La banque centrale grecque craint "une crise incontrôlable" si les négociations échouent

"Inflation galopante", "profonde récession", "effondrement"... la Banque de Grèce ne manque pas de mots pour prédire les calamités qui s'abattront sur le pays en cas de Grexit. L'institution, dirigée par un opposant de Syriza, met ainsi la pression sur le gouvernement Tsipras mais aussi sur les créanciers, les enjoignant à signer un accord qu'elle qualifie d'"impératif historique".
Une sortie de la Grèce non seulement de la zone euro, mais carrément de l'Union européenne pourrait suivre un échec des négociations, selon la banque centrale grecque.
Une sortie de la Grèce non seulement de la zone euro, mais carrément de l'Union européenne pourrait suivre un échec des négociations, selon la banque centrale grecque. (Crédits : © Yannis Behrakis / Reuters)

Le gel des discussions entre Athènes et ses créanciers sur la poursuite du financement du pays inquiète la Banque de Grèce (la banque centrale grecque). Dans son rapport annuel sur l'économie du pays rendu public mercredi 17 juin, l'institution monétaire a mis en garde sur les sombres conséquences que, selon elle, entraînerait un éventuel échec des négociations.

"L'incapacité à parvenir à un accord marquerait le début d'un chemin douloureux qui mènerait d'abord à un défaut de paiement de la Grèce puis, au bout du compte, à la sortie du pays de la zone euro et, très probablement, de l'Union européenne", écrit notamment la banque centrale grecque .

La Grèce "reléguée au rang d'un pays pauvre de l'Europe du Sud"

"Une crise de la dette gérable", comme celle que traverse la Grèce depuis 2009, deviendrait, en cette hypothèse, "une crise incontrôlable, avec des risques importants pour le système bancaire et la stabilité financière", explique la banque.

Et une Grèce hors de la zone euro signifierait "inflation galopante", "profonde récession", "baisse spectaculaire des niveaux de revenu, augmentation exponentielle du chômage, effondrement de tout ce que l'économie grecque a atteint depuis son adhésion à l'UE (...)". La banque centrale grecque (qui est dirigée par Yannis Stournaras, l'ancien ministre des Finances du gouvernement de coalition droite-socialiste d'Antonis Samaras, battu au législatives de janvier par la gauche radicale Syriza) n'a pas de doute: "La Grèce se verrait reléguée au rang d'un pays pauvre de l'Europe du Sud".

Les créanciers appelés à confirmer l'octroi d'un allègement de la dette

C'est pourquoi, prenant un ton politique, la Banque de Grèce définit la conclusion d'un accord entre la Grèce et ses créanciers d'"impératif historique" (d'autant plus que, à son sens, "peu de chemin reste à parcourir" vers un compromis) et appelle les deux parties à faire preuve de souplesse.

Elle invite d'une part le gouvernement grec à reconnaître que l'abaissement des objectifs d'excédent primaire accepté par l'UE et le FMI lui donne "le temps nécessaire pour son ajustement budgétaire et quelques degrés de liberté supplémentaire dans la conduite de la politique budgétaire". De l'autre, elle exhorte les créanciers à "réaffirmer et formuler en des termes plus précis leur volonté" d'octroyer à la Grèce un allègement de sa dette publique "comme initialement prévu" en 2012.

Pas de "projections sûres"

En revanche, le rapport, dont l'un des objets est notamment d'établir des prévisions, affirme qu'il est impossible à l'heure actuelle d'établir "des projections sûres" sur les perspectives immédiates de l'économie grecque. Il estime néanmoins que même en cas d'accord avec les créanciers l'économie grecque, qui a de nouveau plongé en récession avec deux trimestres de PIB négatif fin 2014 et début 2015, ne devrait pas connaître mieux qu'une ligne de croissance plate ou légèrement positive en 2015.

"L'impact le plus grave et directe de l'incertitude qui règne ces derniers mois a sans doute été la perte de confiance", souligne le document.

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Commentaires 26
à écrit le 18/06/2015 à 10:11
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Les vampires, lorsqu'ils apparaissent dans la lumière, ils se tordent de douleur et tombent en poussière.. La turpitude des financiers mondiaux apparaît en pleine lumière, ils s'affolent..

le 18/06/2015 à 16:37
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@Firendly: ils s'affolent de quoi ? tu crois qu'au pire, ce sont eux qui vont régler la note ? tu serais pas un peu naîf par hasard :-)

à écrit le 18/06/2015 à 9:15
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La Grèce "reléguée au rang d'un pays pauvre de l'Europe du Sud"!? Mais je croyais que c'étaient justement le but de l'UE afin de s'aligner sur le moins disant social! Dommage, il va devoir sortir du système! ;-)

à écrit le 18/06/2015 à 8:28
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Personne ne voudra de la drachme et surtout pas les militaires grecs qui feront le nécessaire pour que les politiques ne commettent pas l'irréparable. La Grèce cédera pour ça. Entre le mauvais et le pire, on reste rationnel !

à écrit le 17/06/2015 à 23:16
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Une question m'obsède ? Lorsqu'il parle "d'impératif", il ajoute un mot dont je ne suis pas certain qu'il a été bien traduit ? Parle t-il d'un impératif historique" ? Ou D'UN IMPÉRATIF HYSTÉRIQUE ? Toujours ce doute hein ? Pfiouuuuuuuuuuu !!!

à écrit le 17/06/2015 à 22:04
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Les banques sont des "animaux" dogmatiques peu adaptable que seul l'environnement peut amener au pragmatisme!

à écrit le 17/06/2015 à 19:46
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Vous avez omis de dire qui est ce banquier central et de quel parti il vient. Ce qui expliquerai clairement pourquoi il fait de tel déclaration partiellement mensongère ayant pour but de faire peur et semer le trouble dans la populace qui n'a que peu...

le 18/06/2015 à 6:26
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Vous oubliez deux petite choses. La première est que la dette Grecque, n'est pas financière , mais est du au fait que quand vous vivez comme " les pays riche de l'Europe" et que personne ne payent d'impôts, taxes, etc. La deuxième est que le fameux s...

à écrit le 17/06/2015 à 19:41
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La Grèce ne devrait avoir qu'un seul objectif à court-moyen terme. Retrouver une santé économique qu'elle avait avant d'entrer dans la zone Euro, du temps de la Drachme. La Grèce a perdu 25 points de PIB en entrant dans l'Euro. Pour retrouver ces 25 ...

le 17/06/2015 à 23:39
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Statistiques Grece: PIB par habitant 2001: 12400$ 2008: 31700$ Entre 2001, entrée de la Grèce en zone euro et 2008 début de la crise actuelle, le PIB par habitant a été multiplié par presque 3 ! Merci l'euro et le déficit public de presque 10% g...

le 18/06/2015 à 11:56
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@Rosetta: tout à fait d'accord, les Grecs étaient plus heureux avant, et nous aussi. Ils doivent donc sortir immédiatement de l'UE :-)

à écrit le 17/06/2015 à 18:50
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A part les traders qui s'en mettent plein les fouilles, je ne vois pas ce que cela changera pour les Grecs.Surtout sur des banques qui jouent la Banqueroute

à écrit le 17/06/2015 à 18:15
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La banque centrale grecque 100 fois plus réaliste que Godin

le 17/06/2015 à 19:04
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Ah ce sacré réalisme qui a conduit les gouvernements précédents à accepter tous les mémorandums dont les effets dévastateurs sont à peine imaginables par certains commentateurs. Combien de lâchetés et trahisons ont été accomplies au nom du réalisme.

le 17/06/2015 à 23:42
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Différentiel PIB 2001-2013: Grèce: 1.77 Italie: 1.8 Portugal: 1.87 France: 2.03 Quels effets dévastateurs ?

le 18/06/2015 à 8:57
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Ah le sacro-saint PIB... quid du pnb ? Quid de l'IDH ? quid des externalités negatives ? quid de j(a)uger la situation au global ? Car sinon c'est bien connu on fait dire ce que l'on veut aux chiffres (et on fait gober ce qu'on veut à ceux ayant peu ...

à écrit le 17/06/2015 à 17:31
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ils sont realistes! la ou ils le sont moins c'est que ca doit mettre la pression a tsipras, pas aux creanciers, vu que de toute facon la dette grecque on fera une croix dessus par contre tsipras n'en n'a rien a secouer, et repete a l'envie qu'il n'...

à écrit le 17/06/2015 à 17:28
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Le défaut de la Grèce est déjà dans les prix de marché, c'est donc essentiellement pour l'UE un problème psychologique, i.e. la sortie éventuelle d'un membre, et cela se gère. Pour la Grèce c'est la probabilité de devenir un PVD pendant des dizaines ...

à écrit le 17/06/2015 à 17:26
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Les grecs ont toujours fait les mauvais choix depuis 40 ans les papemdreou et compagnie les ont ruiné et le petit extrémiste de gauche qui voulaient imposer ces vu au FMI et à l'Europe à tort de croire qu'il va les faire plier Les pays baltes et de...

le 17/06/2015 à 19:09
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Arrêtez de répéter par coeur votre cathéchisme bfm, ils ne les financeront pas et ce que vous appelez "caprices de l'extrême gauche" n'est rien d'autre que respect d'une volonté démocratique aussi douloureuses que soient les conséquences de ce respec...

le 18/06/2015 à 12:34
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"n'est rien d'autre que respect d'une volonté démocratique aussi douloureuses que soient les conséquences de ce respect." Voila ! Referudum de tout les peuple d'Europe pour virer les gréce, vite !

à écrit le 17/06/2015 à 17:11
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En continuant d'aider la Grèce à coups de milliards d'euros, celle-ci risque d'entrainer toute l'Europe dans la misère et le chaos. Il vaut mieux se couper un doigt qu'une main.

le 17/06/2015 à 17:26
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LOL !

le 17/06/2015 à 17:44
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Vous avez raison il faut sortir la Grèce de l Europe!!!De plus le gouvernement Grec insulte constamment le FMI ,LES ALLEMANDS,LA BCE !!!c est plus possible de travailler avec ces gens la !!! c est dommage pour le peuple de ce pays

le 17/06/2015 à 17:46
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+1👹

le 17/06/2015 à 18:19
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@Daniel: certes, mais les Grecs préfèrent te couper la main que de s'esquinter un doigt :-) Il faut s'attendre à une nouvelle pirouette de la Cerise :-)

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