La BCE renonce à durcir les conditions d'accès à la liquidité des banques grecques

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La BCE n'a pas durci les conditions d'accès à la liquidité des banques grecques.
La BCE n'a pas durci les conditions d'accès à la liquidité des banques grecques. (Crédits : © Wolfgang Rattay / Reuters)
La BCE aurait renoncé à instaurer une décote sur les collatéraux du programme ELA pour les banques grecques. Mario Draghi n'a pas voulu provoquer la rupture.

La BCE n'a pas osé. Selon Reuters, le Conseil des Gouverneurs de l'institution présidée par Mario Draghi n'a pas imposé de décote sur les collatéraux (produits déposés en garantie) demandés aux banques helléniques pour obtenir les prêts du programme d'aide à la liquidité d'urgence (ELA). Selon le New York Times de ce mercredi 22 avril, une décote de 50 % avait été décidée.

>>Lire: Grèce : à quoi joue la BCE ?

En réalité, il est probable qu'une telle proposition ait eu lieu, sans qu'elle n'ait été retenue par le Conseil. Bien au contraire, la BCE a décidé d'augmenter de 1,5 milliard d'euros l'enveloppe de l'ELA réservée aux banques grecques pour l'élever à 75,5 milliards d'euros.

La BCE recule devant la rupture

Bien loin donc de durcir le ton, la BCE reste en retrait et renonce à exercer une forte pression sur Athènes. Les négociations devraient donc se poursuivre pendant les prochaines semaines, le gouvernement grec ayant annoncé disposer d'assez de fonds pour tenir jusqu'à fin juin. En imposant une décote supplémentaire sur les collatéraux, la BCE prenait un risque considérable, celui de précipiter la crise en « asséchant » rapidement les réserves de collatéraux dont disposent les banques helléniques. C'était certes mettre la pression sur Athènes, mais c'était aussi prendre le risque de la rupture ou celle d'une inflation des dettes bancaires garanties par l'Etat forgées pour servir de collatéraux. La BCE confirme que, malgré tout, elle n'est pas disposée à une telle rupture.

Position des créanciers affaiblie

Ceci confirme que la position des créanciers de la Grèce n'est pas aussi forte qu'ils veulent bien le dire. Face à un gouvernement grec qui tient ses positions, les menaces de la BCE, comme les ultimatums de l'Eurogroupe semblent ne plus réellement être efficaces. Alexis Tsipras l'aura compris et sait désormais que, si le temps est compté, il l'est pour tous, pour lui, comme pour ses créanciers... Sa capacité de négociation en est clairement renforcée.

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Commentaires
a écrit le 24/04/2015 à 21:05 :
la troïka continue!!
bientôt Mrs les banquiers, tout va vous Exploser à la Face et vous pourrez juste regarder vos banques s’écrouler les unes après les autres comme un château de carte. Bien sur ce jour là, nous, on sera là pour vous regardez vous éclatez la Face par terre
a écrit le 22/04/2015 à 23:34 :
Vu les milliers de milliards de "qe" juste pour soutenir les marchés et permettent aux banques de survivre, ils ne pouvaient pas faire autrement. Vous auriez fait quoi d'autre, vous..?? (hormis Roosevelt, bien sûr..)
a écrit le 22/04/2015 à 23:28 :
Godin est énorme. A14h00, il nous explique que la volonté supposée de la BCE d'imposer une decote sur les collatéraux grecs démontre la faiblesse de la BCE dans le bras de fer qui l'oppose a la Grece. Et a 17h00, il nous explique que le fait que la BCE n'ait pas décidé d'imposer de décote sur les collatéraux grecs démontre _indubitablement_ la faiblesse de la BCE face a la Grece. En synthèse Pile je gagne, fàce tu perds. A ce niveau, c'est de l'art.
a écrit le 22/04/2015 à 22:42 :
Monsieur Godin continuez à écrire vos bons articles et n'écoutez pas les mauvaises langues...La grèce restera en ZE
a écrit le 22/04/2015 à 22:03 :
Il vaut mieux que Romanic fasse la propagande des mauvais payeurs, que celle des bons bourreaux européens qui ont mis à sec le pays des mauvais payeurs!!
a écrit le 22/04/2015 à 21:43 :
Et encore une fois Romaric, notre gauchiste de service, fait la propagande des mauvais payeurs....
a écrit le 22/04/2015 à 19:28 :
Il s'agit, ni plus ni moins, d'une capitulation de la BCE. Le rapport de force est clairement en faveur du camp grec. Desormais, tout accord sur la liste des reformes lors du Conseil du 11 mai semble improbable a moins que ces derniers se plient aux demandes grecs. Sinon, on se dirige vers une impasse. Ce qui est la situation la plus probable.
Toutefois, le gouvernement grec doit être conscient que la situation economique grecque se deteriore de plus en plus au fil des jours. L'indicateur PMI va probablement le montrer au debut du mois de mai. Pour cette raison, le gouvernement grec devrait faire un defaut sur le prochain paiement dû au FMI le 1er mai prochain afin de preparer son independence financiere en optimisant au mieux l'utilisation des deniers publics.
Réponse de le 22/04/2015 à 20:52 :
Personne sauf les grecs ne peut sortir la Grèce de la ZE. Comme 80% de la population grecque est favorable au maintien dans la ZE, A.TSIPRAS ne va pas aller contre le peuple. Il est coincé. Ce qu'il veut depuis le début c'est un haircut sur la dette. Les derniers développements vont dans ce sens. MARIO DRAGHI ET JC JUNCKER SERONT-ILS LES NOUVEAUX DALADIER ET CHAMBERLAIN QUI PRECIPITERONT L'EUROPE DANS L'INCONNU ???
a écrit le 22/04/2015 à 18:36 :
Si 1,9% du PIB de l'UE tiennent en respect le reste, imaginez ce que 20% peuvent faire. Vous voyez sans doute à quel pays je fais référence. Ca va redonner des ailes aux populistes de tout poil, faire voler la ZE et l'UE au final. Je relis souvent cette phrase de Churchill après les Accords de Münich en 1938: "Vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre."
Réponse de le 22/04/2015 à 19:07 :
La question d'honneur est hors sujet, ou alors en sens inverse ! Si le libre échange mondialisé est mauvais, et c'est évident, il doit être abandonné ! Mais on comprend que cette arnaque où les demi-pauvres paient pour les très pauvres, à la place des riches, ne fasse pas l'affaire de nos élites fonctionnarisées pour laquelle la concurrence est tout bénéfice, sans compter tous les intérêts des grosses entreprises dont les gouvernants ne sont que les porte-serviettes !
Sauf que cela aboutit à la dette et que cela continue !
L 'Europe stagne et même s'enfonce et ne ne sont pas des facteurs conjoncturels qui pourront compenser, sauf très provisoirement, ces éléments structurels ! Il y a transfusion de sang économique de l'Ouest vers l' Est et bientôt vers le Sud ! Et développement d'un modèle de consommation dangereux pour l'avenir de la Planète !
Réponse de le 22/04/2015 à 19:15 :
Ceux qui croient que la BCE bluffe se trompe
Les grecs tous le monde en a marre et ils sont pas loin de la porte ça fera un exemple
Réponse de le 22/04/2015 à 20:06 :
@theodorum. Je voudrais être certain de m'être bien fait comprendre. La phrase de Churchill vient illustrer cette espèce de compromis entre le maintien de la Grèce et une crise de la Zone euro, on va aller à terme vers les 2. Lorsque des règles ne sont plus respectées, c'est tout le système qui s'effondre. Il est sans doute temps pour chaque pays de la zone euro de se poser la question de savoir si il souhaite poursuivre la construction européenne dans le sens du fédéralisme. C'est l'étape suivante si on souhaite le succès et l'avenir de la monnaie unique.
Réponse de le 22/04/2015 à 21:10 :
Il faut des règles communes sinon l' Euro et l' Europe exploseront, mais les intérêts des différents pays sont à court terme opposés . De toute façon l'épreuve de force a commencé.
Il ne s'agit pas de louer la Grèce pour cela. J'ai mis de coté un article du Nouvel Économiste du 19/10/90 intitulé "La Grèce, aux crochets de l' Europe, jusqu'à quand ?" Ce pays n'aurait pas du rentrer en Europe, il n'était pas près.
Mais ce n'est pas le seul qui soit mal géré, la France n'est guère plus brillante et si ce n'était pas son poids politique elle serait aussi en accusation.
Plus loin que tout cela, c'est le règne du client-roi qu'il faut changer, les pays pauvres qu'il faut aider et non exploiter !
L'heure est venue de mettre tout à plat, et cela doit être fait froidement et non à chaud. Aussi modeste que soit ma position j'ai prévu des mesures pour tout cela , et j'ai communiqué à la Commission Européenne un dossier assez copieux sur la question, abondant en idées originales !
Réponse de le 23/04/2015 à 8:48 :
@oui
Je ne pense pas qu'il s'agit de bluff. Des négociations sont en cours et il faut les laisser aller à leur terme. Intervenir avant, serait un acte politique et ferait jouer un rôle fort équivoque à la BCE. Ils ont sagement préféré s'abstenir, pour l'instant du moins.
Avant d'avoir marre de la Grèce, il faudrait se poser la question de la pertinence des plans drastiques qui lui ont été imposés. Or, ils se sont avérés inefficaces, et, pire, néfastes. Tant le gouvernement grec précédent que l'actuel essayent de sortir de ce marasme économique généré par des mesures récessives. Au lieu de s'en prendre à une population sinistrée, il faudrait méditer sur les tenants et les aboutissants de la main-mise allemande sur l'europe. Et il n'y a pas de quoi se réjouir.
a écrit le 22/04/2015 à 18:13 :
C'est sans solution ! La Grèce ne peut s'en sortir sans enfreindre la convention Européenne de libre échange, ce qu'elle même n'a pas compris.
Échanger avec des pays pauvres c'est comme subventionner les importations au détriment de sa propre production à qui les charges imposées sont supérieures : structurellement, c'est sans issue !
Ce qui est vrai pour toute l' Europe qui fait du sur-place Dette 2014 + 1 ,3%, Croissance +0,9 %
On comprend que la BCE cède !

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