseignement privé, sécurité, recyclage, presse, bref tout le reste (55% du PNB) ...
note : la marine marchande pèse peu dans les services car quasiment seuls les ferries sont immatriculés en Grèce; les cargos et pétroliers sont sous des pavillons de complaisance.

Enfin, voici les exportations de la Grèce (année 2012, source Wikipedia English) :
produits pétroliers raffinés ou dérivés, 38,88%,
aluminium et dérivés 4,38%;
équipements électriques et électroniques 3,75%;
produits pharmaceutiques 3,48%;
plastiques et dérivés 3,32%;
légumes et fruits 3,18%; dont la feta :)
Réponse de le 02/06/2015 à 21:04 :
Lorsque l'argentine a fait défaut, il ne leur a fallut que 3 jours, 3 petits jours pour se faire prêter de l'argent par les marchés. Oui oui, 3 jours.

Les financiers ne sont pas rancuniers, ils sont là pour faire de l'argent. La Grèce libérée de sa dette, pourrait elle aussi devenir une occasion de faire de l'argent.

Il y a plein de façon de faire de l'argent vous savez...
Réponse de le 02/06/2015 à 21:55 :
Honteux, discriminatoire, ignorant, la liberté d'exprimer des bêtises.
Merci à Lionel Gilles de rétablir les faits.
Comment faire l'Europe avec des idées de croix de feu en cendre ?
Réponse de le 02/06/2015 à 21:59 :
@lionel gilles- euh… pour s'informer on visite les sites des pros tels que la banque mondiale ou l'agence internationale de l'energie.
Réponse de le 02/06/2015 à 23:34 :
Vous ne sortez que des pourcentages. C'est bien gentil, mais 70% de pas grand chose, ça fait toujours presque rien. Pour prendre une comparaison avec un pays européen de taille et de population equivalente et qui lui aussi a subit la crise à savoir le Porugal, celui-ci exporte pour 45 milliards de produits manufacturés la ou la Grèce en exporte 11 milliards (au passage, ca représente 1% de l'allemagne) ! De fait, la Grèce est un nain d'un point de vue économique.
Réponse de le 03/06/2015 à 10:23 :
@au dernier intervenant
On compare toujours le Portugal et la Grèce, or a part le fait que ce soit deux pays méditerranéens de population égale, ils n'ont rien à voir car :
Le Portugal est devenu au XIVe siècle le refuge des Templiers de toute l'Europe, dont on connait la fortune et l'efficacité dans les routes commerciales.
Deux siècles plus tard, le pays, (première puissance maritime de l'histoire avec les Pays-Bas) est présent aux quatre coins du monde. Le Brésil est le joyau de son empire colonial, mais n'oublions pas les comptoirs africains et Macao. Le Portugal connaît donc un industrialisation tres tot, ne serait-ce que par ses chantiers navals, vins renommés et la fabrication des bouchons en liège. La Grèce, à la même époque végète, c'est le moins que l'on puisse dire. Le décollage industriel n'y date que de la deuxième partie du XIXe siècle (bière Fix, mines, petit appareillage domestique, chantiers navals) et surtout en 1920-30 (premiers labos pharmaceutiques, armement, véhicules). Cependant, à la veille de la seconde guerre mondiale, la Grèce n'exporte quasiment aucun produit industriel. En revanche de 1945 a 75, elle connait un décollage rapide, avec 7 % de croissance annuelle (seul le Japon fait mieux) : c'est le célèbre miracle économique grec !
Réponse de le 03/06/2015 à 10:27 :
@Patrickb
Tout a fait, mais les tableaux sont souvent abscons, demandant de longues heures d'étude et je ne suis pas un expert en économie. Mais si vous voulez vous attacher au déchiffrage, je saluerai immédiatement votre travail :)
Quant à Wikipedia, vous pouvez intervenir pour rétablir la vérité, à savoir que la Grèce ne produit décidément que de la feta...
Réponse de le 03/06/2015 à 15:37 :
@lionel gilles; pourquoi 1) dechiffrer ce que les pros (Banque mondiale ou Agence internationale de l'energie entre autres) expliquent tres bien et 2) pourquoi se fier au cafe du commerce (wikipedia) quandon a des pros qui connaissent bien leur sujet ???
Réponse de le 03/06/2015 à 19:45 :
Puisque Wikipédia n'est pas fiable, j'attends les résultats de vos recherches.

Je vous facilite la tâche : Une question pour les nombreux amateurs de feta sur ce site :
Est-ce que oui ou non l'industrie pharmaceutique grecque pèse autant (en pourcentage des exportations), ou sinon plus, que l'agriculture (légumes et fruits)? Oui ou non ?
Répondez-moi avec des chiffres sourcés.
a écrit le 02/06/2015 à 17:32 :
Mais c'est toujours la meme chose avec M. Godin. Toujours la meme idee que Syriza a tout le pouvoir pour menacer l'Europe et tout le monde. En meme temps, le depots bancaires s'envolent et la recession du pays s'empire. Comme strategie de relance, ce n'est pas tres promettant.
Réponse de le 02/06/2015 à 17:49 :
Ce n'est pas Romaric Godin, ni Alexis Tsipras qui menacent : c'est la dette grecque.
Réponse de le 02/06/2015 à 18:29 :
Les dépôts bancaires s'envolent? Sûrement les nombreux bons patriotes grecs qui après avoir bien profité ces dernières années des largesses des créanciers mettent à l'abri le fruit de leurs détournements.
Au fait, nous avons les mêmes chez nous! Il y'a du ménage à faire partout.
Réponse de le 02/06/2015 à 19:09 :
@arthur : ce ne sont pas les dépôts bancaires qui s'envolent, mais les retraits. Et il n'y a sans doute pas que les riches grecs qui le fassent, mais aussi de très nombreux membres des classes moyennes et populaires. Difficile de leur donner tort. Vous seriez à leur place, vous résisteriez héroïquement à la tentation de mettre quelques euros de côté, au cas où ?

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